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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Melodrame, #D.W. Griffith
Les Aventures de Dollie (The adventures of Dollie - D.W. Griffith, 1908)

Dollie (Gladys Egan) est une petite fille qui vit en harmonie avec sa maman (Linda Arvidson, Mrs Griffith à la ville) et son papa (Arthur V. Johnson). Un après-midi de campagne, alors que la maman et la petite fille se mettent à pêcher, un Tsigane (Charles Inslee) tente de voler le sac à main de madame. Le père intervient et chasse le vagabond. Ce dernier, pour se venger et en accord avec sa femme (Mrs George Gebhardt) va enlever la petite fille laissée sans surveillance...

 

Ca y est. Après divers métiers dont celui d’acteur, D.W. Griffith est enfin passé derrière la caméra. Avec son complice de toujours, Billy Bitzer, il réalise son premier court-métrage. Alors n’attendez pas le génie qu’on lui connaît ni un montage serré et rythmé : il fait ses gammes.

On y trouve déjà un sauvetage de dernière minute (1), mais c’est à peu près le seul point commun avec les films qui vont venir.

C’est avant tout une série de plans d’ensemble, structurés dans une intrigue qui se renouvellera pendant les années qui vont suivre :

  1. L’équilibre : une famille unie ;
  2. Le déséquilibre : le Tsigane enlève la petite fille ;
  3. le développement : le parcours fluvial du tonneau contenant la petite fille
  4. Epilogue : le sauvetage et le retour à l’équilibre.

 

Si le dernier point est la conclusion logique du film et prend très peu de temps (15 secondes, donc), les trois autres parties elles, sont quasiment de même longueur (environ 4 minutes). De plus, il n’y a aucun intertitre de tout le film, les spectateurs devant se concentrer sur le jeu des différents acteurs pour comprendre cette intrigue (fort) simple.

Les gestes sont donc un tantinet emphatiques mais permettent une rapide compréhension, sans (presque) pour autant en arriver à un surjeu lourd comme on peut parfois le voir dans d’autres productions de la période. Les rares emphases utilisées permettant une meilleure compréhension.

 

Et ce qui ressort du film, c’est avant tout le sens de la composition. La caméra de Bitzer est toujours au bon endroit, offrant un cadrage comme il faut des différents protagonistes, favorisant – encore une fois – la compréhension de l’intrigue par le spectateur. Bien sûr, nous avons droit au cliché des tsiganes voleurs d’enfants, mais n’oublions pas que nous sommes en 1908 et que les mentalités étaient fort différentes de maintenant. De plus, les spectateurs à qui s’adressaient ce film n’étaient pas obligatoirement très sophistiqués (2) : c’étaient des petites gens qui venaient se changer les idées dans les nickelodeons (3).

Et de toute façon, les « méchants » ne l’emportent pas !

 

Non, The adventures of Dollie n’est pas un chef-d’œuvre absolu, mais on y trouve déjà quelques bases de ce qui va être le modus operandi du maître. Et si on peut encore le voir maintenant, c’est avant tout parce qu’il s’agit du premier film réalisé par Griffith. Si ce n’avait été le cas, pas sûr qu’on pourrait encore le voir…

 

 

  1. Il reste quinze secondes quand la petite fille est (enfin) sauvée.
  2. Dans le sens anglais : très bien éduqués.
  3. Petites salles de spectacle où le droit d’entrée coûtait 1 nickel (5 cents).

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie dramatique, #Frank Lloyd, #Norma Talmadge
Cendres de Vengeance (Ashes of Vengeance - Frank Lloyd, 1923)

Frank Lloyd fait partie de ces réalisateurs aujourd’hui tombés dans l’oubli, à l’heure numérique où chaque geste d’acteur amène un déploiement d’effets spéciaux hors du commun (1).

Pourtant, ce fut – et ça reste – un réalisateur très capable et habile, comme on a pu le lire ici depuis quelques temps.

Avec Cendres de Vengeance, il nous emmène une fois de plus dans un film à costume, et surtout avec l’immense (et belle) Norma Talmadge.

 

23 août 1572 (2) : Henri de Bourbon (le futur monsieur IV) épouse Marguerite de Valois, la sœur de Charles IX (George Beranger) alors roi de France. Sa mère, la terrible Catherine de Médicis (Josephine Crowell) ourdit dans le même temps la fin des protestants qui aura lieu peu de temps après.

A côté de la grande Histoire, se développe une intrigue – qui va nous intéresser – mettant en scène Rupert de Vrieac (Conway Tearle), jeune noble protestant. Depuis toujours, les Vrieac sont ennemis mortels des La Roche : provoqué par le comte de cette maison (Courtenay Foote), il le bat en duel et lui laisse la vie sauve. Vexé, La Roche va lui rendre la pareille en le protégeant de la nuit de la Saint-Barthélemy, en échange de sa soumission comme serviteur pendant 5 ans. Vrieac y consent pour sauver sa fiancée, la belle Margot de Vanceoire (Betty Francisco), protestante elle aussi.

