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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Drame, #Sidney A. Franklin, #Norma Talmadge
La Cité défendue (The forbidden City - Sidney A. Franklin, 1918)

La Chine éternelle…

Ses Mandarins aux moustaches tombantes, ses tenues d’apparat, son empereur cruel…

Et San San (Norma Talmadge).

San San est la fille de Wong Li (E. Alyn Warren), un Mandarin déchu auprès de l’empereur (L. Rogers Lytton). Pour regagner son affection, il envoie sa fille comme favorite.

Dans le même temps, sa fille a rencontré le jeune et beau diplomate John Worden (Thomas « Crichton » Meighan) : c’est le grand amour duquel naîtra une fille. Mais l’empereur n’’est pas prêteur et fait exécuter San San, élevant tout de même sa fille Toy.

18 ans plus tard, Toy (Norma Talmadge) suit les mêmes traces que sa mère.

Pourtant, l’intertitre d’entrée – une citation de Kipling – nous a prévenus : l’Orient et l’Occident ne doivent jamais se rencontrer…

 

Nous sommes bien sûr dans le mélo, mâtiné de cet exotisme alors en vogue dans le cinéma américain (et ailleurs aussi). La Chine qui nous est présentée est des plus stéréotypées, Franklin ouvrant le film avec quelques images d’archives avec pagode et costume traditionnel, sans oublier la Grande Muraille.

Bien sûr, on pense à Madame Butterfly, mais l’intrigue qui nous est proposée ici ne pré&sente pas le jeune Américain comme un salaud. Au contraire, c’est le Destin (1) qui va l’éloigner de celle qu’il aime et par extension de sa fille.

Ici, s’il fallait désigner un méchant, ce serait plutôt l’empereur, qui allie fourberie et cruauté dans le plus pur style « préjugé » : on retrouve le vieux concept un tantinet raciste qui consiste à considérer les Chinois comme des gens fourbes et cruels.

Et la mise à mort de San San par l’ignoble empereur est plutôt inattendue – pour San San plus que pour le spectateur – et on se dit que Franklin se débarrasse bien tôt de son actrice vedette !

 

Mais c’est pour mieux la faire revenir dans la deuxième partie (2).

On va alors retrouver une sorte de copier-coller de la première partie quant à l’intrigue amoureuse : le lieutenant Philip Halbert (Reid Hamilton) prenant la place de Worden dans le cœur de la jeune femme.

Nous aurons même droit à une fin (à peu près) heureuse un petit peu prévisible avec retrouvailles (attendues elles aussi) du père et de la fille : pendant que la belle Toy grandissait, Worden vieillissait mais restait en poste à Shanghaï.

 

Certes, le film de Sidney A. Franklin n’est pas un chef-d’œuvre absolu, mais on y trouve tout de même un thème central dans la culture américaine et qui pose toujours problème une centaine d’années après : le métissage.

On se souvient du formidable Half-Breed de Dwan avec Douglas Fairbanks deux ans plus tôt, qui traitait déjà de ce sujet.

Ici encore, une barrière se dresse pour la jeune femme du fait de son sang-mêlé : elle est sujette au mépris voire à l’humiliation et même Worden se range derrière l’idée qu’on ne peut (ni ne doit) se mélanger, et ce malgré sa propre histoire avec San San.

 

 Reste un film malgré tout sympathique qui nous permet d’apprécier le talent de Norma Talmadge, même si on peut – largement – lui préférer ses films ultérieurs. Il faut dire que le format – 62 minutes – ne permet pas beaucoup de développer une quelconque partie de l’intrigue.

Et on peut aussi reprocher l’absence – quasiment totale – de véritables acteurs d’origine asiatique : outre les enfants du début et la présence de Charles Fang (qui était tout de même né à San Francisco), les rôles des autochtones sont interprétés par des acteurs hollywoodiens 100% blancs caucasiens… Norma Talmadge est d’ailleurs plus crédible en métisse qu’en Chinoise (3).

 

  1. Farceur évidemment, sinon pas de film…
  2. Oui, le film comporte deux parties de longueurs somme toute équivalentes.
  3. Tout comme Wallace Beery, en Chinois lui aussi (A Tale of two Worlds, 1921) ; ou encore en Indien d’Amérique (The Last of the Mohicans, 1920).

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Jean Girault
Pouic-Pouic (Jean Girault, 1963)

Un boursicoteur (Louis de Funès.

Une femme de boursicoteur (Jacqueline Maillan).

Leur fille (Mireille Darc).

Un amoureux éconduit (Guy Tréjan).

Un livreur de voiture (Philippe Nicaud).

Un maître d’hôtel (Christian Marin).

Un fils qui revient du Brésil (Roger Dumas) avec une Brésilienne (Yana Chouri ou Maria-Rosa Rodriguez).

Un poulet (Pouic-Pouic).

 

Pour son anniversaire, la femme du boursicoteur lui a acheté une concession réputée pétrolifère. Sauf que le vendeur (Daniel Ceccaldi) est un escroc notoire.

Une seule solution : vendre cette concession à un pigeon : ça tombe bien, l’amoureux de la fille de la maison correspond au profil.

Va-t-il toutefois acheter ?

