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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Guerre, #Sam Wood
Pour qui sonne le Glas (For whom the Bell tolls - Sam Wood, 1943)

1937.

Voilà maintenant un an que la guerre civile a commencé quand Robert « Roberto » Jordan (Gary Cooper) rencontre le général Golz (Leo Bulgakov). Ce dernier va l’envoyer détruire un pont stratégique en vue d’une attaque massive (1) contre les forces rebelles de Franco.

Jordan va donc vivre quelques temps avec la bande de Pablo (Akim Tamiroff) et Pilar (Katína Paxinoú), dans les montagnes.

Il va aussi rencontrer Maria (Ingrid Bergman) qui fut secourue alors qu’elle était aux mains de rebelles.

Entre Maria et Jordan, une histoire d’amour, précaire, va se tisser progressivement. Mais le conflit ne faiblit pas et l’heure de l’assaut approche.

 

J’ai déjà parlé ici des films de Sam Wood, et pas spécialement en bien, ses films étant d’une médiocrité flagrante. Il n’en va pas de même de ce film, sorti en plein conflit mondial et surtout porté par ses deux têtes d’affiche : Gary Cooper et Ingrid Bergman.

Certes, ce n’est pas non plus un chef-d’œuvre absolu, le scénario de Dudley Nichols mais surtout le roman d’Ernest Hemingway assurant seuls le succès. Mais on peut tout de même lui trouver quelques qualités, essentiellement dans l’interprétation qui est d’une très grande qualité, surtout les quatre interprètes cités ci-dessus.

 

C’est la deuxième fois que Gary Cooper se retrouve dans une histoire d’Hemingway (2), et à nouveau, c’est un destin tragique qui l’attend, malgré toutes les péripéties qui semblent éloigner cette fin inévitable : nous sommes dans une tragédie classique où quoi que fassent nos héros, un sort funeste les attend.

On retrouve d’ailleurs dans le film le moment d’espoir indispensable au genre et qui nous fait croire qu’ils s’en tireront.

Mais deux facteurs primordiaux veillent à l’accomplissement malheureux annoncé :

  • Nous sommes du côté républicain pendant la Guerre d’Espagne : ce sont les perdants ;
  • Il est normal de mourir pour la cause qu’on défend, surtout pendant une période de guerre.

En effet, quand le film sort, les Etats-Unis sont bien entrés dans le conflit et commencent à regagner progressivement dans le Pacifique, pendant que l’Europe va bientôt voir débarquer les Alliés en Italie et en France.

Il est clair que ce film est aussi un instrument de propagande en faveur des Alliés, l’Américain Jordan s’étant enrôlé dans les Brigades Internationales pour défendre la démocratie, et lutter contre les forces fascistes et nazies qui s’étaient invitées dans ce conflit. Et Jordan explique ce qu’il a fait et pourquoi, insistant bien sur ces deux formations étrangères (Italie et Allemagne) pour les relier au conflit qui préoccupait alors les spectateurs au cinéma.

On notera d’ailleurs la présence de soldats franquistes aux casques qui en sot pas sans rappeler ceux des Allemands à la même époque.

 

Alors oui, c’est un beau film, mais il y manque tout de même un souffle épique qui en aurait fait une fresque légendaire, comme le fit Victor Fleming pour Gone with the Wind, et l’année précédente Michael Curtiz et son immense Casablanca (avec déjà la belle Ingrid Bergman).

Mais ici, c’est Sam Wood…

Heureusement pour nous, il y a Gary Cooper, toujours aussi grand, en taille comme en talent.

 

  1. L’offensive de Ségovie, du 30 mai au 2 juin.
  2. A Farewell to arms (Frank Borzage, 1932)

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Biopic, #Maurice Cloche
Monsieur Vincent (Maurice Cloche, 1947)

1617.

Monsieur Vincent de Paul (Pierre Fresnay) arrive à Châtillon-sur-Chalaronne où il vient d’être nommé curé. Il y est reçu par des jets de pierres par les habitants cloîtrés chez eux (1), l’une d’entre eux étant pestiférée.

Aidé de son sacristain (Marcel Pérès), il va enterrer dignement cette femme et révéler qu’elle n’est pas morte de la peste.

C’est le début d’une grande vocation auprès des petits et des pauvres qui commence et qui l’amènera à Paris créer la Compagnie des Filles de la Charité (qui perdurera jusque dans les années 1970), qui accueillera les indigents de Paris et alentour.

 

Bien sûr, il s’agit d’un film édifiant à la gloire de celui qu’on appelait d’abord Monsieur de Paul, dont le parcours fortement atypique méritait tout de même un film (2). Et le Vatican l’a même qualifié parmi les 45 plus importants films religieux.

