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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Comédie, #Roscoe Arbuckle, #Buster Keaton
Fatty chez lui (The Rough House - Roscoe Arbuckle & Buster Keaton, 1917)

Fatty (Roscoe Arbuckle) s’endort, une cigarette à la main. Allumée, cela va de soi. Evidemment, le feu se déclare et il va chercher pour l’éteindre… Une tasse !

L’incendie maîtrisé, la maison s’excite et Fatty se retrouve à cuisiner, suite aux défections du cuisinier (Al St. John) et de la servante (Josephine Stevens) tous les deux remerciés suite à l’arrivée d’un commis (Buster Keaton) pendant le petit déjeuner.

Arrivent deux escrocs qui seront confondus par l’ex-commis et l’ex-cuisinier, devenus entre-temps policiers.

 

Encore une fois, il est difficile de résumer l’intrigue des courts films de Roscoe Arbuckle, tant le format (deux bobines) est utilisé à fond et rempli jusqu’à la limite de gags plus ou moins élaborés. Moins avec les coups de pieds dans le derrière et autres projectiles envoyés à la figure, plus avec une idée de gag qui fera école quelques années plus tard jusqu’à devenir un must : Fatty plante deux fourchettes dans deux petits pains et la fait danser…

Mais dans l’ensemble, c’est tout de même l’influence Keystone qui domine, avec ses inévitables policiers abrutis et maladroits, ici interprétés surtout par Keaton et St. John.

 

C’est d’ailleurs ici la première collaboration de Keaton à la mise en scène comme le confirme une place plus importante dans le scénario et ses cascades elles aussi inévitables. D’une manière générale, il faut être très souple et un tantinet athlétique pour participer aux films de ce trio infernal. Et la jeune Josephine Stevens (qu’on avait déjà vu dans le film précédent) ne dépare pas face à ces pieds nickelés.

Mais c’est encore Roscoe Arbuckle qui a le premier rôle et l’intrigue est recentrée sur lui, tout comme la caméra sur certains plans.

 

C’est très drôle mais c’est tout de même du grand n’importe quoi et le fait que ce film fut retrouvé tardivement – il fut longtemps considéré comme perdu – peut expliquer une pauvre qualité d’image voire quelques secondes manquantes par ci par là.

Mais on ne va pas bouder le plaisir de retrouver ce trio loufoque et surtout les débuts derrière la caméra de l’immense Buster.

Au fait, si le titre original prend une majuscule à Rough, ce n’est pas parce que c’est un adjectif (1) : c’est le nom de famille de Fatty…

Il est donc bien « chez lui »…

 

J’oubliais : Keaton, qui n’en est qu’à son deuxième film n’a pas encore trouvé le ton de son personnage impassible : il sourit ! Et même plus…

 

  1. rough = rugueux, rude : de quoi qualifier malgré tout cette maisonnée…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Michael Engler
Downton Abbey (Michael Engler, 2019)

So british !

 

Autant le dire tout de suite, je n’ai pas vu la série. Mais il est clair que le film donne furieusement envie de se plonger dans ce microcosme britannique avec délectation.
La famille Crawley, dans sa demeure séculaire s’apprête à accueillir le couple royal (Kate Philips & Simon Jones)  qui est en tournée « populaire ». Deux repas et une nuit vont des dérouler avec le couple royal. Et la livrée qui va avec. C’est cette dernière exigence qui pose problème : les domestiques du lieu semblent – et sont – aussi compétents que ces Londoniens qui arrivent en territoire conquis !

 

Nous sommes en 1927, pendant que le cinéma connaissait son apogée. Mais bien entendu, cela n’a rien à voir avec cette intrigue ultra british où l’humour du même nom côtoie certains poncifs incontournables. On a plaisir à retrouver Dame Maggie Smith dans cette comédie brillante, retrouvant du même coup Penelope Wilton (Lady Isabelle) ou encore Imelda Staunton (Lady Maud Bagshaw) avec qui elle a déjà partagé l’affiche.