 

Nous sommes dans un vaudeville tout à fait classique, resserré dans une maison où la vente de la concession est prétexte à des quiproquos savoureux, mettent en valeur l’étoile montante du début des années 1960s : Louis de Funès.

Jean Girault n’est pas le cinéaste français absolu, signant chef-d’œuvre sur chef-d’œuvre, avec un souci esthétique des plus raffinés.

Non.

C’est un réalisateur comique qui, pour paraphraser Pierre Desproges, a la grande prétention de faire rire. Et l’adaptation de la pièce – Sans Cérémonie qu’il a écrite avec Jacques Vilfrid y réussit.

On s’amuse des situations qui s’accumulent où chacun n’est pas toujours celui qu’on croit, et où Louis de Funès, après avoir tenu le rôle du maître d’hôtel sur les planches, reprend celui du maître de maison, prétexte à ses facéties habituelles de petit nerveux, entouré d’une femme un tantinet dépassé et d’une fille volontaire.

Bref c’est du comique de bonne facture où chacun tient à merveille sa place, bien qu’on sente (avec le recul) que le potentiel comique de Louis de Funès n’est pas encore à son maximum, comme on pourra le voir dans Oscar quelques années plus tard au cinéma (1).

 

Comme je le disais, Girault n’est pas le plus grand, mais son association avec Louis de Funès va se sceller à cette occasion et se poursuivra pendant les vingt années qui vont suivre, jusqu’à la mort du réalisateur (2). On notera d’ailleurs qu’une de leur collaboration notable ultérieure concerne une autre pièce de théâtre filmée : Jo (1971).

Bien sûr, dans cette collaboration on trouve la série des Gendarmes, mais malgré ce qu’on peut en penser (en mal pour ma part, c’est plutôt la tendance), le duo Girault-De Funès a laissé son empreinte dans le cinéma comique de ces deux décennies avec plus ou moins de bonheur, faisant même des émules, pas non plus toujours très douées.

 

Quoi qu’il en soit, laissez vous tenter par cette pièce filmée, où les grimaces – sages tout de même – de Louis de Funès s’enchaînent avec quelques répliques savoureuses, dans un imbroglio familial qu’on retrouvera souvent chez les deux complices.

On peut toutefois regretter que l’omniprésence du grand Louis éclipse ses partenaires, dont la jeune Mireille Darc (25 ans quand le film sort) : mais elle n’était qu’à ses débuts…

 

  1. Oscar fut adapté au cinéma en 1967 mais fut d’abord un succès théâtral de 1961.
  2. 24 juillet 1982.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie dramatique, #Wes Anderson
La Famille Tenenbaum (The Royal Tenenbaums - Wes Anderson, 2001)

Le père, Royal (Gene Hackman).

Ma mère, Etheline (Anjelica Huston).

Les enfants Chas (Ben Stiller), Richie (Luke Wilson) et Margot (Gwyneth « Pepper Potts » Paltrow), l’« adoptée ».

Tout ce petit monde se retrouve sous le même toit au même moment, pour des raisons toutes plus différentes les unes que les autres : leur cercle rouge (comme le survêtement de Chas).

 

Il est très difficile de résumer ce film d’une autre façon sans entrer dans des détails qui noieront alors le propos.

Nous sommes dans l’univers de Wes Anderson, un univers décalé de ce qu’on connaît, où la famille est centrale, qu’elle soit biologique ou non. En effet, outre Margot qui fut adoptée, quatre autres personnes gravitent autour de cette communauté excentrique : Eli (Owen Wilson, le vrai frère de Luke, qui a aussi coécrit le scénario), un voisin du même âge que les enfants de Royal ; Pagoda (Kumar Pallana) le serviteur fidèle (à Royal) ; Henry Sherman (Danny Glover), comptable et amoureux d’Etheline ; et Dusty (Seymour Cassel), homme d’ascenseur et de ressources… J’oubliais Raleigh Sinclair (Bill Murray), mari de Margot et analyste (barbu cela va de soi), avec son patient Dudley (Stephen Lea Sheppard).

 

Après une courte introduction (présentée par Alec Baldwin), Anderson divise son film en chapitre, celui d’un livre (fictif) narrant les pérégrinations de cette famille. Chaque nouvelle page de chapitre nous est présentée, et le temps de lire les premiers mots, le décor apparaît et l’action commence.

Et e qu’on peut dire, c’est que les Tenenbaum sont des gens très particuliers, voire bizarres, et seule Etheline reste la figure dominante – et rassurante – le pilier sur laquelle on peut se reposer quand cela ne va pas.

 

Et il faut avouer que sauf pour elle, rien ne va : Royal a été viré de son hôtel, Chas a perdu sa femme dans un accident d’avion, Margot végète et Richie erre.

Au final, tous ces éléments singuliers vont se retrouver sous le toit d’Etheline, ramenant des souvenirs douloureux et révélant par la même occasion les failles des différents membres.

Si Royal est un escroc minable, ses enfants (adoptive et naturels) n’ont pas si bien réussi que ça, et ce malgré les prédispositions étonnantes qu’ils avaient : Margot, qui avait un don pour l’écriture ne rédige plus rien ; Chas est obnubilé par la sécurité ; et Richie, immense champion de tennis, a craqué pendant une finale, errant à travers le monde depuis cet événement.

