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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Guerre, #Thomas H. Ince, #Reginald Barker
Civilization (Thomas H. Ince - Reginald Barker - Raymond B. West , 1915)

La petite ville de Nurma vit en paix depuis bien longtemps quand éclate la guerre déclarée par son roi (Herschel Mayall). Les villageois valides (ceux qui tiennent debout) sont enrôles de force et partent mourir pour leur patrie.

A un niveau plus élevé, le comte Ferdinand (Howard Hickman), inventeur pour e même roi, va conduire une expédition pour prouver la réussite de sa nouvelle trouvaille, un sous-marin. Sa mission : couler un navire de ligne qui transporte du matériel de guerre pour l’ennemi, le Propatria.

Mais entre-temps, ses yeux se sont ouverts et il refuse d’utiliser son invention pour tuer des innocents : sur l’instigation de sa fiancée (Katherine Haldemann), il est devenu un soldat de la paix.

 

Si cette intrigue vous rappelle quelque chose, c’est tout à fait normal : le scénario de C. Gardner Sullivan s’inspire du conflit qui fait rage au même moment en Europe, la première Guerre Mondiale. Le paquebot Propatria est même une référence claire au Lusitania qui coula quelques mois plus tôt (7 mai 1915) et dont le souvenir est tenace puisque qu’on comptait des Américains parmi les victimes.

Mais curieusement, ce film n’est pas un plaidoyer en faveur d’une quelconque intervention américaine vengeresse dans ce conflit puisqu’il s’agit avant tout d’un film pacifiste, étayé par une présentation engagée dont un intertitre conserve aujourd’hui encore une force intacte : « Si seulement ceux qui prétendent Le [Jésus] suivre, mettaient en pratique ce qu’ils prêchent, nous verrions enfin l’aube naissante de la Civilisation. » (1)

Ce film pacifiste fut, dit-on, l’un des éléments qui permirent au président Wilson d’être réélu l’année suivante grâce à sa ligne politique non-interventionniste.

 

Mais si le film rejette totalement la guerre, il dénonce tout de même le Kaiser Wilhelm II comme le responsable de ce conflit, sous les traits de ce personnage très décoré dont l’habit rappelle plus un roi d’opérette que le chef de l’Allemagne. Mais surtout, Ince et ses collaborateurs vont très loin dans la dénonciation de ce conflit : le budget colossal pour l’époque (1 million de dollars) et le long tournage (près d’un an) donnent à la guerre un cachet réaliste formidable.

Bien sûr, les soldats tombent comme des mouches, mais on a aussi les victimes collatérales du conflit : les civils tués, femmes et enfants, la famine qui s’installe dans les régions sinistrées par la guerre. Sans oublier les différentes composantes de la guerre : coups de feu et explosions diverses qui accentuent le propos pacifiste du film.

 

Et la « Civilisation » ?

Il ne s’agit pas à proprement parler d’une civilisation particulière mais bien d’un état : la civilisation en opposition à un état barbare caractérisé par la haine née de l’envie. Et cela nous emmène dans des considérations religieuses inévitables (2). On peut s’étonner de l’interaction entre le roi et Jésus (George Fisher), voire la regretter, mais cela reste tout de même une très belle séquence de surimpression, nourrissant avec beaucoup d’images fortes le propos pacifiste.

 

Reste que ce film ambitieux et édifiant est une de ces superproductions de la période muette qui a traversé les âges sans perdre beaucoup de son propos. Certes, la dimension mystique apparaît un tantinet déplacée une centaine d’années plus tard, mais cette séquence possède malgré tout un bel éclairage élaboré ainsi que des messieurs tout nus !

De plus, le trio de réalisateurs nous propose un très beau spectacle dont on retrouvera la patte de chacun, et on peut regretter que deux d’entre eux n’aient pas vécu bien longtemps (3).

 

  1. « If only those who profess to follow Him, would practice what they preach, we would at last see the rising dawn of Civilization. »
  2. Aux Etats-Unis en 1916, on ne pouvait pas éviter l’aspect religieux de la paix, annoncé dès les intertitres de présentation.
  3. West est mort en 1923 et Ince en 1924.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Guerre, #Jim Abrahams
Hot Shots! Part deux (Jim Abrahams, 1993)

Topper Harley (Charlie Sheen) est de retour !

Et encore une fois, ça va faire mal. IL faut dire que des petits gars américains sont retenus prisonniers par l’infâme Saddam Hussein (Jerry Haleva). Le colonel Denton Walters (Richard Crenna) veut envoyer notre héros les délivrer, mais Topper, qui s’est retiré dans un monastère bouddhiste, refuse.

Pourtant, il va accepter, Walters ayant lui aussi été capturé.

Va alors se dérouler une opération commando en Irak où Topper, en plus de délivrer les hommes, retrouvera Ramada (Valeria Golino), l’amour de sa vie qui était déjà là – elle aussi – dans l’opus précédent.

 

Jim Abrahams et Pat Proft sont de retour, deux ans après le premier volume qui voyait déjà Topper Harley et la belle Ramada, ainsi que Benson (Lloyd Bridges) devenu ici président des Etats-Unis. Et à nouveau, rien de tout ceci est sérieux, Abrahams reprenant les mêmes ressorts comiques qua dans le film précédent et les autres tournés avec les frères Zucker. Alors évidemment, il faut avoir l’œil sur tout ce qui se passe : non seulement l’intrigue en elle-même, mais aussi les différents éléments de l’écran qui se passent en arrière-plan et qui parasitent l’action principale.

