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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Steven Spielberg, #George Lucas, #Indiana Jones
Indiana Jones et le Royaume du Crâne de cristal (Indiana Jones and the Kingdom of the crystal Skull - Steven Spielberg, 2008

Et de 4 !

Indy a vieilli, 20 ans (1) se sont passés depuis la quête de l’Arche perdue. Mais il est toujours fringant et près à repartir pour l’aventure.

Depuis la quête du Graal, le temps a passé et la guerre l’a occupé : il participa à de nombreuses missions de renseignement, périlleuses bien entendu, et a rencontré Mac (Ray Winston) un autre agent – un Anglais du MI6 – avec qui il a presque gagné la guerre…

Nous retrouvons donc le professeur Jones en 1957, en pleine Guerre Froide,  où les méchants nazis ont été remplacés par de méchants soviétiques, emmené par l’intrigante colonelle Spalko (Cate Blanchett), sommité scientifique et combattante hors paire et, excusez du peu, protégée de Staline.

Bref une méchante à la mesure d’Indiana Jones.

 

On ne l’attendait plus : çà faisait presque 15 ans que le projet stagnait, mais comme les protagonistes principaux du film (Ford, Spielberg et Lucas) étaient un tantinet surbookés, il a fallu attendre.

Mais c’est avec un plaisir un petit peu émoussé qu’on suit ces nouvelles aventures aussi improbables que merveilleuses. En effet, on y trouve une légère teinte mélancolique due à la disparition successives de deux personnes qui ont beaucoup compté dans la vie d’Indy : son père (Sean Connery) et Marcus Brody (Denholm Elliott (2), réellement mort puisque victime du SIDA). Alors bien sûr, on les retrouve en photo sur le bureau d’Indiana, mais ce n’est pas pareil.

 

Mais surtout, on découvre un nouveau personnage qui devrait faire sa réapparition dans le prochain opus (prévu pour 2020) : Mutt Williams (Shia Labeouf), un jeune homme caractéristique des années 1950 (3). Et surtout, Mutt est le fils d’une vielle connaissance : Marion Ravenwood-Williams (Karen Allen).

En prime, la présence de John Hurt (Harold Oxley) dans le rôle d’un autre archéologue un tantinet illuminé du fait de sa rencontre avec l’un des crânes du titre.

 

Comme dans les épisodes précédents, on retrouve des poursuites magnifiques avec de nombreux méchants qui sont éjectés de leurs places de conducteurs, des méchants bien identifiés et des animaux hostiles (ici ce sont des fourmis rouges plutôt carnivores), et l’indispensable chapeau de feutre d’Indiana, accessoire incontournable de sa panoplie d’archéologue-aventurier : là encore il a tendance à vivre sa vie mais termine toujours sur la tête de son propriétaire.

La séquence finale est à ce titre fort pertinente : le chapeau est décroché de sa patère par un coup de vent et atterrit aux pieds de Mutt qui le ramasse et s’apprête à le coiffer… (4)

 

Les clins d’œil aux épisodes précédents sont là, avec en prime quelques éléments des années 1950, Elvis chantant Hound Dog (1956) en ouverture par exemple, ou encore les tenues des jeunes garçons (d’un côté les blousons noirs et de l’autre les blousons bicolores…). On pense alors à American Graffiti, bien sûr, mais pas que : nous sommes en pleine guerre froide et les soviétiques ont avantageusement remplacés les affreux nazis dans le rôle es super méchants.

La carte s’anime toujours de la même façon quand les héros voyagent, et Indy retrouve ses réflexes d’archéologue-cryptologue avec brio et l’aide de fils de Marion qui lui tombe du ciel.

 

Au final, une aventure dans la droite lignée des épisodes 1 et 3, avec cette fois-ci des effets spéciaux numériques impressionnants mais tout de même un ton en dessous de ces mêmes opus.

 

Indiana Jones est de retour et, malgré tout, ne boudons pas notre plaisir.

 

 

(1) Harrison Ford a toujours une dizaine d’années de plus que son personnage…

(2) Deux autres représentations de Brody-Elliott figurent dans le film : saurez-vous les retrouver ?

(3) Son arrivée rappelle Johnny Strabler (Marlon Brando) dans The wild One.

(4) Si vous l’avez vu, vous savez ce qu’il en est. Sinon, voyez le film !

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Indiana Jones, #Aventures, #Steven Spielberg, #George Lucas
Indiana Jones et la dernière Croisade (Indiana Jones and the last Crusade - Steven Spielberg, 1989)

Après l’épisode du Temple maudit, Lucas et Spielberg nous propose de nouvelles aventures de notre archéologue préféré. C’est aussi une façon de nous présenter ce personnage atypique pour la profession qu’il exerce.

Le film commence donc en 1912, alors que le jeune Indiana (River Phoenix) participe à une sortie de scouts dans laquelle il découvre des archéologues plus motivés par la valeur marchande qu’historique de leur trouvaille.

Nous assistons alors à l’une des premières poursuites du jeune homme dans ce périlleux métier, qui nous permet de découvrir l’origine de l’ophiophobie (1) dont il souffre ainsi que celle de sa cicatrice sous ses lèvres.

Même si l’issue n’est pas à son avantage, une chose est sure : Indiana sera archéologue.

