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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Charles Crichton
Un Poisson nommé Wanda (A Fish called Wanda - Charles Crichton, 1988)

Depuis 1982 et le Monty Python: Live at the Hollywood Ball, beaucoup de spectateurs, dont je fais partie, guettent avec intérêt les différentes sorties mettant en scène les différents membres de ce sextet extraordinaire. Bien sûr, Terry Gilliam nous a régalés plus d’une fois, mais quand il fut annoncé la sortie de ce film mettant en scène deux des plus fameux membres de ce groupe (les plus populaires, peut-être, mais après c’est plus une question de goût), ce fut la liesse !

John Cleese (le grand) et Michael Palin (l’autre) sont de retour ensemble – vraiment, même s’ils ne sont réunis qu’à la fin – pour notre plus grand plaisir !

 

Donc, une équipe de braqueurs – George Thomason (Tom Georgeson, notez l’interversion), Otto West (Kevin Kline), Ken Pile (Michael Palin) et Wanda Gerschwitz (Jamie Lee Curtis) - va mettre la main sur 13 millions de livres en diamants. Mais le goût du lucre et une bonne dose d’égoïsme vont décider Otto et Wanda à dénoncer George qui sera arrêté et en attente de jugement, défendu par un ténor du barreau, Archie Leach (John Cleese).

Si Wanda a la clef qui mène au coffre où est caché le butin, il lui manque l’emplacement du coffre. Elle va donc fréquenter Leach pour lui extorquer le renseignement nécessaire pour toucher le pactole.

 

Si Charles Crichton n’est pas le premier venu dans le cinéma britannique (il réalise depuis une bonne quarantaine d’années), il reçoit ici un secours inappréciable en la personne de John Cleese qui, outre son interprétation irrésistible dans ce rôle d’avocat ultra british, a contribué grandement au scénario : on retrouve d’ailleurs la patte remplie de nonsense de cet ancien Python, mêlant avec bonheur les différentes formes de comique classique : visuel, de mot et psychologique. La présence de son complice Michael Palin ne fait qu’accentuer l’aspect absolument absurde et foutraque qu’on aime chez les hommes du Cirque volant (1).

 

Mais malgré ces gages d’humour irrésistible, c’est un troisième homme qui l’emporte dans la loufoquerie débridée : Kevin Kline. Il y a chez cet acteur la marque des grands. J’ai déjà écrit sur certains films dans lesquels il tient des rôles prépondérants, et celui d’Otto West ici les surpasse tous. Il est un abruti absolu, mélangeant les références tout en se donnant des allures d’intellectuel : mais comme le lui dit Wanda, lire Nietzsche est à la portée de n’importe qui, le comprendre est une autre paire de manche.

Otto est, malgré ses différentes menaces à ceux qui le considèrent ainsi, l’archétype du type stupide, possédant en outre quelques tics notables comme se respirer les dessous de bras avant de faire l’amour, ou respirer à travers la botte en cuir de sa partenaire… Mai surtout il est d’une jalousie maladive qui amène des situations des plus absurdes dont en général Archie Leach fait les frais.

 

Et dans l’ensemble, les quatre membres de ce quatuor ont des rôles bien définis et des plus complémentaires : de la séductrice prête à tout pour emporter le magot mais ne résistant pas à une langue étrangère, à l’avocat coincé qui se révèle au contact de la jeune femme, en passant par le tueur psychopathe (Otto) et l’autre qui bégaie (Ken), nous avons une belle brochette de dingos tous plus attachants les uns que les autres.

A cela s’ajoute les différentes situations amenant le comique sous les formes annoncées ci-dessus : Leach criant « Wanda » en plein tribunal avant de se rattraper avec un jeu de mot des plus bancales (assez plat en VF, d’ailleurs, mais que voulez-vous), Ken tentant désespérément de tuer une veille dame témoin du braquage, et Otto réservant un sort particulier au poisson du titre…

 

C’est un festival. Absolument improbable, mais qu’importe : au cinéma, tout est possible. Surtout quand un ancien des Monty Python est aux commandes, sinon derrière la caméra, du moins de bout en bout du scénario…

 

  1. Monty Python’s flying Circus était le nom de leur émission diffusée pour la première fois en 1969.
  2. « Don’t call me stupid » est la réplique qu’il répète le plus souvent (« ne me traitez pas de débile » dit la VF)
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