On peut en conclure qu’à leur manière, ils ne font pas mieux que leur père, adoptif ou naturel.

 

Mais nous sommes dans un film américain, et la rédemption est possible.

Elle l’est d’autant plus qu’elle touchera tous les membres qui en ont besoin, les uns s’assumant, les autres acceptant leur sort, donnant au film sa fin heureuse sans toutefois oublier la dimension tragique inévitable à toute bonne comédie.

C’est donc un film hautement sympathique qui nous est offert ici, généreux comme peut l’être une famille mais sans non plus occulter les problèmes inévitables de cette même famille.


Et ce qui fait aussi le succès du film, c’est le casting (prestigieux, donc), Gene Hackman en tête, dont certains membres se retrouveront dans les films suivants de Wes Anderson (Owen Wilson, bien entendu, mais pas que lui).

L’autre atout du film, comme souvent chez Anderson, c’est une forme de merveilleux soutenu par une utilisation pertinente de la couleur (1). Les tons tranchent avec ce qu’on pourrait appeler la « réalité »,  le rouge des survêtements étant un exemple on ne peut plus parlant.

On retrouve d’ailleurs cette utilisation de la couleur dans les autres films d’Anderson, accentuant le côté malgré tout irréel des intrigues et de ses personnages.


Wes Anderson, un réalisateur à part, dans un cinéma parfois un tantinet attendu.

 

(1) et pourtant je suis daltonien !

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Animation, #Shane Acker
Numéro 9 (9 - Shane Acker, 2009)

Sorti en 2009 (coïncidence ? Je ne crois pas), ce film intitulé originalement 9 est un film d’animation steam punk des plus réjouissants.

Nous sommes sur une terre post-apocalyptique, où les machines se sont retournées contre les humains qui les avaient conçues. Qu’elles aient détruit les humains, passe encore, mais dans le même temps, toute forme de vie a été éradiquée par l’emploi de gaz létaux.

De ce chaos sont apparues de drôles de poupées de toile (1) dont le dernier exemplaire, 9 (voix d’Elijah « Frodo » Wood) part à la découverte du monde.

 

C’est un univers très bizarre qui nous est proposé là, avec ces petits personnages aux yeux mécaniques trop grands, dans un monde hostile où les seuls « animaux » sont des machines infernales générées par un cerveau mécanique malade.

Mais c’est surtout une vision bien pessimiste de l’avenir de l’humanité que nous voyons, et qui finalement risque de se réaliser, l’homme, sans obligatoirement utiliser de gaz létal, détruit consciencieusement les différents êtres vivants de sa planète.

Mais malgré tout, Shane Acker instille un tout petit peu d’espoir : pour ses poupées, pas pour les humains. Encore que…

 

Bien sûr, s’il s’agit d’un film d’animation un tantinet bizarre, on peut s’attendre à trouver Tim Burton. Il est là, dans la production, très certainement intéressé par le court-métrage original d’Acker (sorti en 2005).

Que reste-t-il du court original ?

Le fait qu’Acker ait tourné lui-même cette extension nous fait supposer qu’elle respecte son projet original (c’est le cas de le dire). On notera tout de même au scénario la présence de Pamela Pettler, qui avait déjà cosigné celui des Noces Funèbres du même Burton.

 

Bref, un film malgré tout très sympathique, où on peut entendre quelques voix célèbres (Christopher Plummer, par exemple) et où chaque poupée a sa particularité qui nous fait penser au monologue de Tom Joad à la fin des Raisins de la Colère (2).

 

[Attention : révélation de la résolution de l’intrigue. Vous avez toujours le même choix : aller jusqu’au bout ou attendre de voir le film pour lire ce qui va suivre.]

 

Chacune des poupées porte en elle une partie de l’âme du concepteur de la machine, une partie humaine. Et c’est l’union de ces différentes parties qui amène la résolution de l’intrigue, détruisant la machine infernale et ramenant l’espoir – dans une séquence un tantinet mystique – avec la tombée des premières gouttes de pluie : et quand on sait que l’eau est indispensable à la vie, on est en lieu d’espérer une régénération du vivant à plus ou moins long terme (3).

Sans les hommes bien sûr, mais qui s’en plaindrait ?

 

  1. A partir de celle des sacs de sable ?
  2. « Peut-être que c’est comme le dit Casey : on n’a pas une âme à soi, mais seulement un morceau d’une grande âme collective… » (« Maybe it's like Casey says. A fellow ain't got a soul of his own. Just a little piece of a big soul. The one big soul that belongs to everybody. »)
  3. Ces poupées n’étant pas organiques, le concept de temps devient alors obsolète.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Guerre, #Völker Schlöndorff
Diplomatie (Völker Schlöndorff, 2014)

Paris, nuit du 24 au 25 août 1944.

Le consul de Suède Raoul Nordling (André Dussolier) se glisse dans le bureau du général von Choltitz (Niels Arestrup) après que celui-ci ait ordonné la destruction de Paris.

