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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Pierre-François Martin-Laval
Gaston Lagaffe (Pierre-François Martin-Laval, 2018)

Trente-sept ans après Fais gaffe à la Gaffe, Gaston revient au cinéma, mais cette fois-ci, c’est officiel. On retrouve donc le héros sans emploi (Théo Fernandez), entouré de l’irascible Prunelle (Pierre-François Martin-Laval, qui réalise), de Lebrac (Franc Bruneau), de l’éternel De Mesmaeker (Jérôme Commandeur), et la belle Moizelle Jeanne (Alison Wheeler). Sans oublier Sonia (Charlotte Gabris) qui a perdu ses lunettes et l’opiniâtre Longtarin (Arnaud Ducret). Et bien sûr le chat dingue et la mouette rieuse, ainsi que Bubulle le poisson.

Bref, tout l’univers de (non) travail de Gaston est là, jusqu’à sa boule de bowling.

 

Mais ça ne marche pas. Enfin pour moi, ça ne marche pas. Je comprends encore mieux pourquoi Franquin ne voulait pas que son héros soit adapté au cinéma. Théo Fernandez est Gaston, c’est (presque) sûr : il a le physique, l’allure et même l’âge.

Mais même avec les progrès de la technique, rien n’y fait. On passe un bon moment, certes, mais surtout si on n’a pas baigné dans l’œuvre de Franquin.

Le travail de Martin-Laval est honnête et rigoureux, mais je pense qu’adapter Gaston au cinéma n’était pas une bonne idée.


En effet, quand on va voir un film, on attend un schéma traditionnel début-milieu-fin. Or chez Gaston (la bande dessinée, bien sûr), s’il y a un début (son arrivée avec les pas bleus sur les pages du journal Spirou), il n’y a pas de fin. La BD s’est arrêtée à la mort de son créateur – une bien triste journée – mais son héros, prisonnier dans les pages et les éditions de Spirou n’a jamais connu de conclusion. Il n’y avait pas une fin pour Gaston comme ce fut le cas pour Blake et Mortimer après la mort de Jacobs*.

 

Les gags de la bande dessinée n’ont pas de progression dans la narration. Ce sont des idées – lumineuses – qui venaient à Franquin (ou soufflées, entre autres, par Delporte), avec parfois quelques gags récurrents (sèche-main, parcmètres…) ou des souffre-douleurs privilégiés (Longtarin, Prunelle et avant lui Fantasio), mais de véritable ligne narrative directrice. En une page ou même une demie, le gag arrivait et c’était suffisant.

 

Alors oui, on retrouve ici une partie du monde de Franquin, mais il manque tout de même l’atmosphère particulière de la rédaction, plus vraie que nature quand le maître la dessinait. Certes, faire travailler Gaston dans une startup  qui recycle était presque une bonne idée. Il fallait rajeunir le cadre. Mais était-ce bien nécessaire ?

Quant à De Mesmaeker, ses éternels contrats non signés n’avaient aucun intitulé, c’était juste un prétexte à saboter la cérémonie des signatures. Or ici, le contenu des contrats a une (petite) incidence sur l’intrigue. Certes, à chaque fois Gaston empêche la bonne tenue de l’opération, mais ce n’est pas pareil.

 

Malgré tout, j’ai entendu beaucoup de gens rire dans la salle, preuve que certaines idées marchaient (n’oublions jamais que les spectateurs sont aussi là pour se détendre). Et puis peut-être suis-je trop vieux pour ce genre de film…

Car si le film n’est pas si mal que ça, il lui manque avant tout un élément indispensable et primordial : Franquin, dans plus de 900 gags** réussit à rendre son personnage universel. S’adressant indifféremment aux plus petits comme aux plus grands, l’instar d’un Goscinny ou d’un Hergé.

Ici, ce sont les plus jeunes qui semblent les plus ciblés par le film. Dommage.

 

Une dernière chose : jamais Longtarin n’est triste de l’absence de Gaston !

 

 

* Dans les 3 Formules du Professeur Sato – deuxième partie – Mortimer contre Mortimer Olrik et Sharkey meurent, concluant ainsi les aventures des deux héros. Olrik étant (presque) toujours la raison de ces aventures, qu’est-ce qui peut bien leur arriver une fois cet ennemi mort ?

** 910 numérotés sans compter les publicités (jus d’orange Piedbœuf ou piles Wonder) ou encore les idées pour le bal costumé.

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