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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Douglas Fairbanks, #John Emerson
Le Mystère du Poisson volant (The Mystery of the leaping fish - Douglas Fairbanks and John Emerson, 1916)

1916

Coke Ennyday (« Cocaïne tous les jours » - Douglas Fairbanks) est un détective hors pair. Non seulement il résout les enquêtes qui lui sont confiées, mais en plus, il passe sa journée à sniffer de la cocaïne, quand ce n'est pas l'heure de s'enfiler une quantité astronomique d'alcool...

Mais il y a un nouveau mystère, celui des poissons sauteurs (d'où le titre). Ces poissons gonflables servent de paravent à un trafic de drogue que Coke va démanteler.

 

Il n'y a aucun lien  vraisemblable, véridique, réaliste. Ceci est avant tout une pochade. Tout d'abord un pastiche de Sherlock Holmes, puisque Coke se drogue de façon naturelle. Comme son illustre modèle, c'est un junkie. Mais alors que Holmes souffrait de son addiction, Coke se réjouit de ses prises de drogue.

La drogue est une fléau, certes, mais pas pour Coke Ennyday : non seulement c'est un stimulant, mais en plus, ça devient un adjuvant dans sa lutte contre le crime.

 

il est clair que ce court-métrage est avant tout une récréation pour Douglas Fairbanks. Lui qui a toujours été utilisé pour incarner des grands rôles héroïques se retrouve à jouer un personnage comique sans véritable lien réaliste. Même son apparence est fausse (normal, c'est un détective)

Mais ce qui nous amuse, c'est la direction que prend l'enquête avec une personnage aussi peu fiable. Coke est un enquêteur hors pair, mais c'est avant tout les circonstances qui l'aident.
De plus, il est épaulé par une jeune femme (Bessie Love, même pas 18 ans quand le film est tourné...) qui l'aidera plus que lui-même ne s'aide.

 

Mais comme annoncé plus haut, c'est une pochade : il ne faut pas chercher au-delà de faire rire les gens (Très vaste programme !). Et avec ce film, Fairbanks et John Emerson mettent en scène un détective aussi peu probable que ne le sera Zed dans Le Brasier ardent (Alexandre Volkoff, 1923).
Mais qu'importe. On s'amuse de cette (courte) histoire improbable.
Et (fort heureusement) l'intrigue recadre l'histoire (avec humour) mais nous laisse avec une intrigue on ne peut plus improbable.
Mais n'est-ce pas le lot des histoires comiques.

Alors savourons Et avec en plus l'une des plus belle s actrices du cinéma muet (Bessie Love).

A voir et surtout revoir !

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Publié le par Djayesse
Selfie
Regardez bien la photo.
Cette femme est une sadique.
Non seulement elle exploite la détresse des gens, mais en plus, elle s'en réjouit.
Tout d'abord, on voit la femme souriante (c'est la sadique). Ensuite, on voit celle qu'elle serre dans ses bras. Et cette femme ne sourit pas. Au contraire, elle semble désespérée. Mais ça ne gêne pas la femme blonde qui sourit, imperturbable, devant l'objectif de la caméra.
Légende (par la femme blonde ?) : « A Amiens où je suis allée soutenir les travailleurs de Whirlpool. Avec moi, leur usine ne fermera pas. »
C'est le genre de sortie qu'on évite de faire : tout d'abord parce que le scrutin n'a pas encore eu lieu, et ensuite parce que les promesses de campagnes, on connaît. Rappelez-vous Hollande, dans la même situation, en 2012, à Morhange. On sait comment ça a fini.
Mais comme disait Pasqua : « les promesses n'engagent que ceux qui y croient. »
Revenons sur l'image.
Ici, aucune compassion : un énorme sourire. Un décalage extraordinaire avec une personne qu'elle veut nous faire croire proche. Une exploitation de la misère indigne d'une personne briguant la plus haute fonction de l'Etat. Et en plus, avec un sourire carnassier bien loin de l'empathie qu'on serait en droit d'attendre devant une telle situation dramatique.
 
Cette façon de faire me rappelle les touristes qui se font photographier sur fond de misère, en Afrique ou ailleurs, histoire de dire qu'ils y étaient. Ou encore les nantis qui, au XVIIIème siècle, visitaient des asiles d'aliénés (pas de selfies, la photographie n'existait pas encore...) parce que c'était à la mode.
Ici, la femme blonde a promis : elle a entendu leur appel et s'occupera d'eux.
Peut-être.
Quand elle sera élue.
Si elle est élue.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Charles Chaplin
Charlot Boxeur (The Champion - Charles Chaplin, 1915)

Le vagabond (Charles Chaplin) et son chien, à la rue, sans un sou.