 

Vingt-six ans se sont écoulés depuis la séquence d’ouverture, et nous retrouvons Indiana Jones qui met un point final à la première aventure. Puis nous rentrons dans le vif du sujet, la dernière croisade dont il est- question dans le titre : la quête du Graal.

Si l’issue ne fait pas de doute – il a déjà retrouvé l’Arche d’Alliance deux ans plus tôt, alors ce n’est pas un gobelet qui va lui résister – c’est avant tout la présence d’un autre Jones qui fait tout le sel du film : le professeur Henry Jones, médiéviste réputé, terreur de ses élèves, et pour ce qui nous concerne ici, père de l’autre.

Et en plus, ce dernier est interprété par le formidable Sean Connery qui, s’il avait quelques années de moins aurait tout aussi bien pu endosser le rôle de son fils Junior.

 

Et ce « nouveau » Jones n’est pas aussi facile qu’on aurait pu l’imaginer de la part d’un professeur d’université. Les aventures de son fils ne le font pas spécialement hurler de rire, de même que ses jurons répétés. Mais sur certains autres points, il partage avec ce dernier la passion de la découverte archéologique ainsi qu’un goût prononcé pour les jolies femmes.

 

Cetté nouvelle aventure est aussi l’occasion de retrouver deux autres personnages sympathiques du premier opus : Marcus Brody (Denholm Elliott) et Sallah (John Rhys-Davis) deux personnages aux antipodes l’un de l’autre mais dont le l’apport comique est indispensable au film. A noter enfin la présence de Ronald Lacey (Arnold Toht dans l’Arche perdue), figurant de luxe pour interpréter Himmler à la tribune, près de vous savez qui (2).

 

A mon avis, ce troisième opus est, avec l’Arche perdue, le meilleur des aventures d’Indiana Jones. On y retrouve le côté archéologique qui est la base de l’activité de notre héros. En effet, dans le Temple maudit, la lutte contre la secte des Thugs est le thème du film plus que les opérations de découverte.

On retourne donc aux sources de ce qui fait l’intérêt du personnage : la quête d’un objet unique et mythique, avec péripéties plus ou moins dangereuses. On retrouve aussi les nazis, ennemis naturels d’Indiana, toujours en quête d’objets paranormaux, toujours aussi violents, mais heureusement toujours les perdants face à cet aventurier hors norme (3).

Sans oublier de glisser des références aux films précédents, clins d’œil aux aficionados de la série : outre les deux éléments cités dans la première partie, on retrouve une hélice broyeuse, une fresque murale de l’Arche, une poursuite à cheval, un précipice meurtrier et un chapeau qui se promène… C’est un festival !

 

Mais avec cet épisode, on sent tout de même la fin d’une aventure : cette histoire de Graal, la Quête absolue, est une manière de conclure avec un personnage attachant mais tout de même vieillissant : près de dix ans se sont écoulés depuis le premier film, alors qu’Indiana lui, n’a pris que deux ans…

De plus, terminer sur le Graal, c’est une façon de boucler un cycle qui commença avec un autre objet religieux absolu. Et le plan final qui les voit partir vers le couchant abonde dans ce sens. Les aventures sont terminées, car après le Graal, que peut-il chercher de plus fabuleux ?

 

Cet état de fait durera presque vingt ans, et Indy nous reviendra malgré tout, mais cette fois, Harrison Ford fera un peu plus son âge véritable.

Et on en annonce un nouveau pour 2020…

 

 

(1) Vous irez voir sur Wikipedia

(2) Non, ce n’est pas Voldemort.

(3) vous en connaissez beaucoup, vous, des archéologues comme celui-là ?

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Sydney Pollack
Tootsie (Sydney Pollack, 1982)

Michael Dorsey (Dustin Hoffman) est un acteur. Mieux, c’est un comédien. Un comédien de la pire espèce pour ses congénères : il est phénoménal.

Mais être phénoménal n’apporte pas que des avantages, bien au contraire : il est grillé partout. Soit pare qu’on ne veut plus de lui (la plupart du temps), soit parce qu’il devient impossible pour ses partenaires, ce qui au final revient au même. Bref, il est tricard partout.

Plus personne ne veut de lui ? Bon. Peut-être voudra-t-on d’ELLE ?

 

Elle, c’est Dorothy Michael, ou plus précisément Michael Dorsey grimé en femme. Et je dois avouer que Dustin Hoffman nous offre une femme extraordinaire. C’est un rôle assez difficile que de jouer une femme sans tomber dans la caricature d’une part et en restant plausible voire crédible d’autre part. Et là, on atteint au sublime. L’acteur caméléon a encore frappé (1).

Il y a chez Michael-Dorothy une subtilité due à la fusion des genres qui en plus d’être une source comique magnifique amène aussi quelques beaux moments d’émotion.

 

Au regard de sa (brillante) filmographie, la comédie n’est pas chose courante chez Sydney Pollack. En effet, avec Sabrina (2), il s’agit ici de l’une de ses rares incursions dans ce domaine. Et il s’en tire avec beaucoup de facilité voire de talent. En effet, lui qui est habitué à des intrigues plus réalistes voire noires, nous gratifie ici d’une comédie dans la lignée de ses autres films.

En effet, si on s’amuse des situations qui échappent peu à peu à Michael-Dorothy, on ne peut pas perdre de vue le véritable thème sous-jacent et pourtant au cœur du film : le chômage des comédiens, identifié dès le début, et qui justifie – au début tout du moins – cette métamorphose de Michael Dorsey.