 

Encore une fois, nous avons droit à de très nombreuses références cinématographiques, certaines évidentes – le combat entre le président Benson et Saddam Hussein tout droit sorti de Starwars – mais aussi des éléments plus subtiles comme la séquence d’adieux de Casablanca entre Topper et Ramada à défaut d’avoir Bogart et Bergman : là encore, au moment du dernier au-revoir, une hélice se met en marche, mais c’est celle d’un hélicoptère (il faut bien renouveler le genre).

Mais la plus belle référence reste, à mon avis celle d’Apocalypse Now avec l’intervention de Martin Sheen qui se trouve ne plus être le père de Charlie/Topper et qui fait une référence à Wall Street dans lequel jouent les deux acteurs. Martin Sheen n’est d’ailleurs pas mentionné lors du générique final qui est encore une fois truffé de gags pour les spectateurs qui ont la patience de rester jusqu’au bout (1).

 

Mais ce film a deux handicaps sévères : le premier, c’est une répétition systématique d’un système comique qui a fait ses preuves mais qui a tendance à lasser, même si on ne peut s’empêcher de rire à quelques trouvailles bien vues – la référence aux Aventures de Robin des Bois de Michael Curtiz, par exemple (2) – et la seconde que nous sommes dans une suite qui, comme la majorité des cas, ne s’imposait pas.

Et i faut convenir que l’expression d’Horace – bis repetita placent – n’est pas toujours valable, surtout quand on parle de suite cinématographique.

 

Alors on s’amuse – un peu – certes, mais on se dit qu’il y avait peut-être autre chose à faire.

Lire un livre, par exemple.

Ah mais non, j’oubliais, les livres ne sont pas « essentiels ».

 

PS : bien sûr, le fantôme de Rambo (II) plane sur le film, d’autant que Richard Crenna apparaît ici, lui qui interpréta trois fois le supérieur du soldat stallonien.

 

  1. Il ne faut jamais partir avant la fin avec ce réalisateur !
  2. Le jeu d’ombres du duel sur le mur

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Western
Martyrs of the Alamo (Christy Cabanne, 1915)

23 février – 6 mars 1836 : siège de Fort Alamo.

La mission de San Antonio (Texas) devient le lieu d’une guerre sans merci entre les troupes régulières du général Santa Anna (Walter Long) du Mexique à une poignée d’insurgés américains menés par le colonel Travis (John T. Dillon) lui-même soutenu par deux légendes de l’Ouest américain : Davy Crockett (Allan Sears) et Jim Bowie (Alfred Paget).

Bien sûr, Santa Anna, avec ces milliers d’hommes va venir à bout de la résistance des 180 insurgés, mais quelques semaines plus tard (21 avril) la bataille de San Jacinto, sera remportée par le général Houston (Tom Wilson) et verra l’indépendance de l’état par rapport au Mexique, première étape avant son annexion par les Etats-Unis qui aura lieu neuf ans plus tard.

 

Depuis ses débuts, le cinéma est un vecteur didactique important. Nombreux sont les réalisateurs qui ont usé ce medium pour relater de grands épisodes de l’histoire (L’Exécution de Marie, Reine des Ecossais, 1895 ; L’Assassinat du Duc de Guise, 1908, ou encore Naissance d’une Nation, la même année que ce film), ceci afin de retracer ces grands événements et leur donner une réalité pour les spectateurs de l’époque.

Avec ces Martyrs d’Alamo, il en va de même : la narration est univoque là-dessus, il s’agit avant tout de célébrer la résistance et le sacrifice de cette poignée d’Américains qui ont contribué à la libération du Texas.

 

Bien sûr, Christy Cabanne n’a pas la maîtrise que pouvait avoir Griffith (1) à la même période, mais son épopée possède tout de même de beaux moments et une volonté réaliste claire. De la même façon, le format du film – 71 minutes – oblige Cabanne à resserrer son intrigue, résumant certains éléments ou utilisant des ellipses temporelles pour faire tout tenir dedans.

Mais dans l’ensemble, tout est là : la rivalité Bowie-Travis, la maladie du premier et la troupe de trappeurs qui accompagne ces hommes.

Parce que, à défaut de reprendre les gravures officielles qui nous montrent un Travis blond dans un uniforme impeccable, nous avons ici un petit homme portant lui aussi une toque en peau de castor. Et de la même façon, alors que Travis était le plus jeune – il a 26 ans contre 39 à Bowie – ici il semble être le plus âgé du trio de commandement. Tout comme Crockett qui a 49 ans quand débute le siège et qui est interprété par un Allan Sears qui est le plus jeune des trois acteurs.

 

On sent l’influence de Griffith (Birth of a Nation est sorti en février précédent) dans les différentes séquences de combat mais Cabanne a encore du chemin à faire pour rattraper le maître : les combats sont âpres mais il leur manque la vision d’ensemble griffithienne servie par la caméra de l’indéfectible Billy Bitzer.

On aura alors droit à quelques scènes un tantinet empesées qui vont marquer les événements de ce siège, avec tout de même l’utilisation de plans rapprochés – voire gros – sur certains personnages afin de dégager leur importance par rapport aux autres.

On n’évite pas non plus un certain surjeu dans quelques séquences, surtout celle avec Silent Smith (Sam de Grasse) qui espionne chez Santa Anna.