Spike Dugan (Ernest van Pelt), champion de boxe, cherche un sparring-partner pour prendre des coups aux entraînements. Alors, comme il n'a pas d'argent, et que sur son chemin, il bute sur un fer à cheval (voyant là un signe du destin), il accepte.

Mais Spike cogne dur, et notre vagabond regrette vite son choix.

Heureusement, il y a le fer à cheval...

 

Chaplin propulse son personnage dans un monde qui devrait lui être étranger : la boxe. Tout est là : les champions qui cognent fort, la salle d'entraînement, le ring et les spectateurs enragés. On trouve même un individu louche (Leo White) avec haut-de-forme (toujours les chapeaux !) qui essaie de truquer le match.

Le vagabond n'est pas ce qu'on peut appeler un athlète complet, et surtout, sa façon de se battre n'est pas vraiment orthodoxe, cherchant toujours à obtenir une victoire rapide sans se préoccuper de la forme, utilisant dès que possible divers objets contondants pour y arriver. Et malgré les règles du marquis de Queensberry, le vagabond va utiliser l'objet qu'il a considéré comme pouvant faire son bonheur : le fer à cheval.

C'est d'ailleurs l'une des premières fois - si ce n'est la première, je manque d'éléments, il faut que je demande à mon ami le professeur Allen John - que le fer à cheval se glisse dans un gant de boxe au cinéma. Mais là où Chaplin se révèle, c'est en prolongeant le gag du gant lesté. Non seulement il assomme le champion, mais en plus, il frappe les autres protagonistes de la scène (entraîneur, sparring-partners...) volontairement ou non, ayant oublié que son gant était habité...

Ce gag sera maintes fois réutilisé et surtout magnifié par Tex Avery, dans Lonesome Lenny, par exemple.

Et puis il y a la femme. C'est la fille de l'entraîneur (Edna Purviance). Mais elle n'a pas grand chose à faire dans ce film. Une courte apparition ponctuée par un baiser. Ce baiser d'ailleurs, ne déroge pas à la règle qui va devenir habituelle : le vagabond n'embrasse pas ou très peu ses partenaires. Et ici, il l'embrasse... Sans l'embrasser ! (Voyez le film, vous me comprendrez...)

Pour le reste, il y a la grande scène que nous attendons tous, surtout nous, spectateurs un siècle plus tard : le grand combat contre un champion non moins grand : Bob Uppercut (Bud Jamison).
Il tient ses promesses, ce combat, et dans une certaine mesure, annonce celui qu'on trouve dans Les Lumières de la ville (1931). Mais comme pour beaucoup de ces premiers films où Chaplin est metteur en scène, on assiste à une ébauche de ce qui deviendra plus tard des scènes comiques d'anthologie. On sent que Chaplin, comme Bud Jamison qui retient ses coups pour ne pas abîmer son partenaire, se retient.

Il essaie, il esquisse.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Science-fiction, #Daniel Espinosa
Life : Origine inconnue (Life - Daniel Espinosa, 2017)

Station spatiale internationale.

Un équipage de six scientifiques venant de différents pays doit réceptionner des échantillons venant de Mars.

Et, depuis H. G. Wells, on sait qu'il y a un échantillon de vie...

Le premier stade, c'est la découverte de la cellule. le second, son réveil. Le troisième, c'est son développement.

Et après ?

Après, Wells rencontre Alfonso Cuarón, Stanley Kubrick (un petit peu), mais surtout Ridley Scott.

 

On prend les mêmes ingrédients que Alien et on le transpose : le vaisseau est remplacé par la station spatiale, d'où une sorte de mise à jour du décor. [Qu'en sera-t-il dans quarante ans ? Trouvera-t-on toujours ce décor adéquat ?]

Comme dans Gravity, on voit des gens évoluer en apesanteur avec une fascination certaine, admiratifs devant ces effets.

