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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Braquage, #Gangsters, #Jon M. Chu, #Morgan Freeman
Insaisissable 2 (Now you see me 2 - Jon M. Chu, 2016)

Trois ans après (un seul pour les protagonistes), on prend les mêmes, et on recommence ?

Pas exactement. Louis Leterrier a laissé la place à Jon M. Chu après être passé tout près de réaliser le film, Ed Solomon a repris les personnages de ses deux précédents acolytes et a conçu une nouvelle intrigue avec l’aide de Pete Chiarelli.
Et côté interprétation, Isla Fisher (Henley) a été remplacée (1) par Lizzy Caplan (Lula) et nous avons droit à un double Woody Harrelson : il est, en plus de Merritt, son frère jumeau Chase.

Pour le reste, tout le monde est là, fidèle au poste, surtout Thaddeus Bradley (Morgan Freeman), ce qui semble le plus logique.

 

Nous retrouvons donc nos Quatre Cavaliers, qui sont devenus cinq comme on l’a vu à la fin de l’épisode précédent, dans un nouveau numéro époustouflant qui vise à dénoncer un génie de l’informatique de la stature de Steve, Bill ou Mark. Mais le numéro qui commençait bien tourne à la tragédie et notre quatuor (le n° 5 reste à la traîne) se retrouve à Macao, embauché – malgré eux – par un autre prodige de la technologie, Walter Mabry (Daniel « HP » Radcliffe), censé être mort depuis deux ans. Leur mission – qu’ils doivent accepter – est de récupérer une carte à puce, clé de tous les ordinateurs de la terre (2). S’ajoute une course-poursuite autour du monde menée par le FBI et Bradley ainsi que la présence d’Arthur Tressler (Michael Caine) qui a une revanche à prendre sur ces voleurs particuliers.

 

J’ai parlé la dernière fois de la façon de tourner de Louis Leterrier la trouvant pas toujours très subtile. Mais force est de constater que son premier opus avait une fraîcheur qui fait beaucoup défaut à cette suite. C’est bien connu, les deuxièmes parties ont rarement la qualité et le charme de l’épisode initial (3), et ce film n’échappe pas à la règle.

Le monde de la magie et surtout les illusions que montent notre quatre héros prennent beaucoup moins de place dans cette suite, insistant plus sur l’aspect policier, et surtout mettant en avant l’Œil, cette confrérie de la magie (occulte cela va de soi) à laquelle tous veulent appartenir.

 

Alors oui, on retrouve quelques moments très spectaculaires et la première illusion – celle qui tourne mal – fait partir le film sur les chapeaux de roue, mais la relégation de la magie au second plan enlève beaucoup de son intérêt à l’intrigue et au film lui-même. Sans parler de cette même intrigue qui tord un tantinet le bras à celle du film précédent, ajoutant une dose d’incrédulité pour le spectateur.

On tombe alors dans une histoire somme toute très convenue avec un final qui sent un peu trop le réchauffé, avec en prime une petite dose de mysticisme qui, au choix achève de vous convertir ou de vous détourner.

 

Pour ma part, le choix est fait : dommage.

 

  1. Grossesse oblige…
  2. Rien que ça !
  3. Je sais : sauf Le Parrain 2, L’Empire contre-attaque

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Braquage, #Gangsters, #Louis Leterrier, #Morgan Freeman
Insaisissable (Now you see me - Louis Leterrier, 2013)

Depuis Georges Méliès (c’est vous dire si ce n’est pas récent), le cinéma a eu une relation privilégiée avec la magie. L’étendue des possibilités qu’offre le 7ème art est infini pour mettre en scène n’importe quel numéro d’illusion, et sans avoir besoin d’être un vrai magicien. La technique fait tout.

A nouveau, le cinéma rencontre la magie pour une histoire improbable mais spectaculaire. A cela s’ajoute un autre élément qui a le vent en poupe depuis le début des années 2000 : le braquage de banque.


Ils sont quatre, se font appeler les « 4 Cavaliers » et pour leur victime, cela va être l’apocalypse : J. Daniel Atlas (Jesse Eisenberg), Henley Reeves (Isla Fisher), Merritt McKinney (Woody Harrelson) et Jack Wilder (Dave Franco, le frère de).

Ils proposent un spectacle époustouflant à l’issue duquel ils vident le coffre d’une banque qui se trouve à quelques milliers de kilomètres de là : ils sont à Las Vegas, le coffre à Paris.

Bien sûr, un tel larcin ne peut rester impuni : Interpol envoie une inspectrice, Alma Dray (Mélanie Laurent) qui sera associée à Dylan Rhodes (Mark Ruffalo), un agent du FBI rapidement dépassé par ces voleurs hors norme.

Dans le même temps, Thaddeus Bradley (Morgan Freeman) suit de très près les turpitudes du quatuor : Bradley chasse les mystificateurs, ces magiciens minables qui se font passer pour ce qu’ils aimeraient être.

