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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Albert Dupontel, #Comédie
9 Mois ferme (Albert Dupontel, 2013)

Elle a 40 ans.

Elle est juge.

Elle est célibataire.

Voilà qui résume parfaitement la vie d’Ariane Felder (Sandrine Kiberlain, superbe).

On peut juste ajouter qu’elle va bientôt monter d’un cran dans la hiérarchie judiciaire.

Mais ça, c’était avant. Avant qu’elle participe au Réveillon du Barreau, le 31 décembre 2012.

Parce que ce soir là s’est terminé bizarrement : elle n’en a aucun souvenir le lendemain, ni les jours suivants.

Mais une chose est sûre : elle est enceinte. Et la procréation aurait eu lieu cette fameuse nuit…

Et comme il semble qu’en plus le « père » est un truand notoire (1) – Robert « Bob » Nolan (Albert Dupontel) – c’est toute sa vie qui se met à basculer…

 

C’est une très belle comédie que nous propose Dupontel, quatre ans après son film précédent (Le Vilain), où il retrouve d’ailleurs quelques acteurs qui y participaient.

Cette histoire absolument improbable est magnifiquement mise en scène, allant au-delà de ce qui aurait pu n’être qu’un affrontement entre deux mondes : la Loi d’un côté, et la truande de l’autre.

En effet, c’est Ariane qui présente l’intrigue (résumée ci-dessus), juge intraitable et cynique ne vivant que pour et par la Loi, ce qui explique la dichotomie manichéenne.

En face, Bob Nolan représente tout ce qu’elle combat : ignare, inculte et légèrement déficient intellectuellement, mais surtout il est un délinquant.

Mais si la vie était si simple, ça se saurait, et surtout, il n’y aurait pas ce film !

 

Albert Dupontel, avec Bob Nolan, retrouve certains de ses personnages de scène, du temps où il tournait avec son one-man-show. Ce Nolan ressemble étrangement à ce jeune garçon qui expliquait Rambo qu’il venait voir, jouant en plus du récit avec des modulations de voix pertinentes.

Autour de ces deux personnages forts, Albert Dupontel a jouté quelques personnages loufoques – surtout parmi les magistrats – interprétés avec justesse par des habitués du réalisateur (Philippe Uchan  en juge ou Nicolas Marié en avocat), donnant une autre dimension comique au film.

En effet, la situation duelle initiale ne suffit pas à assurer le comique du film. Avec ces deux « ténors » du barreau, Dupontel ajoute une dimension sonore (l’élocution de l’avocat, dont on se demande s’il a pu un jour gagner un procès) ainsi qu’une teinte burlesque avec le juge qui se prend régulièrement des choses sur la tête.

Cet aspect burlesque s’étend à d’autres moments du film, utilisant alors des ressorts du cinéma muet : outre les objets qui assomment, on l’errance d’Ariane après le réveillon et ce qui s’ensuivit, ainsi qu’un traducteur en langue des signes très particulier (2).

 

Mais tout cela fonctionne surtout grâce à la narration. En effet, rapidement, Ariane ne commente plus rien et Dupontel (réalisateur) prend les commandes, alternant avec talent les éléments comiques et les moments plus émouvants, aidé par Sandrine Kiberlain absolument magnifique.

Encore une fois, c’est un acteur qui est derrière la caméra, et le film s’en ressent, au-delà de la maîtrise technique.

Et la séquence finale qui voit Ariane et Bob au-dessus du berceau résume à elle seule tout le ton du film.

Un grand moment.

Encore.

 

  1. « globophobe » : il mange les yeux de ses victimes.
  2. Petite apparition d’un artiste du cinéma muet…
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