 

Santa Anna est d’ailleurs l’un des personnages les plus réussis – il est l’un de ceux qui sont les plus mis en avant – et l’interprétation de Walter Lang n’y est pas étrangère : encore une fois, il campe un personnage peu recommandable (2), un général d’opérette qui se prend pour Napoléon 1er mais a toutes les apparences de l’empereur Smith (3), le côté débonnaire en moins. La réussite du personnage indiquant là encore le succès du film, qui veut qu’un méchant soit réussi pour que le film le soit aussi.

Par contre, les « héros » d’Alamo sont moins réussis, la forme du film ne laissant pas la place, par exemple, d’exposer avec plus de détails les dissensions entre Bowie et Travis (4).

Et le grand perdant est Davy Crockett, légende absolue de l’Ouest américain qui passe après les deux autres. Cela est d’autant plus étonnant que Crockett aura même sa minisérie à la télévision quelques décennies plus tard (1954) !

 

Au final, Cabanne nous livre ici un épisode important de l’histoire américaine, gommant la légende pour se concentrer sur les faits tels qu’ils étaient relatés par la Texas State Historical Association, cédant parfois au grandiloquent mais sans en abuser, insistant bien entendu sur la vaillance des Texans face à des Mexicains peu éduqués et veules, leur chef en tête.

On vibre avec ces colons assiégés face à cet ogre mexicain qui sera finalement vaincu et on termine impressionnés par les dernières scènes immobiles de la fin des combats, dont la mort de Bowie est peut-être l’image la plus marquante.

 

Bref, du cinéma !

 

  1. Il est arrivé à ola réalisation cinq ans après le Maître Griffith.
  2. Santa Anna, en outre, était un véritable incapable : son succès (relatif) à Alamo en est un exemple flagrant : réussir à mater 180 personnes avec 3000 soldats…
  3. L’Empereur Smith - Morris & Goscinny, 1976.
  4. Rassurez-vous, John Wayne s’en chargera 45 ans plus tard.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Actualité, #Politique
Essayez la Dictature, vous verrez...

« Une dictature, c'est un régime où une personne ou un clan décident des lois. Une dictature, c'est un régime où on ne change pas les dirigeants, jamais. Si la France c'est cela, essayez la dictature et vous verrez ! »

Emmanuel Macron (Le Point, 24-01-2020)

 

Notre cher Président s’exprimait alors qu’on lui reprochait de s’appuyer un peu trop fortement (voire violemment) sur la police pour faire régner (1) l’ordre.

Il semblerait que cette exhortation du chef de l’Etat a fait son chemin pendant ces quelques mois, surtout avec l’arrivée (programmée ?) du coronavirus qui, lui aussi, a été importé de Chine, comme beaucoup de produits ces derniers temps.

Je ne reviendrai pas sur la gestion sanitaire (lamentable) de la Covid-19, j’en ai déjà parlé ici. Mais je reviendrai sur la gestion humaine de cette même épidémie, depuis le confinement qui a commencé le 17 mars 2020 et qui est toujours d’actualité aujourd’hui, après une trêve estivale indispensable (2).

 

Mais depuis la fin du déconfinement, c’est une surenchère sécuritaire qui s’est abattu sur ce « beau pays de France », le faisant ressembler de plus en plus à une de ces dictatures que ce même président nous encourageait à essayer. En effet, du fait des gestes barrières et autres distances de sécurité obligatoires, les rassemblements de plusieurs personnes, qui avaient beaucoup empoisonné l’action du gouvernement ces derniers mois, sont maintenant beaucoup plus compliqués à organiser (3). Mais ce n’était pas suffisant, et il a fallu renforcer les mesures déjà en place.


Alors on a demandé aux étudiants de rester chez eux.

Certes, l’enseignement était toujours dispensé, mais distillé en visioconférences, très loin les uns des autres. Mais pourquoi interdire les cours d’université sur place et dans le même temps autoriser les autres élèves (4) à se rendre dans leurs établissements, avec en prime un passage par les transports en commun dont l’application des distances de sécurité sont un modèle du genre (5).

Mais pourquoi interdire aux étudiants ce qu’on autorise à (presque) tous les autres ?

Pour une raison toute simple : les universités ont toujours été des foyers de contestation, et ce bien avant 1968. N’oublions pas que les universités ont été déplacées hors des centres-villes pour éviter les régulières manifestations plus ou moins pacifiques.

Mais cet isolement individuel ne suffisait pas et nos gouvernants pont trouvé une nouvelle mesure pour museler un peu plus les étudiants : la pénalisation de l’occupation des campus. Finies, toutes ces veilles nocturnes dans les amphis, à guetter le reflet d’un bouclier ou d’une matraque de CRS. Fini les assemblées générales plus ou moins houleuses où la parole se libère et l’espérance d’un monde meilleur se construire s’élabore, et toute cette sorte de choses.

 

Mais l’autre menace pour le gouvernement, c’est l’information. A défaut d’user de fake news comme un futur ex-président américain, il a été décidé de s’attaquer à la source de l’information : les journalistes. Et les débordements de la manifestation du 17 novembre n’ont pas apaisé les tensions. A nouveau, nous avons eu droit à des violences policières – qui n’existent d’ailleurs pas, si on en croit le gouvernement – et des intimidations envers ces mêmes journalistes.

