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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Science-Fiction, #Marvel, #Scott Derrickson
Doctor Strange (Scott Derrickson, 2016)sci

Le docteur Strange (Benedict Cumberbatch) est un neurochirurgien des plus habiles et expérimentés. Il en est d’ailleurs un tantinet suffisant, ce qui n’aide pas à pleinement l’apprécier.

Alors quand il a un accident de voitures (il roulait un petit peu trop vite…) et qu’il perd le plein usage de ses mains, sa vie bascule (1).

Le voilà incapable d’exercer son art et qui s’enferme petit à petit dans une dépression sévère.

Cette dépression toutefois l’emmène à Katmandou où il reçoit l’enseignement de l’Ancien (Tilda Swinton) qui lui révèle des pouvoirs auquel il n’a jamais crus et surtout qu’il n’aurait jamais imaginé.

Il devient alors un maître et doit repousser les attaques occultes de Dormammu et surtout de son serviteur le dangereux Kaecilius (Mads Mikkelsen).

 

Encore un héros Marvel ?

Ben oui.

Mais toutefois, ce personnage sort de l’ordinaire, et pas seulement pour ses super pouvoirs.

En effet, Strange est un personnage hors norme et ses pouvoirs n’ont absolument rien de scientifiques ou technologiques comme ses compagnons Avengers. Et s’il semble se ranger du côté de Thor (1), il n’en a pas l’essence divine.

C’est un personnage mystique qui évolue (dans tous les sens du terme) dans des univers mystiques absolument merveilleux, bien que hautement dangereux.

 

De plus, les différents affrontements ne restent pas physiques comme dans les autres films de la saga. L’utilisation des pouvoirs paranormaux donne une autre dimension (3) que ces combats ultra réalistes qui voient l’anéantissement d’une pléthore de méchants plus ou moins extraterrestres.

L’utilisation d’univers parallèle donne une impression surréaliste du monde environnant, jouant sur les reflets et la symétrie avec beaucoup de brio.

On passe d’une dimension à une autre, la hauteur devenant longueur ou inversement, déformant le monde alentour (réel) en un miroir déformant qui se brise, réfléchissant des éléments dans un univers distordu. Et sa première escapade dans ces mondes virtuels n’est pas sans rappeler le voyage vers l’infini qu’effectue Dave Bowman dans 2001, a space Odyssey.

En outre, ces univers parallèles permettent en outre une belle bagarre entre Strange et un des Zélotes ennemis à travers leurs corps astraux, la puissance des coups échangés remuant légèrement les objets qui eux sont restés bien physiques.

 

Alors oui, docteur Strange est un héros de plus dans l’univers Marvel, et le film de Scott Derrickson respecte le cahier des charges d’une telle production. Mais on ne peut sous-estimer la beauté des images qui nous sont proposées, donnant au film un aspect esthétique magnifique et on attend avec une certaine impatience le retour de ce héros atypique.

Surtout quand on a vu la séquence avec Thor, jouant sur les lieux et les objets avec beaucoup d’humour.

 

A suivre donc, et comment !  

 

 

  1. Comme on dit toujours dans ces cas-là.
  2. Séquence post générique qui sera reprise dans Thor : Ragnarök.
  3. C’est le cas de le dire…

 

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Science-Fiction, #Marvel, #James Gunn
Les Gardiens de la galaxie (Guardians of the Galaxy - James Gunn, 2014)

Et c’est reparti !

Les studios Marvel nous proposent une nouvelle équipe de super-héros : les Gardiens.

Ils sont cinq, tous plus différents les uns que les autres même s’ils possèdent tous une morphologie humanoïde.

Mais surtout, ils font écho aux critères du cinéma américain où on doit trouver différents genres de personnes.

Nous avons donc ici un homme – Peter Quill (Chris Pratt) – une femme – Gamora (Zoe Saldana) – un animal – Rocket (voix de Bradley Cooper) – un végétal – Groot (Voix de Vin Diesel) – et une brute – Drax (Dave Bautista).

Bien sûr, ces cinq personnages sont complémentaires et arrivent à déjouer les manigances d’un ennemi terrible : Ronan (Lee Pace)

Comme nous sommes chez Marvel, nous avons droit à toute une série d’images époustouflantes et l’inévitable humour de la saga, même si de ce côté, c’est un tantinet pauvre.

 

Si Chris Pratt est le chef de cette équipe, il n’en est pas le personnage le plus important : ce sont Rocket et Groot qui attirent l’attention du spectateur.

En effet, ce duo improbable d’une alliance animal/végétal est rarement utilisé dans les films de super-héros.

De plus, leur morphologie et leurs compétences sont une autre raison de les suivre.

