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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Cecil B. DeMille, #Mary Pickford
La Bête enchaînée (A Romance of the Redwoods - Cecil B. DeMille, 1917)

 

Jenny Lawrence (Mary Pickford) vient de perdre sa maman, qui l’enjoignait, dans ses dernières volontés de rejoindre son oncle John (Winter Hall), parti en Californie chercher de l’or (c’est la ruée de 1849).

Mais cet oncle est tué par les Indiens et Black Brown (Elliott Dexter) a pris son identité pour échapper à la justice.

Alors quand elle arrive à Strawberry Flats (où devrait vivre son oncle), elle est aussi surprise que celui qui a usurpé son identité.

Mais il faut vivre malgré tout dans cet endroit oublié de Dieu, mais pas des hommes (surtout les plus rudes).

 

 

 

 

La Bête enchaînée (1) est le sixième film de Mary Pickford qui sort cette année-là (le troisième chronologiquement, le premier des deux avec Cecil B. DeMille). Cette fois-ci, même si elle va voir son oncle, elle n’a pas le rôle dune petite fille, à peine une jeune fille : plutôt une très jeune femme qui doit grandir bien vite dans un monde assez hostile : l’ouest américain dans un village de prospecteurs.

 

Mais si on peut classer ce film dans le genre western, il s’agit avant tout d’une histoire d’amour comme ne le dit pas le titre français (1) : c’est bel et bien une histoire d’amour (« romance » en anglais) qui se situe au nord de la Californie, dans la région des Redwoods, tout simplement.

Mais il ne s’agit pas d’une histoire d’amour ordinaire (normal, on est chez DeMille). D’un côté une jeune orpheline, un tantinet naïve (au début seulement) et de l’autre un bandit de grand chemin, spécialisé dans l’attaque de diligences.

Mais cette rencontre, au lieu de tourner au drame (va-t-il la laisser vivre après qu’elle aura découvert son secret), se transforme en une relation dans laquelle chaque partie va y trouver son contentement.

Elle, va trouver un toit où dormir et un couvert, lui, va se civiliser un petit peu : leur premier petit-déjeuner illustre très bien cet échange quand elle insiste pour qu’il soit (à peu près) propre et qu’ils prennent le temps de dire les grâces avant de commencer.

 

Mais c’est à partir du moment où elle va découvrir son secret que la situation va complètement évoluer. Non seulement il ne la tue pas, mais en plus il se rend compte qu’il l’aime et est prêt à tout abandonner de sa vie de desperado pour elle.

Mais les hommes étant ce qu’ils sont, Brown replonge et c’est seulement par une intervention de Jenny qu’il s’en sortira (définitivement ?).

 

Encore une fois, Mary Pickford commence avec un personnage presque enfantin pais elle va vite s’imposer comme une jeune femme auxquels de nombreux hommes, une fois qu’elle sera installée, ne seront pas indifférents (2). Et avec DeMille, cette relation prendra une dimension

Supérieure, transformant cette histoire d’amour en événement fondateur d’une nouvelle vie. Et le rôle de Jenny, qui assume cet amour est d’autant plus magnifique qu’elle avoue (au milieu du XIXème siècle !) qu’elle a eu une relation avec son « oncle » hors du mariage.

 

Et puis il y a l’Ouest farouche de DeMille, avec ses Indiens meurtriers et ses saloons mal famés. Il faut voir la faune que rencontre Jenny lorsque Brown l’amène dans ce haut lieu de la culture Californienne de 1849-50 : des joueurs qui ne pensent qu’à jouer, des ivrognes qui ne pensent qu’à boire (3) et des femmes de mauvaise vie quand elles ne sont pas hommasses.

Un bel échantillon.

 

Mais comme avec William Beaudine, je préfère le deuxième film que Pickford tournera avec DeMille : il aura, lui aussi, bien cerné sa personnalité et lui proposera un nouveau rôle (Angela Moore dans La petite Américaine) qui la portera définitivement au firmament des stars (4).

 

 

 

  1. Non mais quel titre encore une fois !
  2. C’est quand même Mary Pickford !
  3. Avec en prime un shérif qui tire sur celui qui lui demande de faire son boulot !
  4. Si Lillian Gish est la plus grande actrice du cinéma (avis que je partage avec mon ami le professeur Allen John) que Greta Garbo est « la Divine », Mary Pickford restera toujours « la petite fiancée de l’Amérique » drainant toujours plus de foule sur son passage, même à l’étranger. Une actrice elle aussi exceptionnelle.

 

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