 

Autant le dire tout de suite, Louis Le Terrier n’est pas un cinéaste très subtile, on l’a vu à certains de ses films. Mais il faut avouer qu’il maîtrise les effets et son film, s’il ne possède pas la profondeur d’autres n’en demeure pas moins très spectaculaire, voire parfois bluffant. Comme je l’ai annoncé en préambule, l’association cinéma-magie est la clé du succès. Encore que j’ai déjà parlé ici d’un film (Shade) qui les associait sans en arriver à un résultat des plus convaincants. Il faut dire à sa décharge que le milieu des cartes est beaucoup moins spectaculaire que ce qui nous est proposé ici.

Ce sont des numéros à couper le souffle qui s’enchaînent ici, soutenus par une technique irréprochable, et en plus, nous avons droit à l’explication des différents tours présentés, ce qui finit de combler le spectateur toujours avide de comprendre ce qui semble irrationnel et qui se résume en quelques mots : « comment font-ils ça ? »

 

Alors non seulement nous voyons comment ils font ça, mais en plus nous savons pourquoi. Et il faut avouer que c’est plutôt habile. Certes, on n’échappe pas au savoir-faire de Louis Leterrier qui a parfois tendance à alourdir un tantinet l’atmosphère, mais il faut tout de même reconnaître que sa façon de tourner efficace se justifie par le scénario élaboré par Edward Ricourt, Ed Solomon et Boaz Yakin, ces deux derniers étant à l’origine de l’intrigue.

Au final, tout s’enchaîne comme il faut et tout le monde y trouve son compte.

En prime, si Mark Ruffalo interprète l’enquêteur principal, c’est tout de même le personnage de Mélanie Laurent qui tire son épingle du jeu, enchaînant les prouesses qu’on attend habituellement chez un interprète masculin : elle dénoue les intrigues et conduit divinement, apportant une aide précieuse à cet agent du FBI un petit peu (trop) balourd.

 

A la sortie du film, la critique ne fut pas spécialement tendre. Mais le véritable verdict se fait dans les salles obscures. Et le test s’est donc révélé positif puisque une suite fut programmée et sortit trois ans plus tard.

A suivre, donc.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Drame, #Fantastique, #Tim Burton
Edward aux Mains d'argent (Edward Scissorhands - Tim Burton, 1990)

Pourquoi la neige tombe-t-elle ?

C’est à cette réponse que va répondre la vieille Kim (Winona Ryder) à sa petite-fille qui ne veut pas dormir sans une histoire.

Une histoire, elle va en entendre une. Et quelle histoire !

Celle d’Edward (Johnny Depp), un jeune garçon créé par un vieil inventeur (Vincent Price) qui a pour main des lames ce qui explique le titre original (1) traduit plus poétiquement en français (2).

Bien sûr, Edward est extrêmement adroit de ces mains tranchantes et le prouve autour de lui en modelant les buissons des jardins et les coiffures des dames voire des chiens.

Mais Edward n’est pas adapté à ce monde stéréotypé très américain et très propre, lui qui vivait dans un vieux manoir de style Universal dans années 1930s…

 

Le parallèle avec la Universal dans les années 1930s n’est pas anodin. Dans les années 1930s, les studios Universal ont sorti quelques films fantastiques mâtinés d’horreur qui sont toujours cités en exemple près de 90 ans plus tard. Et en voyant Edward, je pense surtout à celui qui a inauguré cette série : Frankenstein.

Et la première vision que nous avons de ce manoir tranche complètement avec la ville américaine qui nous est proposée : tout y est bien propre et bien soigné, les gazons ont la hauteur d’herbe réglementaire et les maisons ont chacune une couleur différente de sa voisine, tout en restant dans des coloris doux.

Alors quand Edward pénètre dans ce milieu propret et bien équilibré – chacun a/à sa place – on sait que ça ne va pas bien se passer. Le premier indice est le plus flagrant : Edward est habillé de cuir noir, tranchant avec la vêture colorée (un brin pastel) des autres protagonistes.

 

Pourtant, comme dans toute tragédie, tout commence bien pour lui : il est accueilli par chaleureusement Peggy Boggs (Dianne Wiest) et son mari Bill (Alan Arkin) ainsi que leur fils Kevin (Robert Oliveri). Le voisinage est lui aussi très enthousiaste de découvrir ce jeune homme aux mains magiques, et surtout les femmes qui n’ont pas grand-chose à faire de leur journée.

Mais quand Harry va résister aux avances de Joyce Monroe (Kathy Baker), la situation va progressivement se dégrader. C’est d’ailleurs un des parallèles qu’on peut observer avec Frankenstein : tout comme le monstre du docteur, Edward s’échappe et tout se met à mal tourner.

Mais alors que le monstre de Mary Shelley est la cause directe du mal, Edward en est la première victime, et il en va ainsi (presque) tout le temps : la créature interprétée par Johnny Depp est le négatif de celle jouée par Boris Karloff. Tous deux ont la même naïveté envers le monde extérieur et aucun des deux n’est « achevé ». En effet, Edward n’a pas reçu les mains promises, ni la créature le cerveau adéquat.