Rupert se retrouve donc à servir dans le château de La Roche, aux ordres de ce dernier et de sa sœur Yoeland (Norma Talmadge).

 

Comme je le disais dans le premier paragraphe, on a malheureusement oublié Frank Lloyd alors qu’il a réalisé de très beaux films. Certains sont tout de même passés à la postérité (Mutiny on the Bounty par exemple) mais peu se rappellent qui il était. Et c’est bien dommage parce que ces Cendres de Vengeance méritent le coup d’œil (et même plus). Et outre Norma Talmadge, on y trouve un autre grand nom du cinéma, encore une fois dans un rôle de méchant : Wallace Beery (Duc de Tours).

L’intrigue de Lloyd (inspirée de H.B. Sommerville) n’est pas aussi simple qu’elle paraît. On y trouve, chose étonnante, deux méchants, à des niveaux forts distincts.

Un méchant conventionnel, voire rationnel, La Roche, dont l’inimitié se perd dans la nuit des temps (3), et qui va provoquer l’intrigue en « sauvant » Vrieac du massacre du 25 août.

Un méchant naturel, voire instinctif, le duc de Tours, donc la méchanceté n’a d’égale que sa couardise. Bref, le véritable méchant de cette histoire.

 

Et au milieu de ce milieu masculin, nous trouvons donc Yoeland, autour de qui tout va s’articuler. Si La Roche est l’instrument du destin de Vrieac, Yoeland est celui de l’intrigue : tout ce qui arrive est dû à sa beauté et sa personnalité.

Mais alors que ces hommes sont tous des fines lames, elle, n’a que sa personnalité pour arriver à ses fins – tout à fait honorables.

Bien sûr, personne ne résiste à ses charmes, et même Vrieac y succombe, malgré la distance imposée par son serment qui le lie au La Roche.

De son côté, le duc de Tours remarque d’entrée cette belle femme, oubliant qu’il est venu pour épouser sa cousine Denise (Mary McAllister).

 

Et encore une fois, Wallace Beery nous montre qu’il est un méchant formidable, sadique et pleutre à la fois (4), un de ces personnages qui assure le succès du film (cf. Hitchcock). A ses côtés (en face plutôt), Norma Talmadge est toujours grandiose, faisant passer la quasi-totalité de ses sentiments par son regard sombre mais aussi triste. Quant à Conway Tearle, il est un Rupert acceptable, chevaleresque à souhait même si on aurait pu préférer un acteur avec plus de charisme.

Bref, c’est un film solide où l’action et les combats à l’épée ne manquent pas, mais dont il ne faut pas trop questionner la vérité historique : les soldats de Tours ressemblent plus à des Suisses qu’à autre chose, et la seule voix qui s’élève contre le massacre annoncé des protestants vient du cardinal de Lisieux (Winter Hall) : je ne suis pas convaincu qu’un homme d’église si haut placé eût pu élever quelque protestation à l’annonce de l’éradication de l’hérésie protestante.

Mais nous sommes au cinéma : ne boudons pas notre plaisir !

 

  1. Je sais, j’exagère.
  2. C’est ce qu’annonce le film.
  3. En fait, on ne sait pas d’où vient cet antagonisme.
  4. Son sadisme est proportionnel à sa lâcheté, et il n’est pas bien courageux.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Jim Abrahams, #David Zucker, #Jerry Zucker
Top Secret (Jim Abrahams - David Zucker - Jerry Zucker, 1984)

En 1974, Blake Edwards réalisait The Tamarind Seed (la graine de tamarinier), un drame d’espionnage avec Julie Andrews et Omar Sharif. Le traducteur français du titre avait opté pour une expression plus accrocheuse et reprenant en partie le thème du film : Top Secret.

Alors quand le film s’ouvre sur le même Omar Sharif qui se bat sur le toit d’un train, on pouvait penser qu’on retrouvait Feodor Sverdlov pour une nouvelle aventure.

Mais c’était sans compter sur le point d’exclamation du titre de ce film…

Ici, l’intrigue tourne autour du chanteur américain Nick Rivers (Val Kilmer), invité par le l’Allemagne de l’Est pour un festival culturel.

Mais ce qui devait être une série de concerts devient une histoire d’espionnage et de résistance à ce régime, suite à la rencontre que fait Nick en la personne de Hillary Flammond (Lucy Gutteridge), dont le père (Michael Gough) est prisonnier du régime.

On y rencontrera aussi la Résistance française et leur chef La Torche (Christopher Villiers).

 

Le trio ZAZ (1) a encore frappé !

Deuxième film du trio, Top Secret est, avec Airplane, certainement le plus réussi. On y retrouve le même esprit comique pas toujours léger mais avec un rythme gaguesque plus soutenu, l’arrière-plan étant parfois aussi comique que ce qu’on voit en avant-scène : voir à ce sujet l’arrivée du général allemand au restaurant, ce qu’il se passe derrière est digne d’attention.

