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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie dramatique, #Albert Dupontel, #Terry Gilliam
Adieu les Cons (Albert Dupontel, 2020)

 

Suze (Virginie Elfira) n’en a plus pour longtemps. Elle se souvient (1) qu’elle a eu un fils trente ans plus tôt, avec un jockey, (presque) sur la musique de
la Mano Negra, qu’elle a dû abandonner sous X sous la pression de ses parents. Alors comme le temps presse, elle veut le retrouver. Pour cela, elle est accompagnée de deux acolytes singuliers : J(ean-)B(aptiste) Cuchas (Albert Dupontel), informaticien de génie poussé sur la touche, et qui décide de se suicider, et M. Blin (Nicolas Marié), aveugle suite à un accident policier.

Voilà le trio lâché contre une société bien entendu hostile, à la recherche d’un jeune homme un tantinet emprunté, amoureux d’une très belle jeune femme, à qui il n’ose déclarer sa flamme.

 

A nouveau, Albert Dupontel nous réjouit. Après deux films extraordinaires, il était difficile – sur le papier – de continuer sur sa lancée. C’est tout de même chose faite avec cette comédie – dramatique, cela va de soi – qui nous renvoie à notre quotidien. Quotidien connecté, bien sûr, mais aussi vers ces gens qui ne sont pas toujours pris en compte parce que embarrassants : entre Blin, aveugle, Suze qui est incurable, JB qui est trop vieux pour son poste et le docteur Lint (Jackie Berroyer) qui a Alzheimer, nous avons un très beau panel des « inutiles » de notre société. Parce notre société ne veut que des gens bien portants. Et c’est en cela que le film fait mouche : c’est avant out grâce à ces « inutiles » que l’intrigue fonctionne.

Certes, la rencontre entre JB et Suze semble fortuite, mais au vu de l’intrigue générale, il n’en est rien. Ces deux-là devaient se rencontrer : la culpabilité de la (plus trop) jeune femme et la volonté suicidaire de l’informaticien de génie (rattrapé par son âge, lui aussi) ne pouvaient que les faire se rencontrer.

 

Bien sûr, il y a une histoire d’amour d’entre eux, mais elle est si courte qu’elle aurait mérité qu’on ne s’y attarde pas. Vous noterez que » j’use de conditionnel, parce que cette histoire d’amour, pour courte qu’elle soit, est intense et se nourrit de ce que nous avons vu – et vécu, nous sommes au cinéma – avant : ces deux-là doivent finir ensemble, et c’est précisément ce qu’il va se passer. Parce que ces deux solitaires vont se trouver et unir leurs forces pour amener le bonheur. Ce ne sera pas le leur mais celui de ce fils qu’elle cherche désespérément, aussi désespérément que son fils (Bastien Ughetto) cherche lui l’amour de la belle Clara (Marilou Assilloux).

 

Avec ce film, Albert Dupontel réussit encore une fois à nous transporter, et cette fois-ci avec un sujet qui ne prête pas spécialement à rire. Mais en tant que comique incontournable, il ne peut nous faire rire que par des situations tragiques : parce que c’est là qu’ils sont les meilleurs (2). Et on s’amuse, de cette histoire qui n’est pas du tout drôle, parce que c’est la seule façon de la traiter au cinéma. Comme il l’a souligné de nombreuses fois dans différentes interviouves, ses héros ne le sont pas, plutôt des ratés comme dirait un président (3), mais ce sont tout de même ces riens qui font tout le sel du film et en deviennent, de par leur enthousiasme des gens qui réussissent. Ils sont les vrais héros de cette société (trop) connectée, (trop) portée sur ceux qui semblent aller bien.

 

Alors on s’amuse franchement de ces différentes situations et on en arrive presque à se dire que la fin, pour tragique qu’elle apparaît, ne l’est pas tant que ça : entre une jeune femme condamnée par la médecine et un homme condamné par sa profession, il n’y a aucun avenir.

Alors cette fin est-elle vraiment tragique ?

 

  1. Peut-elle faire autrement ?
  2. Chaplin nous a fait rire avec la Crise de 29, rappelez-vous (Les Temps modernes, 1936)
  3. « Il y  ceux qui réussissent, et ceux qui ne sont rien. »

 

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