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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Victor Schertzinger, #Mabel Normand
La jolie Castillane (What happened to Rosa - Victor Schertzinger, 1920)

Mais qu’est-il arrivé à Rosa ?

Rosa, c’est la jolie castillane du titre en français, qui n’est autre que Mayme Ladd (Mabel Normand), une jeune vendeuse du rayon lingerie d’un grand magasin.

Un jour, une cliente – madame Yvette O’Donnell (Eugenie Besserer), voyante extralucide à ses heures perdues – lui propose une séance de spiritisme à laquelle elle répond présente. Madame O’Donnell lui annonce qu’elle est la réincarnation de Rosa Alvaro, une jeune femme irrésistible d’origine espagnole, et qu’elle va rencontrer un beau jeune homme ténébreux… Bref, que du classique.

Elle fait bel et bien la rencontre du docteur Drew (Hugh Thomson) qui est beau et ténébreux, mais dans le déguisement de la belle Rosa, à un bal costumé. Prête à être démasquée et redevenir la simple petite employée de magasin, elle s’enfuit à la nage, laissant les autres convives – et le docteur – inquiets, se demandant ce qui lui est arrivé…

 

Mabel Normand est au fait de sa gloire. Dans un an, elle va tomber de son piédestal avec la mort de William Desmond Taylor, qu’elle est la dernière à avoir vu vivant avant son assassinat. En attendant, voici une nouvelle comédie écrite sur mesure par Gerald C. Duffy. Elle y interprète une nouvelle fois une jeune femme un tantinet naïve à qui il arrive de drôles d’aventures. Et Schertzinger joue avec tous les ressorts de la comédie, ayant à sa dispoition l’une des plus talentueuses actrices comiques : on y retrouve les aspects burlesques qui ont fait la notoriété de l’actrice, mais il joue aussi avec les intertitres pour exprimer un accent espagnol de pacotille que Mayme emprunte pour se fondre dans son personnage de Rosa.

Ses différentes métamorphoses sont d’ailleurs autant d’occasions de s’amuser tant elle surjoue avec bonheur cette possession à laquelle il n’y a (presque) qu’elle qui croit.

 

Et avec ce personnage (doublement) fictif de Rosa Alvaro, Mabel nous montre qu’elle peut aussi interpréter une véritable femme, sensuelle, loin de la jeune femme vierge qu’on lui connaît. Mais elle est avant tout une comique et de nombreuses occasions nous sont offertes de rire en sa compagnie, reprenant, avec beaucoup d’à propos le gag des jambes de mannequin : non seulement le docteur Drew s’y laisse prendre, mais le spectateur aussi !

Bref, une de ces comédies qui faisaient la part belle à cette immense actrice, soutenue, et c’est indispensable par une distribution à la hauteur, dont quelques noms vont durer dans les nombreuses années qui vont suivre, alors que la grande Mabel va disparaître : outre Eugenie Besserer, on trouve l’incontournable Tully Marshall, affublé d’une magnifique moustache de morse et parmi les amis du docteur, le distingué Adolphe Menjou.

Du beau monde, je vous dis. (1)

 

  1. On y trouve même au département décor un jeune décorateur qui ira loin : Cedric Gibbons. Quand Goldwyn (qui produit le film) va s’associer à la Metro et Mayer, il deviendra le décorateur en chef de cette immense compagnie.
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