S’ensuit alors une fin de nuit pendant laquelle le Suédois va tenter de convaincre l’Allemand de ne pas détruire cette ville.

Vous connaissez l’issue de cette nuit.

 

Oui, nous connaissons l’issue de cette nuit puisque tous les monuments sont encore debout. Et puis aussi parce que nous avons (tous ?) vu Paris brûle-t-il (René Clément, 1966) : von Choltitz finit arrêté par le soldat Antonio González de la compagnie La Nueve.

Mais bien sûr, ce n’est pas l’issue qui nous intéresse ici. C’est le dialogue qui s’instaure entre ces deux géants qui devient alors un véritable combat, aussi déterminant que celui qui se passe dans les rues de la capitale au même moment.

 

A l’origine, c’est une pièce de Cyril Gély, interprétée par les deux mêmes acteurs, où nous assistons à une rencontre fictive mais dont le propos est loin de l’être.

La position et le rôle de Nordling justifiant cet entretien : il est impensable que cette discussion ait eu lieu en une nuit et surtout celle-ci, mais on peut imaginer que Nordling a tout de même négocié avec le général pour sauver la ville : il l’avait déjà fait pour les prisonniers politiques quelques temps avant.

 

Evidemment, la pièce en elle-même est magnifique, amenant une réflexion autour du pouvoir et de la validité des ordres, cette dernière réflexion sera d’ailleurs au cœur des débats du tribunal de Nuremberg.

Mais étant au cinéma, on ne pouvait se contenter d’une réalisation stricte de la pièce : un huis-clos étouffant (il fait chaud à Paris en août, en encore plus cette année-là !).

Et c’est le vétéran Volker Schlöndorff qui recrée le décor de cette entrevue, présentant en introduction la ville de Varsovie qui fut détruite un peu avant par les mêmes armées d’Hitler.

Il est difficilement concevable pour un spectateur d’imaginer Paris dans le même état, mais c’est pourtant le sort qui était réservé à la capitale : des ruines à perte de vue. Sans oublier les pertes historiques et culturelles (1).

 

Schlöndorff va alors sortir sa caméra pour illustrer ce qu’il se passe hors de ce bureau où a lieu l’affrontement de ces deux géants (malgré eux). Inévitablement, nous avons des plans de la ville, où n’apparaissent nullement les constructions modernes, mais aussi quelques séquences extérieures qui donnent une teinte authentique à cette entrevue fictive.

Mais tout revient inexorablement dans ce bureau où les arguments sont débattus par l’un et par l’autre, où Nordling amène en plus quelques envolées lyriques qui donnent un moment de répit dans cette joute oratoire. Mais Choltitz étant avant tout un militaire, ces envolées tombent malheureusement à plat et glissent sur lui (heureusement, il n’en va pas de même du spectateur).

De plus, il n’hésite pas à utiliser la caméra sur l’épaule pour ces mêmes moments de débats, amenant une proximité accentuée pour le spectateur, comme s’il assistait réellement à l’échange, comme s’il voyait la ville en train de gagner son salut.

 

Mais le jeu des deux vétérans du spectacle que sont Arestrup et Dussolier est tout simplement magnifique.

Ils assurent totalement le succès de l’œuvre (au cinéma comme ils l’ont fait auparavant au théâtre), chacun dans son rôle sans jamais en sortir, avec, opposée à la rigueur militaire de Choltitz, une espièglerie toute dussolienne qui emporte rapidement l’adhésion du spectateur.

De plus, Schlöndorff ne fait pas la même erreur que René Clément 50 ans (environ) plus tôt : si les échanges se font en français, les différents personnages extérieurs s’expriment dans leur langue maternelle. Pas de dialogue avec un français mâtiné d’accent plus ou moins allemand.

 

Le résultat ?

Une situation encore plus authentique, condition sine qua non du succès du film.

 

PS : il est clair que Dussolier et Arestrup sont plus âgés que les hommes qu’ils interprètent (en 1944). Orson Welles (Nordling) et Gert Fröbe (von Choltitz) ressemblaient plus à leurs modèles, mais l’intensité était tout de même moins forte et surtout, dans le film de Clément, leur rôle était moins important.

 

  1. Bien que ce fut pourtant le cas à Varsovie (et dans d’autres villes historiques), l’impact reste toujours moindre quand on compare avec cette ville mythique qu’est Paris. Pourtant, si vous interrogez les descendants des Varsoviens, ce qu’il s’est passé en Pologne fut tout sauf supportable.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Espionnage, #Suspense, #Alfred Hitchcock
Les 39 Marches (The 39 Steps - Alfred Hitchcock, 1935)

Que dire de nouveau sur ce film archiconnu, vu plus de mille fois depuis son premier passage à la télévision ?

Tout d’abord que (presque) 90 ans après, cela fonctionne toujours aussi merveilleusement bien.

On y retrouve tous les thèmes chers à Hitchcock, de l’espionnage, en passant par l’innocence accusée sans oublier la sexualité, véritable leitmotiv de ses films jusqu’au « passage à l’acte » de Frenzy. Et j’allais oublier : l’humour!

 

Nous avons donc un jeune Canadien qui répond au nom de Richard Hannay (Robert Donat), enfin pas trop depuis l’assassinat de la mystérieuse Mrs. Smith (Lucie Mannheim) dans son appartement.