Après le contrôle de la jeunesse (contestataire), c’est le contrôle de l’information (libre), base de toute bonne dictature qui se conçoit. A quand le retour du Ministère de l’Information, tombé en désuétude depuis 1974 ?

 

Une réflexion vient de me venir.
Outre les étudiants, ces gauchistes contestataires, les autres victimes de ce confinement sont les personnes âgées, réputées fragiles face à ce virus, qui n’ont le droit de sortir que parcimonieusement.

Or que remarque-t-on quand on visionne les images de propagande tournées par les différents régimes autoritaires des XXème et XXIème siècles ? Une absence totale (ou presque) de personnes âgées(6).

Pourquoi ? Parce que ces gens montrent l’inéluctable : la vieillesse, cette dégénérescence cellulaire naturelle  inévitable qui amène vers une issue encore plus inévitable, la mort.

De tout temps, les dictateurs ont voulu paraître plus jeunes, afin d’incarner un idéal de force et de santé, et ont toujours écarté les différentes images qui rappellent cet inéluctable universel.

D’où la volonté de cacher ces « vieux » qui sont un outrage à l’essor dynamique plus ou moins impulsé par le(s) dirigeant(s).

 

Alors, essayer la dictature ? Non merci, c’est tout vu.

 

  1. Terme, semble-t-il, pas usurpé.
  2. Il ne faut pas compromettre les rentrées financières touristiques.
  3. Mais pas impossibles comme le confirment les dernières manifestations contre la dérive (ultra) sécuritaire de ce même gouvernement.
  4. Les étudiants, malgré leur statut, restent des élèves.
  5. Modèle de ce qu’il ne faudrait pas faire, cela va de soi.
  6. Les plus âgés sont en général les dirigeants…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Science-Fiction, #Marvel, #Ruben Fleischer
Venom (Ruben Fleischer, 2018)

Plaisant.

La dernière fois (et aussi la première d’ailleurs) qu’on avait vu Venom au cinéma, c’était dans le troisième opus de la trilogie Spider-Man de Sam Raimi. Venom (Topher Grace) était un être maléfique qui s’ajoutait aux ennemis (légions) de l’Araignée.

Ici, Venom n’est pas un véritable personnage maléfique, même si sa tendance le pousse à dévorer la tête de ses ennemis.

Mais reprenons.

 

Eddie Brock (Tom Hardy) est un super-reporter (1) qui se retrouve viré de la chaîne qui l’employait après une interviouve du docteur Carlton Drake (Riz Ahmed), génie de la génétique et visionnaire et milliardaire, qui a l’intention de coloniser l’espace. (2)

Une de ses fusées de prospection revient avec des échantillons de vie extraterrestres qu’il va exploiter pour ses projets expansionnistes.

Mais Eddie Brock est remis en selle par une collaboratrice du « génie » et s’introduit dans le complexe de recherche. (Mal)heureusement pour lui, il en ressort porteur d’une des entités extraterrestres, Venom.

La cohabitation est alors fort compliquée…

 

Oubliez donc tout ce que vous aviez vu chez Sam Raimi – dont le Venom était proche du personnage initial de chez Marvel – et acceptez Venom comme une nouvelle entité un brin déviante mais dont le rôle reste tout de même du bon côté, le côté obscur étant occupé par Drake/Riot (3), dans la lignée des autres super-méchants de la franchise.

On retrouve tout de même le côté peu scrupuleux de Brock ici puisque sa déchéance est avant tout due à une trahison envers sa petite amie, la belle Annie Weying (Michelle Williams).

Et le choix de Tom Hardy (qui est aussi producteur) se trouve judicieux au vu de la prestation de l’acteur, très à l’aise dans ce personnage un tantinet nonchalant, et surtout qui ne possède aucun aspect véritablement exceptionnel comme on peut le voir chez les différents Avengers déjà décrits ici.

 

Au final, nous avons un nouvel épisode Marvel avec son lot d’action, d’humour et de merveilleux, qui n’apporte certes pas grand-chose à l’univers déjà exposé depuis quelques décennies mais on passe tout de même un bon moment avec ce super-héros pas si super que ça.

Certes, l’aspect « méchant mais quand même gentil » de Venom peut lasser (4), et la poursuite en voiture, pour spectaculaire qu’elle soit, est un peu longuette et amène un sentiment de déjà vu.

Il n’empêche, on s’amuse bien et c’est bien là l’essentiel. On peut même se dire qu’on pourrait en rester là après cette aventure. Mais vous connaissez Marvel, et on ne va certainement pas passer à côté d’une trilogie comme chez les autres…

Et la séquence post-générique ne nous détrompe pas : Brock s’en va visiter la prison de San Quentin (CA), et en particulier un détenu qu’on est appelé à revoir, Cletus «  Carnage » Kasady (Woody Harrelson).

 

PS : Stan Lee était encore en vie quand le film a été tourné, alors évidemment, il intervient…

 

  1. Chez Marvel, il n’y a que des super-quelque chose.
  2. Toute ressemblance avec Elon Musk ne peut être que fortuite…
  3. Riot est l’autre entité E.T. qui va s’emparer du corps du milliardaire.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Drame, #Thriller, #Alfred Hitchcock
Psychose (Psycho - Alfred Hitchcock, 1960)

Unique.

Hitchcock au sommet de son art.