 

Et puis il y a Winona. Révélée par un précédent film du même Tim Burton (Beetlejuice, 1988), elle est une Kim Boggs magnifique, révulsée par l’apparition d’Edward (3), mais qui va progressivement (là aussi) apprendre à l’apprécier, jusqu’à l’aimer. On retrouve ici une nouvelle référence fantastique : Kim n’est ni plus ni moins que la Belle qui tombe amoureuse de la Bête Edward, comme chez Mme Leprince de Beaumont.

Mais alors que La Belle et la Bête se termine bien, je vous ai annoncé que nous sommes dans une tragédie – douce, certes – et le final avec les habitants de ce quartier modèle(s) n’est pas sans rappeler celui du film de James Whale.

 

Un petit mot pour finir sur le temps de l’intrigue. A aucun moment  Tim Burton ne marque franchement son film dans le temps. Les habillements des différents habitants du quartier ainsi que leurs coiffures ou encore leurs matériel et accessoires nous emmènent dans les années 1960s, celles avant 1968.

Mais de nombreux détails vont à l’encontre de cette datation. Les couleurs chamarrées des maisons ou des voitures, les nouvelles coupes de cheveux créées par Edward nous en éloignent. De même que le van des jeunes gens qui traînent avec Kim n’a pas grand-chose à voir avec cette supposée période.

 

Mais qu’importe, ce qui compte le plus, c’est la magie qui émane de ce film, cette histoire d’amour impossible et donc très beau, avec une petite pointe d’ironie qui adoucit le côté tragique (3), le tout soutenu par la très belle musique de Danny Elfman.

C’est à nouveau un très beau film sur la différence, mal acceptée encore une fois, et qui se transformerait presque en conte merveilleux si Edward accédait à la normalité. Mais de ce cas, y aurait-il cette magie ?

 

PS : c’est la dernière fois que nous voyons Vincent Price au cinéma. Sa prochaine et ultime contribution ne concernera que sa voix. Et quand quelque chose se termine, une autre commence : c’est la première collaboration de Tim Burton avec Johnny Depp (7 à ce jour).

 

  1. « Edward aux Mains de ciseaux »
  2. Pas si mal tout compte fait.
  3. Quand on n’est pas prévenue, c’est un peu normal de paniquer en trouvant quelqu’un dans son lit, surtout avec des lames à la place des mains…
  4. Le retour des maris le soir ou leur départ le matin…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Thriller, #Sydney Pollack
La Firme (The Firm - Sydney Pollack, 1993)

La fin d’année scolaire en Droit à Harvard est ce qu’on pourrait appeler le « mercato » (1). Mais ici, aucun joueur n’est recherché. Ce sont plutôt les étudiants brillants qui sont traqué »s par les envoyés des différentes firmes américaines, rêvant de dénicher la perle rare.

La firme Bendini, Lambert (Hal Holbrook) & Locke (John Beale) semble avoir trouvé son champion : Mitch McDeere (Tom Cruise), tout frais émoulu de cette prestigieuse université et promis à un brillant avenir.

Et tout commence comme dans un rêve : un salaire mirobolant, une maison de rêve avec la voiture qui va avec, et une ambiance familiale au travail.

Coaché par un mentor, Avery Tolar (Gene Hackman), Mitch prépare son examen final avec beaucoup de confiance.

Et puis il y a l’accident : deux avocats qui meurent dans l’explosion d’un bateau.

On apprend même que ces deux avocats avaient l’intention de quitter la firme.

Mais pourquoi vouloir quitter une firme si formidable ?

Mitch va le découvrir progressivement… A ses risques et périls !

 

Sidney Pollack revient au thriller, genre qu’il avait un peu laissé de côté depuis Absence of Malice (1981). Et il revient en grande forme, reprenant le thème du héros seul contre un système. Il y a du Condor (Robert Redford dans Three Days of the Condor) dans Mitch McDeere. Tout comme lui, il doit user de stratagèmes pour lutter contre un ennemi (presque) invisible mais qui n’hésite pas à tuer pour conserver ses intérêts. Mitch n’est pas vraiment seul puisqu’il peut tout de même compter sur sa femme Abby (Jeanne Triplehorn) et la pétulante Tammy (Holly Hunter irrésistible), secrétaire du détective privé un tantinet louche Eddie Lomax (Gary Busey, qui n’a pas un rôle de méchant).

Mais c’est face à lui qu’on retrouve quelques pointures : Hal Holbrook se retrouve à nouveau dans un rôle négatif qu’il va tenir avec brio (comme d’habitude) jusqu’au bout, son regard bleu clair accentuant son aspect maléfique. A ses côtés, on trouve Jerry Hardin (Royce McKnight) dans un rôle un poil ambigu qui lui vaudra une interprétation inoubliable à la télévision (voir plus bas). Sans oublier le regretté Wilford Brimley et son immense paire de bacchantes et ses lunettes de soleil dans le rôle du chef de la sécurité, véritable police interne de la firme.

Et puis il y a Gene Hackman. Encore une fois, le grand Gene est impeccable, et il interprète un avocat – marron cela va de soi, mais y a-t-il d’autres modèles chez Bendini, Lambert & Locke ? – lui aussi ambigu, avec juste ce qu’il faut de charisme et de charme pour ne pas être dénigré par les spectateurs. Superbe.

