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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Espace, #Ron Howard, #Tom Hanks, #Bill Paxton
Apollo 13 (Ron Howard, 1995)

 

Quand sort le film, 25 ans après les faits (et aujourd’hui encore, un peu plus de 25 ans plus tard), les spectateurs connaissent déjà la fin de l’intrigue : Jim Lovell (Tom Hanks), Fred Haise (Bill Paxton) et Jack Swigert (Kevin Bacon) sont revenus sains et saufs de leur voyage spatial après avoir fait le tour de la Lune, à défaut de s’y être posés.

Mais malgré tout cela, Ron Howard réussit à nous faire douter de l’issue de cette aventure spatiale bien singulière. Singulière parce que nous n’avons pas l’habitude, nous spectateurs, de voir un fiasco en œuvre dans un film sur l’espace.

 

Parce que cette fois-ci, rien ne se passe comme prévu : non seulement il n’y aura pas d’alunissage, mais en plus, les trois hommes vont frôler la mort. Certes, beaucoup comme moi ont encore en tête l’explosion terrible de Challenger (22-1-1986), mais nous n’en sommes pas là : il s’agit ici de 1970.

Du 11 au 17 avril, le monde va donc suivre avec angoisse le sort de ces trois hommes coincés à des milliers de kilomètres de toute vie humaine, dans un engin qui n’était prévu que pour alunir et repartir. Bref, autant dire un vol impossible.

Et ce qu’il y a de bien avec les choses impossibles, c’est que ça donne des ailes au cinéma, lieu où tout est possible, et surtout ce qui ne l’est pas.

 

Certes, l’impossible ne l’est pas tant que ça puisque nous savons comment tout cela s’est terminé. Mais le talent de Ron Howard et de tout ceux qui l’entourent sur cette aventure (à plus d’un titre) c’est de nous relancer dans cet impossible et de nous amener à ce dénouement (heureux) malgré tout, comme s’il s’agissait un tout nouvel exploit(1). Nous nous retrouvons dans les mêmes conditions que les acteurs d’alors, tendus devant cette situation qui semble inextricable.

Comme d’habitude, on trouvera quelques esprits forts pour nous signaler qu’il y a certaines approximations et que certaines choses ne son pas possibles ou ne se sont pas passées (2). Et comme toujours je dis : certes, mais on s’en fiche, on est au cinéma. Ce qui compte, ce n’est pas ce qui a été, mais ce qui se passe sous nos yeux.

 

Et de ce côté-là, la mission de Ron Howard est bel et bien accomplie, recréant un grand moment de tension cinématographique en mettant en présence les différents acteurs de ce qui aurait pu être une tragédie : les astronautes bien entendu, mais aussi le centre de contrôle de Houston (3), inévitable, et enfin ceux qui ont vécu tout cela peut-être aussi intensément que les trois hommes, leur(s) famille.

Et tout cela, en jouant avec astuce sur le chiffre 13, censé porté malheur : non seulement le numéro de la mission est celui-là, mais ils s’élèvent à 13 h 13 et doivent alunir le 13 avril !

Tout est prêt pour un film catastrophe et la catastrophe arrive : Marilyn Lovell (Kathleen Quinlan) perd sa bague de fiançailles dans la douche !

 

Sérieusement, Ron Howard réussit un très beau film sur la conquête spatiale américaine, dans la lignée du non moins superbe The right Stuff de Philip Kaufmann une dizaine d’années plus tôt, avec en commun Ed Harris (Gene Kranz) (4), mais avec un handicap de choix : l’échec de la mission.

Et c’est aussi là qu’est la magie du cinéma : réussir à tourner cet échec en une incroyable réussite, avec résolution finale émouvante. Et il faut avouer que les Américains savent le faire.

 

C’est ça, le cinéma.

 

  1. Exploit qui fut réel à cette époque.
  2. C’est bien la musique de 2001, a space Odyssey qui fut jouée !
  3. De ce côté-là, pas de problème !
  4. Avec des cheveux !

 

 

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