Mais c’est avant tout le jeu d’acteur de Pierre Fresnay qui est remarquable, Maurice Cloche – obscur réalisateur français qui réalisa tout de même jusqu’en 1983 (pour la télévision) – réalisant un film très honnête (3) qui se concentre essentiellement sur la véritable vocation de M. Vincent de s’occuper encore et toujours des indigents.


Pierre Fresnay y est comme à son habitude magnifique dans ce rôle d’homme humble. De plus, le maquillage d’Igor Keldich est remarquable : dans les dernières séquences du film (en 1660, l’année de sa mort) la ressemblance est frappante entre l’acteur et les diverses reproductions qu’on peut consulter du saint homme (4).

Une affiche de l’époque annonçait que sa prestation serait une grande date dans sa carrière : ce fut le cas. En plus d’interpréter avec beaucoup de justesse ce personnage fascinant, il fut récompensé à Venise pour sa prestation et salué un peu partout dans le monde entier.

 

Et la religion dans tout ça ?

Eh bien nous sommes bien loin de ce que nous proposaient les réalisateurs américains de cette époque voire après (voyez chez Cecil B. DeMille, par exemple). Il n’y a rien de grandiose dans cette histoire, seulement la foi de ce petit curé qui accomplit de grandes choses. Et les dialogues d’Anouilh (excusez du peu) se contentent du minimum religieux nécessaire. Il n’y a aucune volonté prosélyte affirmée, seulement un hommage appuyé à un prêtre qui s’éleva contre les mentalités fatalistes de l’époque (qui perdurent, malheureusement chez certains) : si les pauvres sont pauvres et malheureux, c’est la volonté de Dieu.

 

Et en plus, cet homme fit des émules à travers le monde. Cela valait tout de même bien un film, non ?

 

  1. Déjà !
  2. C’est le mécréant qui vous parle !
  3. Normal quand on aborde la religion, non ?
  4. Il fut canonisé en 1737.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Histoire, #Drame, #Bertrand Tavernier
La Princesse de Montpensier (Bertrand Tavernier, 2010)

Madame de Lafayette est surtout célèbre pour La Princesse de Clèves, roman primitif français de grande qualité que même un petit président emportait en vacances ; mais c’est aussi synonyme d’ennui chez les lycéens de première que cette histoire d’un autre âge a tendance à dépasser (1).

Madame de Lafayette, c’est aussi l’auteure de Madame de Montpensier, autre histoire d’amour malheureux·se beaucoup plus noire que la précédente, écrite une quinzaine d’années plus tôt, dans laquelle elle peint des amours impossibles dans le milieu des grands, pendant les guerres de religion.

 

Nous allons donc suivre le destin – tragique est-il besoin de le préciser – de Marie de Mézières (Mélanie Thierry), mariée contre son gré au prince de Montpensier (Grégoire Leprince-Ringuet), alors qu’elle aime le Duc de Guise (Gaspard Ulliel).

A cette histoire d’amour compliquée s’ajoute le duc d’Anjou (Raphaël Personnaz), futur roi Henri III, qui en pince pour la dame, et surtout un mentor désabusé, le comte Philippe de Chabannes (Lambert Wilson), qui tombe lui aussi sous le charme de la princesse.

Et tout ceci dans la période qui va de 1567, quand la guerre entre les protestants et catholiques reprend, jusqu’aux lendemains de la nuit de la Saint-Barthélemy (25 août 1572), cinq ans plus tard.

 

Tavernier retourne dans le film en costumes, seize ans après La Fille de d’Artagnan, mais surtout 35 ans après Que la Fête commence, dont on retrouve l’aspect tragique d’une période troublée. A cela s’ajoute une réflexion sur la condition féminine au seizième siècle qui était franchement peu reluisante, comme nous pouvons le voir dans le scénario de Jean Cosmos, vieux complice de Tavernier, et dont ce sera la dernière participation au cinéma (il va sur 87 ans quand le film sort).

Nous sommes bien loin des films de cape et d’épée habituels où la jeune héroïne va finalement épouser celui qu’elle aime : Marie doit se soumettre et épouser un étranger, avec l’éventualité de l’aimer à un moment. Et on aurait presque pu y croire s’il n’y avait autour du couple ces personnalités fortes et importantes de l’époque : Guise et Anjou. Et Tavernier se veut prémonitoire dans la relation qu’il présente entre ces deux hommes : Anjou menace à plusieurs reprises Guise de l’éliminer. Doit-on y voir d’ailleurs une pointe d’ironie dans l’avant-dernière séquence qui se passe à Blois où Guise va sceller son destin en épousant Catherine de Clèves (2) : c’est là que les Quarante-cinq l’assassineront sur ordre d’Anjou devenu Henri III.

Toujours est-il qu’en plus de sa condition misérable de femme, elle doit en plus affronter un mari jaloux – comment ne pas l’être face à de tels prétendants – qui ajoute à son tourment.

