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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Marshall Neilan, #Mary Pickford
Chacun sa Vie (Amarilly of Clothes-Line Alley - Marshall Neilan, 1918)

Amarilly (Mary Pickford) vit dans Clothes-Line Alley (1).

Où est-ce ? Dans n’importe quelle plus ou moins grande ville qui a un quartier pauvre où le linge sèche au fil entre les deux immeubles qui bordent l’allée.

Amarilly fait le ménage dans un théâtre pendant que sa mère (Kate Price) est lavandière dans ce même quartier.

Pendant ce temps, en haut de l’échelle sociale, le jeune et riche Gordon Philips (Norman Kerry) s’adonne aux fêtes nocturnes arrosées accompagné de sa clique de riches héritiers qui vont même jusqu’à s’encanailler dans les bas-quartiers…

A un moment, ils vont évidemment se rencontrer.

 

L’année 1918 est une année faste pour Marshall Neilan et Mary Pickford. Ce sont quatre des six films qui les réunissent qui émaillent cette année.

On y retrouve un rôle sur mesure pour la belle Mary : une jeune fille de basse extraction pleine de ressources qui se retrouve confrontée à une caste qu’elle ne comprend pas et ne supporte pas plus.

Malheureusement, le scénario – pourtant de la grande Frances Marion - n’est pas à la hauteur des films précédents du duo. Il est un tantinet convenu (mais ça, c’est un peu normal), et surtout on se demande vraiment à quoi sert la séquence qui voit Terry McGowen (William Scott), le fiancé d’Amarilly, se prendre une balle perdue dans le dos : cela n’entrave pas la fin heureuse promise, et le sort du tireur involontaire (Tom Wilson) n’est pas évoqué.

 

Par contre, l’aspect le plus remarquable du film vient du montage. En effet, Neilan use du montage parallèle à différentes occasions pour marquer la différence entre les deux niveaux sociaux concernés.

Alors que Terry et Amarilly vont danser – en tout bien tout honneur – Gordon et sa clique s’enivrent ; le repas chez la tante Philips (Ida Waterman) et celui chez Amarilly…

 

Et si le scénario est un peu faible, la critique de la haute société est tout de même bien rendue. Les intertitres jouent avec les mots et l’humour avec bonheur, accentuant l’issue inévitable : le rejet de cette société convenue et figée à des années-lumière de chez Amarilly.

En outre, Ida Waterman est une riche bien-pensante imbuvable comme on aime les détester.

Et si Norman Kerry, qui est un tout nouveau jeune premier, sort un temps son épingle du jeu avec son personnage amoureux d’Amarilly (3), c’est pour mieux retomber dans l’attitude condescendante de ses pairs envers la jeune femme et sa famille, avec en point d’orgue la réception de cette famille chez les riches : ces derniers n’ayant en tête qu’une idée, celle de les humilier.

 

Bref, un film mineur, mais qui vaut tout de même le coup d’œil, pour Mary Pickford, bien sûr, mais aussi pour la famille d’Amarilly, et en particulier la grande Kate Price qui n’a pas toujours été une mégère infâme (cf. Daddy-Long-Legs, l’année suivante, avec le même duo déjà évoqué au début).

 

  1. C’est ce que dit le titre original.
  2. Celui-ci est le second.
  3. Qui ne le serait pas ?
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