Qui l’a tué ? Une bande de malfaiteurs spécialisés dans le vol de secrets d’état répondant au nom de « 39 Marches ».

Nous assistons alors à une traque double : d’un côté un homme innocent poursuivi par la police pour ce crime qu’il n’a pas commis ; de l’autre cet innocent qui poursuit  « le professeur » (Godfrey Tearle), responsable de la situation et surtout chef du sinistre réseau.

 

Tout commence et se finit au music-hall, là où Hannay regarde un numéro « exceptionnel » : Mr. Memory (Wylie Watson) qui a mémorisé (d’où son nom) des informations (50 par jour !) et se propose de répondre aux questions (sérieuses) des spectateurs.

Entre les deux interventions de ce personnage fort étonnant, une aventure pleine de rebondissements où Hitchcock s’amuse et amuse le spectateur, jouant avec les différentes possibilités qu’offre le cinéma : visuelles et sonores.

 

Passons vite sur « l’effet spécial » : un hélicoptère (rudimentaire) qui est utilisé dans la traque d’Hannay. A moins que ce ne fût pour montrer l’éventail des différents moyens de Scotland Yard, cet engin volant est clairement incrusté, et surtout ne sert pas beaucoup l’intrigue.

Par contre, l’utilisation du son est des plus remarquables, une constante depuis Blackmail : la gardienne (concierge) qui découvre le cadavre de Mrs Smith et qui crie alors que nous entendons la sirène du train reste à ce jour (et à mon avis) l’une des plus belles utilisations du son au cinéma.

 

Bien sûr, l’association Robert Donat-Madeleine Carroll (Pamela), fonctionne à merveille : une opposition qui se transforme en jeu amoureux dans une situation de crise contribue au succès du film et à ce qu’on appellera alors la « Hitchcock touch ».

Outre son obsession de l’innocence accusée (1), on retrouve cette sexualité larvée qui émaille son œuvre.

C’est d’abord Mrs. Smith (encore elle), qui s’invite chez elle, sans occulter quelque sous-entendu qui ne sont alors plus équivoque. Mais ce sont aussi les vendeurs de gaines et autres articles féminins qui parlent de leur marchandise avec aisance pendant qu’un voyageur troublé les quitte.

Et puis il y a Pamela. Elle se retrouve enchaînée à Hannay et doit partager son intimité (2), sous l’œil bienveillant d’une aubergiste (Hilda Trevelyan) qui les prend pour un couple d’amoureux qui s’est enfui. Cette histoire n’en est pas vraiment une : ils sont en fuite mais certainement pas un couple d’amoureux. Enfin pas encore.

Alors quand Pam doit enlever ses bas, on voit la main de Hannay qui suit ses mouvements et par la même occasion caresse (involontairement ?) ses jambes.

 

Et puis il y a l’humour, indissociable des films du maître. Il est de plusieurs sortes : du plus vulgaire (l’âge de Mae West, et autres réflexions des spectateurs du music-hall) au plus subtile (les réflexions autour des cantiques), c’est une bonne dose de cet humour anglais si particulier.

 

Bref, Les 39 Marches est un film réussi à plus d’un titre : non seulement il est réalisé de main de maître, mais en plus, le pari des producteurs se révèle payant. Hitchcock confirme qu’il est un grand directeur et que le succès de L’Homme qui en savait trop l’année précédente n’était pas un accident.

Hitchcock est un grand et cela va se savoir. Au point qu’il sera bientôt demandé à Hollywood.

Mais vous vous en doutez bien : ceci est une autre histoire…

 

  1. Enfant, Hitch fut enfermé (très) brièvement au poste de police à la demande de son père : cette expérience traumatisante le poursuivra toujours, et peut expliquer ses nombreux héros qui doivent se disculper, en plus de sauver leur entourage ou leur pays.
  2. Jusqu’à un certain point défini par la morale (stricte) anglaise : et de toute façon, les personnages de cinéma n’ont pas besoin d’aller aux toilettes.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Comédie dramatique, #John Emerson, #Mary Pickford
Miss Bengali (Less than the Dust - John Emerson, 1916)

Radha (Mary Pickford) est une jeune Indienne dont le père Ramlan (Mario Majeroni) fabrique des armes et en outre est un des leaders de la rébellion contre la présence anglaise.

C’est une jeune fille pleine de ressources (1) n’hésitant d’ailleurs pas à voler pour arriver à ses fins et obtenir ce qu’elle veut.

Un jour, elle rencontre le capitaine Townsend (David Powell), qui dirige la garnison de la ville. Rapidement, ils tombent amoureux, mais les projets de Ramlan vont compromettre leur amour.

 

Encore une fois, c’est un rôle sur mesure pour Mary Pickford : une femme-enfant débrouillarde et espiègle dans une comédie sympathique aux couleurs exotiques.

En effet, ce film se place dans la mouvance de ces films se déroulant bien loin des studios où ils furent tournés. Les années 1910 ont vu la création de nombreux films exotiques et pas seulement aux Etats-Unis (cf. Die Spinnen de Fritz Lang).