 

Bien sûr, Mélanie Thierry est admirable de bout en bout, son regard bleu pâle accentuant le côté tragique de sa vie malheureuse. A ses côtés, on trouve un Lambert Wilson impeccable en témoin de cette histoire – ce personnage a été inventé par Madame de Lafayette – qui se retrouve au carrefour de tous ces destins : il fut le maître de Montpensier quand il était jeune homme ; il enseigne à la jeune princesse ; et il se retrouve malgré lui entremetteur dans ces histoires d’infidélité. Quant aux deux autres « grands » de l’histoire, Gaspard Ulliel, même s’il n’est pas aussi grand que l’était Henri de Guise (il lui manque une vingtaine de centimètres semble-t-il), possède tout de même le charme du Balafré, et on pardonnera à Raphaël Personnaz d’avoir les yeux bleus quand son personnage les avait très sombres (et même pas bleus !), il est un Henri de France lui aussi très séduisant, qui rappelle celui qui nous est présenté par Robert Merle dans Fortune de France.
Face à ces deux personnages de haute lignée, Grégoire Leprince-Ringuet réussit tout de même à s’imposer dans cette histoire complexe, devenant l’instrument du destin de Chabannes qui se retrouvera au mauvais endroit et au mauvais moment à cause de lui.

 

Au final, c’est un beau film qui nous est ici proposé, reconstituant une période troublée et peu glorieuse de l’histoire de France : la guerre en toile de fond rythme le film et les rares incursions qui nous sont offertes restituent très bien la sauvagerie de cette époque de fanatisme religieux, qui s’est répétée (malheureusement) de nombreuses fois depuis, jusqu’à aujourd’hui.

 

  1. J’ai fait partie de leur nombre.
  2. Bien que nous sommes dans une histoire de Madame de Lafayette, c’était son vrai nom !

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie dramatique, #Steven Soderbergh
Erin Brockovich (Steven Soderbergh, 2000)

La vie n’est pas simple quand vous êtes une femme seule, avec trois enfants issus de deux maris qui se sont sauvés : en plus de les élever, vous devez travailler afin au moins de les nourrir. Mais quand on les a eus (trop) tôt, avoir un travail stable et bien payé relève de la gageure. Si en plus d’essuyer refus sur refus, un type riche (il roule en jaguar) vous rentre de dedans et vous blesse et que votre avocat n’arrive pas à vous faire obtenir gain de cause, vous vous pouvez vous dire que la vie est bien injuste.

C’est un (gros) peu ce qui arrive à Erin Brockovich (Julia Roberts, magnifique). Quant à son avocat, Ed Masry (Albert « Big Fish » Finney), il va peut-être regretter d’avoir croisé le chemin de cette drôle de cliente.

En effet, alors qu’il ne répond à aucun de ses appels, elle décide de s’imposer à lui et se fait donc engager comme assistante.

Mais bien sûr, il ne va pas le regretter.

 

Si cette présentation possède un caractère un tantinet primesautier, il ne faut pas en conclure que nous avons ici un film léger. En effet, le thème abordé, les ravages de la pollution industrielle sur la population, est des plus graves et surtout toujours d’actualité. Et en plus, tout ceci s’appuie sur une histoire vraie, celle d’Erin Brockovich (qui fait une apparition dans le film) qui amena au grand jour le scandale du chrome 6 à Hinkley (Californie).

Mais bien sûr, c’est avant tout cette jeune femme qui va se battre pour une cause on ne peut plus juste qui nous intéresse avant tout.

 

Ce qui nous frappe le plus dans ce destin particulier, c’est l’attitude volontaire qui ne quitte jamais notre héroïne, et ce malgré les coups du sort (malheureux, cela va de soi) qui s’acharne sur elle. Cette volonté inébranlable se double d’un courage sans faille, même si cette nouvelle vie est plutôt compliquée.

Comme pour toutes les femmes, la société demande à Erin de choisir : sa vie professionnelle ou sa vie familiale. Ce choix qui ne s’impose jamais aux hommes, Erin le subit de plein fouet, même par son nouveau compagnon, George (Aaron « Two-Face » Eckhart). Certes, ce n’est pas abrupt, mais le résultat est le même : elle doit changer de boulot pour être plus présente pour ses enfants !

Ce qu’elle ne va pas faire, fort heureusement, réussissant tout de même à conjuguer les deux aspects primordiaux de sa vie, même si parfois c’est très dur. J’en veux pour preuve la séquence quand Erin apprend que sa fille Beth (Ashley & Britanny Pimental) prononce son premier mot : toute la dimension du dilemme s’expose sous nos yeux.

 

Et Julia Roberts campe une Erin Brockovich formidable, parfait équilibre entre l’intelligence (supérieure) et la beauté. Son jeu subtil nous fait balancer de son côté dès le début : on ne peut résister à une telle femme. Face à elle, Albert Finney est à la hauteur (qui en aurait douté ?) et nous propose un partenaire à la mesure du personnage principal : les rapports sont houleux mais n’en demeurent pas moins empreints de respect, comme le confirme la séquence finale.