Entre Rocket – une espèce de raton-laveur – au caractère difficile mais à l’ingéniosité débridée, et Groot – une espèce d’Ent qui répète à longueur de film la même phrase sur différents tons – on n’a pas le temps de s’ennuyer.

 

Mais pour le reste, rien de bien nouveau, et on peut s’ennuyer parfois malgré les péripéties spectaculaires qui nous sont proposées. C’est bien fait, mais après toutes les autres productions Marvel, on peut saturer un peu.

L’intérêt du film est surtout l’arrivée de Thanos (Josh Brolin) qu’on avait déjà aperçu précédemment aux côtés du Collectionneur (Benicio del Toro), mais qui ne recherche pas encore les pierres d’Infinité.


Encore une fois, une suite nous a été proposée, et ces cinq personnages rejoignent les autres héros Marvel dans The Avengers : Infinity War.

Et encore une fois, je me pose la question : était-ce bien nécessaire ?

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Policier, #Christopher Nolan
Insomnia (Christopher Nolan, 2002)

Nightmute, Alaska.

Will Dormer (Al Pacino) & Hap Eckhard (Martin Donovan) débarquent de l’hydravion : ils sont venus prêter main forte dans une enquête de meurtre sur une jeune fille.

Ce n’est pas que la police locale soit en difficulté, c’est surtout que les Affaires Intérieures (Internal Affairs – l’IGS américaine) a des doutes sur une enquête menée par Dormer.

Pendant la traque du meurtrier de la jeune fille, Dormer tue accidentellement son partenaire.

Mais quand on sait que son partenaire allait le dénoncer aux IA, on peut raisonnablement se demander si ce fut accidentel.

 

Al Pacino et Robin Williams sur une même affiche, c’est plutôt inattendu. Pas pour Pacino, mais pour Williams : ses nombreuses prestations comiques ont tendance à nous faire oublier qu’il peut jouer dans différents registres (The Awakening, Good Will Hunting).

Ici, il est le criminel que Dormer essaie de coincer, et qui en outre a vu ce dernier tirer sur son partenaire.

 

Le film, mis à part quelques rares séquences, prend le point de vue de Dormer, perdu dans cette journée sans fin et de plus en plus diminué par le manque de sommeil du titre. On le voit lutter contre la lumière plus que contre le sommeil qui n’arrive jamais. Ou presque.

Dès la séquence d’ouverture, on est dans la tête de Dormer, et on peut lire sur son visage une grande lassitude, qui nous sera expliquée par la suite.

Cette fatigue grandit avec le temps, réduisant de plus en plus ses réflexes, mais aussi amplifiant ses sensations (vision, ouïe).

 

En face de lui, Williams est un tueur bien particulier, une voix tout d’abord puis un visage sur une photo et enfin un homme qui ne sait comment se sortir de la situation dans laquelle il s’est fourré. Il y a d’ailleurs une véritable analogie entre ces deux tueurs « par accident », ou tout du moins veut-il en convaincre Dormer.

Et la relation entre les deux hommes devient franchement ambiguë : s’il est du devoir de Dormer d’arrêter Finch (Williams), il ne peut pas dans le même temps le laisser révéler ce qu’il a vu et que Dormer essaie de maquiller.

 

Et finalement, Dormer passe tout le temps du film à arranger les choses : arranger qu’un coupable reste en prison (l'enquête des IA porte là-dessus) ; maquiller son accident en faisant porter le chapeau à Finch ; et en fin effacer les indices laissés par ce même Finch afin de se dédouaner du meurtre initial.

 

Al Pacino est dans son élément dans cette histoire policière où il incarne un flic pas complètement bon mais pas non plus franchement mauvais.

Et la bonne surprise vient de Robin Williams qui est dans un des rôles les plus noirs de sa carrière. Et surtout, on est lion d’une de ses tendances à outrer son jeu en fonction d’un rôle particulier.

Il reste tout en sobriété, même dans les moments les plus tendus.


Entre les deux, une femme : Ellie Burr (Hilary Swank), qui abandonne l’enquête à Dormer pour déterminer les circonstances de la mort de Hap.

Son enquête semble superflue tant les efforts de Dormer pour se dédouaner sont efficaces. Mais, et c’est là qu’est le paradoxe, c’est ce même Dormer qui l’oblige à fouiller un peu plus et s’attacher aux « petits détails » qui font toute la différence.

Cette attitude semble contradictoire pour Dormer qui n’a aucun intérêt à ce que la vérité soit mise au jour : la thèse de l’accident, au vu de l’enquête des IA, semblera fort suspecte.

