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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #John Ford, #Drame
Tête brûlée (Airmail - John Ford, 1932)

Desert Airport, fin 193…

Mike Miller (Ralph Bellamy) dirige les différents vols qui transitent par son aéroport, et parmi eux, le courrier qui doit être distribué. A chaque fois qu’il perd un homme, il assure le vol suivant, se mettant à son tour en danger : sa vue a baissée, et le médecin lui a conseillé d’arrêter de voler.

Comme si ce n’était pas suffisant, on lui met Duke Talbot (Pat O’Brien), une vieille connaissance qu’il ne peut plus supporter, pour remplacer le pilote tué.

 

Il s’agit avant tout d’un film hommage à l’aéropostale américaine. Envolés les héros de la première guerre mondiale comme les avaient montrés Wellman et Hughes, place aux héros modernes, ceux qui risquent leur vie pour le courrier. La pancarte de présentation du film – qui l’ouvre et le ferme – précise que les avions portent le courrier quel que soit le temps, quel que soit le moment de la journée.

Cette indication donne le ton du film : on n’est pas dans une histoire un  peu légère comme Ford sait aussi en faire. Dès les premières minutes, on compte déjà un mort : Joe Barnes (Ward Bond, qui est déjà à son sixième film avec Ford).

Un autre suivra, amenant le déséquilibre final qui devra être résolu : Miller prendra l’air et se crashera, avant d’être secouru par Talbot.

 

Mais malgré la mort qui est présente dans toutes les têtes, l’aéroport a tout de même un microcosme dans lequel tout le monde cohabite, même si le sérieux du sujet empêche certains aspects comiques récurrents dans les films de Ford. Seul « Slim » McClune (Slim Summerville – de son vrai nom George Joseph Somerville) échappe un peu à la gravité du propos : comme il chique, on entend toujours le timbre d’une sonnerie quand le projectile expectoré atteint sa cible (1). Il faut dire que Slim Summerville a fait ses classes à la Keystone aux côtés de Chaplin ou Arbuckle, d’où une aisance à faire sourire voire rire même aux moments plus dramatiques.

On retrouve donc une microsociété où les enfants ont une salle de classe, ou Mike joue le Père Noël, et où tous se retrouvent pour la veillée de noël.

Pas de bagarre non plus, mais une bonne droite de Miller dans la figure de Talbot. Une droite bien méritée, faut-il le préciser.

 

Et puis il y a les avions. L’arrivée de Talbot nous permet d’admirer la magnifique technique de Paul Mantz (1903-1965) qui avait fait ses classes dans le Hell’s Angels quelques années plus tôt : outre les acrobaties indispensables, il effectue deux passages à travers un hangar ouvert, la première fois dans un film.

Quant aux reconstitutions des différentes envolées Ford et son cameraman Karl Freund (tiens, tiens) firent construire un portique pour les pilotes en vol et eurent recours à une maquette géante. Les différents plans en incrustation n’ont rien à envier au film d’Howard Hughes.

De plus, Ford continue son travail esthétique auprès du technicien allemand, qui a eu le privilège de travailler avec Murnau, que Ford admirait (2).

 

Même si le film ne possède pas le souffle épique de certains westerns du maître, on ne peut voir le film sans songer aux grands noms qui firent l’aéropostale : Mermoz, Saint-Exupéry (en France, je connais mal les pilotes américains) étaient comme ces hommes à l’avenir incertain, mais qui risquaient leur vie par devoir et pour l’honneur du service.

 

  1. On a l’explication de cette sonnerie, allez voir.
  2. Murnau est mort l’année qui a précédé le film (11 mars 1931).
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