 

Ce qui n’était à l’origine qu’une gageure devient progressivement un phénomène : Dorothy ne fait pas que convenir à la série pour laquelle elle est embauchée, elle devient un véritable symbole pour les femmes de toutes conditions. Michael est un comédien hors pair, c’est indéniable. Mais ce qui fait sa force – le talent – va subrepticement lui échapper et se retourner contre lui. Il faut dire que la situation devient inextricable et les explications que Michael donne à son agent George Fields (Sydney Pollack, aussi devant la caméra) expriment exactement la situation d&ans laquelle il s’est fourrée : nous, spectateurs et complices de Michael, comprenons ce qu’il raconte, passant d’une personne à l’autre sans être assez précis, mais pour George, cela n’a ni queue ni tête et même s’il sait dans quelle situation est son poulain, il a beaucoup de mal à s’y retrouver. Mais qui n’en aurait pas ?

 

Il faut dire que Michael doit non seulement assumer sa vie personnelle, mais en même temps mener la carrière de Dorothy dans le feuilleton et en dehors (répétitions, promotion…) ainsi que la vie sentimentale qui s’impose à elle et surtout malgré elle : entre le père (Charles Durning) de Julie (Jessica Lange) et John van Horn (George Gaynes) son partenaire, tous les deux la poursuivant de leurs assiduités, il en arrive à un dédoublement de la personnalité qui va au-delà de la simple mystification initiale.

Et si on ajoute à cela Sandy (Teri Garr, superbe paumée) avec qui il a eu la bêtise de coucher, Jeff (Bill Murray, épatant en artiste maudit), et Julie avec qui il aimerait une autre sorte de relation, on arrive alors à un imbroglio incommensurable qui ne pourra qu’amener une explosion avec dommages collatéraux.


Cette explosion a lieu, mettant un terme à la situation, mais amenant aussi des développements fâcheux malheureusement inéluctables, ajoutant un soupçon de tragédie à ce thème pas si comique que ça : jusqu’où peut-on aller pour arriver à ses fins ?

Et derrière cette comédie douce-amère se pose l’inévitable question de la place des femmes dans la société, et ici dans le milieu du showbiz, où il est difficile de s’imposer quand on n’entre pas dans les canons de la beauté (sans parler de s’y maintenir quand le temps fait son œuvre).

Et le propos de ce film prend une toute autre dimension 35 ans après, avec les révélations et les conséquences de l’affaire Weinstein…

 

 

(1) Etonnamment, 1982 vit la sortie à quelques mois d’intervalles de deux films cousins ayant pour chacun d’eux deux immenses vedettes inversant les rôles. L’autre, c’est Victor, Victoria, avec la fabuleuse Julie Andrews.

 

(2) et encore, il s’agit d’un remake du (magnifique) film de Billy Wilde

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Barry Sonnenfeld, #Men in Black
Men in Black II (Barry Sonnenfeld, 2002)

Cinq ans ont passé depuis l’arrivée de J (Will Smith) dans l’équipe des MiB (Men in Black). Mais si le boulot est toujours aussi spectaculaire et secret, J n’a plus l’entrain du début. Il quelque chose à sa vie solitaire. Quelque chose ou plutôt quelqu’un.

Heureusement pour lui, Serleena (Lara Flynn Boyle) débarque sur la Terre, à la recherche de la « Lumière de Zartha ».

Et la seule personne dont J a besoin, c’est K (Tommy Lee Jones), dont il a effacé la mémoire à la fin de l’épisode précédent.

 

On retrouve donc nos agents en noir préférés dans une nouvelle aventure où il sera encore une fois question de sauver la Terre , ce qui n’est qu’accessoire : dans ce métier-là, il faut toujours sauver la Terre.

Mais cette fois-ci, le ton est donné dès l’ouverture et l’introduction du film par la firme Columbia : la la torche que la jeune femme (la Liberté éclairant le monde) porte au-dessus d’elle n’est rien d’autre qu’un « neurolyseur » : l’appareil, un flash puissant, émet un éclair qui efface la mémoire de ceux qui le regardent, permettant ainsi de protéger l’activité secrète de la branche MiB.

 

Encore une fois, l’enjeu de cette intrigue relève la relativité. En effet, tout comme l’Univers est un espace infini d’une grandeur incommensurable, l’infiniment petit l’est aussi.

Rappelez-vous, dans le premier, il fallait retrouver la ceinture d’Orion. Mais cette ceinture ne désignait pas les trois étoiles alignées de la constellation du même nom, mais plutôt une sorte de sphère accrochée au collier d’un chat prénommé Orion. Cette sphère renfermait une galaxie immense, mais dans l’infinitésimal. En clair, tellement petit qu’il faudrait un microscope utra puissant pour en détailler les éléments.

Parce que ici aussi, nous avons affaire avec l’infiniment petit.

 

Barry Sonnenfeld s’est pêrmis de brouiller les cartes dès la première séquence : on y voit Peter Graves (dans un de ses derniers rôles au cinéma) présenter une histoire sensée ne pas exister avec des agents habillés de noir qui n’existeraient pas plus, à propos d’une Lumière de Zartha imaginaire convoitée par une créature maléfique nommée Serleena tout aussi virtuelle. Bref, une série sur le paranormal qui entretient la très célèbre « Théorie du Complot ».