Mais la clé du film nous est révélée par Rachel (Maura Tierney) : les gens qui vivent en Alaska ont deux raisons de le faire. Ou bien ils sont nés en Alaska, et on n’y peut rien ; ou bien ils ont quelque chose à fuir.

Dormer et Finch ne sont pas nés en Alaska.

 

Pour Dormer, on n’a aucun doute sur ce qu’il fuit. Mais pour Finch ?

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Science-Fiction, #Marvel, #Shane Black
Iron Man 3 (Shane Black, 2013)

 

Iron Man : troisième – et dernier ? – chapitre.

Tony Stark (Robert Downey Jr.) est de retour, mais avec un gros coup de mou : il a des crises d’angoisse.

Et comme si cela ne suffisait pas, il doit affronter un adversaire plutôt coriace : Le Mandarin (Ben Kingsley).

Ce dernier n’est pas sans rappeler un leader terroriste célèbre responsable de la destruction des Tours Jumelles de New York.

Parallèlement à cela, Stark renoue avec de vieilles connaissances qui nous ramènent au premier de l’an 2000.

Y a-t-il lien entre ces deux parties ?

Bien sûr.

 

Jon Favreau abandonne la direction à Shane Black, conservant sa place dans la production et ainsi que son rôle de Happy, garde du corps fidèle de Stark.

Shane Black, dont ce n’est que le deuxième film réalisé, nous présente une aventure un tantinet à part dans la grande saga des super-héros Marvel.

En effet, chose étonnante, il n’y a pas d’intervention de Nick Fury , et ce, même dans la scène post-générique.

De plus, le ton employé par Black est franchement noir, les déboires de Tony Stark prenant un tour autrement plus sérieux et désespérant.


Certes, on retrouve le côté fantasque et égocentrique du milliardaire, mais c’est plus dans l’adversaire qu’il faut trouver cette origine un tantinet malsaine de l’intrigue.

En effet, le Mandarin entreprend des actions maléfiques d’une portée terrible, résonnant pleinement dans la situation internationale actuelle : ses exactions trouvent un écho très actuel quand on regarde les différents attentats terroristes de ces dernières années : si le 11 septembre 2001 a marqué les consciences et transparaît dans le film, on pense aux différents attentats qui oint suivi dans les années après la sortie du film, le rendant – malheureusement – très actuel.

 

D’un autre côté, on retrouve l’humour (Marvel) dans les mains d’un scénariste qui le manie aisément, comme il a pu le montrer dans son premier film (Kiss Kiss, Bang Bang), où jouait déjà Robert Downey.
De plus, Gwyneth Paltrow (Pepper Potts) prend un peu plus de place dans l’intrigue, ce qui n’est pas fait pour nous déplaire. Sa relation – forcément – compliquée avec son ex-boss nous donne quelques échanges comiques mais aussi une dose d’émotion bienvenue dans ce film un peu à part par rapport aux deux autres.

 

Et puis on retrouve Stan Lee, toujours présent, dans un plan de coupe toujours teintée de légèreté, mais faites attention tout de même, son apparition est très courte.

Quant à la question posée en introduction, tout semble montrer qu’Iron Man ne reviendra pas seul à l’avenir : le générique final nous montre quelques extraits des trois opus, et voilà maintenant cinq ans qu’il n’est plus apparu en solo.

Mais je ne serai tout de même pas catégorique, la franchise Iron Man est tout de même bien rentable pour les studios Marvel.

 

Alors, à suivre ?

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Howard Hawks, #Noir
Le grand Sommeil (The big Sleep - Howard Hawks, 1946)

Imper, chapeau de feutre et cigarette : voilà Philip Marlowe de retour sur les écrans, deux ans après Murder, my Sweet de Dmytryk, où Dick Powell interprétait le privé.

Mais c’est bien celui-ci que l’histoire retiendra : Humphrey Bogart, est un Philip Marlowe magnifique, au-delà de Sam Spade qu’il avait interprété quelques années plus tôt.

A ses côtés, il retrouve celle qui fut découverte Howard Hawks dans leur précédent film : Lauren Bacall.

 

Hawks signe ici un film tellement noir, que même l’intrigue est obscure. Malgré le recours à William Faulkner et surtout à Raymond Chandler, rien n’est clair. Marlowe avance au jugé, tout comme le spectateur.

Il semble que quelqu’un fait chanter Carmen Sternwood (Martha Vickers), la sœur de Vivian (Lauren Bacall), et le « Général » Sternwood Charles Waldron) a engagé Marlowe pour identifier le maître-chanteur et aussi retrouver son homme de confiance, Shawn Regan.