Bref, nous sommes dans une comédie (ça se termine bien) dramatique (vous avez besoin d’explication) menée de main de maître par Steven Soderbergh, alliant sourire et larmes sans pour autant tomber dans le pathos, et surtout avec – et c’est aussi cela qu’on vient chercher au cinéma – une bonne dose d’émotion(s).

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Science-Fiction, #Wachowski
The Matrix reloaded (Wachowski, 2003)

Neo (Keanu Reeves) a donc suivi le lapin blanc puis pris son comprimé et le voilà, avec ses partenaires, à nouveau à l’attaque de la Matrice. Nous retrouvons donc l’univers duel né du premier opus (le monde réel post-apocalyptique et celui de la Matrice – le nôtre !)

Si Morpheus (Laurence Fishburn) et Trinity (Carrie-Ann Moss) sont toujours là, on notera l’arrivée de la capitaine Niobe (Jada Pinkett Smith), ancienne compagne du même Morpheus. Evidemment, le super-méchant Smith (Hugo « Elrond » Weaving) est de la partie, assurant à lui tout seul la plus grande partie des scènes de combats.

Et on retrouve bien sûr l’indispensable Oracle (Gloria Foster qui mourut avant la fin du tournage) qui révèle enfin son rôle dans cette intrigue bien emberlificotée.

 

Il faut dire que le scénario vient de franchir un cap dans la métaphysique, faisant basculer l’intrigue dans le mystique, le tout combiné à l’informatique, la base de la franchise.

Neo devient donc le Messie, même si on ne se réfère à lui que comme « The One », qu’on pourrait traduire par l’Elu, même si on perd beaucoup avec la traduction (1).

Mais cette dimension messianique remet tout de même en question l’avis de l’Oracle lors de l’épisode précédent.

Quoi qu’il en soit, nous suivons la conviction de Morpheus, comme la quasi-totalité des rebelles.

Autre élément religieux, le nom du repère des Rebelles : Zion. Zion, c’est le terme anglais de Sion, qui désigne à la fois Jérusalem, des lieux géographiques et tout ce qui personnifie la présence et la bénédiction de Dieu. Bref, le repère n’est autre que la Terre Promise, et Neo son Messie (2).

 

Mais comme presque toujours dans le cas d’une suite, on assiste à une dégradation de la qualité : les combats qui s’expliquaient par la découverte d’un nouveau monde ainsi qu’une dimension initiatique pour Neo sont ici plus systématiques et s’ils restent très spectaculaires, ils n’en demeurent pas moins un tantinet lassant. Et d’une manière générale, la récurrence (infinie) du personnage de Smith est plus un frein à l’intrigue qu’autre chose. On retrouve d’ailleurs un écho à la multiplication de Smith dans celle de Neo sur les écrans de la salle de l’Architecte (Helmut Bakaitis).

Et parmi les nouveaux personnages, on notera la présence du Mérovingien (Lambert Wilson) et de sa compagne Perséphone (Monica Bellucci). Si lui n’a un intérêt que tout relatif – on retient plus facilement ses jurons (en français dans le texte, comme on dit) (2) – elle, pour sa part, ajoute une autre dimension religieuse : Perséphone étant la compagne du dieu des enfers grecs Hadès, le gardien du royaume des morts.

 

Bref, la dimension religieuse prend le pas sur la dimension politique et les explications finales entre Neo et l’Architecte ne sont pas là pour éclaircir l’intrigue. D’une manière générale, les Wachowski ont plus axé ce deuxième film vers le jeu vidéo, avec combats et poursuite en voiture (, camion, moto…) elle aussi spectaculaire.

Reste tout de même un élément prépondérant : les décors.

Le travail d’Owen Paterson supervisé par Hugh Bateup, assisté de Nanci Noblett, est encore une fois magnifique. Certes, l’apport du numérique est immense mais la conception de cet univers au croisement du cyber et du steampunk est remarquable, donnant une autre dimension à la partie « réelle » (voir plus haut) des personnages.

Mais est-ce bien suffisant ?

 

  1. En effet, Neo et One sont des anagrammes, ce qui n’apparaît en français, le héros ne s’appelant pas Ule ou Leu (ou autre chose, vous avez 5 possibilités).
  2. Sans oublier son apparence qui rappelle plus un prêtre catholique en soutane qu’un super-héros…
  3. « Nom de dieu de putain de bordel de merde de saloperie de connard d'enculé de ta mère. »

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Policier, #Claude Zidi
Ripoux contre Ripoux (Claude Zidi, 1990)

Fort du succès (un tantinet inattendu) du premier film (1985), Claude Zidi, aidé de Didier Kaminka au scénario, nous propose alors une suite qui n’en est pas une : René Boisrond (Philippe Noiret) ayant terminé à la Santé (1), il n’était pas possible de lui faire réintégrer la grande Maison de la Tour Pointue.

