Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Comédie dramatique, #Robert Z. Leonard, #Norma Shearer
Au Fil de la vie (A Lady of chance - Robert Z. Leonard, 1928)

Elle minaude, elle papillonne des yeux, elle a la larme facile : Dolly « Angel Face » Morgan (Norma Shearer) est avant tout une voleuse en liberté conditionnelle.

Mais son travail de standardiste dans un grand hôtel lui permet de repérer de beaux « partis ». En clair : des pigeons à plumer, avec l’aide Bradley (Lowell Sherman) et Gwen (Gwen Lee), des « associés ».

Suivant soin flair, elle épouse le jeune Steve Crandall (Johnny Mack Brown), un magnat du ciment qui parle de dollars avec au moins cinq zéro.

Sauf que Crandall ne touche pas encore une somme avec deux zéro…

 

Même si Norma Shearer était l’épouse d'Irving Thalberg – ce qui lui permettait de décrocher un rôle assez facilement – elle était tout de même une grande actrice, à l’aise dans la tragédie tout comme dans la comédie.

Ici, sous les ordres de Robert Z. Leonard, elle interprète avec beaucoup de talent le rôle de cette « repentie » qui trouve l’amour à défaut de l’argent. Mais rassurez-vous, elle trouve tout de même l’argent au bout, mais ce n’est pas là le plus important.

 

Bien sûr, Dolly est le personnage central du film, passerelle entre le monde d’avant – le Milieu – représenté par le couple Bradley-Gwen, et le monde légal représenté par Steve.

Et Norma Shearer est une magnifique Dolly, jouant de son charme bien sûr, mais aussi de ses qualités dramatiques : la première partie qui nous la présente comme une entôleuse est une sorte de mise en abîme puisqu’elle joue de sa capacité à pleurer et à faire des manières afin de plumer son client.

C’est d’ailleurs une partie très drôle où le visage est véritablement son atout.

Mais à cela s’ajoute un esprit des plus affuté qui lui permet de jouer quelques tours à ses « associés ». Ces différents tours sont d’ailleurs assez savoureux, surtout grâce à Bradley/Sherman, gangster de pacotille à la mine faussement patibulaire, mine qui n’arrive pas à cacher qu’il n’est qu’un raté, même dans la truande.

 

La deuxième partie laisse un peu de côté la comédie pour mettre à jour le véritable caractère de Dolly, que Steve entrevoit alors : mais comme au final elle est amoureuse de lui, la déception initiale (la plantation dont il parlait ne lui appartenait pas…) passe.

Et on se dit que le film est fini, ils s’aiment et tout va bien.

Sauf que Leonard et ses scénaristes (parmi eux Edmund Golding, excusez du peu…) n’ont pas cédé à la facilité et un rebondissement nous surprend – enfin moins que Dolly, bien sûr – quand Bradley et Gwen débarque chez Steve afin « d’en croquer un peu »…

C’est aussi à ce moment que la nouvelle tombe : le brevet de Steve est acheté et il est maintenant très riche.
Vous comprenez donc que ces « cousins » de New York ont du mal croire Dolly quand elle dit qu’ils ne roulent pas sur l’or.

 

Alors que le parlant est en train de s’installer dans les studios hollywoodiens, Leonard nous livre ici un de ses derniers muets (l’avant-dernier pour être précis) et on sent qu’il est prêt à relever le défi sonore. La présentation de Dolly – intertitres et rencontres (1) – est avant tout basée sur le dialogue, tout comme la résolution finale.

On sent bien qu’il ne manque pas grand-chose à tout ce monde-là pour franchir le cap du parlant : il est en outre très facile de retrouver les textes des intertitres sur les lèvres des différents protagonistes.

 

Bref, une magnifique curiosité avec l’une des plus grandes actrices des années 1920-30, avec un rôle à sa mesure, montrant son talent.

Et en plus, c’est drôle, alors pourquoi bouder ce plaisir ?

 

PS : A Lady of chance devient Au Fil de la vie… No comment (2) !

 

 

  1. En prime, nous avons Bert Roach et son regard un tantinet ahuri…
  2. Pas de commentaire
Commenter cet article

Articles récents

Hébergé par Overblog