Il retrouvera le maître-chanteur, mais pas Regan, et de toute façon, on s’en fiche un peu.

 

Si on pouvait considérer Le Port de l’angoisse comme un film noir, celui-ci l’est encore plus, mais avec une flamboyance extraordinaire. C'est un jeu autour de l'ombre et la lumière, où l'intrigue s'enfonce jusqu'à la révélation finale qui de toute façon importe peu, l'intérêt est ailleurs. 

De plus, on y retrouve les ficelles du film de gangsters mais avec une atmosphère aussi obscure qu’épaisse. Des voitures dans la nuit, des morts qui tombent « comme à Stalingrad » (1), un détective dur-à-cuire et de belles femmes à foison.

Pas une seule fois on n’aperçoit une vieille femme dans cette intrigue alambiquée.

Par contre, à chaque nouvel endroit où passe Marlowe, on trouve une jolie fille (2) : même dans le taxi, c’est une femme qui conduit (Joy Barlow) !
Et bien entendu, chacune d’entre elles à son tour tombe amoureuse du détective.

Outre les jeunes femmes et les cadavres, Marlowe boit, le plus souvent sec, et essaie de s’y retrouver.

 

A ses côtés, Lauren Bacall est encore une fois superbe, sa voix grave et chaleureuse contrebalançant son visage de jeune femme, amenant une chaleur non dissimulée, surtout envers celui avec qui elle va se marier une fois le tournage terminé. Leur duo fonctionne encore une fois magnifiquement, et en plus elle chante, comme la fois d’avant.

Encore une fois, ce n’est pas une chiffe molle et elle tient tête farouchement à ce privé qui ne la laisse pas indifférente.

 

N’oublions pas enfin les répliques qui sont devenues « cultes » depuis, la réplique concernant Carmen étant celle qu’on ne peut pas oublier : « She tried to sit on my lap while I was standing up. » (3)

Bref, on est en territoire connu avec un couple mythique et un réalisateur de génie (4) que demander de plus ?

 

 

PS : à noter la présence d’Elisha Cook Jr. ses yeux bleus et son visage sans sourire, il retrouve Bogart après Le Faucon maltais.

 

  1. Je sais, j’exagère un tantinet.
  2. Dont la superbe Dorothy Malone, qui prend son après-midi pour boire un verre avec lui, et plus car affinités…
  3. « Elle a voulu s’asseoir sur mes genoux alors que j’étais debout. »
  4. Arriver à faire un tel film avec une intrigue aussi confuse relève sans aucun doute du génie.A

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Comédie dramatique, #Robert Z. Leonard, #Rudolph Valentino
Un délicieux petit Diable (The delicious little Devil - Robert Z. Leonard, 1919)

Ce délicieux diable s’appelle Mary McGuire (Mae Murray) et vit avec sa mère et son oncle Barney (Richard Cummings) et par intermittence son père (Harry L. Rattenberry).

Renvoyée d’un poste de vestiaire, elle profite d’un scandale mondain pour se faire passer pour Gloria de Moine.

Elle est alors embauchée comme danseuse à la Peach Tree Inn, tenue par Larry McKean (William V. Mong) et y exécute quatre soirs par semaine la danse du Paon.

Elle y fait aussi la connaissance de Jimmy Calhoun (Rudolph Valentino) dont le père est le grand entrepreneur Michael Calhoun (Edward Jobson), qui voit d’un mauvais œil cette danseuse tourner autour de son fils.

Il décide alors de la confondre, mais non seulement il n’y arrive pas, mais en plus le Duc de Sauterne (Bertram Grassby), amant de la véritable Gloria, s’invite à la soirée…

 

Robert Z. Leonard (le réalisateur) était alors marié à Mae Murray (1), et lui offre une comédie sur mesure dans laquelle on retrouve surtout un petit jeune homme qui monte : Rudy Valentino (2). Mais ce n’est pas lui la vedette, même s’il interprète un jeune premier tout à fait correct. Mais nous sommes dans une comédie très stéréotypée et Jimmy est alors le jeune premier idéal mais assez insipide : il n’a besoin que d’être beau. Même s’il prend un peu plus d’épaisseur dans la dernière séquence, aidant à parvenir à un dénouement heureux inévitable.

Outre la belle Mae, les véritables ressorts comiques du film sont les autres hommes, des personnages très facilement identifiables.

 

En effet, les deux beaux frères (l’oncle et le père de Mary) sont d’incorrigibles paresseux : tout peut être chamboulé autour d’eux, ils ne lâcheront pas leur partie de dame. Une exception tout de même : ils s’arrêtent manger.