 

Daniel Espinosa rejoint Kubrick et son 2001, a space Odyssey sur deux points : le traitement de l'apesanteur, où les plans des acteurs ne sont pas en rapport avec notre vision classique des corps (tête en haut, pieds en bas) et le traitement de l'extraterrestre. Ici aussi, nous avons affaire à un corps étranger hybride qui ne ressemble à rien de familier : une espèce de croisement entre une étoile de mer et une orchidée. Pas d'humanoïde, cette fois-ci. Et cette créature en devient fascinante. Pour les protagonistes tout d'abord, la découverte d'une nouvelle forme de vie s'apparente à une nouvelle naissance, soulignée par une véritable naissance qui a lieu pendant le séjour spatial. Mais fascinante aussi pour le spectateur : cette étrangeté (volonté de la production de se démarquer de ce qu'on connaissait) est tour à tour attirante et repoussante.

 

Et bien entendu, il y a l'incident qui amène le déséquilibre : le réveil de la créature, amenant une resucée d'Alien, dans un décor plus moderne, tout de même. Mais les ressorts sont les mêmes : un espace gigantesque qui devient vite un lieu confiné et oppressant ;  une créature hostile qui échappe à tout contrôle ; des membres d'équipages qui, même s'ils ne se séparent pas, sont éliminés par cette même créature ; des moments de silence présageant un coup de théâtre... Et une angoisse qui monte !

Le tout pour exploser dans une fin comme on en rêvait.

 

Pourtant, ça avait un peu mal commencé : l'expédition est médiatisée, et ce sont essentiellement des médias américains qui couvrent l'événement. On songe tout de suite que la film va tourner - encore une fois - à l'apologie des Etats-Unis, sauveurs officiels de la planète depuis maintenant plusieurs décennies : des petits enfants américains posent des questions aux astro/cosmonautes, c'est une école choisie parmi 11 000 qui donne son nom à la créature : la primaire Calvin Coolidge... Il ne manque plus que Tom Cruise et la boucle sera bouclée. Et puis on retrouve une répartition des rôles en fonction des minorités selon le principe de Tolérance cher aux Américains (un asiatiques, un noirs qui plus est handicapé...)

 

Mais c'est un réalisateur suédois... Alors même si l'Amérique est le point de départ de l'histoire, la fin n'a rien d'américaine.

Et c'est tant mieux !

Et pourtant, ce n'est pas faute d'avoir essayé ! Tous les ingrédients sont là pour avoir une fin attendue : et non !

 

Ca fait du bien de temps en temps...

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Joss Whedon
The Avengers (Joss Whedon, 2012)

Ils sont venus, ils sont tous là !

Enfin presque tous, vu que Clint Hawkeye Barton (Jeremy Renner) décide de partir avec le méchant Loki (Tom Hiddleston).

Parce que c'est par Loki que les problèmes arrivent. Et pas des moindres : il a décidé de diriger la Terre, à l'aide d'une armée extraterrestre et d'un portail spatio-temporel.

Rien que de très normal...

Ce qui l'est moins, c'est la réunion des futurs Avengers. Ce sont six super-héros certes, dont un avec - bien entendu - un super ego, Tony Ironman Stark (Robert Downey Jr.).

 

Comme toujours avec ce genre de film, on commence par une action spectaculaire, avec destruction phénoménale, pyrotechnie, et tout de même, l'événement qui fait basculer l'équilibre, indispensable pour avoir le film. Puis, o nous présente chaque héros, dans ce qu'il sait faire de mieux. Mais comme ils sont six - et qu'on peut supposer que tout le monde a déjà vu un des films précédents - cette présentation est plutôt succincte. On aimerait rester un petit peu plus longtemps avec chacun d'eux.

La Paramount n'a pas lésiné sur les moyens, proposant une équipe avec une distribution prestigieuse. En plus des acteurs précédemment cités on trouve Chris Evans (Steve Captain America Rogers), Chris Hemsworth (Thor), Scarlett Johansson (Natascha Black Widow Romanoff) qui ont participé aux précédentes aventures des héros Marvel. Seul Mark Ruffalo (Bruce Hulk Banner) est un nouveau venu, remplaçant le précédent Hulk (Edward Norton).

Et ça marche. Surtout pour le spectateur, parce que pour les héros, l'entente met du temps à se mettre en place. La méfiance et les fortes personnalités expliquant cette lente mise en route. Mais c'est aussi l'occasion de se réjouir de la prestation de Robert Downey Jr. qui nous offre un Stark très drôle, imbu de lui-même (cela va sans dire), en conflit avec Captain America.

