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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Richard Attenborough, #Guerre
Un Pont trop loin (A Bridge too far - Richard Attenborough, 1977)

Deuxième livre adapté de Cornelius Ryan, Un Pont trop loin décrit à nouveau une phase de la Libération de l’Europe (les Pays-Bas en l’occurrence). Mais si le premier – Le Jour le plus long – était avant tout une ode à la gloire de ceux qui ont fait le Débarquement, ici, ça ne se passe pas exactement comme prévu.

En effet, l’opération Market Garden fut un terrible échec lors de l’avancée des Alliés dans l’Europe du Nord.

 

Tout comme dans  Le Jour le plus long (1962), c’est une kyrielle de stars qui assurent les rôles importants, mais du fait de l’issue fatale, on ne regarde pas le film de la même façon.

En effet, le titre est on ne peut plus explicite : le Pont (d’Arnhem) fut une cible trop ambitieuse pour une armée qui se développe dans différents points d’Europe et qui n’a pas le soutien logistique suffisant pour continuer sa progression irrésistible.

D’ailleurs, la présentation de l’opération (en voix off), rappelant ce qu’il s’est passé depuis le 6 juin accentue le caractère irrémédiable du fiasco à venir.

 

Il y a dans cette opération militaire un écho des Sentiers de la gloire : en effet, à nouveau, une décision du haut-commandement est plus que sujette à controverse, donnant à l’objectif – le pont d’Arnhem – un intérêt somme toute relatif, voire surclassé.

C’est donc la mise en place et surtout le déroulement de cette opération que Richard Attenborough va prendre le temps (près de trois heures) de recréer, donnant régulièrement des indices quant au désastre annoncé, et c’est le lieutenant général Browning (Dirk Bogarde) qui plante la première banderille : l’opération Overlord (6-6-1944) a nécessité six mois de préparation, alors que celle-ci doit se monter en une semaine seulement.

 

Comme toujours dans ces cas-là, la rapidité occulte l’efficacité et les différents niveaux des exécutants (du simple soldat jusqu’aux membres de l’état major) vont prendre une leçon cuisante : mais si les généraux peuvent accepter d’avoir eu tort, les soldats qui tombent, eux, ne sont plus là pour entendre leurs éventuelles excuses.

Et encore une fois, la conclusion de ce même Browning est sans appel : oui, c’était un pont trop loin ! (1)

Si l’opération est un fiasco, les images n’en demeurent pas moins impressionnantes : tout ce déballage militaire pour un résultat aussi peu glorieux renforce le sentiment d’inutilité de la guerre, voire de la stupidité de certains hauts gradés, dont Montgomery, l’instigateur de cette opération exécutée dans l’urgence, et pour laquelle les Américains étaient peu enthousiastes.

 

Mais nous sommes au cinéma, et il est intéressant d’avoir un point de vue un tantinet différent de la seconde Guerre Mondiale montrant que la Libération ne fut pas si magnifique ni facile qu’on a pu nous le montrer : la guerre n’est pas romantique ni belle : elle tue des soldats, et aussi beaucoup de civils qui sont au mauvais endroit au mauvais moment (2).

 

Pour le reste, chacun des interprète est juste et donne beaucoup de crédibilité à cette opération, avec bien sûr l’indispensable touche british dont se moque le major général Urquhart (Sean Connery) : l’indispensable thé qui est distribué à tout moment et surtout lors d’un coup dur.

Sans oublier une touche d’humour noir lorsque le feldmarschall Bittrich (Maximilian Schell) offre du chocolat au colonel Frost (Anthony Hopkins).

 

Une autre façon de voir la guerre qui n’est pas pour me déplaire, avec la présence au générique des véritables acteurs de l’opération qui accentue le côté humain du désastre et surtout l’authenticité de cette bavure militaire.

 

  1. D’où le titre.
  2. La vieille femme (Mary Smithuysen) dont la maison accueille des militaires devient folle par ce remue-ménage et sort pour prendre un hypothétique taxi est un très bon exemple.
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