Alors quand le vaisseau de la vraie Serleena atterrit sur Terre (il ressemble à un cornet de glace à une boule, doré et pourvu de pieds), on retrouve exactement le même vaisseau, à un détail près cependant : il ne mesure qu’une trentaine de centimètres !

 

Et comme dans l’épisode précédent, ça marche. On retrouve, au bout d’un moment, le K que nous connaissions, bon pied bon œil (derrière les indispensables lunettes de soleil) et toujours prêt à sauver le monde, ainsi que donner une leçon au blanc-bec*. On retrouve le directeur du service – Z (Rip Torn) – qui prend un peu plus de place dans l’intrigue, étant un des témoins de l’histoire initiale censée se dérouler en 1978, ainsi qu’un coéquipier aussi incongru qu’encombrant : Frank (voix de Tim Balney), le chien !

On retrouve aussi des personnalités qui seraient des ET : après Sylvester Stallone et Shaquill O’Neal, c’est Michael Jackson, qui offre ses services avec une insistance un tantinet irritante. Et bien sûr une galerie d’ET de toutes sortes mais tout de même humanoïdes dans l’ensemble.

 

Bref, on s’amuse avec le même bonheur devant ces aventures aussi spectaculaires qu’improbables**. Avec quelques petits clins d’œil : une référence à Spielberg, le producteur exécutif une fois encore, de même qu’une autre à Psycho III avec un gérant de magasin de vidéo un petit peu trop proche de sa mère…

Et on termine une nouvelle fois avec une mise en perspective exprimant à nouveau la relativité précédemment citée.

Superbe.

 

 

* Expression peu heureuse quand il s’agit de Will Smith. On préférera le terme « bleu ».

** Bien entendu, c’est ce qu’on voudrait nous faire croire !

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Catastrophe, #Joe Dante
Piranha (Joe Dante, 1978)

Une clôture grillagée avec un écriteau défendant l’entrée, ça vous rappelle quelque chose ?

Oui. Moi aussi. Mais cette fois-ci, c’est l’écriteau qui conclut la mini séquence (avant l’intervention des premiers personnages). Et au lieu de remonter le grillage, nous partons du haut pour aller tout en bas. Logique, c’est ici que se trouve l’ouverture – interdite, mais comme il y a un espace – par laquelle passent les deux premières victimes…

 

 

Déjà l’affiche nous prévenait : une baigneuse que regardent en contre-plongée des poissons aux dents aiguisées…

Oui, ça rappelle Jaws, mais attention : ce n’est pas Jaws !

Tout d’abord parce que ce n’est pas le même budget, et aussi parce que Joe Dante (réalisateur injustement méprisé) n’est Pas Spielberg.

Mais on retrouve tout de même quelques éléments du film précédent dans l’histoire de John Sayles (et Richard Robinson) :

  • des baigneurs sont attaqués par des poissons furieusement affamés ;
  • un événement à caractère aquatique a lieu en même temps ;
  • le directeur, averti et conscient du désastre annoncé, refuse d’annuler les réjouissances ;
  • les lanceurs d’alerte sont muselés (1).
  •  

 

Mais une fois les références écartées, on assiste tout de même à un film réjouissant (malgré le thème plutôt horrible), e-t qui n’est pas sans rappeler la manière de faire de Roger Corman.

C’est normal, c’est lui l’un des producteurs exécutifs qui a demandé au jeune Joe Dante de tourner cette histoire à mi-chemin entre la parodie et le film gore.

Alors on retrouve certaines de manières de faire de Corman, comme le bricolage, ici poussé à un haut niveau avec des spécialistes comme Phil Tippett, Rob Bottin et Phil Walas (2).

En outre, on retrouve Dick Miller (Buck Gardner, adepte précoce du recyclage), l’acteur fétiche du vieux réalisateur (92 ans cette année) et qui deviendra indispensable dans les autres films du plus jeune (« seulement » 72 ans).

 

 

Nous assistons donc à un va-et-vient constant entre la tragédie et la comédie, avec des morts qui se succèdent, le tout avec une dénonciation des pratiques militaires de la Guerre froide expliquée par le vétéran Kevin McCarthy, qui sera lui aussi dans plusieurs films de Dante. Et rythmé par quelques éléments comiques et des jeunes femmes dénudées.

Bref, c’est un film à grand spectacle mais à petit budget, où les scènes d’horreur sont nombreuses et impressionnante, rythmées par le bruitage des poissons (en caoutchouc, c’est moins dangereux) qui se ruent sur une proie pour la dévorer, avec en prime des attaques sur des enfants, ce qui est plus rare dans ce genre de films.

 

 

Au final, on passe un bon moment en regardant ce film assez surprenant. Spielberg lui-même fut agréablement surpris par le film, protégeant Dante des foudres de la Universal qui allait sortir un Jaws 2, et lui proposant même de tourner Gremlins quelques années plus tard.

 

 

(1) Comme quoi, ça ne date pas d’hier…

(2) Qui ont respectivement travaillé : sur les premiers Starwars et Indiana Jones (Tippett), avec John Carpenter (Bottin), ou encore sur La Mouche (Walas), pour ne citer que ceci. Pour le reste, allez voir sur IMdB ou ailleurs…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Barry Sonnenfeld, #Men in Black
Men in Black (Barry Sonnenfeld, 1997)

Quand on habite New York depuis toujours, peu de choses vous étonnent, voire rien. Mais un type qui escalade le musée Guggenheim comme un insecte et surtout qui cligne des yeux verticalement, c’est tout de même du jamais vu.