Un intérêt du film est qu'il peut se regarder sans avoir vu les précédents, même si des références nous y renvoient. Ca ne gêne pas l'intrigue, et c'est tant mieux, vu que je ne les ai pas tous vus...

C'est donc un film efficace, où les effets spéciaux - parfois un peu rapides - sont époustouflants. La bataille dans New York nous amène des visions apocalyptiques qui ne sont pas sans rappeler parfois l'attaque du World Trade Center du 7 septembre 2001.

Et au final, on n'oublie pas la possibilité d'une suite (qui viendra trois ans après) même si elle n'est pas systématique : ils reviendront si on les appelle, parce qu'ils le doivent.

 

Mais vu que le monde est sauvé et le méchant (bientôt) châtié, on se demande bien ce qui va pouvoir arriver...

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Aventures, #Raoul Walsh, #Douglas Fairbanks, #Anna May Wong
Le Voleur de Bagdad (The Thief of Bagdad - Raoul Walsh, 1924)

Bagdad, au temps des mille et une nuits.

Ahmed (Douglas Fairbanks) est un voleur. Un voleur très habile, un tantinet blasphémateur, très charismatique, mais un voleur tout de même. E pour les voleurs, le châtiment, c’est le fouet.

Jusqu’ici, Ahmed y a échappé. Mais jusqu’à quand ?

Le Calife (Brandon Hurst) marie sa fille, la belle princesse (Julanne Johnston). Les prétendants – de riches princes asiatiques – se pressent pour l’épouser.

Mais c’est un autre prince qui va séduire la princesse : celui des voleurs, Ahmed.

Malheureusement, Ahmed est démasqué et, bien entendu, fouetté.

Mais c’est lui que la princesse aime...

 

Ce n’est absolument pas un conte des mille et une nuits, mais qu’importe. La richesse du décor, des costumes et le rythme nous plongent malgré tout dans un univers arabisant. Fairbanks est, comme d'habitude, formidable : souriant, bondissant… En un seul mot, vivant ! En face de lui, le prince mongol (Sōjin Kamiyama) est un méchant à sa mesure : il a tout de l’archétype de l’extrême oriental de cinéma. Il est fourbe – cela va de soi – et porte ongles longs, une natte et une moustache fine tombante comme tous les « méchants Chinois » (ce sera toujours le cas pour Boris Karloff dans le Masque d'or huit ans plus tard).

L’autre personnage maléfique est – une fois n’est pas coutume – une femme : c’est une esclave mongol (c’est plus facile de trahir comme ça) au service particulier de la princesse (Anna May Wong, toujours aussi belle).

 

Mais plus que l’intrigue, ce qui retient l’attention, ce sont les truquages : Walsh est un digne héritier de Méliès. Les interventions surnaturelles sont tout bonnement bluffantes :

La boule de cristal révèle des images nettes bien insérées ; le tapis volant s’envole naturellement et se déplace avec une véritable magie, laissant même une ombre lors de son passage… Quant à la poudre du trésor elle fait apparaître des soldats aussi nombreux que les grains de sable du désert avec une fluidité qui touche au merveilleux. Alors on peut excuser certains petits raccords approximatifs et le cheval volant aux ailes un peu petites et raides. Mais ce dernier vaut largement le Pégase qu’on trouve dans le Choc des Titans (Desmond Davis, 1981), près de cinquante ans plus tard !

Et en prime une magnifique scène sous-marine époustouflante où  Fairbanks évolue véritablement comme au fond des mers !

 

Et puis il y a la foule des soldats, dirigés d’une main de maître par celui qui fut l’assistant du maître ès mouvements de foule : David Wark Griffith.

Après les effets spéciaux, ce sont les décors qui retiennent l’attention. Ils sont merveilleux et contribuent à donner à ce faux conte un lustre et une majesté qu’on retrouve à la même époque dans Les Nibelungen de Fritz Lang. Le film de Walsh, sorti un mois quasiment jour pour jour après celui de Lang possède les mêmes caractéristiques : la majesté des lieux et la verticalité. Mais là où Fritz Lan recréait une sombre tragédie, Walsh nous offre une belle comédie, où l’Islam est présent en la personne d’un imam d’allure très christique (Charles Belcher).

Les nombreux plans d’ensemble nous montrent une ville de Bagdad gigantesque, tout en hauteur, avec un déploiement de richesse qui n’est atténué que par le format noir et blanc, avec toutefois des teintes colorées pour la nuit ou certains lieux. Ces teintes sont par ailleurs plus nuancées que dans d’autres films de la même période, la nuit n’étant pas trop bleue, ni les extérieurs trop flamboyants malgré le soleil du désert.

