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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinema, #Biopic, #Monty Python, #Bill Jones, #Jeff Simpson, #Ben Timlett
A liar's Autobiography: the untrue Story of Monty Python's Graham Chapman (Bill Jones, Jeff Simpson & Ben Timlett, 2012)

Le 4 octobre prochain, ce sera le trentième anniversaire de la mort de Graham Chapman.

Avec sa mort, c’est une partie de l’humour britannique qui disparaît, et surtout les Monty Python qui pleurent un des leurs.

Il se trouve que presque dix ans avant sa mort, il fit publier son autobiographie – celle d’un menteur – racontant comment il avait pu en arriver là, voire comment il n’a pas pu en arriver là.

Derrière ces mensonges annoncés, bien sûr, se cache une vérité : Graham Chapman était un homme d’une grande sensibilité et d’une grande gentillesse, toujours médecin malgré qu’il fût comique, avec ses périodes de bonheur et celles beaucoup moins reluisantes.

 

Il est difficile de résumer cette vie qui nous est montrée à travers différentes séquences animées de différents styles, le tout monte comme des souvenirs qui vont et viennent dans l’esprit de celui qui parle, dans un ordre pas toujours chronologique.

Tout commence – comme dans le livre – par un sketch mettant en scène Graham (John Cleese, Michael Palin et Terry Jones. Et Graham s’arrête de parler : il ne connaît plus son texte.

C’est le début du voyage dans ce qui fut (?) sa vie, marquée par la révélation de sa vie d’adulte : son homosexualité. Autre élément important de sa vie : l’alcool.

 

Adapter ce livre dans lequel le spectateur se demande parfois où est la vérité (1), désarçonné par ce titre qui permet tout. Et c’est ce tout que Bill Jones (le fils de Terry), Jeff Simpson et Ben Timlett ont certainement réussi à saisir. On y trouve les extravagances de Graham, ainsi que le côté brut de ce qu’il pouvait penser ou dire. Et ce qu’on pourrait reprocher, c’est de ne pas avoir assez mis en valeur un côté sensible, souvent en rapport avec son « vrai » métier, celui de docteur.

 

Mais dans l’ensemble, on retrouve les grands moments de sa vie, et spécialement ce qui tourne autour des Monty Python, sans pour autant être une compilation de leurs sketches.

On y retrouve tout ce qui concerne sa sexualité, et son alcoolisme, ainsi que les nombreuses personnes qu’il a pu côtoyer, dont certains plus que d’autres (John Cleese, Keith Moon et surtout son compagnon David Sherlock).

 

Et la très bonne idée des trois réalisateurs, ce fut d’avoir confié les différents moments de cette vie plus ou moins vécue à différents styles d’animation mêlant judicieusement dessins et photos ou vidéos. Le tout parsemé d’images d’archives, où on retrouve Graham lui-même lors d’interviews ou de travail pour la BBC. De plus, l’animation permet plus facilement de mettre en scène l’effet de l’alcool sur le cerveau (et les sens) de Graham, pendant cette période des plus destructrices (2).

Il manquerait peut-être l’arrivée d’un fils âgé qui grandit avec ses deux « nouveaux » papas, à une époque où l’adoption d’enfants par des homosexuels n’était pas vraiment monnaie courante. Bien au contraire.

 

De plus, on retrouve dans la forme du film un parfum pythonien inévitable, avec quelques liens qui ne sont pas sans rappeler ceux utilisés par le groupe des 6 pendant leur période à la BBC.

En prime, nous avons un extrait de l’oraison funèbre que fit John Cleese à ses obsèques, amenant inévitablement le rire dans l’assemblée et chez ses anciens partenaires.

Il était absolument inimaginable de ne pas rire à l’enterrement de ce grand personnage.

 

Un seul mot me vient à l’esprit pour qualifier ce film : « Splonge ».

 

 

PS : En 1986, Graham Chapman avait enregistré sur cassette ce qui sert de narration au film, ce qui nous permet de l’entendre une dernière fois…

 

  1. Ce titre fut certainement l’un des plus brillants traits de génie de Chapman.
  2. C’est pourtant un cancer de la gorge (ainsi que la moelle épinière) qui l’emporta.
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