Le père Calhoun est l’archétype du gros homme d’affaire, soucieux d’éviter les croqueuses de diamant pour son fils naïf. Restent alors le directeur du cabaret prêt à tout pour se faire mousser et Percy (Ivor McFadden), le bon gros copain amoureux de Mary mais qui ne peut pas rivaliser avec le beau Jimmy.

Finalement, c’est Mary la seule femme du film qui a de l’importance (sa mère fait deux apparitions sporadiques). Elle a beaucoup d’énergie et une fausse pudeur assez drôle : elle se présente comme la sulfureuse Gloria de Moine et n’ose pas porter des robes plutôt légères…

 

Ce n’est pas une comédie extraordinaire, bien sûr, mais la générosité des protagonistes permet de passer un moment agréable, et Mae Murray est plutôt irrésistible dans ce rôle de « petit diable » (pas si terrible que ça au final).

 

 

  1. Ils divorceront en 1925.
  2. Alors mentionné « Rodolph ».

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Science-Fiction, #Marvel, #Taika Waititi
Thor : Ragnarök (Taika Waititi, 2017)

Après un poussif deuxième épisode, Thor nous revient en pleine forme, et sur l’affiche on s’aperçoit qu’il n’a plus les cheveux longs (1). Le réalisateur Taika Waititi a pris le contre-pied du film précédent en accentuant l’humour déjà présent et en faisant référence à différents films.

Mais reprenons.

 

Ragnarök, dans la mythologie nordique,  c’est le chaos total, la fin d’Asgard et du monde. Bref, c’est peu réjouissant.

Dans un premier temps, Thor empêche cet anéantissement, mais comme c’est une prophétie et qu’on est dans un univers merveilleux, cela arrivera (2).

Entretemps, on fera la connaissance de la fille aînée d’Odin (Anthony Hopkins), la belle et dangereuse Hela (Cate Blanchett), et on retrouvera un disparu de The Avengers: Age of Ultron, le sympathique mais brutal Bruce Banner/Hulk (Mark Ruffalo).

Mais surtout on va rencontrer un personnage complètement décalé, qui vit dans un endroit où se retrouvent les mal aimés (ou pas aimés du tout) : Sakaar.

CE personnage se nomme le Grand Maître et surtout, il est interprété par l’immense Jeff Goldblum, signifiant par là même que Thor est dans de beaux draps (3). Rassurez-vous, il s’en sort à la fin, reprenant un des attributs de son père.

 

Mais surtout, Sakaar est un univers formidablement ringard, avec d’un côté une décharge à perte de vue, et de l’autre une simili-ville bloqué dans les années 1980s où la musique varie entre le disco et la funk et où on s’y bat comme dans un jeu vidéo.

Cette séquence est bien entendue inspirée de Ready Player one, le design et la musique rappelant fortement la période des jeux Arcade.

L’autre référence de ce lieu et qui va se prolonger tout le long du film, c’est Starwars, avec ces vaisseaux qui se tirent dessus joyeusement avec la musique de Mark Mothersbaugh qui n’est pas sans rappeler celle de John Williams.

 

Bref, on s’amuse de bout en bout et on retrouve l’inévitable Stan Lee qui, en plus de parler, joue un (tout) petit rôle dans la vie de Thor. Je vous laisse bien sûr le plaisir de le découvrir, si ce n’est déjà fait.

Pour le reste, c’est du Marvel et les effets spéciaux sont à couper le souffle, et l’humour de ce film semble avoir récupéré celui qui manquait dans le précédent.

De plus, Cate Blanchett est magnifique et après avoir empoisonné l’existence d’Indiana Jones, elle s’occupe de Thor.

 

On s’amuse beaucoup, les acteurs aussi, et si l’introduction rappelle celle des deux premiers films, on passe rapidement à autre chose.

Sans oublier les des grands combats de Thor rythmés par la musique de Led Zeppelin et leur Immigrant Song.

Pourquoi cette chanson ? Elle se justifie rétrospectivement à mesure que la fin approche. Et même si Hela possède une espèce de gros chien/loup noir, ce n’est pas Black Dog !

 

Et comme je l’espérais à propos du film précédent : Thor s’est remis et on ne parle de plus de séquelle.

 

 

  1. Rassurez-vous, il n’est pas Samson et l’explication viendra en temps et en heure.
  2. Quel serait l’intérêt d’annoncer l’apocalypse en titre si elle n’a pas lieu ?
  3. Rappelez-vous La Mouche ou Jurassic Park, dès que Jeff Goldblum est là, il faut craindre le pire…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinema, #Comédie dramatique, #Delbert Mann
Marty (Delbert Mann, 1955)

Marty (Ernest Borgnine) est boucher.