 

Un film qui, plus de quatre-vingt-dix ans après, est toujours aussi magique, et se laisse regarder avec un plaisir toujours renouvelé, même après plusieurs projections.

Osons le mot : un chef-d’œuvre !

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Dessin animé, #Cartoon, #Tex Avery
The Blow out (Tex Avery, 1936)

Un terroriste pose des machines infernales devant les principaux bâtiments de la ville. La police essaie (en vain) de l'arrêter.

Pendant ce temps, Porky Pig aimerait se payer un milkshake, mais il lui manque cinq pence.

Pour trouver les quelques pièces qu'il lui manque, il rend des services aux gens qu'il croise. Dont le terroriste...

 

Deuxième film réalisé par Tex Avery (Alors appelé Fred, comme dans les films qu'il a réalisé pour la Warner Bros), et on sent déjà poindre les éléments qui feront sa renommée à la MGM : l'humour noir et l'absurdité des situations.

Le premier personnage qu'on suit est le méchant poseur de bombe, tout de noir vêtu, s'emmitouflant dans une cape favorisant l'anonymat. Il a un rire sardonique qui annonce celui du bouledogue de Bad luck Blackie (1949). Et la fabrication de sa bombe vaut le détour

Quant aux situations, on trouve deux gags (savoureux) qui seront régulièrement repris lors de son passage à la MGM : le méchant qui veut échapper à quelqu'un et la course poursuite dans un couloir.
Dans Dumb hounded (1943), tout comme dans Northwest hounded police (1946), on assiste à une course poursuite entre le loup et Droopy, dans lesquels où qu'aille le loup, Droopy y sera avant lui, qu'il soit très haut ou très loin. Ici, c'est déjà le cas : mais ce n'est pas Droopy qui « pourchasse » le méchant, mais bel et bien Porky, suite à un quiproquo.
Dans la poursuite, Porky et le méchant se retrouve dans une rue et ce dernier essaie d'échapper au cochon en entrant dans différentes maison de la rue, toujours poursuivi. C'est l'occasion d'un gag qui sera souvent répété chez Avery : on entre par une porte, et on sort par une autre de l'autre côté de la rue, sans véritable. Bien entendu, ce gag sera repris et (largement) amélioré dans Little rural riding Hood (1949) ou mieux encore dans Lonesome Lenny ! (1945)

A noter aussi que Porky Pig, depuis le film précédent a suivi un régime sévère et rajeuni : il n'est plus un énorme père de famille obnubilé par son déjeuner, mais un petit cochon rondouillard dont le rêve est tout de même en rapport avec la nourriture : il cherche désespérément à déguster un milkshake.

Je finirai en disant que l'animation est assurée - entre autres - par Sid Sutherland et Charles Jones, qu'on n'appelle pas encore « Chuck ».

 

Une curiosité à (re)découvrir, comme toujours quand il s'agit des débuts du maître du cartoon.

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie dramatique, #Denys de la Patellière, #Michel Audiard
Un Taxi pour Tobrouk (Denys de la Patellière, 1961)

1942, entre Tobrouk et El Alamein.

Une histoire d'hommes.

Ils sont cinq. Cinq soldats. Quatre Français et un Allemand.

Après un commando, les quatre Français repartent de Tobrouk, sans leur lieutenant.

En chemin, ils font prisonnier un capitaine allemand, Ludwig von Stegel (Hardy Kruger).

En route vers El Alamein. A moins que ce soit Tobrouk...

 

« À la guerre, on devrait toujours tuer les gens avant de les connaître. » dit François Gensac (Maurice Biraud).

Et c'est là le nœud du problème : ces cinq hommes se lient malgré la guerre autour. Ce n'est certes pas une grande amitié. Seulement une estime. Celle des gens qui vivent la même épreuve. Qui survivent ensemble à une catastrophe.

Ce ne sont pas des héros, loin de là. Il faut les voir éliminer les Allemands qui se reposent sur le bord de la route pour le comprendre. Pas d'éclat, juste une fusillade rapide, sure. Le seul héros, bien entendu, c'est le lieutenant français qui est mort, laissant orphelins les quatre autres. Alors c'est le brigadier Dudu (Lino Ventura) qui prend les commandes. Mais pas trop non plus.