Et bien sûr, comme nous sommes dans un milieu ultra british (je l’ai déjà dit), le manque de sentiment est exacerbé, préférant laisser la part belle aux apparences, quitte à faire le malheur des autres. C’est presque ce qui arrive avec miss Smith (Tuppence Middleton), victime de cette sorte d’omerta sentimentale : elle n’est évidemment pas qui elle prétend (ou qu’on lui fait prétendre être).

 

Une des habiletés des scénaristes, c’est bien sûr de pondre une intrigue interpositionnable : la venue du couple royal, à partir du moment où elle n’interfère pas dans celle de la série peut se dérouler à n’importe quel moment, et même ne pas exister du tout (1). Et il paraît évident que c’est le cas ici. Même si certains éléments peuvent avoir une certaine influence sur ce que la série av devenir : la grossesse de  Lady Edith (Laura Carmichael) ne peut pas être un élément anodin de ce qui va suivre !

L’autre habileté, c’est d’avoir conçu une sous-intrigue ancillaire : l’arrivée du couple royale va entraîner des bouleversements prévisibles (mais non anticipés) qui vont reléguer l’équipe domestique au second (voire plus) plan : l’équipe royale habituelle va tenter de mettre la main sur celle de cette demeure provinciale, pour ne pas dire campagnarde (2).

 

Et dans le même temps, on assiste à une sous-sous-intrigue mettant en scène le majordome en titre, Barrow (Rob-James Collier) un tantinet injustement écarté au profit de l’expérimenté Carson (Jim Carter). Ce majordome en titre apporte une dimension sociale non négligeable : homosexuel, il se retrouve pris dans une rafle, après avoir suivi un autre jeune homme séduisant dans ce qu’on pourrait appeler un speakeasy, bien que l’alcool ne soit pas prohibé en Grande-Bretagne à, la même époque.

 

Bref, une intrigue principale avec des ramifications multiples mais qui se tiennent, et un résultat des plus réjouissants, surtout quand, comme moi on raffole de cet esprit british.

Pas d’hésitation, donc…

 

  1. Certaines séries télévisées (comme D.A.) le font sans vergogne !
  2. Je n’ai pas d’adjectif se rapportant à « plouc ».

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Documentaire, #Docu-Fiction, #Jean-Jacques Annaud
Notre-Dame brûle (Jean-Jacques Annaud, 2022)

Ca commence par une cigarette qu’on allume et que son propriétaire va consommer le temps d’arriver à son nouveau travail : Moumet (Oumar Diolo) est agent de sécurité-incendie à la cathédrale Notre-Dame. Il va passer la journée dans un petit bureau l’œil vissé sur le panneau électrique d’alerte incendie. Et bien entendu, l’alerte va s’activer. Mais pas comme il faudrait : « une fausse alerte », comme ils disent. Enfin c’est plutôt un dysfonctionnement parce que le feu s’est déclaré, suite à un court-circuit (comme dans La Tour infernale) et non une cigarette comme semblait l’annoncer la séquence d’ouverture.

Ensuite, c’est l’apocalypse. Huit siècles d’histoire qui partent (presque) en fumée, devant le regard fasciné et effaré des badauds, à Paris et ailleurs.

 

Encore une fois, c’est la faute à pas de chance : un court-circuit de rien du tout (un pigeon qui picore un câble et c’est une catastrophe effroyable, mais comme l’a senti Annaud dès le début : quel spectacle !

Et ce spectacle va être alimenté (comme le feu) par des plans de coupe qui s’attardent sur des détails (presque) dérisoires (sculpture sur une poutre qui se consume, eau sur une cloche…) qui vont émailler cette gigantesque et sublime catastrophe. Avec parfois un peu d’excès : la goutte d’eau qui tombe pile sous l’œil de la statue de Notre-Dame et qui la fait pleurer.

C’est absolument impressionnant et on ne peut que saluer l’exploit technique, se demandant à longueur de film : mais comment ont-ils fait. Et là, on est obligé de saluer le travail d’Adrien Durand (assistant au réalisateur) et Dominique Moisan et leur équipe qui ont en outre dû reconstruire une autre cathédrale à l’échelle, pour la faire brûler elle aussi !