Nous retrouvons donc le grand René et son partenaire François Lesbuche (Thierry Lhermitte) dans ce même quartier montmartrois qui servit de cadre au premier opus.

Nos deux policiers sont toujours aussi peu scrupuleux en ce qui concerne les pratiques d’un policier intègre.

Mais ces pratiques n’ont qu’un temps, et pour une peccadille, René et François se retrouvent mis à pied avec menace de procès et tout le toutim. Ils sont alors remplacés par deux nouveaux inspecteurs : Guy Brisson (Guy Marchand) et Jean-Pierre Portal (Jean-Pierre Castaldi). Et alors qu’on s’attendait à une sorte d’épuration du système, on se rend rapidement compte qu’ils sont aussi pourris que les deux autres voire pires !

 

Ce n’est donc pas une suite, et malgré ce que j’ai pu glaner par ci par là sur le net, j’ai du mal à considérer cet épisode comme une « midquel » (2) : si cette histoire ne peut absolument pas être une suite, la résolution finale de ce scénario ne peut pas non plus s’intégrer dans le premier opus. Bref, il faut à nouveau considérer ce film comme unique, seules les personnages et leurs caractéristiques restant la base commune.

Une fois cet élément de l’intrigue passé, reste un film assez plaisant à regarder même s’il ne possède pas le charme de la nouveauté du premier opus. Il n’y a plus le plaisir de la découverte et ce qui faisait tout le sel du premier film est dilué dans une histoire peut-être plus convenue.

 

On ne retrouve pas l’esprit un peu villageois du quartier avec ses autochtones hauts en couleur ni les petites combines plus ou moins minables de nos deux héros, base du comique du film précédent. Et le changement de certains interprètes (Line Renaud, Michel Aumont) n’a rien à voir avec la qualité moindre de cet épisode.

Zidi, comme beaucoup avant (et après) lui a cédé aux chants des sirènes du succès et commis cette suite qui ne s’imposait peut-être pas.

Ripoux contre Ripoux n’a pas l’étoffe de l’Empire contre-attaque ou Le Parrain 2, deux suites qui, elles, étaient au moins d’aussi bonne facture que leur épisode précédent.

Et malheureusement, il ne s’est pas arrêté là : treize ans plus tard, le duo était reformé pour une ultime fois pour une nouvelle intrigue improbable et inutile.

 

  1. Tant qu’on l’a !
  2. On connaissait la « sequel » (suite en français), la « prequel » (qui se passe avant l’histoire principale), voici donc la « midquel » qui s’insère à l’intérieur de l’intrigue principale, un épisode occulté de l’œuvre originale.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Biopic, #Martin Scorsese, #Jon Favreau, #Rob Reiner, #Spike Jonze
Le Loup de Wall Street (The Wolf of Wall Street - Martin Scorsese, 2013)

1987. Jordan Belfort (Leonardo DiCaprio entre dans une société de courtage de haut niveau. Malheureusement, une crise le renvoie à la rue.

Il se tourne alors vers une société de (beaucoup) moindre importance. Rapidement, il dégage des commissions faramineuses qui l’amènent à créer sa propre boîte de courtage.

Cinq ans plus tard, il se fait 49 millions de dollars par an.

Mais une telle réussite ne suscite pas seulement les jalousies : la brigade financière du FBI et en particulier Patrick Denham (Kyle Chandler) s’intéressent de très près à ses pratiques franchement illégales.

Qu’importe, Jordan avance toujours plus loin, vers encore plus d’argent.

 

Comme nous sommes chez Scorsese, nous savons d’entrée que ce que nous allons voir va mal se terminer. Au mieux, le « héros » se retrouvera à son point de départ, au pire…

Et ça ne manque pas. Nous suivons l’ascension irrésistible de ce jeune homme ambitieux (euphémisme) vers des sommets qui confirment que plus on monte et plus dure est la chute.

Et comme toujours quand il s’agit de Scorsese, c’est dans la manière de traiter cet échec inévitable que se concentre tout son art.

 

Encore une fois, c’est un destin formidable qui nous est proposé, celui – réel – de Jordan Belfort qui vécut tout ça et eut même droit à un séjour à l’ombre tous frais payés par l’Etat.

Et s’il existe une maxime pour résumer ce destin, c’est bien la suivante : « sex & drugs & rock’n’roll. »

Le sexe et la drogue parce que Belfort est accro aux deux à un degré très élevé, et le rock’n’roll pare qu’il était impensable que Scorsese n’utilise pas l’une de ses musiques préférées ! On retrouve d’ailleurs quelques standards dans des reprises qui ont une certaine pertinence. A l’instar de Jordan qui va jouer dans la cour des grands pour les égaler voire les surpasser, ce sont des (bonnes) reprises qui essaient d’apporter autre chose que les versions originales, avec toujours le souci d’en faire quelque chose d’encore mieux (1).