Dans son film précédent – North by Northwest (1959) – il était déjà arrivé à un très haut niveau, mais avec ce « petit film » (1), il arrive au sommet (2), réalisant l’un des plus grands films du cinéma mondial, merveille de direction et de cadrages, autour d’une intrigue proprement diabolique (3), servi par des interprètes à la hauteur de l’événement, Anthony Perkins en tête.

 

« A boy’s best friend is his mother. (4) » (Norman Bates)

Cette réplique pourrait presque résumer le film à elle toute seule tant la relation entre Norman (Anthony Perkins) et sa mère est fusionnelle, jusqu’à l’impensable. Mais ce n’est- pas Norman que nous suivons au début du film, c’est Marion Crane (Janet Leigh), secrétaire d’un agent immobilier qui vient de conclure une transaction de 40.000 dollars (une somme en 1960 !). La tentation est trop forte : Marion, au lieu d’aller déposer l’argent à la banque s’enfuit rejoindre son amant Sam Loomis (John Gavin). En chemin, exténuée, elle s’arrête dans un motel à l’écart de la grand route ; le motel Bates, tenu par Norman (Anthony Perkins) qui y vit avec sa mère.

 

Je le répète : ce film est extraordinaire. Pas un seul élément à enlever. Tout est pensé, planifié et exécuté avec une incroyable précision, maintenant un suspense des plus impressionnants, mettant les nerfs des spectateurs à rude épreuve, dans une période où le cinéma d’horreur et d’épouvante avait encore du chemin à faire avant d’arriver à une telle tension.

Comme toujours chez Hitchcock, c’est une accumulation de détails qui vont accompagner une intrigue parfaite, le réalisateur se concentrant sur chacun d’entre eux pour lui donner l’importance nécessaire pour l’insérer à son scénario, comme un immense puzzle qu’il va ensuite assembler sous nos yeux et qui sera ensuite corroboré par la séquence d’explication finale un tantinet agathachristien (5).

 

Un journal de Los Angeles, une page de carnet, des oiseaux empaillés : tels sont les accessoires indispensables de cette intrigue que le réalisateur met à notre disposition pour résoudre ce mystère. Ajoutez à cela un sens du cadrage fantastique, alternant travellings et plongées et vous aurez tous les éléments nécessaires pour comprendre ce qu’il se passe au motel Bates. Parce que tout est là : Hitchcock ne cache rien au spectateur. Ou plutôt si : la poitrine de Janet Leigh. En effet, la seule fausse note de ce film, et Hitchcock est longuement revenu dessus, c’est la présence de ce soutien-gorge dans la séquence d’ouverture. Certes, le Code Hays est encore en vigueur et surtout, mademoiselle Leigh n’a pas l’intention de dévoiler ses charmes au monde entier !

 

Et au-delà de ce détail pittoresque, il faut aussi voir dans cet interdit qu’Hitchcock va enfreindre onze ans  plus tard (pas avant !). La séquence incontournable de la douche est marquée par cette volonté de l’actrice de ne rien révéler : chaque plan est conçu pour ne rien montrer et quand cela aurait pu être possible, une main ou/et un bras se place devant la partie interdite. Bref, Hitchcock nous montre tout sans jamais rien dévoiler : du grand art !

Quant à la performance d’Anthony Perkins, elle tout bonnement admirable : il possède l’allure du jeune homme comme on peut en croiser à cette époque, au contact facile et au sourire charmant, mais dès qu’on commence à gratter la surface, il se met à perdre ses moyens. On découvre alors un autre personnage, inquiétant et lié maladivement à une mère impotente mais tyrannique.

On sent des pulsions chez ce jeune homme qui arrive presque à la cacher, amenant seulement une méfiance chez ses interlocuteurs mais pas beaucoup plus : vivre seul, à l’écart, dans une grande maison avec une mère invalide n’engendre pas la joie de vivre. Bien sûr, on retrouve des pulsions sexuelles – chez Hitchcock, le sexe est très présent – mais si Norman a tout du voyeur, il n’ira pas au-delà de ce qu’il aura pu apercevoir dans le trou qu’il a percé entre son bureau et la chambre de Marion. Est-ce de l’impuissance ?

Quoi qu’il en soit, Perkins joue avec beaucoup de brio sur son visage, servi par un éclairage parfait, mis en valeur par le noir et blanc du film (6).

Parce que le format noir et blanc amène beaucoup au film, créant une atmosphère inquiétante comme le souhaitaient les studios Universal dans les années 1930.

Mais la terreur qui se dégage de ce film est sans comparaison avec ces films d’avant : non seulement Hitchcock mène la tension à son paroxysme, mais il réussit à surprendre – et effrayer – les spectateurs de manière plus efficace que les réalisateurs de Universal.

 

On a, depuis, fait d’autres films d’horreur, avec un suspense haletant, mais jamais dans de telles proportions. Et surtout, ceux qui vont venir après vont se souvenir de ce que fit Hitchcock. A nouveau on sursautera, mais la force du maître, c’est d’avoir été le premier et surtout, d’avoir créé un suspense époustouflant sans jamais tomber dans le grandiloquent, ni utiliser une forme d’humour pas toujours bienvenu comme on peut le voir chez certains spécialiste de l’horreur. Oui, cette histoire est horrible et la violence est forte, Hitchcock n’épargnant pas le spectateur en lui proposant des images choc. Mais il le fait à bon escient, gardant toujours la bonne distance, étant spectaculaire sans devenir outrancier, et en restant sérieux sans toutefois se prendre lui-même au sérieux.