Et à propos de général allemand, dans cette intrigue les dirigeants est-allemands sont tous en uniforme. Et ces uniformes ne sont pas sans rappeler la SS, les deux lettres étant remplacées par deux barres sur ces mêmes uniformes : on y retrouve même la distinction vert-de-gris et noire comme du temps des nazis.

Cette militarisation explique alors la présence de la résistance, dont les membres sont français, ou tout du moins leurs patronymes : Du Quois (Harry Ditson), Déjà Vu (2) (Jim Carter) ou encore Latrine (Dimitri Andreas) traduit – bizarrement – en La Treille (3).

Sans oublier bien sûr, les références au cinéma comme dans Airplane, dont l’incontournable Jaws qui est encore une fois utilisé. Outre celui-ci, on trouvera quelques références à La grande Evasion (Val Kilmer à moto), Sherlock Holmes (Peter Cushing et la loupe), les hélices d’avion de Casablanca et en point final The Wizard of Oz (je vous laisse découvrir si ce n’est déjà fait).

 

Bref, ce n’est pas du tout sérieux mais l’objectif étant de faire rire, notre trio y parvient sans problème, utilisant toute sorte de ressorts comiques à leur disposition : jouant sur les mots les situations ou l’aspect psychologique des personnages sans oublier une petite pointe d’autodérision.

En prime, nous avons droit à la belle voix de Val Kilmer qui interprète quelques succès de Nick Rivers qui ne sont pas sans rappeler ceux des Beach Boys (4), et bien sûr Elvis dont le personnage de Nick Rivers est inspiré : le Tutti Frutti de Little Richard est un moment très sympathique avec en final une référence à Jimi Hendrix et the Who. Que du beau monde...

 

  1. Zucker-Abrahams-Zucker
  2. Avec le U prononcé à la française [y]…
  3. On se demande bien pourquoi. Est-ce par crainte que le public français ait oublié la signification de ce mot ?
  4. Le générique final indique d’ailleurs que le tube que nous entendons au début est inspiré de plusieurs chansons des garçons de plage.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Sport, #David S. Ward
Les Indians (Major League - David S. Ward, 1989)

La « Major League » (le titre original), c’est ce qu’on pourrait appeler la première division de base-ball dont l’équipe de Cleveland (Ohio) est membre depuis plusieurs décennies. Mais le dernier titre de champion remonte à 1948, soit quarante ans ! (1)

De toute façon, Rachel Phelps (Margaret Whitton), ex-showgirl, n’a qu’une envie, c’est de déménager l’équipe à Miami. Pour cela, les Indians doivent finir dernier. Elle engage donc une équipe de bras cassés (2) pour mener à bien ce projet.

Est-il besoin de dire qu’elle n’y arrivera pas ?

 

On connaît David S. Ward comme surtout scénariste, et en particulier comme celui qui écrivit l’intrigue de The Sting : belle performance. Par contre, question réalisation, il ne faut pas s’attendre à des merveilles : chacun son métier, aurait-on tendance à penser.

Mais son film n’est pas pour autant inintéressant. On peut décemment le qualifier de sympathique, même si le scénario est un tantinet cousu de fil blanc : un tel ramassis de minables doit gagner le championnat !

Et comme Ward est un réalisateur occasionnel, il se base sur des interprètes à la hauteur : Tom Berenger (Jake Taylor) en vétéran-mentor aux genoux en lambeaux ; Charlie Sheen (Rick « Wild Thing » Vaughn) en lanceur myope ; Rene Russo (Lynn Wells) ou encore Wesley Snipes (Willy Mays Hayes) coureur (presque) incapable de frapper une balle.

A ce quatuor de personnages s’ajoutent quelques phénomènes vieillissant – Eddie Harris (Chelcie Cross) et Roger Dorn (Corbin Bernsen) – ainsi qu’un batteur adepte du vaudou.

 

Bref, tout ce qu’il faut pour constituer une comédie réjouissante et cela fonctionne. D’autant plus que Ward pimente cette intrigue d’hommes par quelques incursions amoureuses voire sexuelles histoire de sortir de ce milieu un tantinet rempli de testostérone.

Cinq ans après The Natural, le base-ball fait toujours recette au cinéma, et malgré son côté institutionnel voire nationaliste, on peut aussi s’en moquer (gentiment).

On n’en sait tellement plus sur le jeu une fois le film terminé, mais ce n’est pas le plus important.

Ward a voulu nous détendre et nous faire rire (3). Il y parvient. Que demander de plus ?

 

  1. Le film a été tourné en 1988.
  2. C’est le cas de le dire.
  3. Grande ambition !

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Drame, #Orson Welles
La Dame de Shanghaï (The Lady from Shanghai - Orson Welles, 1947)

« Je ne veux pas mourir ». Tels sont les derniers mots que prononce Elsa « Rosalie » Bannister (Rita « Gilda » Hayworth) alors que Mike O’Hara (Orson Welles) s’en va, se reprochant encore une fois sa stupidité.