Et le dénominateur commun de ces reprises tient dans l’aspect extrême inhérent au personnage principal qui se retrouve dans une rythmique très souvent endiablée. Il ne manque que What a wonderful World repris par Joe Ramone.

 

On retrouve dans le traitement de cette intrigue la même verve que ses films de gangsters les plus célèbres : Goodfellas et Casino. Parce que Jordan Belfort est, d’une certaine manière, un gangster. Et le FBI ne s’y trompe pas qui va le poursuivre jusqu’à l’erreur qui va tout déclencher. C’est d’ailleurs aussi cette erreur que le spectateur attend pour que commence le fiasco annoncé (2). De toute façon, le caractère du personnage, la démesure de son entreprise ne pouvait qu’amener une fin comme celle-là.

Jordan Belfort est de la même trempe que ses deux prédécesseurs scorsesiens : Henry Hill (Ray Liotta) et Sam »Ace » Rothstein (Robert de Niro). Son mode de vie rappelle beaucoup celui du premier, reprenant les deux premiers principes de la maxime citée plus haut.

 

Et encore une fois, Scorsese dirige avec beaucoup de bonheur Leonardo di Caprio, véritable successeur de Robert de Niro dans l’œuvre du maître. On retrouve le même genre de personnage mais avec un atout supplémentaire que n’avait pas de Niro : Leonardo est un jeune premier. Vieillissant certes, mais il conserve encore en partie son aspect juvénile qui ajoute grandement dans l’aspect séducteur du personnage.

Mais pour le reste, c’est un magnifique perdant qui avance inexorablement vers sa chute, et même ici qui la précipite, au grand dam de ceux qui l’entourent.

 

Alors Scorsese s’en donne à cœur joie, basant son film sur le jeu – formidable – de Leonardo di Caprio comme il le faisait avec de Niro et traite toujours avec la même flamboyance ce destin tragique et inévitable.

 

Ce fut un succès. Normal. C’est, encore une fois, du grand Scorsese.

 

  1. J’en veux pour exemple – rien à voir avec le film – la chanson Hallelujah de Leonard Cohen et la version sublime qu’en tira Jeff Buckley, au point qu’on en a oublié l’originale…
  2. Rappelez-vous la réplique de Nicky Santoro dans Casino : « A la fin on a tout fait foirer ! » (« in the end we fucked it all up »)

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Aventures, #Martin Campbell, #Anthony Hopkins
Le Masque de Zorro (The Mask of Zorro - Martin Campbell, 1998)

Il est (encore) de retour !

Après près de quinze ans d’absence sur les grands écrans, le justicier masqué, rusé comme un renard (1), nous revient, enfin revenait aux spectateurs de l’époque, avec un duo Hopkins/Banderas séduisant.

 

Tout commence en 1821 quand le gouverneur Don Rafael Montero (Stuart Wilson) dirige  d’une main de fer la Californie espagnole. Alors qu’il opprime sans vergogne le peuple mexicain, un justicier masqué s’oppose à lui : Zorro (Anthony Hopkins), de son vrai nom Don Diego de la Vega.

Ayant triomphé de son ennemi, Rafael est contraint de rentrer en Espagne avec Elena (Catherine Zeta-Jones) la fille de don Diego, laissant ce dernier pourrir en prison.

Vingt ans plus tard, Rafael revient en Californie avec « sa » fille, bien déterminé à récupérer la Californie des mains de Santa-Anna.

Dans le même temps reparaît un personnage qu’on imaginait totalement disparu : Zorro. Et il semble que les années l’aient épargné…

 

78 ans après Douglas Fairbanks (2) et une cinquantaine de films plus tard, Zorro nous revient donc sous les traits doubles d’Anthony Hopkins (1821) et d’Antonio Banderas (1841). ON retrouve dans ces deux personnages une très belle opposition de style : d’un côté ce qu’on appelle un gentleman, un aristocrate aux manières irréprochables et au charme ravageur ; de l’autre un jeune chien fou au tempérament bouillonnant. Cette opposition se prolonge dans une relation maître/apprenti tout aussi convenue.

Et bien entendu, ce tandem fonctionne parfaitement, le jeune Murrieta (Banderas) reprenant sans problème le flambeau du justicier vieillissant.

 

Mais ce qu’on attend de Zorro, c’est avant tout de l’action et d’incontournables duels à l’épée. Nous avons les deux ici, les différents assauts étant réglés – comme de bien entendu – comme de véritables chorégraphies, accompagnées du choc clair des lames. Bien sûr, à l’instar du grand Douglas, nos deux Zorro bondissent avec virtuosité pour notre plus grand plaisir.