 

Mais la véritable prouesse du film, c’est de combiner les images d’archives avec celles (re)créées pour les besoins du scénario, donnant une dimension très réaliste de l’événement. Et surtout de mettre en avant les « soldats du feu » : les seuls soldats acceptables parce que leur devoir, c’est avant tout de sauver des vies humaines.

Et là encore, le réalisme est de mise : les conditions infernales (le mot est on ne peut plus adéquat) rencontrées accentuent l’exploit de ces héros anonymes (1). A ce propos, L’Enfer au Paradis aurait été un sous-titre plutôt acceptable : du fait du télescopage des deux substantifs antithétiques et aussi parce que l’incendie se déclare tout là-haut… (1)

 

Et cette déclaration, qui va durer jusqu’à la première flamme visible, va occuper un peu plus de la première demi-heure du film, est à mon humble avis le meilleur moment du film, Annaud prenant le temps d’installer une tension qui ne va se dissiper qu’avec l’incendie, une fois que tout sera éteint. Bien sûr, la cigarette initiale est une fausse piste, tout comme celle de l’ouvrier sur l’échafaudage sous le sigle d’interdiction de fumer. D’ailleurs cette deuxième cigarette va amener la « fausse » alerte. Mais c’est la fumée qui va faire monter cette tension, à mesure qu’elle va se développer, grandir et s’épaissir : « il n’y a pas de fumée sans feu » répète-t-on à l’envi, et c’est ce que nous montre cette première demi-heure. Nous savons que le feu se développe, mais nous ne le voyons jamais. Et la première flamme qu’il nous est possible de voir va être une libération pour le spectateur, le véritable signal de cette catastrophe annoncée.

Ensuite, c’est le sauvetage de ce qui peut l’être : le trésor, bien sûr, mais aussi la structure qui aurait pu s’effondrer (3).

 

Et comme Notre-Dame n’est pas un monument anodin, on pense bien sûr à Hugo et aux différentes adaptations cinématographiques qui l’ont mise en valeur : on retrouve le plomb fondu qui s’évacue par les gargouilles, le clocher où Quasimodo vivait et vibrait… Et aussi d’une certaine façon un clin d’œil à un autre film d’Annaud où un autre haut lieu culturel brûlait déjà : Le Nom de la Rose.

 

  1. Bien sûr, ils ont tous un nom, mais ces noms se perdent dans l’esprit de corps véhiculé par cette institution prestigieuse.
  2. ♪ « Plus près de toi mon Dieu » ♫…
  3. Surtout si on avait écouté un président américain…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Documentaire, #Jean Vigo, #Boris Kaufman
A propos de Nice (Jean Vigo & Boris Kaufman, 1930)

« So nice in Nice », chantaient les Stranglers, et c’est presque ce qu’on pourrait penser de ce film qui nous montre cette ville balnéaire au début de l’année 1930. Nous sommes au moment des derniers préparatifs du carnaval qui va devenir la pièce centrale du film, mêlant l’insouciance des joyeux fêtards et un sujet beaucoup plus sérieux, la mort.

Et tout ça sans un mot, sans un bruit.

 

Ca commence par une prise de vue aérienne de Nice, survolée quelques instants (pour nous) avant que la caméra s’y installe et nous fasse découvrir certains aspects plus ou moins reluisants de cette ville, au temps où les congés payés n’étaient qu’une chimère. Vous l’aurez compris, ces gens oisifs qui se prélassent sur les chaises de la Promenade des Anglais, s’ils sont des vacanciers, sont avant tout des riches. Et la jeune mendiante qui s’approche d’eux détonne complètement, mais passant (presque) inaperçue aux regards de ces nantis.

Et Vigo enfonce le clou à leur propos, insérant un plan d’autruche après avoir montré une de ces élégantes.