 

Notons enfin que si le film traite du milieu du Droit et des avocats, à aucun moment nous n’entrons dans une salle de tribunal, ce qui est rare dans ces cas-là.

Pollack nous tient en haleine malgré tout, servi par cette distribution alléchante, à laquelle s’ajoute deux « guest stars » inattendues (et non créditées) : Joe Viterelli et Paul Sorvino, deux spécialistes des rôles de mafieux, et qui interprètent ici deux frères. Membres de la Mafia.

 

PS : On notera la présence de deux Deep Throats (2) célèbres : Hal Holbrook pour All the President’s Men et Jerry Hardin pour la série X-Files.

 

  1. Le mercato est une période dans le football qui voit les transferts des joueurs d’un club à l’autre contre espèces plus ou moins sonnantes et trébuchantes.
  2. « Gorges profondes ».

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Espionnage, #Clint Eastwood
Firefox (Clint Eastwood, 1982)

« Firefox » n’est pas seulement le nom d’un navigateur web. Il y a près de 40 ans – dans ce film – c’est le nom d’un avion furtif (1) construit par l’Union Soviétique : le MiG 31 (2).

Et comme nous sommes toujours pendant la Guerre froide, il est indispensable que l’Ouest acquière un tel engin, ou tout du moins en possède une réplique afin d’équilibrer les forces.

On fait alors appel à Mitchell Gant (Clint Eastwood), un vétéran du Vietnam pour se rendre à Moscou, puis pénétrer dans la base de Bilyarsk où sont entreposés les prototypes, et enfin – comme si cela ne suffisait pas – s’emparer d’un des deux avions pour le ramener à l’Ouest.

Rien que ça.

Et bien sûr, il y arrive.

 

On a connu Clint Eastwood plus inspiré. Firefox est un film d’action mâtiné d’espionnage plaisant mais pas non plus extraordinaire. Certes, Mitchell Gant est dans la lignée des héros eastwoodiens : un solitaire contre une société hostile, l’URSS. C’est d’ailleurs cette opposition qui est la plus intéressante du film, bien loin avant les prouesses aériennes de la dernière partie.

A l’époque de la sortie du film, cette même Union Soviétique est en bout de course et du mouvement va venir : Brejnev va disparaître en novembre de la même année, puis ce sera Andropov et enfin Tchernenko (3) qui vont le suivre en moins de trois ans.

Mais nous sommes toujours dans la période où le KGB règne et contrôle à longueur de journée et en quelque lieu que ce soit le peuple, à la recherche d’éventuels espions comme notre ami Gant.

Nous avons alors droit à des séquences qu’on pourrait qualifier de « stéréotypées » mettant en scène la surveillance de Gant à Moscou : suiveur, voiture noire…

Mais ces séquences sont l’occasion de retrouver Warren « Dim » Clarke (Pavel Upenskoy) dans un rôle positif (pour une fois) d’aide de Gant.

Parmi les têtes connues de l’époque (et encore maintenant), signalons la présence de Ronald Lacey (le professeurSemelovsky) – le nazi chauve dans Les Aventuriers de l’arche perdue – et surtout Kenneth « Piett » Colley qui interprète l’un des ennemis de Gant, le colonel Kontarsky. J’oubliais presque le grand Freddie Jones (Kenneth Aubrey).

 

Et à part ça ? Et bien pas grand chose. La séquence de vol est spectaculaire mais en quarante ans, on en a vu tellement d’autres qu’on peut se sentir un tantinet détaché, surtout que sur certains éléments, on a l’impression de retrouver Luke Skywalker à la surface de l’Etoile Noire…

Et puis il y a le Vietnam. C’est une séquence récurrente qui voit le jeune Gant capturé par les Vietnamiens avant l’intervention – meurtrière, cela va de soi – de deux avions qui enflamment la forêt à coups de napalm, tuant par la même occasion une petite fille qui s’était enfuie et qui vient maintenant hanter les rêves de notre héros.

Il y avait très certainement quelque chose à tirer de cet épisode, mais il reste au niveau anecdotique et n’apporte finalement pas grand-chose à l’intrigue, ni même au personnage : la résolution finale prévisible rendant cet élément caduc.

 

Dommage.

 

  1. Qui n’est pas repérable par un radar.
  2. L’avion dont s’inspire l’intrigue est le MiG 25.
  3. Le Premier Secrétaire, interprété par Stephan Schnabel, a un faux air du troisième.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Horreur, #Ruggero Deodato
Cannibal Holocaust (Ruggero Deodato, 1980)

Ils sont quatre : Alan Yates (Carl Gabriel York) Faye (Francesca Ciardi), Mark (Luca Barbareschi) et Jack (Perry Pirkanen).

Ils sont jeunes, ils sont beaux, ils sont bourrés de talents. Bref, ce sont de magnifiques aventuriers modernes.

Enfin c’est ce que veut vendre la chaîne de télévision qui les a engagé·e·s à réaliser un film sur des tribus cannibales de l’Amazonie.