Il a bientôt 35 ans, et il vit toujours chez sa mère.

A longueur de journée, il entend ses clientes lui demander pourquoi il est toujours seul. Marty ne répond rien, mais ces remarques le blessent.

Marty est ce qu’on appelle un vieux garçon. Il n’est pas marié parce qu’il n’a pas rencontré de jeune femme qui veuille de lui.

Il faut dire qu’il n’est pas bien beau. Il n’est ni grand, ni mince et son métier a tendance à repousser les femmes.

Jusqu’au soir où…

 

On connaît tous Ernest Borgnine pour être celui qui a tué Sinatra dans Tant qu’il y aura des Hommes, mais c’est avant tout pour Marty, l’année suivante, qu’il est rentré dans le club des grands, avec le rôle de Marty, pour lequel il a eu un Oscar (fort mérité).

Marty, c’est un film simple, avec une intrigue simple où des gens ordinaires évoluent dans l’Amérique des années 1950s, pendant les fameuses Trente Glorieuses, où la consommation est reine et où les supermarchés s’installent.

Mais si le film semble à première vue « ordinaire », il n’en est rien.

 

C’est une ode à la solitude et à la différence, où dès la première séquence, Borgnine campe magnifiquement son personnage. Marty est malheureux d’être seul à son âge et quelle que soit la personne qu’il rencontre, cette solitude est sinon reprochée, tout du moins lourdement soulignée. Tout le monde se marie autour de lui. Sauf Angie (Joe Mantell) qui est un autre solitaire malgré lui. Marty en a assez des soirées dansantes où les femmes ne veulent pas danser avec lui, ou tout du moins le regrette une fois qu’il a ouvert la bouche pour se présenter.

 

C’est un véritable calvaire que vit Marty et Borgnine rend superbement compte de ses déceptions innombrables. De plus, il sait qu’il est laid et donc pourquoi les femmes ne s’attardent pas auprès de lui.

Et puis, à la moitié du film, arrive Clara (Betsy Blair). Ce n’est plus une jeune fille – elle a 29 ans – et elle n’a pas un physique facile (1), comme on dit dans ces cas-là.

Deux solitudes se croisent et se rencontrent, et la vie change brutalement, dans le bon sens, pour une fois.

Marty se s’éveille : il parle, il sourit, il ne bredouille plus, lui qui n’osait aligner trois mots devient intarissable et en plus, il est drôle.

Et cet éveil amène celui de sa partenaire, laissée pour compte elle aussi, crevant à petit feu de sa solitude.

Ces néophytes de l’amour sont tellement inexpérimentés qu’ils n’arrivent pas à s’embrasser au premier essai. Il faut encore un tout petit peu de temps pour que le baiser arrive enfin : juste au bout d’une heure.

 

Mais si c’était si simple, ce serait déjà terminé. L’entourage de Marty ne comprend plus ce dernier : en une nuit, il s’est métamorphosé : Marty, le gros, le laid, le vieux gars n’est plus : alors cet entourage se révolte et ne veut pas comprendre ce qu’il se passe dans sa tête. C’est d’abord Angie, jaloux de se retrouver seul qui dénigre Clara, puis l’autre femme de sa vie : sa mère (Esther Minciotti).

Theresa a beau regretter que Marty ne prenne pas le chemin de ses autres enfants, elle se rend compte que si Marty se marie, elle sera seule : il faut dire que sa sœur Catherina (Augusta Ciolli) lui a vite instillé cette idée dans le cerveau, elle qui est persona non grata (2) chez son fils (Jerry Paris).

Mais Marty tient bon, et on se doute rapidement qu’il ne va pas laisser cette occasion.

 

Delbert Mann, pour sa première réalisation au cinéma a décroché non seulement l’Oscar pour le film et aussi le scénario, mais en plus la Palme d’Or ! Et ce n’est que justice tant ce film est beau de simplicité et de subtilité. Delbert Mann avance dans l’intrigue avec son personnage. Marty est le centre du film, même si quelques séquences suivent Angie – seul après la rencontre de Marty et Clara – ou encore Clara après sa rencontre et surtout attendant qu’il la rappelle. Pour le reste, l’intrigue avance doucement, soulignant chaque moment qui suit leur rencontre, insistant sur chaque petit fait qui les rapproche doucement mais surement, jusqu’à la dernière séquence qui voit Marty enfin se décider, passant outre les réflexions des autres qui, après lui avoir reproché d’être seul, s’acharnent presque à le détourner ce cette femme.

