15 avril 1912, 2 h 20 : le Titanic coule 2 heures et cinquante minutes après avoir heurté un iceberg. Environ 1500 morts et 700 rescapés.
Parmi les passagers, outre les personnalités – Guggenheim (Camillo Guercio) ou les Astor (Frances Bergen & William Johnstone), on trouve les Sturges. Elle (Barbara Stanwyck) fuit son mari (Clifton Webb) avec ses enfants (Audrey Dalton & Harper Carter). Sturges, averti au dernier moment, réussit à prendre place dans le bateau, pour une explication sérieuse, et malheureusement finale…
Nous sommes donc lors de la première – et dernière –è traversée du Titanic, et déjà, nous savons que tout cela se finira très mal. Mais comme d’habitude, c’est la façon dont la catastrophe va arriver qui nous intéresse. Tout comme les différente destins croisés : les Sturges, le révérend Healey (Richard Basehart) ou encore le jeune Giff Rogers (Robert Wagner), amoureux d’Annette (Audrey Dalton).
Côté Sturges, la moitié est sure de d’en tirer (les femmes), ce qui n’en va pas de même pour les deux hommes, même si Norman (Harper Carter) n’est pas ce qu’on peut considérer un homme, mais il porte tout de même un pantalon, alors…
Bien sûr, le nœud de l’intrigue (1) concerne les parents Sturges, et surtout l’attitude de Richard.
Autant le dire tout de suite, Richard Ward Sturges est un personnage très peu recommandable, bouffi de vanité et d’orgueil dont le seul plaisir dans la vie est de participer à n’importe quelle cérémonie mondaine, quelle qu’elle soit. Avec en prime le désir de placer sa fille dans les bras d’un riche héritier. Bref, un type assez répugnant. Surtout que les révélations que va lui faire sa femme ne sont pas pour apaiser les esprits.
Mais comme nous sommes dans un film américain, même si Negulesco était roumain, le naufrage va être le prétexte à différents rachats. Que voulez-vous, on en revient à la sempiternelle rédemption. Elle va toucher deux personnages plus que d’autres : Healey et bien sûr Sturges.
Healey parce qu’il est un prêtre défroqué qui rentre de Rome vers les Etats-Unis, chassé de l’Eglise pour alcoolisme. Sturges enfin, parce qu’un personnage aussi vil ne peut pas être complètement mauvais, surtout quand il est interprété par Clifton Webb. Dès que le choc avec l’iceberg se produit, ce sale personnage se transforme en véritable gentleman, conscient de ses responsabilités : un passager modèle. Il en profite pour faire la paix avec sa femme et quitter dignement ses enfants. Bref, il n’a pas volé son salut.
Il est le digne représentant des passagers de ce bateau qui est en train de sombrer : nulle panique, nulle excitation alors que le navire s’enfonce inlassablement dans l’océan. Seules quelques explosions nous rappellent le tragique de la situation, ainsi que les différents plans inclinés dus à l’avant qui s’enfonce.
Et c’est là que le bât blesse dans le film de Negulesco. Il est difficile de croire que tous ces hommes – les femmes sont dans les bateaux, ne l’oublions pas – ont attendu patiemment que le bateau les engloutisse tous pendant qu’ils chantaient Plus près de Toi, mon Dieu. Et cela d’autant plus quand on a vu le formidable film homonyme de James Cameron. Il y a un manque flagrant de réalisme. Et je ne parle pas de l’utilisation (impeccable) des maquettes (2) de Maurice Ransford et Lyle R. Wheeler.
D’une manière générale, ce naufrage est très statique, chacun attendant patiemment la fin. Difficile tout de même d’y croire.
Reste une adaptation très académique et ma foi fort agréable à regarder, scénarisée par un Charles Brackett en pleine forme et qui a beaucoup fait pour ce film. Outre l’écriture du scénario, il est aussi producteur de ce film à grand spectacle. Et ce fut payant : en plus du succès, le film reçut un Oscar… Pour le scénario (3).
- Principale, nous savons que le bateau coule, alors ça devient accessoire…
- Difficile, en 1953, d’avoir recours aux effets spéciaux numériques…
- « Original », comme ils disent…
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