En réalité, ces « reporters » sont de véritables bidonneurs, arrangeant les images – voire provoquant des situations – selon leur propre conception des choses.

Comme on n’a plus de nouvelles d’eux, la chaîne envoie le professeur Monroe (Robert « Bolla » Kerman) pour retrouver leur trace dans « l’enfer vert » (1).

 

Répugnant est le premier mot qui vient à l’esprit une fois le film terminé. Il faut dire que Ruggero Deodato ne fait pas dans la dentelle ni dans la demi-mesure. Rein ne nous est épargné dans l’horreur. C’est bien simple, à côté de ce film, Scream (ou Evil Dead) est une adorable bluette.

En plus de l’horreur sanguinolente annoncée, nous avons droit à quelques séquences de cruauté envers les animaux que semble-t-il Deodato a regretté ensuite. Il n’empêche, des animaux sont tués sous nos yeux avec comme justification du réalisateur : « les quotas de chasse ont été respectés. »

Mais ce n’est pas le seul élément qui retient l’attention de ce film.

 

En effet, en plus de tout ce sang et cette violence plus ou moins gratuite, Deodato ajoute des séquences de sexe : est-ce pour pimenter le film ou pour titiller le spectateur ? Je n’ai pas la réponse. Mais on peut se poser la question de la présence de certaines séquences de nudité dans ce film alors que dan le même temps, Deodato clame qu’il a tourné ce film pour dénoncer le sensationnalisme journalistique.

En effet, le bidonnage dans le reportage du quatuor est absolument scandaleux, et peut renvoyer à certaines dérives de l’époque qui n’ont pas obligatoirement disparu depuis : jusqu’où la télévision va-t-elle pour « faire de l’audience » ? Allumez votre poste et vérifiez par vous-même.

 

Malgré tout cela, on ne peut dénier un certain talent à Deodato : il baigne un réalisme incroyable tout au long du film, soutenu par les séquences animales (voir plus haut) qui augmentent ce réalisme. Les prises de vue pratiquement toujours au cœur de l’action participent grandement à la notoriété (malsaine ?) : la dernière partie qui montre les rushes retrouvés de l’équipe sont incroyablement précis et surtout spectaculaires.

A tel point qu’à la sortie du film, Deodato fut jugé pour meurtre : le public a vraiment cru que les quatre reporters ne sont pas revenus et sont morts pendant le tournage (2).

Cette même partie a d’ailleurs follement enthousiasmé d’autres réalisateurs – à commencer par Sergio Leone – du fait de cet incroyable réalisme (32).

 

Au final, un film à controverse et très certainement scandaleux. Mais ce sera aussi un précurseur des found footage films, qui sont supposés mettre en scène des vidéos supposées récupérées, qui seront popularisés plus tard avec The Blair Witch Project (1999), pour ne citer que celui-là : c’est fascinant (4), mais avec tout de même un aspect malsain inévitable.

Mais on a tout à fait le droit de ne pas aimer ce genre de cinéma.

 

  1. Le titre du reportage qu’ils étaient partis réaliser.
  2. Les noms des acteurs qui constituent le quatuor ne sont pas mentionnés dans le film, laissant planer l’incertitude de leur sort…
  3. Oliver Stone filmera l’incendie du village dans Platoon avec en tête celui de ce film.
  4. Pas pour tout le monde !

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Wes Anderson
A Bord du Darjeeling Limited (The Darjeeling Limited - Wes Anderson, 2007)

Une chambre à Paris, un taxi en Inde et le train qui emmène les trois frères Whitman – Francis (Owen Wilson), Peter (Adrien Brody)  et Jack (Jason Schwartzman) – vers leur mère qui s’est retirée dans une mission au fin fond de l’Inde, sur les contreforts de l’Himalaya.

Ces trois frères ne s’étaient pas revus depuis la mort de leur père l’année précédente et la cohabitation dans le train va être difficile, surtout que leurs attitudes ne sont pas toujours en accord avec le lieu dans lequel ils sont.

 

Bien sûr, le Darjeeling Limited n’existe pas, même s’il existe un train qui se rend dans la ville : le Toy Train, propriété de Darjeeling Hamalayan Railways.

Quoi qu’il en soit, c’est un très beau road movie qui nous est ici proposé, avec trois hommes un tantinet perdus qui vont se retrouver, voire se trouver. Normal, le voyage, dans un road movie se fait extérieurement et intérieurement.

Le film commence par un court-métrage, annoncé comme devant précéder le film en lui-même. On y rencontre le plus jeune des trois frères : Jack. Il est seul dans une chambre d’hôtel à Paris (1) : on y rencontre aussi son ex (Natalie Portman), avec qui il a une relation des plus compliquées.

Mais ce prologue est avant tout l’occasion de retrouver l’univers de Wes Anderson : tous ces petits objets qui font une personne, ainsi que des couleurs vives qui vont perdurer dans la seconde partie.

A nouveau, c’est une comédie douce-amère qui nous est proposée ici, les pérégrinations du trio amenant des situations amusantes qui les mettent en opposition avec le chef du train (Waris Ahluwalia) qui n’aura d’autre choix que de les chasser  du train.