Cette réaction est malheureusement trop naturelle : « le malheur des uns… » comme dit la formule…

 

Ces deux amoureux « de la dernière chance » sont merveilleux. Leur relation est toute en subtilité, où les paroles n’ont finalement pas toujours une grande importance. Les visages des deux protagonistes sont leur meilleur atout, exprimant au-delà des mots leur véritable sentiment amoureux.

Comme je l’écrivais plus haut, c’est un film simple, à l’intrigue simple montrant deux personnes ordinaires.

Car c’est là qu’est la force du film : c’est beau, tout simplement.

 

  1. C’est bien sûr faux, Betsy Blair possède beaucoup de charme et seul ce rôle l’enlaidit (un petit peu).
  2. On comprend pourquoi très rapidement !

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Drame, #Rex Ingram, #Rudolph Valentino
Eugénie Grandet (The conquering Power - Rex Ingram, 1921)

Quatre mois après Les quatre Cavaliers de l’Apocalypse, Rex Ingram sort un nouveau film avec le même duo vedette : Alice Terry (Mme Ingram à la ville) et Rudolph Valentino, la révélation du film précédent.

Derrière le titre original – The conquering Power – se cache une adaptation du roman de Balzac, Eugénie Grandet.

Cette puissance évoquée par le titre original est l’amour, qui réussit à se jouer de tout pour triompher.

Enfin, c’est le cas ici, et c’est tant mieux.

 

Victor Grandet (Eric Mayne) est ruiné, et envoie son fils Charles (le beau Rudolph) chez son frère Félix (Ralph Lewis) qui a une charmante fille, la belle Eugénie (Alice Terry, donc). Bien sûr ces deux-là tombent amoureux, mais Grandet père, qui est un avare de la pire espèce ne veut pas partager sa fille et va même jusqu’à spolier son neveu en l’envoyant à la Martinique, espérant le séparer pour de bon d’Eugénie.

Mais comme l’annonce donc le titre original et les intertitres de présentation, tout se terminera bien.

 

N’ayant pas lu le roman, mais connaissant l’histoire, je pourrai m’indigner de cette adaptation qui est bien loin de l’intrigue balzacienne. Mais je n’en ferai rien : nous sommes au cinéma, que diable !

En quoi cette adaptation est-elle moins bonne que celle de Rupert Julian pour Notre-Dame de Paris ?

 

Toujours est-il que si les amoureux sont les protagonistes les plus importants du film, le personnage le plus intéressant est le père Grandet, celui d’Eugénie.

Et Ralph Lewis est magnifique dans ce rôle d’homme obsédé par l’argent.

Le plus grand (et beau) moment du film est d’ailleurs le moment où ce dernier devient fou, voyant les victimes de ses opérations financières venir l’accuser (on a alors de très belles surimpressions), jusqu’à l’apparition d’une espèce de divinité de l’or (C.E. Collins) : serait-ce Mammon en personne ?

 

Autour de ces trois personnages-clés de l’intrigue, Ingram compose une petite bourgade française avec ses personnages truculents, amenant une intrigue parallèle entre la servante de Grandet (Mary Earne) et un paysan du coin (Eugene Pouyet), seules personnes à se réjouir après le coup de théâtre final.

Cette dernière scène est construite comme une scène classique : tous les protagonistes (encore vivants) y participent pour le triomphe de l’amour (1). On y retrouve d’autres participants croquignolets : la trinité Cruchot.

Ces trois personnages sont aussi fats que ridicules : un notaire (Edward Connelly) un tantinet véreux – ce n’est pas toujours un pléonasme ! – un abbé (Willard Lee Hall) obséquieux et le fils à marier (George Atkinson) d’un âge déjà avancé.

Ce trio est l’un des éléments comiques du film avec le marivaudage ancillaire.

 

Ingram nous offre un film dans la lignée de ses précédents, où Valentino et Terry sont sur la même longueur d’onde et joue avec la retenue nécessaire, ce qui est préférable vu la démesure de la folie du père Grandet/Ralph Lewis.

L’exubérance de Grandet annonce celle d’Oliver Haddo (Paul Wegener) dans The Magician quelques années plus tard, l’intervention surnaturelle du Fantôme de l’Or étant dans la même lignée.

 

J’ajouterai enfin que le scénario est signé par la grande June Mathis qui, à la mort de Valentino, fera reposer son corps dans un emplacement tout près du sien, le rejoignant moins d’un an plus tard, victime d’une crise cardiaque. Elle avait 40 ans.

 

 

(1) comme annoncé plus haut.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Stanley Kubrick, #Guerre
Full metal Jacket (Stanley Kubrick, 1987)

Nouveau film, ancien domaine : Stanley Kubrick retourne au film de guerre, près de 30 ans après Les Sentiers de la gloire, pour nous proposer une autre vision de la guerre du Vietnam qui a fortement marqué l’opinion américaine pendant et après le conflit.