Encore ? Oui, dès l’introduction, O’Hara nous prévient que ce qui va suivre ne va pas vraiment tourner en sa faveur.

La jeune femme qu’il vient de rencontrer est mariée. A un avocat émérite (et handicapé), Arthur Bannister (Everett Sloane).

Bannister a un associé, George Grisby (Glenn Anders) qui fait une proposition curieuse à Mike : pour 5.000 dollars, il lui demande de le tuer…

 

A l’instar de Charles Foster Kane, Mike O’Hara est à la poursuite d’une chimère : la belle jeune femme qu’il a rencontrée un soir et qu’il a sauvée d’une agression. Il y a dans son attitude une naïveté mêlée de chevalerie qui lui fait perdre la tête, ce qu’il se reproche dès le début.
Mais alors que Kane est un pragmatique et surtout un égocentrique, O’Hara est un idéaliste, parfois un tantinet éloigné de la réalité. Certes il a tué un homme, mais c’était dans des circonstances bien précises : c’était la guerre d’Espagne et l’homme était un espion franquiste.

On retrouve dans cet engagement le même idéalisme que celui de Rick (Humphrey Bogart) dans Casablanca. Mais Rick a mûri, est revenu de ses engagements (encore que…) et a réussi à mener sa barque. Alors que O’Hara n’a pas évolué : il est resté un jeune marin minable, qui prend toujours les mauvaises décisions. On pourrait même se demander comment il a réussi à se sortir de la Guerre d’Espagne en un seul morceau tant cet homme est peu avisé.

 

Toujours est-il qu’il se retrouve dans une histoire sordide et poisseuse comme la chaleur caribéenne qui baigne leur croisière. Il vient de rejoindre un panier de crabes de la pire espèce, comme il s’en rend compte lors d’une escale. Cette prise de conscience (l’une des rares de notre personnage) s’accompagne d’un récit allégorique où il est question de requins qui se dévorent entre eux.

Mais O’Hara n’est pas le seul minable de l’histoire, ses employeurs (1) y tenant leur rôle.

Et d’une manière générale, ce ne sont pas des personnages bien reluisants qui nous sont proposés ici.

Même la séquence du tribunal apporte son lot de petits, enlevant la solennité de l’instant pour des détails triviaux : c’est un juré enrhumé qui interrompt par deux fois les avocats, ou un autre qui rit bêtement d’une déclaration de Bannister confirmant qu’il appartient au barreau (2). Quant au public, il ne se montre attentif que quand cela devient crapuleux, se redressant pour ne pas perdre une miette des bribes scandaleuses qui s’annoncent.

 

Mais si le cadre et les protagonistes sont pitoyables, le film de Welles reste tout de même un grand moment dans sa filmographie. Et bien sûr l’incontournable séquence dans le palais des glaces où a lieu l’explication (3) finale. Welles joue sur le lieu en renvoyant différentes images des trois personnages (Elsa, Mike et Arthur) multipliées à l’envi, auxquelles s’ajoutent des plans fixes incrustés de ces mêmes personnages. Et quand les miroirs se brisent, la caméra elle-même semble avoir pâti de la fusillade : le cadre porte des stigmates de brisures.

Mais même là, alors que nous assistons à un grand moment, la fin n’a rien de glorieux, comme en attestent les derniers mots d’Elsa (voir plus haut) : un immense gâchis pour de sombres histoires d’argent.

 

Et malgré cette médiocrité ambiante, on ne peut oublier Rita Hayworth. Certes, elle n’a plus sa chevelure rousse qui l’avait porté au pinacle hollywoodien : elle est blonde aux cheveux coupés courts. Mais elle n’en demeure pas moins magnifique, véritable femme fatale (à plus d’un titre) blonde qui peuple les films hollywoodiens pendant les décennies 40 et 50.

Avec ce film Rita Hayworth devient certainement l’une des plus grandes, sinon la plus inoubliable.

 

  1. Il est engagé par Bannister comme marin pour une croisière dans les Caraïbes.
  2. Il est « member of the Bar », soit membre du barreau mais Bar peut aussi signifier le débit de boissons, ce qui pourrait expliquer l’hilarité gênante de ce monsieur, d’ailleurs rabroué par sa voisine.
  3. Dans tous les sens du terme.

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Espionnage, #James Bond, #Lee Tamahori
Meurs un autre Jour (Die another Day - Lee Tamahori, 2002)

Infatigable, inusable (encore que), insurpassable, voici à nouveau le grand James Bond (Pierce Brosnan) qui nous revient pour un film qui est un repère sur beaucoup de points.

Tout d’abord, c’est le vingtième de la franchise officielle (EON), et il sort 40 ans après le premier opus, Doctor No.