C’est d’ailleurs quand ils se retrouvent seuls au milieu de nulle part qu’ils vont enfin grandir et se rapprocher.

Il faut dire qu’il leur arrive une aventure qui vire au tragique : la mort d’un enfant. Evidemment, cette nouvelle mort va nous ramener à celle du père et le cadre de leur précédente rencontre. C’est aussi l’un des moments les plus émouvants du film, la mort d’un enfant n’étant pas une chose naturelle.

 

A nouveau, Wes Anderson s’entoure d’interprètes connus : outre l’incontournable Owen Wilson (2), on retrouve Anjelica Huston (la maman), Waris Ahluwalia et un autre incontournable, Bill Murray (l’homme dans le taxi). Et les deux nouveaux-venus (Brody & Schwartzman) ont dû apprécier de travailler avec Anderson puisqu’on les retrouvera dans les films suivants. Bref, nous sommes en territoire connu et en bonne compagnie.

Les tribulations de ces trois frères dissemblables sont parsemées de tensions liées à une méfiance réciproque : des secrets s’échangent entre deux avec promesse de ne pas en parler au troisième. Mais au final, tout se sait et les tensions s’accentuent encore plus jusqu’à l’éjection du train.

Il faut dire que le personnage de Francis est le principal artisan de ces tensions : c’est lui qui a convoqué ses frères pour ce voyage sans pour autant leur avouer le véritable objectif de cette expédition. De plus, sa façon de procéder avec les deux autres est assez pénible, mais ne disparaît pas totalement malgré les protestations (légères) de Peter. On découvrira plus tard d’où lui vient cette méthode dirigiste.

 

Bref, Wes Anderson continue à explorer les relations familiales sous couvert d’un vernis comique qui ne fait pas oublier tout de même les tensions inévitables (et indispensables ?) entre les membres d’une même famille. Après Royal Tenenbaum (Gene Hackman) et Steve Zissou (Bill Murray), c’est au tour de Francis Whitman d’essayer de rabibocher tout son monde.

Y arrivera-t-il ? Réponse dans le film.

 

  1. Il s’agit de l’Hôtel Chevalier qui donne son nom au titre du court.
  2. Il est de tous les longs-métrages sauf Isle of Dogs (2018).

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #John Lasseter, #Pixar, #Tom Hanks
Toy Story 2 (John Lasseter, 1999)

Ils reviennent : Woody (voix de Tom Hanks), Buzz Lightyear (voix de Tim Allen), Rex (voix de Wallace Shawn), etc. Mais cette fois c’est Buzz qui va aller sauver Woody : un collectionneur peu scrupuleux (voix de Wayne Knight) l’a volé pour le vendre au musée du jouet au Japon, avec l’ensemble des personnages de la collection (1) : Jessie (voix de Joan Cusack), le Prospecteur (voix de Kelsey Grammer) et le cheval Bull’s Eye.

Une expédition est montée par Buzz à laquelle participent Mr Potato Head (voix de Don Rickles), Hamm (voix de John Ratzenberger), Rex et Slinky Dog (voix de Jim Varney).

 

On prend (presque) les mêmes, et on recommence. John  Lasseter est toujours le réalisateur, les scénaristes sont quasiment identiques au premier opus et Randy Newman signe encore la musique. Pourquoi changer une équipe qui gagne ?

Troisième long-métrage des studios Pixar, il participe grandement à la révolution numérique amorcée quatre ans plus tôt par les studios Disney. Mais l’animation « classique » n’est pas encore abandonnée, puisqu’il faudra attendre 2003 pour voir le dernier film Disney utilise la technique traditionnelle (2).

On retrouve le même principe que dans le premier film : les jouets ne s’animent qu’une foi les humains absents ou dans l’impossibilité de les voir évoluer.


Et encore une fois, ça fonctionne. Certes, il n’y a pas le plaisir de la découverte mais on suit avec beaucoup d’intérêt cette intrigue réjouissante et surtout les différentes pérégrinations plus ou moins farfelues du « commando » envoyé à la rescousse du shérif : Rex est toujours aussi stupide ; Mr Potato Head utilise ses différents éléments qui le constituent quand ils ne se détachent pas ; Slinky Dog joue de son ressort et bien sûr Buzz est le chef énergique de cette expédition.

Et à nouveau on retrouve le Buzz du premier opus : l’équipe de secours se retrouve dans le magasin de jouets d’Al et un Buzz tout neuf (et mis à jour) veille sur un immense rayon de ses propres répliques. Sa rencontre avec notre Buzz a de savoureux qu’on retrouve les mêmes attitudes qu’avait le nôtre lors de sa rencontre avec Woody.

De même on retrouve le même débat sur le rôle d’un jouet : alors que nos héros sont convaincus qu’ils existent pour être aimés d’Andy (voix de Paul Nivet après celle de John Morris), Jessie et le Prospecteur voient dans leur exposition au musée du jouet une sorte de consécration ainsi qu’une possibilité de sortir de leur prison (emballage, coffre).