Si on excepte le film de propagande tourné par ce vieux briscard de John Wayne, une série de film a fleuri sur les écrans américains – et dans le reste du monde, donc – et ce très peu de temps (1) après la fin des conflits et l’évacuation de l’ambassade des Etats-Unis (30 avril 1975). Ces nombreux films prenaient souvent des points de vue différents et traitaient de thèmes pas toujours glorieux, et surtout insistaient sur cette défaite inéluctable que certains avaient ressentie avant les autres.

 

Une « 7,62 mm, full metal jacket », comme le dit Leonard « Pyle » Lawrence (Vincent D’Onofrio), désigne le projectile que crachent les M14, fusils des Marines.

C’est d’ailleurs avec la préparation physique de ces futurs soldats que commence le film, pendant le premier tiers du film.

Ces hommes sont une élite dans l’armée américaine, fonctionnant indépendamment des autres. L’entraînement est dur, physiquement et moralement.

Ici, c’est le sergent instructeur Hartman (R. Lee Ermey) qui s’occupe d’eux on peut rapidement voir que ces hommes ne sont pas à la fête : après avoir perdu leurs cheveux (tonte obligatoire), ils sont traités comme des sous-hommes qui doivent gagner leur droit à être des Marines.

Cet entraînement est d’une violence incroyable : les différents moments sont tous aussi dégradants les uns que les autres, et on ne peut imaginer un tel personnage avoir un quelconque sentiment humain.

La plupart d’entre eux survivent à ce traitement, mais c’est pour se retrouver au front, à quelques milliers de kilomètres de chez eux.

 

S’une certaine façon, cet avant-dernier film de Kubrick rappelle son premier film de guerre – Les Sentiers de la Gloire, donc – qui était alors toujours interdit en France. En quoi ? On assiste ici à une autre stupidité militaire qui consiste à rabaisser les hommes pour en faire de véritables machines à tuer.

Si Matthew Modine est le principal personnage du film – et par ailleurs narrateur à partir de la fin des « classes » - on retient surtout deux prestations phénoménales : Ermey dans le rôle de Hartman, mais surtout Vincent D’Onofrio dans celui du Pyle.

En effet, Hartman est très convaincant, mais c’est bien normal : il interprète un rôle qu’il a déjà vécu puisqu’il fut instructeur et qu’à l’instar de ses « protégés » il est parti au Viêt Nam en 1968.
Vincent D’Onofrio par contre, est magnifique dans ce rôle de bouc émissaire qui punit le peloton par son incapacité. Mais une fois qu’il rentre dans le rang (au propre comme au figuré), il commence à ressembler aux héros de Kubrick : on ne peut oublier son regard de fou quand Joker (Modine) le retrouve dans les toilettes, chargeant son fusil. Ce sont deux autres personnages de Kubrick qui nous viennent en tête : Jack Torrance (Jack Nicholson) dans Shining et surtout Frank Alexander (Patrick Magee), l’écrivain dans Orange mécanique.

 

Et puis il y a la guerre. Le plus spectaculaire ici, ce sont les hommes et non la guerre elle-même. Et ce malgré la prouesse de Kubrick de tourner les scènes du Viêt Nam dans la banlieue de Londres.

Mais pour le reste, la guerre n’a aucune envergure. Les rares ennemis des Marines qu’on y voit ne sont que des ombres, à l’exception du sniper. Les soldats sont alors tentés de tirer sur tout ce qui bouge, n’étant pas capables de discerner leur véritable ennemi.

 

Par contre, quand ils ont attrapés leur sniper, on assiste à une scène étrange où ces hommes sont partagés entre deux sentiments : celui de soulagement d’avoir échappé (‘pour l’instant) à la mort ; et la fascination devant une personne qui agonise. Ils ont tous les yeux fixés sur la « victime », incapable de regarder autre chose.


Tout comme Les Sentiers de la gloire, le film se termine sur une chanson : alors que dans le premier film, c’était une Allemande qui interprétait une chanson de son pays devant des soldats fatigués et émus. Ici, pas de fatigue ni d’émotion : des Marines qui avancent en chantant (pas toujours juste) une de ces chansons de marche à la gloire de leur héros : Mickey Mouse (2).

Dernier avatar de l’absurdité de cette guerre, sale et inutile.

 

PS : j'oubliais, Bonne année !

 

 

  1. Travis (Robert de Niro) dans Taxi Driver (1976) est un vétéran de cette guerre.
  2. Il s’agit du générique de l’émission télévisée Mickey Mouse Club.

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