Ici, c’est une Inde à turbans où la présence anglaise est donc contestée. Et où malgré le ton de la comédie, nous avons droit à un soulèvement meurtrier.

 

Bien sûr, c’est Mary Pickford qui fait tout le sel du film, jeune fille indépendante et surtout trop blonde pour être véritablement indienne (2).

On s’amuse de ses manières commerciales qui tournent toujours à son avantage, même si les moyens utilisés sont franchement illégaux. Mais le spectateur lui pardonne, comme d’habitude.


Par contre, on sent Emerson moyennement à l’aise dans cette comédie, n’arrivant pas (encore) à trouver le ton juste par rapport aux (grandes) possibilités du jeu de Pickford. De plus, le pan sérieux – la rébellion – atténue cet aspect comique.

Et ce n’est qu’à la fin que la comédie s’envole, quand Radha arrive en Angleterre chez son grand-père. Ses pratiques indiennes vont compliquer sa vie « occidentalisée » : repas avec « vache sacrée » ; abat-jour pris pour un chapeau ; salutations…

 

Toutefois, cette vision américaine de l’Inde n’échappe pas à certains stéréotypes voire quelques moments de malaise : le tailleur à qui Radha vole du tissu sera fustigé par cette même Radha auprès des autres Indiens en tant que « mahométan ». Non seulement le tailleur est lésé mais en plus il va passer un sale quart d’heure auprès des Hindous pour lesquels a provoqué (enfin pas vraiment) un sacrilège : Radha s’est baignée dans le bassin sacré en gardant ses chaussures !

 

Miss Bengali reste toutefois un film mineur dans la filmographie de Mary Pickford : elle ne tournera pas de nouveau avec Emerson, alors que dans le même temps, Douglas Fairbanks – celui qui fut l’un des amours de sa vie – va collaborer à plusieurs reprises avec lui.

Et l’année suivante (1917 donc), elle rencontrera Marshall Neilan qui saura la faire tourner dans des comédies beaucoup plus enlevées, pour notre plus grand plaisir (3).

 

  1. Comme d’habitude avec Mary Pickford…
  2. Elle ne l’est pas, comme le révèle un (faux) rebondissement du scénario.
  3. Le mien, en tout cas !

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Drame, #Western, #László Benedek, #Marlon Brando
L'Equipée sauvage (The wild One - László Benedek, 1953)

Motos qui pétaradent.

Blousons de cuir (noirs, bien sûr).

Lunettes noires.

Une bande de motards débarquent dans une petite ville américaine, au milieu de nulle part.

Rapidement, la paix est troublée et les esprits s’échauffent, jusqu’à l’irréparable.

 

Le mythe Brando est né : le motard rebelle (1) qui trouble l’ordre et qui n’aime pas les flics.

Bien sûr, ce film fit scandale à sa sortie (il fut même interdit en Grande-Bretagne jusqu’en 1968) : outre le fait que Johnny n’aime pas les représentants de la Loi (inimaginable au cinéma en 1953), les « bons bourgeois » ne sont pas montrés à leur avantage.

Mais surtout, ce film montre un point de vue alors récent au cinéma : celui des adolescents.

En effet, pendant longtemps, on a considéré qu’une fois l’enfance terminée, on devenait adulte, sans transition. Mais depuis les travaux de Tonton Sigmund, on s’est rendu compte qu’il se passait des choses dans l’esprit des enfants qui étaient bien distinctes des deux autres âges humains.

 

Certes Marlon Brando a déjà 29 ans quand le film sort (à Noël, tu parles d’un cadeau !), mais son personnage de Johnny reflète très bien cet âge où le jeune homme – et la jeune femme d’ailleurs – finit de se construire et a parfois certaines pulsions incompréhensibles (pour les adultes et surtout les parents) qui leur font faire des choses inexplicables et inexpliquées.

Certes, de nos jours le thème de l’adolescence au cinéma est très développé et dans beaucoup de pays du monde. Mais en 1953, les ados, comme on ne les appelle pas encore, sont un véritable mystère (2).

 

On va alors voir se développer quelques films emblématiques pendant cette décennie qui, s’ils sont maintenant marqués, n’en donnent pas moins une idée réaliste de cette jeunesse révoltée, rebelle.

Deux ans plus tard, nous assisterons d’ailleurs à une année faste pour ce thème avec la sortie du magnifique Blackboard Jungle (en français : Graine de Violence) de Richard Brooks et de l’inoubliable Rebel without a Cause (La Fureur de vivre) de Nicholas Ray.

Et Johnny synthétise d’une certaine façon les deux aspects qui seront développés dans ces deux films : le côté délinquant juvénile du film de Brooks avec la révolte incomprise des jeunes gens chez Ray.

 

Et le choix de Marlon Brando pour interpréter ce personnage est des plus pertinents : il possède l’attitude cool de nombreux acteurs de la même période avec une aura de scandale qui rend tout de suite Johnny menaçant pour les habitants de la ville envahie.

De plus, son aspect dur-à-cuire s’effrite quand il se retrouve seul, menacé par ces « bourgeois » qui ont recours à la violence face à cet homme qu’ils ne comprennent pas : il pleure !

