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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Drame, #Joseph L. Mankiewicz
Eve (All about Eve - Joseph L. Mankiewcz, 1950)

Elle arrive à une demi-heure de la fin.

Rapide, inattendue (pour elle), méritée.

La gifle.

Celle qu’Addison Dewitt (George Sanders) flanque à Eve (Anne Baxter).

Il faut dire qu’elle l’a méritée.

Amplement.

 

Mais n’anticipons pas.

Voici un film de femmes. Des femmes fortes. Elles sont quatre : Eve bien sûr, Margo (Bette Davis), Karen (Celeste Holm) et dans un registre inférieur Birdie (Thelma Ritter).

 

Margo, c’est la véritable star. Bette Davis est extraordinaire dans un rôle de vedette vieillissante (elle a 42 ans quand le film sort et son personnage 40). C’est à se demander si le rôle fut écrit pour elle (non, c’est plutôt Claudette Colbert qui était prévue) tellement elle est juste dans ce film. Et en plus, elle n’a jamais fait de scène, que des films.

 

Karen, c’est la bonne copine, mais qui peut se révéler retorse. C’est elle qui amène Eve dans la partie. C’est aussi elle qui va la lancer. Un personnage semble-t-il naïf, mais qui est loin d’être aussi lisse qu’on peut le penser : indispensable.

 

Birdie est la dame de compagnie de Margo. C’est son habilleuse, sa confidente, son punching-ball. C’est une ancienne gloire du théâtre qui a été depuis longtemps oubliée. C’est la seule qui tient tête réellement à Margo, sans artifice, sans arrière pensée. Une réussite.

Et puis il y a Eve, celle autour de qui tourne. Nous allons tout savoir « à propos d’Eve » comme l’annonce le titre original.

Le côté éclairé, qui participe à la légende, mais aussi le côté obscure, celui qu’on ne voit jamais, mais qui est tellement plus fascinant.

 

Parce que ce monde est fascinant. Ce ne sont qu’intrigues et renvois d’ascenseurs, tromperies et mensonges, sans que personne n’y voit quelque chose à redire. Dans le film comme dans la vraie vie !

Eve est une arriviste. Mais elle a du talent. Doit-on, sous prétexte d’avoir du talent, marcher sur les autres ? Le film répond oui. Sans équivoque possible. Et la gifle ne change rien. Au contraire, elle n’est là que pour rappeler à Eve d’où elle vient et ce qu’elle doit aux autres.

Et si c’est Dewitt qui la donne, ce n’est pas sans raison. Non seulement il a été abusé par Eve – qui ne le serait –, mais en plus, il est critique d’art, rubrique théâtre… D’une certaine façon, il peut aider à faire et défaire une carrière. C’est lui le véritable metteur en scène de cette histoire.

Pas étonnant que George Sanders en ait obtenu un Oscar…

Le casting ne serait pas complet si on oubliait un tout petit rôle, celui de Miss Casswell (Marilyn Monroe). Elle est toute jeune, naïve, éthérée et un tantinet idiote. Le genre de personnage que Marilyn continuera à jouer pendant deux ans avant de se voir proposer autre chose : Troublez-moi ce soir (Roy Baker, 1952).

 

Et si Bette Davis a relancé sa carrière avec ce film, Anne Baxter, quant à elle, s’est imposée sur l’écran. Elle joue dans tous les registres avec beaucoup d’assurance et de talent, devenant Eve plus que la jouant : elle joue celle qui joue. Une mise en abyme théâtrale exceptionnelle. Une nouvelle star est née, même si elle n’atteindra toutefois pas le niveau de celle qui était alors sa partenaire (et « ennemie » dans le film), Bette Davis.

 

Une histoire terrible. Un casting de rêve. Un maître à la réalisation : un grand film.

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