Overblog Tous les blogs Top blogs Films, TV & Vidéos Tous les blogs Films, TV & Vidéos
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Musique, #Drame, #Biopic, #Milos Forman
Amadeus (Milos Forman, 1984)

Dix ans.

Dix ans de la vie d'un homme. C'est peu.

Mais quand cet homme, c'est Mozart (Tom Hulce), alors c'est tout.

Il a vingt-six ans quand le film commence. Et normalement toute la vie devant lui.

Mais ce n'est pas le cas. Devant lui, il y a l'école italienne. Et avec, la jalousie.

La jalousie d'être moins bien, de ne pas avoir le don qui fait toute la différence entre un artisan et un artiste.

 

Cette jalousie, c'est Salieri (F. Murray Abraham) qui+ l'exprime. Mais avec en même temps une admiration sans borne. Jaloux certes, mais conscient de la valeur de cette « créature » comme il l'appelle.

Et puis il y a le rire. Ce rire idiot, qui ne colle tellement pas avec le personnage, cette icône qu'on nous a présenté pendant près de deux siècles (nous sommes en 1984, quand le film sort). D'ailleurs, le Mozart qu'on nous présente n'a rien d'académique, si ce n'est sa musique. Mais est-ce si étonnant ? pourquoi Mozart n'aurait-il pas été humain ? Parce que - comme le dit Salieri - sa musique est divine ?

 

Quand le film est sorti, beaucoup de critiques - britanniques entre autres - reprochaient le caractère scatologique du personnage. A priori, ce furent des gens qui n'ont pas dû regarder le film en entier, la scatologie s'effaçant rapidement pour laisser la place à l'expression du génie. Parce qu'il faut tout de même le reconnaître : je ne suis pas un grand admirateur de Mozart, mais tout de même, quel talent, quelle virtuosité !

 

Quant à ses frasques : en quoi sont-elles plus choquantes qu'un Iggy Pop se baladant nu à la télévision, ou qu'un Keith Moon propulsant une Rolls Royce dans une piscine ? Mozart est jeune, il a besoin de vivre, de jouir de la vie. Alors il brûle sa jeunesse, donnant le meilleur de lui-même dans des œuvres impérissables : « hope I'll die before I get old » (My Generation, The Who). Mozart écrivait la musique de son époque, c'est tout. Quant au reste, quelle importance.

 

Mais revenons au film. Le duo Salieri-Mozart est, bien entendu, le clou du spectacle. Cette admiration - ouverte chez Mozart, cachée et réprimée chez Salieri - est magnifiquement montrée. Mais c'est malgré tout Salieri-Abraham qui retient l'attention. Il est magnifique. Son personnage duel est une réussite. Et même si la séquence finale qui le voit assister Mozart dans le Requiem n'a jamais eu lieu, qu'importe, nous sommes au cinéma [« Au cinéma, tout est possible. » (Tex Avery)] Et plus Mozart monte en puissance créatrice, plus Salieri s'enfonce dans la bassesse, sans toutefois se départir de son admiration. Un beau numéro d'acteur (avec Oscar à la clé, évidemment !).

 

Alors que Salieri assiste Mozart, qu'il l'aide à mourir - parce c'est ce qu'il fait, finalement, et sa confession initiale n'est pas si erronée - que nous importe. Nous avons eu un moment d'émotion, indispensable au cinéma : quand l'image se mêle à la musique pour éblouir le spectateur.

 

Parce que quand le film se termine, terriblement - Mozart est mort, son corps déversé à la fosse commune - le spectateur n'est que plus admiratif de ce génial compositeur, en avance sur son temps sur certains points, et avant tout un homme vivant dans un monde en mouvement : quand Mozart meurt, en 1791, la Révolution française a déjà deux ans et s'exporte, ou tout du moins son esprit, qui va changer les mentalités, réveillant un monde ancien qui s'endormait peut-être...

Commenter cet article

Articles récents

Hébergé par Overblog