 

A nouveau, John Lasseter truffe son film de références, la plus évidente – et qui se prolonge pendant tout le film) étant bien sûr Starwars, surtout quand Buzz rencontre son ennemi juré, l’empereur Zurg (voix d’Andrew Stanton). On y trouve aussi un clin d’œil à A bug’s Life ou encore à Jurassic Park (avec Rex, cela va de soi).

De plus, avec l’apparition de Jessie, c’est – enfin – un autre personnage féminin qui intervient durablement (on la retrouve dans les deux autres suites) ; jusque là, seuls trois éléments féminins intervenaient : la mère (voix d’Isabelle Ganz qui a succédé à Laurie Metcalf) et la sœur (Hannah Unkrich) d’Andy qui ont un rôle très anecdotique ici, et Bo Peep (voix d’Annie Potts) la bergère fiancée à Woody. Jessie en plus de durer est une femme battante, une cowgirl serait-on tenté de dire qui ne s’en laisse pas compter par ce shérif qui vient d’arriver dans son monde et veut lui refuser de réaliser ses ambitions.

 

Au final, on retrouve avec beaucoup de plaisir ce microcosme ludique et on s’amuse des constantes qu’on retrouve ici, et si le niveau du film n’est peut-être pas aussi haut que le premier, il n’en demeure pas moins une très belle réalisation : les suites souffrent souvent d’une baisse de régime, mais peu de sagas ont connu une baisse aussi légère que celle-ci…

 

  1. On apprend que Woody fut un personnage de série à la télévision, une marionnette à fil qui vivait de grandes aventures avec ses trois acolytes.
  2. Bien sûr, ceci est une autre histoire.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Drame, #George Stevens
Une Place au soleil (A Place in the sun - George Stevens, 1951)

George Eastman (Montgomery Clift) débarque de Chicago (en stop) et se fait embaucher par son oncle Charles (Herbert Heyes) dans son usine de maillots de bain.

Il y fait la connaissance d’Alice Tripp (Shelley Winters) avec qui il a une relation, à l’encontre du règlement de l’usine.

Et comme George est un Eastman, il est rapidement promu et est invité aux fêtes de la gentry. C’est là qu’il rencontre la (très) belle Angela Vickers (Elizabeth « Liz » Taylor) : ils tombent éperdument amoureux l’un de l’autre.

Mais Alice apprend qu’elle est enceinte et veut forcer George à l’épouser (1).

Ce dernier va l’inviter à une promenade en barque…

 

La « place au soleil » du titre, c’est l’objectif de George. Mais ce n’est pas si simple. En effet, dans les Etats-Unis d’après-guerre, tout le monde espère un jour de trouver cette même place ensoleillée. Mais réduire les envies de George à cette seule réussite sociale, c’est passer à côté d’une belle histoire d’amour (encore !).

Dès l’introduction, Angela va faire tourner la tête de George : elle passe en trombe au volant de sa Cadillac blanche convertible alors qu’il va être emmené par une camionnette antédiluvienne. Mais il faut attendre sept minutes avant de la voir enfin dans toute sa beauté. Mais il faudra attendre encore une très grosse demi-heure avant qu’ils s’embrassent !

Et si cette histoire d’amour est très forte,  on ne peut tout de même pas ignorer que George vient du bas de l’échelle sociale (ses parents sont religieux) et que la situation d’Alice est une menace à cette vie dorée qu’il découvre avec Angela.

 

Ce n’est pas la première adaptation du roman de Theodore Reiser (2) puisque le grand Josef von Sternberg en a déjà réalisé une adaptation qui est sorti vingt ans plus tôt. Mais au contraire de cette nouvelle version, ce fut un échec commercial. Il faut dire que Sternberg avait pris quelques libertés (normal, c’est Sternberg)  avec le roman ce qui fit réagir son auteur. De plus, le contexte social n’incitait pas toujours les gens à aller voir une tragédie annoncée au cinéma.

Certes, Stevens prend quelques libertés lui aussi par rapport au roman, mais il en fait autre chose qu’un film policier, et la mort d’Alice n’est pas aussi tranchée que dans le livre : cet « accident » (plutôt qu’un meurtre de sang-froid) n’entame à aucun moment la sympathie du public pour George.

 

Et puis George Stevens filme magnifiquement cette histoire malheureuse. C’est un festival de fondus enchaînés qui assurent les transitions entre de nombreux éléments de l’intrigue, à la limite de la surimpression : l’enchaînement se fait lentement, la séquence précédente se poursuivant sur la nouvelle.

Et puis il y a le détail. Chez George, on peut admirer sur son mur une reproduction du tableau de John Everett Millais : Ophélie (1852). C’est un élément prémonitoire de l’intrigue. En effet, tout comme l’héroïne shakespearienne, Alice va subir le même sort : malheureuse et noyée. Certes la fiancée d’Hamlet se donne la mort alors qu’ici, ça ressemble plus à un accident.

Il n’empêche, la présence de cette reproduction est le premier marqueur de cette « tragédie américaine » et la noyade reste un élément important de l’intrigue, rappelée à divers moments avant et après la mort d’Alice.