Bien sûr, nos deux héros n’effacent pas le souvenir de Guy Williams qui fut le Zorro de notre enfance (3), et on ne peut s’empêcher de sourire quand Murrieta (qui se fait alors passer pour grand d’Espagne) appelle son serviteur Bernardo.

 

Quant aux méchants, ils remplissent très bien leur rôle : Don Rafael est un tyran haïssable (4) exempt de tout scrupule, dont la propension à l’injustice et l’exploitation semblent sans limite. A ceci s’ajoute l’usurpation du titre de père pour la belle Elena, crime semble-t-il plus grand au regard de l’intrigue.

A ses côtés, on trouve un personnage assez fascinant au sang-froid impressionnant : le capitaine Harrison Love (Mark Letscher). C’est un autre méchant terrible, un tueur implacable aux manières franchement révoltantes : son entretien privé avec Murrieta en donne toute la mesure.

 

Et puis il y a la femme. Elena est bien sûr très belle – normal, c’est Catherine Zeta-Jones – mais elle n’est pas seulement là pour son joli minois comme la plupart des jeunes femmes dans la série avec Guy Williams par exemple. C’est une jeune fille volontaire qui en plus sait manier l’épée, ce qui est plutôt rare dans les adaptations relatives à notre personnage principal. Son duel avec Zorro-Banderas n’est d’ailleurs pas le moins intéressant.

 

Bref, Martin Campbell réussit cette nouvelle adaptation des aventures du héros de Johnston McCulley, évitant au passage le trop plein d’effets spéciaux numériques qui étaient alors en vogue dans le cinéma américain de l’époque, et équilibrant son film en variant le rythme des différentes séquences, faisant de ce Zorro une agréable surprise, remettant au goût du jour le genre cape et épée. Mais ce retour sera sans lendemain si on excepte une suite proposée 7 ans plus tard, avec le même trio vedette : Antonio Banderas, Catherine Zeta-Jones et Martin Campbell.

Evidemment, ceci est une autre histoire.

 

  1. Peut-il en être autrement ?
  2. Pour moi le seul, le vrai !
  3. La mienne en tout cas.
  4. Stuart Wilson n’est pas à son coup d’essai dans la peau d’un méchant patenté : il fut l’infâme Jack Travis dans L’Arme fatale 3.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Comédie dramatique, #Cecil B. DeMille
The golden Chance (Cecil B. DeMille, 1915)

Il y a cinq ans, Mary McCall (Cleo Ridgely) s’enfuyait pour épouser, contre l’avis de ses parents, Steve Denby (Horace B. Carpenter) son amour de l’été.

Aujourd’hui, c’est une femme malheureuse, prisonnière d’un mari oisif et alcoolique, voire un peu truand. Comme l’argent du ménage passe dans la boisson, elle décide de vendre ses talents de couturière. Elle est engagée par la riche Mrs. Hillary (Edythe Chapman), dont le mari (Ernest Joy) est un homme d’affaires qui voudrait s’assurer le concours du richissime Mr. Manning (Wallace Reid).
Alors que Mrs Hillary se retrouve en manque d’une cavalière pour Manning à son dîner (1), elle propose à Mary de tenir cette place le temps de la soirée.

Manning est subjugué par la beauté de la jeune femme qui devient alors une habituée des Hillary.

Pendant ce temps, Denby, ignorant tout de l’histoire de sa femme, décide d’aller faire une razzia chez les Hillary pour soulager la nouvelle jeune femme qui les visite de ses biens précieux.

 

Tourné en même temps que le magnifique The Cheat, ce film fut occulté par le succès de ce dernier, au point qu’on ne le mentionne que très peu dans l’œuvre de Cecil B. DeMille (2). Et c’est bien dommage parce qu’il possède de grandes qualités, et une maîtrise technique certaine.

Alors que le tournage avait débuté avec Edna Goodrich dans le rôle de Mary, son problème sérieux avec l’alcool décida DeMille à la virer et tout arrêter. Il dut donc lui trouver une remplaçante. Une fois Cleo Ridgely engagée, DeMille dut retourner les séquences. Or il était déjà sur The Cheat dans la journée : il ne restait que le soir (voire la nuit) pour compléter c ce film. Ceci expliquant aussi le côté économe de la production dont parle mon grand ami le professeur Allen John dans son analyse (3).

Ce film fera d’ailleurs l’objet d’un remake six ans plus tard, le nom Denby devenant Maddock (Forbidden Fruit).

 

Mais ce qui frappe surtout, c’est la maîtrise technique. Certes, DeMille est en bonne compagnie et Alvin Wyckoff est derrière la caméra comme il l’a déjà été le sera encore souvent. Mais on assiste à une alternance de plans aux cadrages variés montés avec brio par De Mille himself, donnant à son film le rythme et l’équilibre voulus (3). Et surtout, les différents cadrages sont d’une grande pertinence, mettant en valeur certains détails déterminants : le (beau) visage de Cleo Ridgely se prête magnifiquement à cet exercice.