C’est le film qui voit le remplacement de l’ancien Q (Desmond Llewelyn) par le nouveau (John Cleese) qu’on avait déjà aperçu dans l’épisode précédent.

Et enfin, c’est la dernière apparition de Perce Brosnan dans le rôle de l’agent secret : il sera remplacé par Daniel Craig quatre ans plus tard.

 

Et cette dernière information semble la plus importante : James Bond est à nouveau rattrapé par son âge (quarante ans de bons et loyaux services) ou plutôt celui de son interprète (Pierce Brosnan a 49 ans quand sort le film) même si celui-ci n’est pas aussi avancé que pour Roger Moore (1).

On peut presque se dire que Pierce Brosnan est arrivé au bout du rôle au vu de la première séquence. En effet, nous retrouvons Bond dans une première mission en Corée du Nord où il doit mettre un terme à un trafic d’armes orchestré par l’ignoble colonel Moon (Will Yun Lee). Mais si le spectacle est là – toujours aussi décoiffant – le sort est très différent des épisodes précédents : James Bond est démasqué et arrêté.

Torturé sans avoir révélé quoi que ce soit (2) il est échangé contre un autre affreux : Zao (Rick Yune).

Mais une chose est certaine : Bond a été trahi par quelqu’un du MI6.

 

Depuis la fin de la guerre froide, il semble plus difficile aux scénaristes de trouver des enjeux dignes de notre agent secret préféré. Encore une fois, on retrouve un puissant milliardaire à la tête d’activités en vue de la domination mondiale, avec en toile de fond le conflit coréen (larvé). Mais à nouveau, on peut regretter la disparition du conflit Est-Ouest voire celle du SPECTRE (3).

Quoi qu’il en soit, on s’amuse encore dans cette énième tentative (réussie) de sauver le monde du chaos nucléaire, et on sourit pendant ce vingtième film qui ne cesse de faire des clins d’œil aux précédents (4). Je ne citerai que l’apparition de la (très) belle Jinx (Halle Berry) qui n’est pas sans rappeler celle de Honey (Ursula Andress) dans Dr. No (encore !).

 

Pour le reste, c’est du James Bond : action spectaculaire, jolies femmes, conflit avec M (Judi Dench), relation tendue avec Q et bien sûr Moneypenny (Samantha Bond) qui semble être enfin arrivé à ses fins à propos de sa relation avec James, comme le montre l’avant-dernière séquence.

Mais avec le départ de Pierce Brosnan, une nouvelle page se tourne et comme je l’ai dit plus haut, tout va recommencer au début : nouveau James Bond, nouvelle Moneypenny (mais pas tout de suite) et intrigue plus originelle.

Et bien sûr, ceci est une autre histoire…

 

  1. Sir Roger allait sur 58 ans quand A View to a kill est sorti.
  2. Vous n’imaginiez pas qu’il allait se mettre à table, tout de même ?
  3. On comprend le retour de cette organisation dans l’opus suivant qui reprendra tout à zéro.
  4. Quarante ans, ça se fête !

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Drame, #Michael Haneke
Benny's Video (Michael Haneke, 1992)

Benny (Arno Frisch) est un jeune garçon passionné de vidéo. Il possède deux caméras et emprunte régulièrement des cassettes (1) au magasin. C’est là qu’il rencontre une jeune fille (Ingrid Stassner) qui semble elle aussi une passionnée de vidéo.

Il l’emmène chez lui et lui fait découvrir son univers. Parmi tous ses objets, un pistolet d’abattage.

Par jeu, par désœuvrement, par inconscience, Benny va tuer la jeune fille avec ce pistolet.

Et bien sûr, sa caméra a tout saisi…

 

C’est une histoire plutôt crue qui nous est présentée là, une chronique (une dizaine de jours à peine) de l’adolescence avec ses errances et ses paradoxes. C’est aussi une histoire absurde qui se termine tragiquement : pas de mobile, aucune pression, pas de désordre apparent.

Parce que Benny est un jeune garçon comme les autres, avec des copains, loin de l’image qu’on pourrait se faire d’un adolescent isolé et taciturne.

Mais cela n’empêche pas l’incommunicabilité : ses parents ne sont pas toujours là et sa sœur aînée a son propre appartement. Alors Benny est seul, irrémédiablement quand il se retrouve chez lui. 

 

Et même quand ses parents sont là, il ne parle pas avec eux, restant dans son monde de vidéo, où les écrans sont allumés toute la journée et les stores tirés, l’un des deux écrans diffusant la vue en direct de la fenêtre (l’autre caméra).

Alors quand il va tuer cette jeune fille, il est très difficile de lui trouver quelque motivation tant l’acte semble gratuit et n’altère en rien son quotidien. Certes, il va au maximum laver le sang mais pour le reste, c’est comme si rien ne s’était passé. Il faudra qu’il montre à ses parents la vidéo de la tuerie pour qu’il se passe quelque chose et que l’ordre établi soit enfin chamboulé. Mais malgré tout, on ne ressent aucun remord ni regret pour son geste qui en devient alors absurde, presque irréel. Et Benny n’arrive même pas à expliquer pourquoi il en est arrivé là.

