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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Brian G. Hutton, #Clint Eastwood, #Guerre
De l'Or pour les braves (Kelly's Heroes - Brian G. Hutton, 1970)

France (environs de Nancy), 1944 (?).

En pleine nuit et sous une pluie battante, Kelly (Clint Eastwood) accompagne un officier allemand vers son peloton, dirigé par Big Joe (Telly Savalas).

Dans la serviette de l’Allemand, une barre de plomb, censée alourdir le cartable en cas de besoin de le couler.

Mais cette barre est seulement peinte et en dessous, le jaune brille : un chargement de 14.000 lingots attend preneur dans la banque de Clermont.

Après tractations, Kelly emmène toute son escouade vers ce butin, aidé des tanks Sherman d’Oddball (Donald Sutherland) et ses hommes.

 

Jouissif.

Brian G. Hutton réussit à mêler avec bonheur le film de guerre, la comédie et quelques éléments du western. De plus, la distribution - les trois acteurs cités plus hauts auxquels se mêlent quelques seconds rôles formidables (Don Rickles, Gavin « Captain Stubing » McLeod ou encore Harry Dean Stanton) – est impeccable, proposant quelques personnages gratinés du plus bel effet.

Bref, on s’amuse beaucoup, même si la guerre reste la guerre, et certains protagonistes ne se relèveront pas.

 

Dès l’ouverture, la musique – du grand Lalo Schiffrin – donne le ton : pas de musique grandiloquente avec forces trompettes et tambours, mais une formation qui chante comme on le faisait au moment du tournage une mélodie très flower power, en totale contradiction avec le genre du film.

De plus, l’intrigue détonne encore plus avec celles qu’on connaît pour les grands films du genre (Le Jour le plus long, La grande Evasion…) où les faits d’arme sont glorieux et les différents soldats héroïques : il s’agit tout simplement du pillage d’une banque.

Ici, ce sont des héros (1), mais à leur manière : le casse qu’ils vont monter et exécuter ne va pas se faire sans mal, mais surtout en plein milieu de la guerre, à quelques dizaines de kilomètres du front, derrière les lignes allemandes !

 

Alors pour une fois, ce n’est pas le casse en lui-même qui nous intéresse, mais le lent et difficile parcours pour y arriver. L’intendance, organisée par Crapgame (Don Rickles), le tir de barrage par Mulligan (George Savalas, le frère de), et le pont temporaire ne sont que les éléments qui facilitent l’opération, mais il en va différemment une fois les lignes franchies : les premiers morts furent allemands, mais les héros vont aussi payer leur tribut à cette guerre.

Mais malgré toutes ces difficultés, la comédie ne faiblit pas.

 

Et quand arrive le final, le côté western s’installe définitivement, Schiffrin parodiant en plus Ennio Morricone, et la présence de Clint Eastwood nous enfonce encore plus dans ce genre : le duel final – Kelly, Big Joe, Oddball d’un côté et le commandant du tank de l’autre (Karl-Otto Alberty, spécialiste des rôles d’allemands dans d’autres films de guerre, dont ceux cités plus haut) – rappelle forcément le Bon, la brute et le truand, puisqu’il est question de récupérer un magot pendant que la guerre fait rage alentour.

 

Si Eastwood et Savalas sont complètement dans le ton de l’époque filmée, il n’en va pas de même pour Sutherland. Oddball est un drôle de soldat : compté comme disparu avec ses trois machines, son attitude n’a pas grand-chose à voir avec l’époque de la guerre mais plus avec celle du tournage. En effet, il ne parle que de bonnes ou mauvaises ondes, de musique (Battle Hymn of the Republic, par exemple) jouée pendant l’assaut, ainsi que de bombes remplies de peintures pour donner un bel effet lors des combats.

Bref, c’est un hippie avant la lettre, mais que la possibilité de s’enrichir ne dérange absolument pas, bien au contraire.

 

Alors on s’amuse de ces héros malgré eux, célébrés par un général aussi incompétent que son état-major (Carroll O’Connor), mais tout de même emmenés par un trio de choc des plus formidables.

 

 

(1) Le titre original signifie « Les Héros de Kelly ».

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