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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Policier, #Jon Avnet
88 Minutes (Jon Avnet, 2007)

88 minutes, c’est le temps qu’il reste à vivre à Jack Gramm (Al Pacino) : un coup de téléphone vient de l’en avertir. Qui ? On ne le saura qu’au dernier moment.

Pourquoi ? Ca on le sait vite : il a fait condamner Jon Forster (Neal McDonough), un tueur en série qui attend son heure dans le Couloir de la Mort. Sauf qu’en ce moment, un nouveau tueur procède de la même façon que Forster : est-ce un imitateur ou le véritable coupable qui aurait dû être condamné ?

Réponse au bout de ces 88 minutes.

 

C’est un thriller haletant que nous propose ici Jon Avnet, avec Al Pacino en tombeur de dames, ce qui va lui amener les ennuis qu’on sait. En effet, ce sont les femmes autour de lui qui jouent un rôle prépondérant. Il faut dire que le tueur est un prédateur qui ne s’attaque qu’aux femmes, à qui il fait vivre des tortures fort insupportables. Le peu que Jon Avnet nous permet de voir – essentiellement un scalpel qui entame une chair – est suffisant pour se faire une idée du genre de « détraqué » (1) auquel on a affaire.

Tout commence le 1 septembre 1997, quand les journaux titraient sur la mort de Lady Di. C’est à ce moment que va avoir lieu le premier meurtre (ce n’est pas le premier du tueur). Nous voyons le meurtrier mais bien sûr les cadrages ne nous permettent pas de distinguer son visage : autrement, le film serait fini, puisqu’on saurait s’il s’agit ou non de Forster.

Et c’est cette ambiguïté qui va perdurer jusqu’à la résolution finale de l’intrigue, neuf ans plus tard, soit au moment du tournage.

 

Bref, c’est un petit film plutôt sympathique où Al Pacino est un psy assez roublard voire un tantinet manipulateur, ce qui accentue la zone d’ombre qui entoure la culpabilité de Forster : aurait-il menti ou fait mentir ?

Autour de lui, les femmes sont à la hauteur, charmées – ou semblant l’être – par cet esprit brillant qui force l’admiration de tou·te·s.

Et bien sûr, c’est le compte à rebours qui nous tient le plus en haleine et donne tout le sel au film. Mais c’est là un premier point de déception du film : il y aurait eu beaucoup plus de tension et d’intérêt si l’intrigue s’était déroulée en temps réel, ce qui était tout à fait possible : 1 heure 28, avec une ou deux séquences d’exposition et une séquence finale, cela va tirer dans les deux heures ce qui est un format classique pour un thriller.

L’autre déception, c’est la rencontre entre le psy et le tueur. A aucun moment ils ne jouent ensemble. La seule séquence qu’ils partagent les voit échanger au téléphone à travers la télévision (2). L’émotion suscitée par cet appel aurait très certainement amené une autre dimension dans les rapports entre les deux hommes. D’un autre côté, les procédures nécessaires pour que Jack rencontre Foster n’auraient pas tenu dans le format du film.

Encore que…

 

Alors si l’intrigue de Gary Scott Thompson reste tout de même bien ficelée, on reste tout de même sur sa faim au su des deux objections énoncées ci-dessus.

Mais ne boudons pas non plus notre plaisir de voir Al Pacino dans ce rôle (presque) sur mesure, à la poursuite du temps qui passe et l’amène toujours plus près d’une mort annoncée.

On notera aussi sa coiffure tout le long du film : on a tout de même l’impression qu’entre le moment où il se lève (au début) et la fin du film, il n’a pas trouvé le temps de se coiffer…

 

  1. Jack Gramm est psychiatre légal : il intervient dans les procès et donne son avis sur la santé mentale de l’accusé. Si le terme détraqué est entre guillemets ici c’est parce qu’on a droit à une discussion entre Jack et ses élèves (il enseigne à l’université) sur ce point central de la culpabilité ou non d’un accusé.
  2. Forster est interviouvé à la prison et Jack l’appelle pour le forcer à se démaquer.
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