 

Mais Brando seul ne saurait assurer le succès du film, et on retrouve à ses côtés une actrice improbable (3) : Mary Murphy dans le rôle de Kathy Bleeker. Elle possède dans le regard la mélancolie annoncée par Johnny en voix off lors de la première séquence, et campe cette jeune femme prisonnière de cette ville et de sa morale réactionnaire. Johnny, pour Kathy c’est une bouffée d’air frais dans sa grisaille : un parfum de liberté et d’anticonformisme qui la fait succomber au charme de ce jeune motard. Et cela va même plus loin, parce quelle le comprend : étant tous les deux à peu près du même âge, leurs aspirations se rejoignent, même si elle ne passera jamais à l’acte.

 

Avec ce film, László Benedek crée un mythe, celui de Brando mais surtout met en scène la jeunesse révoltée. Cette jeunesse qui l’a toujours été, même si elle ne l’exprimait pas tout le temps.

En effet, le passage à l’âge adulte est une étape terrible (rappelez-vous) où on quitte l’univers à peu près sûr de l’enfance vers l’avenir des plus incertains des adultes, où les responsabilités sont la norme. Et au bout de l’âge adulte, la mort, quand ce n’est pas le fait d’être adulte et rangé qui n’est pas le début de cette mort (4).

 

Mais Benedek traite cette histoire un peu comme un western, les motards remplaçant les cowboys à cheval, parcourant les grands espaces et s’arrêtant dans une ville qu’ils vont plus ou moins mettre à sac avant de repartir ou d’en être chassés (les pieds devant le plus souvent).

On retrouve la peur des habitants face à cette meute indisciplinée et bruyante qui bouleverse toutes les habitudes et qui fait des ravages. C’est cette peur qui va amener le drame, suite à une pratique qu’on retrouve régulièrement dans ces mêmes westerns : le lynchage.

C’est d’abord un peloton qui s’organise (en VO « posse ») et qui va prendre en chasse le chef de ces « jeunes voyous ». Et sans l’intervention du shérif Bleeker (Robert Keith), le père de Kathy, Johnny serait certainement reparti les pieds devant.

 

Bref, c’est un film qui, malgré sa brièveté (il a été amputé d’une vingtaine de minutes), campe ce qui va devenir avec le temps un véritable problème de société : l’adolescence et par extension la délinquance juvénile.

Mais le vrai scandale du film, pour ces mêmes « bons bourgeois » ce n’est pas Marlon Brando, c’est le fait que c’est que le réalisateur se place du côté de Johnny contre ces adultes qui deviennent alors les méchants, générée – comme souvent – par la peur née, de l’ignorance.

 

Un film devenu culte, et qui ouvre la voie vers l’archétype de l’adolescent révolté qui sera interprété par James Dean, et qui restera longtemps un modèle pour la jeunesse des trente (au moins) années suivantes.

 

  1. Contre quoi ? Réponse dans le film.
  2. Ils le sont d’ailleurs toujours pour beaucoup de parents. Peut-être parce qu’ils ont oublié ce que c’était…
  3. C’est elle-même qui le dit : elle ne voulait pas vraiment être actrice, ni faire du cinéma.
  4. On retrouvera cette idée chez John Braine : (re)lisez Room at the Top, où Joe Hampton, en s’enfermant dans la vie adulte, va devenir un « zombie », un personnage qu’il ne voulait absolument pas devenir.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Marshall Neilan, #Mary Pickford
Chacun sa Vie (Amarilly of Clothes-Line Alley - Marshall Neilan, 1918)

Amarilly (Mary Pickford) vit dans Clothes-Line Alley (1).

Où est-ce ? Dans n’importe quelle plus ou moins grande ville qui a un quartier pauvre où le linge sèche au fil entre les deux immeubles qui bordent l’allée.

Amarilly fait le ménage dans un théâtre pendant que sa mère (Kate Price) est lavandière dans ce même quartier.

Pendant ce temps, en haut de l’échelle sociale, le jeune et riche Gordon Philips (Norman Kerry) s’adonne aux fêtes nocturnes arrosées accompagné de sa clique de riches héritiers qui vont même jusqu’à s’encanailler dans les bas-quartiers…

A un moment, ils vont évidemment se rencontrer.

 

L’année 1918 est une année faste pour Marshall Neilan et Mary Pickford. Ce sont quatre des six films qui les réunissent qui émaillent cette année.

On y retrouve un rôle sur mesure pour la belle Mary : une jeune fille de basse extraction pleine de ressources qui se retrouve confrontée à une caste qu’elle ne comprend pas et ne supporte pas plus.

Malheureusement, le scénario – pourtant de la grande Frances Marion - n’est pas à la hauteur des films précédents du duo. Il est un tantinet convenu (mais ça, c’est un peu normal), et surtout on se demande vraiment à quoi sert la séquence qui voit Terry McGowen (William Scott), le fiancé d’Amarilly, se prendre une balle perdue dans le dos : cela n’entrave pas la fin heureuse promise, et le sort du tireur involontaire (Tom Wilson) n’est pas évoqué.

 

Par contre, l’aspect le plus remarquable du film vient du montage. En effet, Neilan use du montage parallèle à différentes occasions pour marquer la différence entre les deux niveaux sociaux concernés.