La classe, quoi.        

 

  1. Seulement 806.947 dollars.
  2. Même son film suivant, Les Oiseaux, n’atteindra pas cette perfection : quand on arrive au sommet, il ne reste plus qu’une chose à faire, descendre.
  3. « La meilleure amie d’un garçon, c’est sa mère. ».
  4. A l’instar du film du même nom de Clouzot, il est demandé aux spectateurs de ne pas raconter la fin après la projection. On comprend pourquoi.
  5. Je sais, je néologise : que voulez-vous, on ne se refait pas…
  6. Pour deux raisons : le sang est moins choquant et surtout, ça coûte moins cher !

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Road Movie, #Michael Cimino
The Sunchaser (Michael Cimino, 1996)

Michael Cimino est décidément un réalisateur atypique. Il a beau avoir fait très peu de films (7 longs métrages, encore moins que Kubrick), il n’en demeure pas moins un personnage de premier plan dans le cinéma américain, réalisant lui aussi à chaque fois un film particulier, voire unique, sondant toujours plus loin l’âme humaine.

C’est encore en cas ici avec ce Sunchaser, son dernier long, dont le titre évoque un personnage de légende indienne, qui va lier le destin des deux protagonistes, à la vie, à la mort.

 

Le docteur Reynolds (Woody Harrelson) est un oncologue émérite promis à de très grandes choses jusqu’à l’arrivée d’un patient bien singulier : Brandon « Blue » Monroe (Jon Seda).
Ce jeune homme (16 ans) est un criminel enfermé pour homicide, atteint d’un cancer incurable. Blue va alors profiter d’un transfert pour s’évader, emmenant avec lui comme otage le docteur Reynolds, vers une destination mystique : une montagne sacrée en haut de laquelle se situe un lac guérisseur.

 

Nous sommes ici dans un formidable road movie qui, comme son nom l’indique va amener les personnages d’un endroit à l’autre et surtout d’un état à un autre, ce changement amenant une amélioration de ces deux hommes que rien ne reliaient, si ce n’est la maladie.

En effet, qu’y a-t-il de commun entre un oncologue distingué qui roule en Porsche 911 et un métis meurtrier qui a grandi dans les bas quartiers ? Rien, si ce n’est cette terrible maladie qui tue à petit feu le jeune homme.

Mais cette association déséquilibrée à différents niveaux va rapidement se révéler bénéfique et amener l’équilibre nécessaire à la résolution d’une intrigue et amener la transfiguration inévitable (rédemption ?) des deux protagonistes.

 

En effet, nous assistons à une sorte de principe de vases communicants : chacun des deux hommes est rempli d’une chose et vide d’une autre, et quand leur expérience va se terminer, chacun aura vidé son trop-plein et rempli son vide, amenant une égalité entre eux deux.

Reynolds est plein d’espoir (surtout celui de devenir chef de service de l’hôpital prestigieux dans lequel il travaille), mais il vide de qualités humaines : ses patients se sont que des patients, pas des êtres humains qui souffrent et ont leurs difficultés. C’est aussi un homme très rationnel, imperméable aux croyances de quelque nature qu’elles soient.

Blue a lui un trop-plein de violence, hérité de son enfance malheureuse et pauvre, et surtout d’un beau-père terrible qu’il va tuer pour l’empêcher de nuire. Et pour l’espoir, entre la prison et la maladie, il ne reste pas beaucoup de place.

 

Et ces deux hommes vont progressivement se vider, l’un de la violence, l’autre de certains espoirs, et se remplir avec ce que l’autre aura abandonné : c’est Reynolds qui va relancer le jeune homme quand tout semble perdu ; c’est Blue qui va amener Reynolds à sortir de la utiliser la violence et voler pour lui, pour le maintenir en vie (1).

Et pour arriver au final à un même niveau de plénitude pour ces deux hommes, partis pour affronter une nouvelle vie, fort différente pour les deux hommes. Cette plénitude s’exprime très bien dans le dernier échange entre les deux fugitifs. Quant au visage radieux de Reynolds quand il retrouve sa femme, il se passe de commentaire.

 

J’ai dit que rien ne les reliait si ce n’et la maladie. C’et un peu erroné parce que tous les deux ont tué. Et tous les deux pour une raison qu’on pourrait qualifier de « valable », même s’il n’existe aucune justification pour la mort de quelqu’un, même le pire des bourreaux.

Ces morts données ont façonné les vies des deux hommes, amenant l’un vers le haut et l’autre vers le bas : l’expérience commune qu’ils vont vivre va les mettre tous les deux au même niveau (encore les vases communicants) et les libérer de ces morts encombrantes.

Une rédemption, en quelque sorte.

 

  1. Tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir… 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Science-Fiction, #Marc Caro
Dante 01 (Marc Caro, 2008)

 

Dante, à part être l’un des plus grands auteurs italiens est ici une planète volcanique autour de laquelle tourne un satellite très particulier : il s’agit d’une base spatiale qui abrite des condamnés de droit commun hautement dangereux.

Leurs lourds passés les obligent en outre à être utilisés comme cobaye dans quelque expérience scientifique prévue par l’autorité supérieure qui gère – de très loin – cette unité spéciale.