Ca commence presque comme un jeu de défi : « peureux » lui dit la jeune fille avant qu’il se décide à lui tirer dessus. Ensuite, ce sont les cris qui vont s’emparer de son esprit et l’amener à « finir la besogne ». Et puis une fois le forfait accompli, plus rien. Un silence ponctué par les gestes de Benny qui reprend sa vie où il l’avait laissée : il finit son repas avant de nettoyer.

Le silence, d’ailleurs, est une grande composante de cette intrigue. Silence entre Benny et ses parents, silence « de mort » (évidemment) après le meurtre. Les seuls moments bruyants de la vie de Benny, c’est quand il fait ses devoirs : la musique hurle à tue-tête pendant qu’il trace délicatement des figures géométriques.

 

J’ai parlé d’une histoire « crue » plus haut du fait de la séquence d’introduction. En effet, elle donne le ton du film et possède les éléments déterminants de l’intrigue.

C’est une vidéo (déjà) tournée par Benny qui montre un cochon qu’on envoie à la mort : il crie bien sûr, et reçoit un coup de pistolet (d’abattage) dans la tête. Cette dernière partie est même rembobinée et montrée une deuxième fois au ralenti. On comprendra ultérieurement l’importance de cette vidéo brute. Et surtout, Benny va la montrer de la même façon à la jeune fille avant de la tuer. Et pourtant, à aucun moment il n’y fera référence à ses parents pour tenter d’expliquer son geste.

 

De toute façon, il n’y a pas grand-chose à expliquer. Et Michael Haneke réussit là à saisir une facette de l’adolescence dans ce grand garçon un peu trop seul et dont on ne s’occupe pas vraiment. L’adolescence est la dernière partie de l’enfance où on essaie de transgresser les interdits. En général, ce sont l’alcool, la drogue voire le sexe qui en sont les domaines de prédilection.

Benny, lui, va plus loin, tuant presque malgré lui, une jeune fille qu’il ne connaissait même pas. Et en plus, cette transgression suprême va être couverte par des parents partagés entre l’horreur de son geste et l’amour qu’il lui voue.

Une situation cornélienne ?

 

(1) Nous sommes en 1991.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Western, #Michael Curtiz
Les Conquérants (Dodge City - Michael Curtiz, 1939)

Dodge City, 1872.

Dodge City, nommée en l’honneur du colonel Dodge qui y a amené le chemin de fer est une ville tout sauf calme : entre les immenses troupeaux qui y viennent quotidiennement et les règlements de compte qui s’effectuent dans la rue et surtout à coup de pistolets, il ne fait vraiment bon vivre dans cet endroit. Il faut dire que Jeff Surrett (Bruce «  Jack Driscoll » Cabot) est un bandit notoire qui fait des affaires lui aussi à coups de pistolets, ayant mis la ville sous sa coupe.

Mais voilà qu’arrive Wade Hatton (Errol Flynn), convoyeur de troupeau qui va remettre de l’ordre dans cette ville.

 

De notre côté de l’atlantique, en 1939, Dodge City n’est pas une ville bien connue : il faudra attendre l’après guerre et surtout le magnifique My darling Clementine (John Ford, 1946) pour que cette ville entre dans l’imaginaire des spectateurs français : Wyatt Earp y fut un shérif efficace... Alors évidemment, Les Conquérants, c’est un titre plus accrocheur !

Et bien sûr, si Wade Hatton n’a pas existé, son personnage s’inspire beaucoup du héros de Tombstone, même si ici il utilise plus la loi que son six-coups pour ramener l’ordre.

Il n’empêche, Dodge City est une ville violente et Michael Curtiz nous en propose quelques images qui culminent avec la mort d’Harry Cole (Bobs Watson), un enfant qui est traîné par des chevaux rendus fous par les fusillades.

C’est d’ailleurs cet événement qui va décider Hatton à prendre l’étoile de shérif pour ramener la paix.

 

Il s’agit ici du premier western que tourne Curtiz avec le couple Errol Flynn – Olivia de Havilland, qui sont réunis pour la quatrième fois, et encore avec Curtiz. A leurs côtés, on retrouve Alan « Little John » Hale (Rusty) qui est à nouveau bras droit de Flynn, ainsi qu’une vieille connaissance dans le rôle de Tex : Guinn « Big Boy » Williams dans un rôle positif.

On retrouve dans le trio masculin la truculence de The Adventures of Robin Hood, avec Flynn en héros romantique flanqué de deux acolytes braillards, soiffards et bagarreurs.

Le film est aussi l’occasion d’une magnifique bagarre entre les hommes de Hatton et ceux de Surrett pour un motif on ne peut plus sérieux : la Guerre Civile. En effet, Hatton a servi dans l’armée de Stuart (Sud) pendant que Surrett et ses hommes défendaient le Nord.