C’est ce qui arrive à James Lowell Edwards (Will Smith), policier du NYPD (New York Police Department), un jeune homme plein de ressources qui porte des habits plutôt voyants.

Suite à cette rencontre, il va intégrer les Men in Black (MIB), un organisme qui régule la présence des ET (extraterrestres) sur terre…

 

Voilà déjà plus de vingt ans que ce premier opus est sorti, bien avant l’invasion des films Marvel qui allait suivre. Les MIB, originellement portés sur le paranormal et par extension les Et, sont des personnes qui se ressemblent dans leur apparence – complet noir et chemise blanche et lunettes de soleils – ce qui leur permet un incognito salutaire du fait de la particularité de leurs interventions.

 

Mais ici, le parti pris est incontestablement e faire rire. Il faut dire que Barry Sonnenfeld est un spécialiste du genre et s’en donne à cœur joie, utilisant à bon escient les effets numériques alors en plein essor, et nous proposant ainsi une autre façon de voir les ET au cinéma.

La séquence d’ouverture donne le ton du film. Après avoir suivi une libellule pendant que défile le générique principal, on s’intéresse de plus près à une camionnette qui transporte quelques Mexicains essayant de pénétrer illégalement aux Etats-Unis.

Cette camionnette est rapidement arrêtée (pour nous) par la police aux frontières mais presque aussitôt interviennent deux hommes en Noirs – D (Richard Hamilton) et K (Tommy Lee Jones), amenant une première démonstration de leur activité, ainsi qu’une analogie (pertinente) avec le propos du film : les MIB s’occupent du flux des ET ; les immigrants illégaux sont aussi appelés des « aliens ».

Alors il n’est pas étonnant de trouver parmi ces « aliens » un véritable extraterrestre !

 

Alors oui, on s’amuse, devant ces aventures absolument improbables et donc passionnantes ! Le duo Jones-Smith est savoureux, le plus jeune désamorçant d’entrée le rapport vieux briscard et jeune loup prévisible.

Et ce couple fonctionne bien, les deux agents étant complémentaires, la fougue de J étant – évidemment – maîtrisée par K, qui fait ce boulot là depuis un bon moment maintenant : il nous parle d’une grande migration en 1968, soit presque 30 ans avant la sortie du film qui est censé se passer en mai 1997, si on en croit l’écran de contrôle du siège du MIB. Alors évidemment, ces deux jours dans son nouveau travail sont plutôt déstabilisant pour J, alors que pour K, il s’agit avant tout de la routine.

 

Même s’il y eut deux autres épisodes des aventures des MIB, ce premier opus n’appelle pas obligatoirement une suite. En effet, si ce n’était qu’une présentation d’un monde assez étonnant, rien ne présageait spécialement qu’il y aurait une éventuelle suite.

Mais heureusement pour nous, il y en eut et même un troisième épisode qui conclut cette saga.

 

Mais là encore, ceci est une autre histoire…

 

 

PS : A noter la présence de Carel Struycken, dans le rôle d’un Arquillien, lui qui fut le géant Lurch dans la Famille Addams.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Drame, #John Boorman
Deliverance (John Boorman, 1972)

Ce sont quatre amis. Des hommes d’une trentaine d’années. Ils débarquent d’Atlanta, où ils mènent la belle vie.

Ils sont dans les Appalaches, pour descendre une rivière en canoë, avant qu’elle soit recouverte par les eaux d’un barrage.

Mais la balade va bientôt se transformer en cauchemar.

 

Ca commence comme un film de copains. Tout le monde est prêt à passer du bon temps. Ce sera dur, mais peu importe, ce retour à la nature est salutaire pour ces hommes qui vivent de et par la vie citadine.

Lewis (Burt Reynolds) est un homme physique, habitué des sports extrêmes et bon tireur à l’arc. Ed (Jon Voight) est différent. Il vient avant tout pour retrouver des hommes qu’il aime et vivre quelque chose avec eux. Drew (Ronny Cox) est un homme doux et bon joueur de guitare. Quant à Bobby (Ned Beatty), c’est celui qu’on pourrait appeler le maillon faible : il est enveloppé et peu adapté à ce genre de sortie.

Et pourtant…

 

On assiste à un démarrage plaisant, voire naturel. Il n’est pas pensable que les choses puissent mal tourner. Et pourtant, il est des signes qui ne trompent pas. Ces hommes, citadins avant tout, sont venus pour se ressourcer – n’oublions pas la fin de la décennie précédente et ces appels au retour à la nature. Mais ils n’ont rien de hippie. On dirait plutôt qu’ils sont à la recherche de leurs sources, de l’esprit qui habitait les pionniers dans les siècles passés. On pense évidemment à l’expédition de Lewis et Clark (1806-1808), dont l’un des personnages partage le patronyme, ce qui ne me semble pas relever de la coïncidence.

Mais si l’expédition passée fut une grande réussite, il n’en va pas de même ici. Bien au contraire.