Un jour, un nouveau détenu arrive. Il ne parle pas, il ne fait que trembler et il possède un tatouage sur l’épaule droite : Saint-Georges terrassant le dragon. Il sera donc surnommé ainsi, Saint-Georges, et va devoir vivre avec quelques rebuts de l’humanité aux noms évocateurs : Attila (Yann Collette), Bouddha (Bruno Lochet), César (Dominique Pinon), Lazare (François Levantal), Moloch (François Hadji-Lazaro) et Raspoutine (Lotfi Yahya-Jedidi), sous la garde de Charon (Gérald Laroche) et la supervision de Perséphone (Maria Maicanescu).

 

Unique.

Il est difficile de classer ce film de Marc Caro, qui réalise ici son premier – et pour l'instant dernier – long métrage tout seul, tant il ressemble à peu d’autres films.

Certes, on y retrouve un cadre de science-fiction bien établi et sur certains points, on retrouve des allusions à certains classiques dont je parlerai plus loin.

Mais à cela s’ajoute une dimension métaphysique très importante, voire religieuse, ou encore mystique peu habituelle dans le genre.

Et surtout, on retrouve quelques éléments visuels qu’on avait déjà découvert dans l’association que Caro avait menée avec Jeunet lors de leurs deux premiers films. Il règne à de nombreux moments cette atmosphère glauque et étouffante due aussi à l’enfermement des différents protagonistes : les criminels sont dans une prison, mais leurs gardiens et médecins ne sont pas mieux lotis puisqu’ils ne peuvent quitter la station comme ils le voudraient.

 

Bien sûr, cette station spatiale nous invite à penser à Alien, et les virus mutants qui sont inoculés nous ramènent à la créature qui sème la terreur et la mort dans le film de Ridley Scott. De plus, ici aussi il est urgent de faire quelque chose pour survivre, l’orbite de la station amenant progressivement cette dernière vers Dante. Peut-on en outre voir un clin d’œil au vieux complice Jeunet dans l’épreuve que doit passer César : il doit encore une fois traverser un passage rempli d’eau, comme ce fut le cas dans l’opus AlienResurrection de son vieux camarade.

L’autre référence peut se trouver chez Kubrick, dans son incontournable 2001, a space Odyssey. En effet, le sacrifice final de Saint-Georges rappelle le voyage vers l’infini de David Bowman (Keir Dullea) dans la dernière partie du film (là aussi), ce déferlement d’images amenant un changement pour le protagoniste comme c’est aussi le cas ici.

 

Bref, c’est un film à part, même s’il reprend quelques codes connus. A part parce que le propos est différents des autres et la façon de traiter cette « aventure » spatiale est en décalage avec les différents traitements de la survie dans l’espace que nous avons pu voir ces dernières années.

Et surtout, c’est toute la dimension métaphysique qui brouille les cartes, avec le personnage central de Saint-Georges, véritable figure christique. C’est lui qui, comme celui qu’on appelle le Rédempteur, va soulager ses compagnons d’infortune et prendre leur mal. De plus, on peut remarquer différentes images qui rappellent la Croix : la forme de la station qui peut représenter une croix, tout comme elle peut faire songer à une forme humaine, les bras écartés. Ces bras écartés se retrouveront d’ailleurs quand Saint-Georges sera étendu pour examen, alors qu’il est déjà considéré comme mort par l’autre scientifique de la base, Elisa (Lin Dan-Pham).

De la même façon, le dernier plan de Saint-Georges, laisse-t-il quelque doute quant à sa dimension messianique ?

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Espionnage, #James Bond, #Martin Campbell
Casino Royale (Martin Campbell, 2006)

Et de 6 !

Après Sean Connery (six films), George Lazenby (un film), Roger Moore (sept films), Timothy Dalton (deux films) et Pierce Brosnan (quatre films), voici le nouveau venu dans la série d’EON: Daniel Craig.

On pouvait croire avoir tout vu de cette série, surtout après le battage festif autour du dernier opus quatre ans plus tôt, résumé ainsi : quarante ans, vingt films.

On se doute bien qu’EON ne pouvait en rester là, et sur l’idée de relancer la série en reprenant à l’origine, on engagea un acteur plus jeune (Pierce Brosnan avait passé les 50 ans).

 

 James Bond, quand le film commence, est un jeune agent du MI6 qui n’a pas encore l’appellation « double zéro ». Mais suite à l’exécution de deux personnes, il gagne ses galons et devient celui que nous connaissons tous sous le pseudonyme de 007.

Sa mission – qu’il accepte toujours – est de mettre fin à un trafic d’armes dont un des organisateurs se fait appeler Le Chiffre (Madds Mikkelsen), spécialiste des mathématiques et immense joueur de poker.

Pour l’aider dans ses aventures, le MI6 met à sa disposition une jeune femme (superbe) mystérieuse : Vesper Lynd (Eva Green).

 

C’est un véritable coup de fraîcheur qui débarque sur les écrans avec cette nouvelle ( ?) aventure de l’espion le plus célèbre (1) du Septième Art. Mais il reste tout de même un lien avec les aventures précédentes : l’immuable M (Dame Judi Dench) (2).

Mais c’est tout : ni Q, ni Moneypenny pour une pause humoristique ! L’intrigue est resserrée sur la mission, et seules de rares occasions permettent un sourire, l’humour british étant limité au minimum.

Et ce n’est pas si gênant qu’on aurait pu le croire, les traits comiques ayant tendance à se systématiser dans les derniers opus (3). Et au bout du compte, ce recadrage un tantinet plus sérieux ne nuit pas au film.