Alors que Terry et Amarilly vont danser – en tout bien tout honneur – Gordon et sa clique s’enivrent ; le repas chez la tante Philips (Ida Waterman) et celui chez Amarilly…

 

Et si le scénario est un peu faible, la critique de la haute société est tout de même bien rendue. Les intertitres jouent avec les mots et l’humour avec bonheur, accentuant l’issue inévitable : le rejet de cette société convenue et figée à des années-lumière de chez Amarilly.

En outre, Ida Waterman est une riche bien-pensante imbuvable comme on aime les détester.

Et si Norman Kerry, qui est un tout nouveau jeune premier, sort un temps son épingle du jeu avec son personnage amoureux d’Amarilly (3), c’est pour mieux retomber dans l’attitude condescendante de ses pairs envers la jeune femme et sa famille, avec en point d’orgue la réception de cette famille chez les riches : ces derniers n’ayant en tête qu’une idée, celle de les humilier.

 

Bref, un film mineur, mais qui vaut tout de même le coup d’œil, pour Mary Pickford, bien sûr, mais aussi pour la famille d’Amarilly, et en particulier la grande Kate Price qui n’a pas toujours été une mégère infâme (cf. Daddy-Long-Legs, l’année suivante, avec le même duo déjà évoqué au début).

 

  1. C’est ce que dit le titre original.
  2. Celui-ci est le second.
  3. Qui ne le serait pas ?

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Espionnage, #James Bond, #John Glen
Permis de tuer (License to kill - John Glen, 1989)

Après un épisode précédent un tantinet insipide, Timothy Dalton/James Bond revient deux ans plus tard dans une nouvelle aventure mêlant espionnage, jolies filles et scènes spectaculaires.

Fort des différentes critiques qui avaient pu émailler le film précédent, John Glen dirige pour la cinquième et dernière fois l’autre agent secret britannique le plus apprécié au monde (1).

On retrouve ici la marque James Bond dans une meilleure forme, avec un Timothy Dalton lui aussi aux taquets, donnant un visage plus réaliste de l’agent secret, et par conséquent beaucoup plus noir.

 

Ca commence plutôt bien puisque c’est le mariage de son vieux complice Felix Leiter (David Hedison qui avait déjà eu le rôle dans Live and let die en 1973). En plus, l’infâme trafiquant Franz Sanchez (Robert Davi) a été repéré alentour.

Après l’avoir arrêté et le mariage expédié, James retourne à son boulot. Sauf qu’entretemps le même  s’est évadé, qu’il a fait tuer la femme de Felix et que ce dernier est mutilé gravement.

C’est donc un combat à mort qui va se dérouler entre Bond et l’ignoble Sanchez.

 

Pour leurs adieux au personnage, John Glen et surtout Timothy Dalton nous offrent un spectacle de bonne facture, même si encore une fois, l’intrigue est prévisible.

Mais malgré tout, on s’amuse à voir toutes ces péripéties s’enchaîner sur un rythme soutenu sans être pour autant enivrant, et les deux James Bond Girls – le nombre a doublé depuis l’opus précédent – sont très jolies et pleines de ressources. Surtout Pam Bouvier/Kennedy (Carey Lowell qui a surtout tourné pour la télévision depuis), qui se pose en tenante du titre devant (la très belle aussi) Lupe (Talisa Soto), très habile de ses mains dans différentes situations…

 

Et puis il y a le méchant. Encore une fois, il doit être terrible pour assurer au film un  peu de succès : Robert Davi est ignoble à souhait, entouré de crapules loyales qui ne déparent pas auprès de lui. Bref, on a de quoi avoir un film intéressant, et il n’est pas question de bouder son plaisir.

Ca se bat donc dans les airs, sous la mer et même sur terre avec en prime une séquence de destruction finale – inévitable elle aussi – de haute qualité pyrotechnique.

Et comme c’est John Glen, on a droit à sa petite touche personnelle : ce sont à nouveau des pigeons qui sont sur le chemin de Bond. Où et comment, c’est à vous de le découvrir.

 

Bien sûr, on retrouve Q (Desmond Llewelyn), ainsi que Miss Moneypenny (Caroline Bliss) et M (Robert Brown qui fait lui aussi ses adieux à la série), bien que ces deux derniers soient plus là pour l’anecdote, leurs rôles étant limité au minimum et n’apportent pas grand-chose à l’intrigue.

Et une fois n’est pas coutume, Q se retrouve en première ligne, avec tout le plaisir (visible) que cela lui procure, sans oublier les jeunes femmes qu’il récupère dans le même temps…

 

Bref un épisode qui roule, où  tout le monde prend plaisir à participer et où finalement, on se dit que Timothy Dalton n’est pas si mal dans le rôle. Surtout qu’il est beaucoup plus jeune que son prédécesseur.

Seulement voilà, c’est son dernier épisode. Et le générique de fin a beau annoncer que Bond reviendra, il faudra attendre tout de même 6 ans !

 

Mais ceci est, bien sûr, une autre histoire.

 

(1) Le premier, c’est bien sûr Austin Powers… A moins que ce ne soit Johnny English !

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