La bagarre est épique et rappelle l’assaut final du même Robin Hood, les épées en moins.

 

Mais cette bagarre grandiose n’est rien à côté de la violence décrite tout au long du film : coups de feu (avec morts violentes, bien sûr) et pendaisons sont les éléments de la justice expéditive du lieu.

IL y a d’ailleurs une constante chez Curtiz : ses méchants. Ici Surrett et son bras droit Yancey (Victor Jory) sont des archétypes magnifiques, donnant raison à Hitchcock à propos du succès d’un film. Surrett fait exécuter sans vergogne ceux qui se trouvent sur son chemin, amenant une forme de dégoût chez le spectateur devant tant d’ignominie. On en vient rapidement à souhaiter la fin des activités de ces personnages si maléfiques.

Mais n’attendez pas pour ce faire un duel au soleil : la chose se fera – bien sûr – dans le feu (c’est le cas de le dire) de l’action, amenant enfin Dodge City sut la voie de la civilisation.

 

Et les femmes ?

On en trouve trois qui soient pertinentes dans l’intrigue : Mrs Cole (Gloria Holden), Ruby Gilman (Ann Sheridan) et bien sûr Abbie Irving (Olivia de Havilland). Si Mrs Cole amène la chute (tant attendue) de Surrett en amenant Hatton à enquêter contre ce dernier avec l’aide de Joe Clemens (Frank McHugh) le directeur du journal, Ruby Gilman a essentiellement un rôle décoratif : elle est chanteuse au saloon de Surrett et n’a aucune influence sur ce dernier.

Par contre, Abbie Irving va contribuer grandement à la fin de Surrett en participant activement au journal de Clemens. Mais malgré cela, ce troisième personnage féminin d’importance a un rôle tout de même bien effacé par rapport à celui de Hatton, voire de ses deux adjoints.

 

Au final un western de bonne facture où Errol Flynn est un nouveau Robin des Bois qui amène la justice dans le far west sauvage, entretenant l’image romantique du western américain qui allait se développer dans les deux décennies suivantes. On y retrouve les ingrédients indispensables : grands espaces, manichéisme, fusillades et bagarre. Il n’y manque que les Indiens auxquels Hatton fait référence à propos de Surrett, révélant un autre aspect de sa méchanceté.

 

PS : on notera la présence de deux acteurs de western qui vont bientôt passer chez Ford, Ward Bond (Taylor) et Russell Simpson (Orth), ainsi que la présence de Monte Blue qui fut l’évêque dans le célèbre Robin Hood. Nous sommes encore une fois en territoire connu.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Stéphane Meunier
Un Village presque parfait (Stéphane Meunier, 2014)

Au début, il y a Doc Hollywood (Michael Caton-Jones, 1991).

Puis, il y a La grande Séduction (Jean-François Pouliot, 2003), tourné au Québec.

Et comme on est sur des périodes de 12 ans, en 2015, c’est donc le film de Stéphane Meunier qui sort, reprenant cette histoire de médecin de la ville cantonné en milieu (très) rural.

Ici, il s’appelle Maxime Meyer (Lorànt Deutsch), et se retrouve médecin de campagne à Saint-Loin-la-Mauderne (1) – qui bien sûr n’est ni proche ni moderne – à l’instigation de Germain Lesage (Didier Bourdon), qui a besoin d’un docteur pour l’implantation d’une usine dans sa ville afin de la sauver : il n’y a plus d’activité professionnelle depuis bien longtemps, et même l’école a fermé.

 

Autant le dire tout de suite, le docteur se plaira et la ville aura son usine. Mais ce n’est pas là que réside l’intérêt du film. Non, Stéphane Meunier réussit à construire une comédie subtile dans un milieu qui ne l’est pas fondamentalement : c’est bien connu, les paysans sont des gens frustes et arriérés.

Au-delà des stéréotypes qui sont évacués très rapidement, c’est une belle histoire un tantinet optimiste sur fond de terroir recréé qui nous est proposée ici. Parce que tout y est faux. On va tenter de séduire le docteur pour qu’il s’installe durablement, quitte à lui mentir sans vergogne et surtout sans état d’âme : la fin justifie les moyens.

 

Alors on s’amuse des différents stratagèmes employés par ces villageois aux abois et surtout la prestation de Didier Bourdon qui mène avec bonheur ses « administrés ». A ses côtés, on trouve un duo de choc truculent et complémentaire : Henri (Denis Podalydès) et Yvon (Lionel Astier), véritable garde rapprochée de Germain Lesage et complices jusqu’au bout des turpitudes communales.

En face, Lorànt Deutsch est un médecin ultra parisien un tantinet caricatural – normal, quand on fait de la comédie, il ne faut jamais hésiter à forcer le trait – et on passe rapidement sur sa grande jeunesse (33 ans) pour un chirurgien esthétique plutôt émérite.