 

Nous assistons alors à un road movie où les objectifs ne sont jamais clairs et l'arrivée à El Alamein (ou Tobrouk) semble toujours reportée. Mais Denys de la Patellière ne s'intéresse pas à cet objectif : il se concentre sur les relations humaines entre des hommes en guerre, ennemis, et qui voient leurs certitudes s'ébranler. Beaucoup de silences, de regards, de réflexions dans la tête de ces hommes. Et au bout du compte, on n'a pas avancé. L'Allemand a beau être un ennemi, la traversée du désert les a tous rapprochés. La lassitude aussi, amène cette nouvelle position quant à l'ennemi. Et comme en plus, cet ennemi est avant tout un militaire, il n'y a pas le repoussoir nazi pour accentuer l'idée qu'un bon ennemi est avant tout un ennemi mort.

Mais c'est Samuel Goldman (Charles Aznavour) qui a la réflexion la plus froide et la plus juste quant à savoir qui est un bon Allemand et qui ne l'est pas. Mais de toute façon, le débat se clôt soudainement, sans que rien ne soit tranché.

Bien entendu, ça se termine sur les Champs Elysées, avec le défilé et les flonflon.

Mais le cœur n'y est plus.

Saleté de guerre.

 

Et puis il y a Michel Audiard. Non seulement il signe l'adaptation avec Denys de la Patellière et René Havard, mais en plus, ses dialogues se boivent comme du petit lait et font mouche à tous les coups :

« Quand on est cintré comme toi, on porte un écriteau, on prévient. Une connerie pareille ça devrait relever du conseil de guerre. » (Lino Ventura)

«Je vais mourir pour la fécondation du désert ! [...] Mon nom va devenir une marque. Une marque d'engrais. Le colonialisme est en pleine évolution ! » (Maurice Biraud)

« Deux intellectuels assis vont moins loin qu'une brute qui marche. » (Maurice Biraud)

«Si les Chinois débarquaient, il se ferait mandarin. Si les nègres prenaient le pouvoir, il se mettrait un os dans le nez. Si les Grecs... oui enfin, passons ! » (Maurice Biraud)

«À mon avis, dans la guerre, il y a une chose attractive : c'est le défilé de la victoire. L'emmerdant, c'est tout ce qui se passe avant. » (Charles Aznavour)

 

La musique enfin. Un seul thème, répété à l'envi, musical ou chanté, mais toujours le même : Les Anges dans nos campagnes, chant de Noël entêtant. Difficile de ne pas le fredonner une fois le film terminé... Mais c'est normal, le film commence à Noël 1941...

 

Quatre ans après, Ventura, Aznavour et Biraud se retrouveront pour une autre « Audiard-Party », mise en scène par celui qui n'est ici que l'assistant de La Patellière : Pierre Granier-Deferre. Ce sera la Métamorphose des Cloportes.

Tout un programme...

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Comédie, #Buster Keaton, #Herbert Blache
Ce Crétin de Malec (The Saphead - Herbert Blache, 1920)

L'esquisse d'un sourire. Juste un tout petit.

Buster Keaton sourit presque !

 

Wall Street, son univers impitoyable. Old Nick (William Henry Crane) est un vieux briscard de la finance. Sa richesse : la mine Henrietta, dans l'Arizona.

Il a deux enfants : Rose (Carol Holloway) et, Bertie (Buster Keaton). Rose est marié à Mark Turner (Irving Cummings) un courtier peu scrupuleux. Bertie est amoureux. De la belle Agnes (Beulah Booker), adoptée par sa famille.
Mais Mark a eu une affaire avec une danseuse, Henrietta Reynolds, qui menace de révéler son passé...

 

Il s'agit d'une adaptation de la pièce The new Henrietta de Winchell Smith, qui fut jouée sur scène par rien moins que Douglas Fairbanks. Keaton, qui était sous contrat avec Joe Schenk passe à la Metro (qui n'est pas encore Goldwyn Mayer) le temps du film. C'est d'ailleurs son premier long métrage, délaissant Roscoe Arbuckle pour cette comédie.

D'ailleurs, ce film tranche avec les autres films de Keaton : c'est un long métrage, certes, mais l'humour est moins présent, et moins démonstratif. Il s'agit d'une comédie du fait que tout se termine bien. Mais pour le reste, on est encore loin des autres longs métrages que Keaton va tourner dans les années qui vont suivre. très peu de cascades ou de situations burlesques. Alors on reste un peu sur sa faim.