 

Je terminerai en parlant de l’interprétation magnifique des différents interprètes et surtout le trio Clift-Taylor-Winters. Si le duo de stars est formidable, je donnerai une mention spéciale à Shelly Winters pour son interprétation de la terne Alice : la belle Shelley était alors une star « glamour » de la Paramount alors qu’Alice est on ne peut plus quelconque, le genre de fille destinée fondamentalement à George.

Rassurez-vous, elle reçut une compensation pour ce rôle à contre-emploi…

 

PS : on notera la présence d’Anne Revere, dans le rôle de la mère de George. Son film suivant sortira en 1970 : elle fut une des victimes du maccarthysme et inscrite sur la Liste Noire.

 

  1. C’était comme ça en 1949 (année de tournage)…
  2. Une Tragédie américaine (1925).
John Everett Millais - Ophelia (1851-1852) - Tate Britain.

John Everett Millais - Ophelia (1851-1852) - Tate Britain.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Drame, #D.W. Griffith, #Lillian Gish
Judith de Béthulie (Judith of Bethulia - D.W. Griffith, 1914)

Dernière marche avant de passer au très long métrage, voici Judith de Béthulie, drame biblique de David Wark Griffith, racontant les relations entre Judith (Blanche Sweet) et Holopherne (Henry B. Walthall) jusqu’au meurtre du deuxième par la première.

 

Béthulie est une bourgade de Jérusalem que les armées d’Holopherne – envoyé par Nabuchodonosor (1) – vont assiéger en vue de la piller.

Mais Judith une femme pieuse et révérée à Béthulie va se proposer pour sauver la ville. Non seulement elle va charmer le prince, mais en plus elle va l’enivrer, le rendant inoffensif avant de l’exécuter.

Les Assyriens, sans chef, seront alors vaincus – facilement – par les Hébreux qui rendront grâce à Judith.

 

Quand Judith sort en mars 1914, Griffith n’a pas encore vu Cabiria qui sera projeté deux mois plus tard. Mais on sent tout de même chez lui le besoin de passer à un format plus long, afin de raconter des histoires pus étoffées, de faire vibrer les spectateurs plus longtemps.

Judith, c’est aussi un pari engagé par Griffith avec ses producteurs de la Biograph qui refusaient de sortir du format 2 bobines. Bien sûr, non seulement Griffith va gagner son pari, mais en plus il va quitter la Biograph pour se mettre à son compte et réaliser plus librement. Bref, le studio sera perdant sur tous les tableaux et ne s’en remettra pas.

 

Mais si le format est plus long (72 minutes), la structure reste tout de même assez similaire aux précédentes réalisations du maître. Et surtout, thème biblique ou pas, nous avons droit à un sauvetage de dernière minute, véritable marque de fabrique du réalisateur.

Mais si Griffith va l’emporter avec ce film, il va tout de même perdre une de ses actrices emblématiques de cette période : Blanche Sweet qui s’en va tourner avec DeMille chez Jesse L. Lasky (Paramount). Qu’importe, la relève est assurée par une actrice qui tient ici un petit rôle – une mère qui exhibe son enfant – dans la ville de Béthulie : Lillian Gish.

D’ailleurs, les acteurs principaux de The Birth of a Nation sont déjà là : outre Lillian Gish et Henry B. Walthall, on trouve Mae Marsh (Naomi) et Robert « Bobby » Harron (Nathan, l’amoureux de Naomi).

Bref, tout est en place du grand spectacle, et nous ne sommes pas déçus.

 

Les deux séquences de bataille (la première surtout) sont spectaculaires et montrent bien que Griffith sait diriger les foules, sans arriver toutefois au gigantisme de ses deux immenses films à venir (2). Et le plus impressionnant, c’est le résultat de cet assaut qu’on peut voir quand Judith cherche la force de tuer Holopherne. Encore une fois, la caméra de Billy Bitzer fait des merveilles et les différentes compositions qui nous sont présentées remplissent complètement leur rôle : la mort est partout, que ce soient les soldats sur le champ de bataille, tués autour du puits ou le vieillard qui agonise en donnant sa ration d’eau à Nathan.

Il y a chez Bitzer une propension à trouver le cadrage juste qui se vérifie à chaque fois, donnant une force supplémentaire aux intrigues édifiantes des films de Griffith.

 

Et puis il y  Blanche Sweet qui fait – malgré elle – ses adieux à son mentor (3) en composant une superbe Judith, un tantinet grandiloquente, mais étant chez le maître, rien d’étonnant à cela.

La carrière de Griffith est à un tournant : les (très) longs-métrages vont s’imposer à lui et aux spectateurs qui demandent toujours plus de cinéma. Et si The Birth of a Nation a des côtés insupportables, il n’en va pas de même du suivant, Intolerance, qui consacrera l’art du réalisateur, sans en avoir toutefois le même succès auprès du public.

 

  1. Le célèbre « Nabucco » de Verdi.
  2. The Birth et Intolerance.
  3. Il fut celui de toutes ces actrices qu’on rencontre ici et là à cette période, sauf Mary Pickford, bien sûr.

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