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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Gangsters, #Maurice Tourneur
Jimmy le Mystérieux (Alias Jimmy Valentine - Maurice Tourneur, 1915)

D’un côté, vous avez Lee Randall (Robert Warwick), un homme respectable, qui travaille à un haut poste dans une banque. De l’autre, il y a Jimmy Valentine (Robert Warwick), malfrat de haute volée, perceur de coffre-fort sans chalumeau oxhydrique ou autre dynamite.

Bien entendu, il s’agit de la même personne. Sauf que Jimmy Valentine, c’était avant.

Avant ? Oui, avant qu’il fasse un séjour à Sing Sing et soit sauvé (1) par le lieutenant gouverneur Fay (Frederick Truesdell) et surtout sa fille Rose (Ruth Shepley).

Mais son passé le rattrape en la personne de l’inspecteur Doyle (Robert Cummings), à propos de son séjour dans la prison « prestigieuse ».

 

Maurice Tourneur est donc aux Etats-Unis et on peut dire que ce séjour lui réussit : il s’épanouit derrière la caméra, livrant ici un film plutôt remarquable où les différentes prises de vue sont d’une très grande qualité. Certes, il manque quelques petits bouts au film, mais pas de quoi s’affoler.

Ce qui ressort le plus, c’est le placement parfait de la caméra à chaque nouveau plan. Tourneur sait où il doit placer son chef-opérateur (Lucien Andriot ?) pour arriver à un équilibre parfait de l’image, sans oublier la part esthétique des différents plans. Parce qu’en plus, c’est très beau.

 

Par contre, l’intrigue est beaucoup plus convenue, reflet d’une époque où la criminalité était combattue (rien de nouveau jusque là) et où on espérait contribuer à réformer certains esprits à travers ce nouvel art (qui n’était pas encore considéré comme tel). On retrouve la naïveté habituelle qui montre un ancien bandit repenti, ayant tiré un trait définitif sur son activité criminelle. Et en plus il fait des émules : ses anciens complices Red (Johnny Hines) et surtout Avery (Alec B. Francis). Ce dernier est l’occasion de voir Francis dans un autre rôle que celui d’un vieil homme débonnaire qu’on a l’habitude de voir. Et la séquence qui le montre veiller sur l’argent (une grosse somme), tiraillé entre son désir de fuir avec ou d’être fidèle à son ancien complice est tout à fait caractéristique de cet esprit réformateur.

 

Mais si le film tient une place importante, c’est aussi parce qu’il fut projeté en avant-première à Sing Sing ! Et c’était tout à fait normal parce que Tourneur est allé tourner (2) sur les rives de l’Hudson, directement dans la place. Et les images qui nous montrent la promenade des détenus est de ce fait un témoignage de cet univers carcéral. Les prisonniers qui défilent y sont de véritables criminels condamnés. On s’en rend compte rapidement car certains détenus placent leur képi devant leur visage, refusant d’être reconnus !

La seule chose qu’on peut regretter, c’est le format du film (65 minutes) qui aurait gagné en longueur et permis de développer certains aspects du film, en particulier le fait que la partie amenant Jimmy à Sing Sing est un flashback qui explique comment il est devenu Lee Randall.

 

Qu’importe, ne boudons pas notre plaisir et savourons ce film d’un réalisateur qui fut un des premiers maîtres du cinéma.

 

  1. Dans tous les sens du terme.
  2. Association inopinée de termes…
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