Tout de même, on retrouve ici la tristesse légendaire du personnage de Keaton. Son allure de chien battu, comme si toute la misère du monde lui était tombée sur les épaules. Il y a aussi l'intimité qu'il partage avec sa fiancée, qu'on retrouve dans ses autres films : assis très proches, à regarder de petites choses, à s'échanger des petits riens...

Pour le reste, une histoire confuse où l'homonymie de la danseuse et de la mine sont prétextes à un quiproquo amenant la résolution de l'histoire.

Mais on sent que Keaton n'est pas bien à l'aise dans ce film. Il est un peu engoncé dans ce rôle de financier malgré lui. Ca manque de dynamisme et d'espace : d'aventure, quoi !

Ca viendra...

 

Mais le gros point noir de ce film est sans aucun doute l'adaptation française du titre original : The Saphead.

« Saphead » peut très bien se traduire par crétin. Mais « Malec »... Je sais bien qu'à cette époque, on francisait facilement les personnages du cinéma burlesque américain. Tout de même, si Charlot s'explique aisément pour Chaplin, on se demande où ils ont trouvé ce surnom. Et dire qu'il y a aussi eu « Frigo »...

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Comédie, #Clarence Badger, #Gloria Swanson
The danger Girl (Clarence Badger, 1916)

Deux amoureux - Bobby (Bobby Vernon) et sa fiancée (Myrtle Lind) se disputent .

Chacun part de son côté.

Paraît alors une autre femme (Helen Bray), collet monté. Bobby a besoin de se consoler, alors il l'aborde. Mais c'est la fiancée de Reggie « Honey Boy » (Reggie Morris). Ce dernier ne veut pas de cette nouvelle union.

Et Reggie a une sœur (Gloria Swanson). Cette dernière est un peu folle et va tout faire pour arranger tout ça...

 

Le scénario est certes très compliqué, embrouillé, confus (...), mais c'est normal : si Clarence Badger a signé ce film, derrière, il y a Mack Sennett à la production, d'où cet embrouillamini courant au studio Keystone.

Mais si ce film mérite notre attention, c'est avant tout pour celle qui donne son nom au titre : la fille dangereuse, Gloria Swanson.

Ce n'est pas encore l'immense star - elle n'a que 17 ans - mais déjà point son talent. Avant de jouer de grands rôles pour Cecil B. DeMille, elle a commencé dans le burlesque avec Mack Sennett : alors elle fait rire. Ici, elle est irrésistible en fille fofolle, mais c'est surtout quand elle s'habille en garçon qu'elle est formidable : les cheveux longs cachés sous un haut de forme, elle prend des attitudes masculines afin de contrôler les protagonistes des différentes histoires d'amour. La séquence au bar, avec de vrais hommes est très comique et va bien entendu à l'encontre des codes moraux de la société américaine de 1916 : une femme, habillée en homme qui va boire dans un bar, c'est inconcevable !

Pas pour Badger. Cette inversion des rôles est son meilleur atout comique. Il n'est pas question de faire du gros comique avec coups de pied au fondement et tartes à la crème. On a un comique plus subtile, qui n'empêche pas quelques coups de pied, ni certains de s'écrouler, pour la joie des spectateurs. Non. Le comique est ailleurs, dans l'ambigüité de cette androgyne qui, non seulement se fait passer pour un homme, mais en plus séduit une femme.

Cette dimension homosexuelle n'a pas dû faire autant rire que maintenant. Même si Hollywood était un milieu artistique et compréhensif, les ligues de vertu veillaient, et un tel comportement a dû faire couler beaucoup d'encre. Les homosexuels étant considéré comme des déviants, il fallait oser une telle expérience au cinéma : la performance de Gloria Swanson n'en est que plus exceptionnelle.

 

Et quand Cukor sortira Sylvia Scarlett presque vingt ans après, le scandale sera au rendez-vous : Katharine Hepburn habillée en jeune garçon ! Là encore, c'était impensable. L'Amérique n'était pas prête pour des rôles de femmes habillées en hommes. On ne mélangeait pas les genres. Alors que le contraire était plus accepté : Madame Charlot (Mack Sennett) ; Mam'zelle Charlot (Charles Chaplin)...

 

Il faudra attendre 1982 pour que ce genre d'histoire ait - enfin ! - du succès : ce sera Victor Victoria de Blake Edwards.

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