Parce que c’est tout ce qui concerne ce village qui nous intéresse le plus : la longue file des villageois qui s’en va toucher le RSA tous les 5 du mois, avec son lot de honte ; le centre culturel que représente le café de Josiane (Armelle), et l’église qui est devenue un lieu de rassemblement dont la religion a disparu depuis longtemps.

 

Evidemment, le cadre et les habitants sont sympathiques et on ne doute pas une seule seconde que le médecin finira par aimer l’endroit. Et puis de toute façon, nous spectateurs sommes aussi conquis par cette communauté de menteurs par occasion et surtout par besoin.

Mais on ne peut s’empêcher de voir avancer à grand pas cette idéologie ultralibérale qui détruit tout sur son passage, remplaçant les gens par des machines et faisant mourir progressivement les petites villes et les villages au nom de la rentabilité.

C’est le cas ici, même si ce n’est pas le propos du film.

Alors on ne peut pas en vouloir beaucoup à tous ces « menteurs » qui n’ont qu’une envie : la victoire de la vie sur le système.

 

PS : on notera la photo du président de la République dans la mairie…

 

  1. La ville est jumelée avec Sainte-Marie-la-Mauderne, ville où  se déroulait le film québécois de 2003.

 

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Drame, #Frank Powell
Embrasse-moi, Idiot (a Fool there was - Frank Powell, 1915)

D’un côté une famille américaine heureuse : le père John Schuyler (Edward José) et la mère (Mabel Frenyear) et leur petite fille (Runa Hodges).

De l’autre, une femme fatale, véritable vampire (1) sexuel (Theda Bara).

Bien sûr, l’une va rencontrer le représentant masculin de l’autre pour une descente aux enfers en règle avec aucun recours à une quelconque fin heureuse.

 

Ca commence par un poème de Kipling qui va servir de trame pour le scénario un tantinet décousu desservi par un montage parfois rudimentaire : cette même année Griffith sortirait The Birth of a Nation qui, malgré ses relents racistes, reste tout de même un repère pour cette année 1915 aux Etats-Unis.

Il n’empêche, tout commence bien, avec cette famille unie qui se retrouve après un périple en mer du père. La famille est réunie avec la sœur et son futur fiancé pour admirer le coucher de soleil.

Mais outre le fait qu’un intertitre nous prévient qu’il s’agit du dernier instant de bonheur de ce petit groupe, un détail attire notre attention : si les personnages restent immobiles, les vagues vont et viennent à l’envers !

Nous sommes prévenus : plus rien ne va aller.

 

Et cette annonce tragique va se révéler et nous allons assister à la déchéance programmée de cet « idiot » dont parle le titre. Programmée parce que la belle vampire n’est pas à son coup d’essai : nous rencontrons deux de ses anciennes victimes dans un état fort décrépit.

Le premier est devenu mendiant et ouvre la porte aux gens riches qui descendent de voiture en espérant une petite pièce ; quant au second il va se suicider sur le pont du bateau qui emmène Schuyler vers sa destinée et surtout la jeune femme maléfique.

 

Et question déchéance, Frank Powell ne nous épargne rien, faisant de cet idiot une épave méprisée de tous qui, par faiblesse, succombe dans les bras de ce succube.

La fin de parcours de cet homme seul dans sa maison aux rideaux tirés est certainement le moment le plus beau et le plus fort du film : les rideaux vont être ouverts progressivement, révélant petit à petit l’état de délabrement de la maison et de son propriétaire. Cette lumière crue et blanche qui entre en devient presque cruelle.

 

Et puis il y a Theda Bara.

Il s’agit de son premier long métrage en tant que vedette, même si son rôle n’est pas très reluisant : c’est une femme sans scrupule, croqueuse de diamants assumée et surtout briseuse de ménage. Mais elle est tellement magnifique qu’on lui passe tout… Et surtout, le scénario épouse le parti de la morale de son époque : il n’était pas question qu’une femme libre soit en plus bien présentée.

Mais malgré tout, Powell tient bon et évite la happy end qu’on aurait pu attendre, tant le point de vue de la femme blessée est développé.

Mais non, jusqu’au bout l’idiot le restera et la morale ne sera pas entièrement sauve : la belle vampire s’en sortira.

On notera d’ailleurs l’apparition de Theda Bara alors que l’ami de la famille (Clifford Bruce) a amené la femme et la fille pour une dernière tentative (ratée, évidemment) de réconciliation : elle est tout en superbe et surtout habillée de blanc, symbole d’une pureté qu’elle ne possède plus depuis un certain temps…

 

Un dernier mot sur le titre français. « Embrasse-moi, idiot » fait référence à la réplique la plus célèbre du film : « Kiss me, my fool » que la femme dit à son amant un peu avant qu’il ne se suicide.

 

PS : la vampire chez elle, allongée pendant que sa servante arrive n’est pas sans rappeler Olympia d’Edgar Manet. Mais il n’y a pas de raison de s’exciter, la belle Theda est habillée.

 

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