 

Pour le reste, nous retrouvons les ingrédients qui ont fait le charme et la réputation de la série : jolies femmes (indispensable), tables de jeu (deux), voitures de luxe (dont une Aston Martin) ainsi l’éternel Martini-vodka dont la préparation est le cadet des soucis de notre ami James quand il le demande !

Sans oublier la réplique inévitable : « My/the name is Bond. James Bond. »

Bien entendu, nous avons droit à des scènes d’actions musclées et spectaculaires, et une partie de poker « hold’em » d’anthologie où s’affrontent deux esprits supérieurs dont l’un d’eux est un formidable mauvais perdant.

 

Au final, c’est un très bon retour de notre agent secret préféré (1), dirigé par un spécialiste des films d’action et qui avait déjà fait ses preuves dans la série avec GoldenEye, servi par un montage qui donne un équilibre entre les scènes d’actions intenses et les pauses indispensables, sans pour autant être des séquences sans relief – la tension de la partie de cartes en est une belle illustration.

 

James Bond est de retour et pas seulement aux origines !

 

  1. Après Austin Powers, bien sûr…
  2. Il y a une relation très particulière entre ces deux personnages, comme on avait pu le voir depuis que M était devenue une femme, mais qui est renforcée par le regard tellement bleu de Daniel Craig.
  3. Cela ne m’empêche pas de considérer Pierce Brosnan comme un James fort acceptable.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Drame, #Zabou Breitman
Se souvenir des belles Choses (Zabou Breitman, 2001)

D’un côté Claire (Isabelle Carré) ; qui a été victime d’un coup de foudre (1) et qui a tendance à oublier des choses.

De l’autre, Philippe (Bernard Campan), qui a tout oublié suite à un accident de voiture qui a tué sa femme et son fils (2).

Ils se rencontrent. Ils s’aiment.

Philippe a la mémoire qui lui revient.

Claire oublie de plus en plus.

 

Vingt ans après son premier rôle au cinéma, Zabou Breitman passe derrière la caméra. Et pour un premier essai, c’est une belle réussite qui nous est proposée ici. A partir d’un scénario difficile – la maladie d’Alzheimer – elle réalise un film tout en subtilité, filmant avec beaucoup de retenue deux destins qui vont se croiser, l’un qui monte pendant que l’autre descend.

C’est un film très touchant, où Zabou prend le temps de filmer cette lente progression vers l’inéluctable oubli. Parce que nous savons très vite que Claire va décliner : sa mère a été emportée par cette maladie terrible et même son jeune âge ne pourra pas l’empêcher de suivre ses traces. On en vient alors à se demander s’il y a vraiment eu un coup de foudre.

 

Mais cet accident sert l’intrigue et la rapproche alors de Philippe, autre accidenté de la vie. Et c’est ce rapprochement qui fait tout le sel de cette histoire tragique mais très belle : c’est la mémoire qui les lie et qui est l’enjeu de leur aventure amoureuse qui prend son essor au moment où ils quittent l’institution qui les a rassemblés pour vivre ensemble.

C’est cette installation qui fait basculer le film dans la tragédie, sans pour autant tomber dans le pathétique. Si l’état de santé de Claire se détériore de plus en plus, ce n’est pas pour elle une tragédie : elle reste heureuse et semble apprécier ce qu’est devenue sa vie, entre réalité et fantaisie.

 

Et la force de ce film est de nous montrer cette détérioration progressive, et ce malgré les différents artifices mis en place pour lui permettre de continuer à avoir une vie normale : pense-bêtes, alarmes régulières qui rythment son programme de journée… Mais même malgré ces différentes dispositions, la maladie progresse toujours et va finir par la rattraper définitivement : l’achat de la baguette est l’illustration parfaite des limites de ce que Philippe peut faire pour l’enrayer. Quant à la dernière séquence après l’orage, elle conclut avec encore beaucoup de subtilité cette histoire hautement tragique qui n’est jamais véritablement présentée comme telle : jamais on ne plaint ce des êtres qui s’aiment malgré tout.

 

Et le film est servi par une très belle interprétation, le duo Carré-Campan en tête. Isabelle Carré est – encore une fois – magnifique dans cette composition difficile où le piège aurait été de tomber dans le surjeu : c’est par petites touches qu’elle va nous montrer le déclin de Claire, de ses absences passagères jusqu’à l’oubli total de ce qu’est (était ?) vraiment sa vie. Et l’utilisation ponctuelle d’une caméra subjective accentue le décalage entre ce que nous voyons et ce qu’elle peut ressentir.

Quant à Bernard Campan, il est là où on ne l’attendait pas : cantonné à des rôles comiques du fait de son passé aux Inconnus, on n’aurait pas imaginé qu’il fût capable d’émouvoir autrement qu’en faisant rire (3). Il campe un « beau homme » tout en nuance qui comprend, à ses dépens l’enjeu de sa relation avec Claire : ce qu’il gagne en mémoire et qui va lui ramener sa véritable identité, c’est ce que Claire est en train de perdre. Et surtout, il comprend bien qu’il n’y aura pas de retour en arrière possible pour elle.

Et c’est là qu’est la véritable tragédie.

 

  1. Un vrai, pendant un orage.
  2. Qui les a tués ? Philippe ou l’accident ?
  3. Je sais, il est plus facile de faire pleurer que de faire rire. Il n’empêche.

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