 

Ces hommes à la recherche de leurs sources se heurtent non seulement à une rivière hostile, mais aussi aux autochtones. Le premier contact est d’ailleurs déterminant. Si Drew accroche avec le jeune Lonny (Billy Redden), un virtuose du banjo, la relation ne sera que musicale*. Le lien créé se brisant dès la dernière note jouée et la main tendue de Drew vers lui.

Et d’une manière générale, il y aura toujours une barrière entre ces hommes de la ville et ces montagnards (« hillbillies »), qui ne comprennent pas ces étrangers et leur projet. D’une certaine façon, ces hommes du crû sont le lien entre la nature et la ville. Ils vivent reculés de tout et sont facilement raillés par ces quatre hommes arrogants. Mais cette arrogance, d’une façon ou d’une autre se payera, et au prix fort.

 

Il y a un contraste fort entre la beauté des grands espaces, de cette nature qui sera bientôt engloutie, et la noirceur des actes qui seront commis, que ce soit par nos quatre hommes ou les montagnards. Mais cette délivrance promise par le titre n’est en rien une rédemption. Ces hommes sont condamnés. Condamnés à traîner leur histoire toute leur vie durant.

Et il y a bien délivrance. D’un côté, ces hommes se sortent de ce bourbier qu’est devenue leur escapade, et de l’autre, le pays qui les a accueillis le temps d’un weekend s’en débarrasse sans hésitation : de toute façon leur aventure sera engloutie par les flots, et à ce titre, la dernière intervention du shérif Bullard (James Dickey, qui a en plus écrit le roman éponyme) est d’une grande sagesse et conclut cette terrible histoire de la meilleure des façons.

 

Restent des performances d’acteurs phénoménales : Burt Reynolds, habitué aux rôles plus légers voire décoratifs, est superbe dans ce rôle de force de la nature rattrapé par la réalité, pendant que Ronny Cox joue un Drew dépassé par les événements et d’une certaine façon garant de la civilisation, que les trois autres vont rejeter par esprit de conservation. Ned Beatty, qui fait ses débuts au cinéma joue un personnage qui évolue, tout comme Jon Voigt et son Ed. Ces deux derniers d’ailleurs donnent le ton du film tout du long. Et l’utilisation de la musique est totalement liée à l’intrigue. Tant que tout va bien, les mélodies du « duel » sont reprises pendant la partie heureuse de leur périple, avec en prime feu de camp et chanson autour du feu, héritage du siècle précédent, qu’on retrouve souvent dans les westerns.

Mais dès que les choses tournent mal, la musique disparaît pour ne réapparaître qu’au moment où la mort frappe l’un des quatre hommes.

Il n’y a d’ailleurs aucune surprise quant à savoir celui qui va mourir. On dirait presque que c’était écrit.

 

Enfin il y les autres, les autochtones. Des culs-terreux (red-necks), des primates, serait-on tenté de dire. Mais ces gens représentent avant tout un monde qui disparaît, recouvert par une société qui se dit civilisée, mais qui n’a finalement pas tellement plus évolué, les comportements des quatre hommes en étant un exemple flagrant. Bientôt, l’endroit sera inondé et on ne parlera plus de tout ça. Le monde nouveau avance, mais 50 ans après, on n’a pas vraiment l’impression que ce soit finalement mieux.

 

 

          * Un magnifique duel banjo-guitare resté dans les annales.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Isao Takahata
Le Tombeau des lucioles (Hotaru no haka - Isao Takahata

Japon, 1945.

Seita (voix de Tsutomu Tatsumi) est mort la nuit du 21 septembre, un mois et demi après la reddition sans condition de son pays.

Car la guerre est le véritable théâtre de l’histoire que nous propose Iseo Takahata.

C’est l’errance de deux enfants – Seita et sa petite sœur Setsuko (voix d’Ayano Shiraishi, 5 ans au moment du film) pendant les derniers mois de la guerre. Régulièrement, les attaques de bombardiers rythment la vie des gens et de ces enfants en particulier.

Le premier bombardement auquel on assiste est celui qui brûle leur maison, et leur enlève leur mère, victime de graves brûlures.

Ils sont seuls, à part une famille éloignée qui va les prendre en charge un temps.

 

J’ai toujours eu beaucoup de mal avec les films d’animation japonais, essentiellement à cause du format d’images par seconde utilisé. En effet, le nombre peu important d'images ne rend pas la fluidité naturelle des corps et objets en mouvement.

Mais une fois cet inconvénient écarté*, j’ai assisté à une très belle histoire, malheureuse où tout le monde meurt à la fin. Ou au début, ça dépend de la narration.

En effet Seita, le narrateur, est mort et s’en va avec sa sœur vers un monde meilleur (semble-t-il), et il se souvient des événements pendant qu’un train les emmène.

 

On va alors revivre leur aventure tragique, qui les amènera dans des situations toujours plus basses, jusqu’à une fin irrémédiable et annoncée.

Quant aux lucioles du titre, elles sont un élément important de l’intrigue ainsi qu’un élément symbolique dans cette triste histoire. Elles sont le pendant des bombes qui tombent sur la population. Ces bombes aux extrémités enflammées tombent du ciel alors qu’à chaque fois que les lucioles s’envolent, c’est vers ce même ciel, faisant le chemin inverse des engins de mort.

 

D’une certaine façon, les lucioles sont le symbole de la vie, mais d’une vie qui vient de se terminer. Les bombes en tombant tuent inlassablement, libérant les âmes des morts qui s’élèvent alors. Ce que j’écris peut sembler « bateau » mais l’analogie me paraît évidente.