On notera aussi un beau travail sur l’éclairage, dans la lignée de celui entrepris dans The Cheat à la même époque. De plus, la copie est teintée, donnant une autre dimension au film, avec de nombreuses scènes qui se déroulent en soirée voire de nuit, ce qui se comprend aisément (voir plus haut).

 

De plus, les quelques séquences qui se déroulent chez mary et Steve contrebalancent très bien le côté (un peu) fastueux de la maison Hillary. ON y trouve une atmosphère sordide accentuée par la présence de Raymond Hatton – un habitué des films de DeMille – dans le rôle de Jimmy the Rat, répugnant à souhait.

Sans oublier la violence inhérente au milieu décrit qui va exploser dans la confrontation finale entre Manning et Denby (avec l’aide du Rat) et se soldera tragiquement.

 

Bref, The golden Chance est un film qui mériterait une forme de réhabilitation tant il est maîtrisé de bout en bout et servi par des interprètes qui jouent au niveau d’exigence demandé par le maître. De plus, c’est une nouvelle occasion de retrouver le grand Wallace Reid dans un rôle qui semble du sur mesure : millionnaire au grand cœur mâtiné de justicier, il est tout bonnement irrésistible.

 

  1. N’oubliez pas que Mr. Hillary veut intéresser Manning dans son affaire.
  2. Aucune trace dans le formidable Behind the Mask of innocence de Kevin Brownlow.
  3. On retrouve tout de même le milieu (très) bourgeois voire aristocratique des films de DeMille, rassurez-vous.
  4. On n’est jamais si bien servi que par soi-même !

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Thomas Gilou
La Vérité si je mens (Thomas Gilou, 1997)

Le Sentier, deuxième arrondissement de Paris.
C’est là que débarque Eddie Vuibert (Richard Anconina) suite à des problèmes rencontrés avec des joueurs de bonneteau. Il y est recueilli par Victor Benzakhem (Richard Bohringer) qui va le prendre sous son aile, n’ayant pas l’habitude de laisser quelqu’un dans le besoin, surtout s’il est, comme lui, juif.

Eddie va alors grimper dans l’entreprise de Victor, devenant un maillon indispensable du marché du textile. Il va même jusqu’à tomber amoureux de la fille de son patron, la (très) belle Sandra (Amira Casar).

Mais voilà : Eddie n’est pas juif.

 

Dans le cinéma français, il semble que chaque décennie apporte sa comédie incontournable qui devient rapidement « culte », avec réplique répétée à longueur de journée dans les lieux publics. La Vérité si je mens appartient à cette catégorie, tant le film fut un succès, confirmant le succès de nombre de ses interprètes.

Parce qu’il faut le dire : il s’agit avant tout d’un film d’acteurs, où les débordements et la truculence l’emporte souvent sur la douceur et la subtilité.
 

On retrouve dans cette fine équipe la tradition française des films d’amitié virile, amplifiée par les origines pied-noir des différents protagonistes, avec en particulier Serge Benamou interprété par le formidable José Garcia qui confirme là le talent qu’on lui avait découvert dans Nulle Part Ailleurs (1) aux côtés d’Antoine de Caune.

Autre transfuge de la chaîne, Bruno Solo (Yvan) s’en donne lui aussi à cœur joie après les années passées à présenter le Top 50 avec Yvan Le Bolloc’h, dans des situations déjà bien déjantées.

 Et alors qu’on peut qualifier ce film d’« énaurme », on notera la sobriété bienvenue de Richard Bohringer, qu’on a connu beaucoup plus expansif, jusqu’à dire de lui qu’il « faisait du Bohringer ».

 

Et puis il y a la religion.

Thomas Gilou réussit à nous faire rire avec cette histoire où  le judaïsme est tout de même omniprésent, devenant même une des bases du comique, ne nous épargnant même pas certains préjugés autour des mariages mixtes. Quant aux errances d’Eddie dans ce milieu qui lui est totalement étranger, elles prennent toute leur saveur dans la préparation de son mariage avec Sandra, au grand dam du rabbin (Victor Haïm).

 

Bref, nous sommes dans une comédie absolument débridée, montrant une bande de trentenaires insouciants où l’argent semble couler à flot, surtout chez Patrick (Gilbert Melki), et où les affaires – indispensables – n’empêchent pas le plaisir.

Ce fut un succès phénoménal et surtout inattendu pour Thomas Gilou qui reprit son équipe (à une exception près) pour une suite dans le même ton quatre ans plus tard.

Vous vous doutez bien que ceci est une autre histoire.

 

(1) Emission phare de la chaîne Canal Plus. La sortie du film (2 mai) coïncide avec le départ de Philippe Gildas de sa présentation (juin).

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