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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Doug Liman, #Gangsters
Barry Seal : American Traffic (American made - Doug Liman, 2017)

Barry Seal (Tom Cruise) est pilote pour la TWA. En 1978, il rencontre l’agent Schafer (Domhnall Gleeson, le fils de) qui lui propose de travailler pour la CIA, et de prendre des photos dans installations militaires des différents pays d’Amérique Centrale.

Pour cela, on lui donne un appareil et un aérodrome.

Tout va bien jusqu’au moment où Jorge Ochoa (Alejandro Edda), Pablo Escobar (Mauricio Mejía) et Carlos Lehder (Fredy Yate) lui proposent de convoyer leur marchandise en rentrant chez lui.

Et comme l’argent se met à couler à flot, Barry ne voit pas pourquoi il refuserait…

 

Je l’ai déjà écrit ici, Doug Liman est ce qu’on appelle un réalisateur efficace. Il nous l’avait prouvé avec son formidable The Bourne Identity (2002), qui renouvelait un peu le film d’espionnage. Ici, il s’attaque à une histoire vraie, celle de Barry Seal (1939-1986) qui de 1978 à sa mort trempa dans des affaires on ne peut plus louches, travaillant donc pour la CIA et le Cartel de Medellin et s’enrichissant éhontément, tout en trafiquant à une échelle très haute, protégé par l’administration américaine.

 

C’est donc un récit d’une partie de la Guerre froide qui fut franchement réchauffée à la fin des années 1970s, sous Carter et surtout Reagan : des missions d’espionnage puis du trafic d’armes ainsi que du trafic de drogue.

Cela peut paraître énorme pour un seul homme, et le ton du film a tendance à nous induire en erreur : le parti pris ironique relativise la portée criminelle de ses (ex)actions, accentuant l’immoralité de cet homme au parcours si complexe.

 

Dès le début, on sent que ce que nous allons voir n’est pas commun : alors que s’installe le générique de l’Universal, on se dit qu’on a le temps de voir défiler les différentes compagnies partenaires avant que cela commence vraiment. Mais pas du tout, rapidement tout est interrompu et remplacé par un générique qui nous renvoie en 1978, du temps de l’administration Carter. Le ton est donné : je me répète pas la spécificité du personnage que nous allons suivre est fortement originale.

Ce parti pris est alors accentué par le côté cool de Tom Cruise, un sourire aux lèvres comme l’un des ados qu’il a pu jouer dans les films de ses débuts.

Cette attitude sympathique et le ton enjoué du film nous le font apprécier sans réserve, si ce n’est toutefois le scrupule énoncé plus haut : les différents trafics auxquels il se trouve mêlé sont des crimes graves, amenant des morts, violentes ou non.

 

Mais cet aspect hors-la-loi de Seal ne doit pas nous faire oublier que c’est au plus haut niveau de l’Etat que ces différents trafics trouvent leur origine. La séquence finale, qui voit (en partie) ce qu’il advînt après la mort de Barry, est des plus éloquentes, donnant une dimension non négligeable des responsabilités des différents acteurs de l’ombre de ces différentes affaires. Et la séquence finale qui nous raconte un peu ce qu’il arriva ensuite à tous ces protagonistes n’insiste pas beaucoup sur les différents rôles de ces gens « au-dessus de tout reproche », comme on dit.

 

On peut reprocher au film son ton un tantinet léger, nous présentant un personnage plutôt abject (1). Mais on n’oubliera pas que les pays qui sont capables de mettre en scène de tels scandales politiques ne sont pas les plus nombreux. Et même si Reagan et Bush père (2) sont morts, de nombreux acteurs de cette période sont toujours en vie.

Combien de pays sont-ils capables de ce déballage cinématographique ?

 

 

PS : Le titre original – qu’on pourrait traduire par « fabriqué aux Etats-Unis » possède une teinte ironique (sinon sarcastique) quant aux différentes opérations racontées dans le film…

  1. Croulant sous les dollars, il est obligé d’en enterrer, tous les endroits de rangement de sa maison étant déjà pleins à craquer, une banque étant obliger de construire une extension à leur coffre-fort pour mettre en sûreté l’argent des autres clients !
  2. Directeur de la CIA en 1976-77, il fut vice-président de Reagan entre 1985 et 1989 avant d’être à son tour élu.
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