Quant au tombeau de ces mêmes lucioles, il s’agit d’un trou que la petite Setsuko creuse après une nuit illuminée par ces insectes sous leur moustiquaire et qui sont morts le lendemain.

 

Avec les lucioles, c’est donc la guerre qui est présente et qui détermine les conduites et rôles de chacun. Le père des enfants est absent, quelque part sur un croiseur, au large, il est militaire. D’une certaine façon, la famille n’est pas le salut pour ces enfants, alors qu’un paysan conseille à Seita de retourner chez cette pseudo-tante qui ne sait que leur rappeler leur inutilité buccale, sous le prétexte de servir le pays.

Mais ce nationalisme est aussi partagé par Seita qui voit en l’Empereur le guide vers la victoire et des lendemains qui chantent.

Nous savons tous ce qu’il en fut, et la prise de conscience de la situation réelle – la reddition – est une terrible nouvelle pour Seita, le précipitant vers son destin funeste, alors que la situation avait l’air de s’améliorer.


Une fois la vitesse des images mise de côté*, on peut tout de même admirer de très beaux plans (immobiles, certes) qui tendent imperceptiblement vers le réalisme. C’est à chaque panorama qui défile une espèce d’état des lieux du pays qui nous est proposé.

Quant au dernier plan qui rassemble les deux enfants, il est bouleversant.

 

Iseo Takahata nous propose un très beau film tout en subtilité, et nous dohnne à nous Européens un point de vue qui nous est parfaitement étranger : celui des victimes japonaises de la guerre, de ces civils qui seront toujours les perdants dans un conflit, quel qu’en soit l’issue.

 

 

* De toute façon, je ne peux pas faire autrement…

 

 

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Leo McCarey, #Charles Laughton
L'extravagant Mr. Ruggles (Ruggles of Red Gap - Leo McCarey, 1935)

Paris, 1908.

Lord Bassingwell, comte de Burnstead (Roland Young) a joué au poker contre les Floud, un couple d’Américains, et il a malheureusement perdu son enjeu : Ruggles (Charles Laughton), son serviteur.

Voilà donc Marmaduke « Colonel » Ruggles en route pour les Etats-Unis et plus précisément Red Gap (Washington), une petite bourgade de l’Ouest où la civilisation telle qu’il la connaît n’est pas complètement arrivée…

 

Leo McCarey, grand spécialistes de la comédie, nous propose ici une magnifique histoire de choc culturel. D’un côté nous trouvons l’impeccable Ruggles, qui vient d’une famille d’hommes de maison, et de l’autre les Floud, de braves Américains campagnards, un tantinet rugueux, mais finalement pas bien méchants. Si Effie (Mary Boland) espère s’élever socialement et amener son mari à en faire autant, il n’en va pas de même pour ce dernier – Egbert (Charles Ruggles), qui n’a pas l’intention de changer ses vieilles habitudes d’homme de l’Ouest où la seule tenue qu’il supporte est celle d’un verre dans sa main, et certainement pas un habit de pingouin.

 

C’est de ce malentendu que se nourrit le film. En effet, dès l’arrivée de Ruggles dans cette nouvelle maison, alors que madame espère un peu plus de classe des habitants, monsieur, lui, considère Ruggles comme son égal, les Etats-Unis étant avant tout un pays où on ne fait pas de différence*. Mais cela n’empêche pas les Floud d’avoir déjà du personnel : une femme afro-américaine et un homme d’origine asiatique. Certes ces deux derniers sont là pour servir, mais leur présence est plutôt une façon de dire que les Etats-Unis demeurent le Creuset (melting-pot) où se croisent toute sorte d’individus venant de lieux très différents.

 

Parce que ce film est avant tout une ode à l’Amérique. En effet, de nombreuses scènes font référence à l’histoire de ce pays : Ruggles lit des ouvrages sur les présidents américains et finalement voit d’un bon œil le fait que les différences s’effacent. Et il va même plus loin puisqu’il décide de voler de ses propres ailes, lui qui n’a jamais connu que les relations maître-valet, comme son père avant lui, ainsi que son grand-père (etc.).

Nous assistons alors à une métamorphose réjouissante où  Ruggles va de plus en plus s’affirmer et surtout trouver sa place dan ce « pays plein d’opportunités ».

Mais quand Lord Bassingwell débarque à Red Gap pour récupérer Ruggles, cette autonomie naissante est menacée. Mais, rassurez-vous, il n’en sera rien.

 

Il y a chez McCarey un véritable talent pour la comédie. Il joue sur l’opposition entre ces deux mondes pour nous amuser, mais dans le même temps, il parsème le film de moments plus solennels, voire émouvants. La séquence dans le Silver Dollar (saloon, bien sûr) est un très grand moment du film quand Ruggles récite le discours de Gettysburg prononcé par Lincoln le 19 novembre 1863. Seul cet Anglais le connaît par cœur. On voit alors tous les habitues, des ruraux comme Egbert, se rassembler pour écouter Ruggles.

 

Mais si le film fonctionne, c’est avant tout grâce à la présence de Charles Laughton. Il est un Anglais plus British que nature, et ne sera égalé que par deux autres grands acteurs : l’immense John Gielgud et l’incomparable Patrick McNee. Laughton est « énorme » (physiquement aussi, mais ça ne compte pas ici) en serviteur flegmatique : non seulement il est économe dans ses gestes et paroles, mais en plus, il fait ça avec talent.

Mais si Laughton est magnifique, c’est aussi dû à la présence de seconds rôles de qualité, Charles Ruggles et Maude Eburne (« Ma » Pettingill) ainsi que Mary Boland et ZaSu Pitts, éléments aussi indispensables au film.

 

Et l’hommage final qui est rendu à Ruggles – ultime moment d’émotion – peut très facilement s’appliquer à Laughton tant son Marmaduke est attachant.

 

 

 

* Entre les Blancs, nous sommes en 1935.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Suspense, #Drame, #Henri-Georges Clouzot
Les Diaboliques (Henri-Georges Clouzot, 1955)

Une institution scolaire privée à Saint-Cloud.

Dans cette institution, un directeur tyrannique.

Mais surtout, dans cette institution, deux femmes qui en ont assez de ce tyran et décident de s’en débarrasser.

 

C’est une histoire peu banale que nous propose le maître Henri-Georges Clouzot, que cet assassinat, programmé donc, par ces deux femmes qui furent un temps rivales.

Mais si l’histoire est extraordinaire – diabolique est bien le mot juste – les personnages eux le sont beaucoup moins.

ON retrouve – comme (presque) toujours chez Clouzot – des gens ordinaires, avec leur petite vie ordinaire voire étriquée. Des gens juste assez mesquins pour être crédibles, et dans l’ensemble peu glorieux.

Les seuls qui échappent à cette bassesse humaine sont les enfants. Ils ne sont pas encore contaminés par leurs ainés. Mais il n’y a aucun doute qu’un jour ils le seront. Il suffit de relever la réflexion de l’un d’eux qui n’a pas descendu ses affaires pour partir : « Mon chauffeur ira l’prendre, il est payé pour ça ! »

 

Et pour illustrer cet humanité vile et veule, on retrouve quelques habitués des films de Clouzot : Pierre Larquey (M. Drain), en professeur de latin (entre autres), à la diction légèrement éraillée, bien heureux de la disparition du directeur, tout comme son collègue M. Raymond (Michel Serrault, un jeune débutant qui ira loin), et qui profitent de l’occasion pour savourer leur vin ; Noël Roquevert, toujours fidèle aux rôles un tantinet commandeur dans le genre vieille ganache, irascible et vindicatif quand il, s’agit d’écouter Zappy Max à la radio, mais tout sucre tout miel quand il faut aider sa propriétaire – Melle Horner (Simone Signoret) – en lui faisant bonne figure ; bref, répugnant à souhait.

 

Et puis il y a les autres.

Michel Delassalle (Paul Meurisse, magnifique, comme toujours), le directeur, un magnifique salaud qui n’hésite pas à humilier sa femme devant ses collègues voire les enfants. Abject. Ce n’est d’ailleurs pas un grand mal pour le spectateur de le voir se faire tuer par ces deux femmes.
Melle Horner, la « favorite » comme l’appelle Drain, le cerveau de l’affaire. C’est une femme de tête, forte, et déterminée. Elle a du courage pour deux, et même plus. Elle en impose à tous – sauf au directeur, bien sûr, mais ce n’est pas grave, il sera tué (1) - mais ressent malgré tout les affres de la culpabilité.
 

Et aussi Christina (Véra Clouzot), une femme malade du cœur (2) mais qui tient malgré tout magnifiquement son rôle dans cette opération criminelle sordide. Elle est elle aussi magnifique dans cette interprétation. Quand on sait ce que demandait Clouzot à ses interprètes pour obtenir l’effet recherché, on sent bien que le tournage fut difficile pour Véra qui, même si elle était son épouse, n’eut pas droit à un traitement de faveur.

 

Enfin, il y a Charles Vanel (le commissaire Fichet). C’est un vieux de la vieille – il est retraité de la police – et a une façon très particulière de s’occuper de son affaire. Il est toujours là quand il ne faudrait pas – à la morgue, dans la chambre de Christina – essayant à chaque fois de rallumer un vieux mégot de cigare. On dit que l’inspecteur Colombo l’aurait eu pour modèle d’une certaine façon. Et je veux bien croire cette histoire tant ce policier, au premier abord bien inoffensif, ne l’est pas vraiment. C’est aussi pour Vanel une occasion d’interpréter un personnage plus sympathique que Jo, le truand qui se « déballonne », dans le film précédent de Clouzot. Et il faut croire que l’expérience lui fut appréciable puisqu’il sera de nouveau avec le Maître dans La Vérité (3).

 

Un film magnifique où cette histoire somme toute incroyable est validée par l’humanité de ces protagonistes, des gens ordinaires qui se retrouvent dans une situation qui ne l’est plus.

 

Alors, en quoi ces gens sont-ils diaboliques ? Ca, il vous faudra le découvrir vous-mêmes (4)…

 

 

(1) Oh pardon, il ne fallait peut-être pas le dire…

(2) Elle mourra en 1960, d’une crise cardiaque…

(3) On y retrouvera aussi Paul Meurisse, qui rivalisera d’effets de manche avec lui

(4) Comme le demande le carton final, je ne serai pas diabolique et ne vous révèlerai rien.

Les Diaboliques (Henri-Georges Clouzot, 1955)

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