Et c’est ainsi que va se dérouler le film. Des images qui se suivent sans ordre, à première vue et qui sont interrompues par un plan isolé qui va changer le point de vue du spectateur. C’est le cas de ce haut palmier qu’on entretient et autour duquel Kaufman fait tourner sa caméra avant de se concentrer sur un autre plus petit : normal, il est encore dans un pot !

Ce sera le cas du carnaval qui verra défiler à sa suite un régiment, entrecoupé par un plan de cimetière (celui du Château), rappelant que les soldats sont avant tout là pour tuer (2).

 

Et cet insert d’images presque contradictoire va donner tout son intérêt au film, cassant cette image faussement heureuse de cette ville de nantis. Enfin d’une minorité de nantis : Vigo et Kaufman laissent une place aux petits, les plus nombreux dans cette ville (3), à travers les balayeurs qui maintiennent le niveau de propreté de la ville, les vendeurs de socca, cette spécialité niçoise, amenée dans d’immenses plateaux sur leur tête, ou encore les enfants qui jouent avec passion, autant que leurs aînés pendant la pétanque (« sport » incontournable, cela va de soi, quand on est dans le Midi).

 

Et puis il y a donc ce carnaval qui est source de joie et d’insouciance, où les gens sont heureux de voir défiler chars et grosses têtes, Kaufman allant même jusqu’à filmer des bouts de visage de ceux qui les portent à travers la (petite) lucarne qui leur permet de se diriger (4). C’est aussi le cadre d’une étonnante bataille de fleurs, les gens s’envoyant des petits bouquets à la figure, avec le sourire, bien entendu, jusqu’à ce qu’un participant reçoive le bouquet de trop et devienne menaçant. On y trouve aussi une étonnante reine (elle n’est ni jeune ni belle) qui est régulièrement bombardée de ces bouquets.

 

Et puis il y a les jeunes filles. Elles sont jeunes et belles, insouciantes et la jambe légère, découvrant sans vergogne leurs dessous (affriolant, évidemment), entraînées par cette liesse populaire. Mais cette insouciance n’échappe pas aux regards des deux complices et vont s’insérer des plans de ce même cimetière entrevu avec les militaires, tandis que la vitesse de défilement des jeunes et jolies carnavalières va ralentir, comme un avertissement : profitez maintenant, car la mort vous attend inexorablement (1).

 

Et d’ailleurs, nous avons droit à un autre défilé, corroborant cette idée : un enterrement qui voit les gens sortir d’une église et suivre un corbillard. Mais encore une fois avec un élément qui va à l’encontre des images qui nous sont montrées, et que je vous laisse découvrir…

 

  1. Seul le titre de la chanson est adéquat. Les circonstances de son écriture n’ont absolument rien à voir avec le film de Vigo & Kaufman.
  2. Dans notre société où la mort est devenue un tabou, on s’étonne de voir que la guerre fait des victimes.
  3. Ce déballage de riches(ses) n’empêche pas Nice d’être une belle ville. Enfin c’est le souvenir que j’en ai…
  4. L’ayant fait plusieurs années de suite, cette lucarne est indispensable mais n’empêche pas tout, surtout les enragés qui veulent y enfouir leur paquet de confettis.
  5. « Cueillez, cueillez votre jeunesse… » (Pierre de Ronsard)
A propos de Nice (Jean Vigo & Boris Kaufman, 1930)

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie dramatique, #Henry Hathaway
C'est pour toujours (Now and forever - Henry Hathaway, 1934)

Jerry Day (Gary Cooper) est un escroc à la petite semaine, un tantinet voleur quand l’occasion se présente. Il va de palace en palace exécuter ses petites arnaques jusqu’à ce que son passé se rappelle à lui : avant d’être marié à la belle Toni (Carole Lombard), il a eu une autre femme et surtout une petite fille.

Décidé à « vendre » cette enfant à son (ex) beau-frère (George Webb), il va rencontrer la petite Penelope « Penny » Day (Shirley Temple). C’est une révélation : non seulement il ne va pas la vendre, mais en plus, il va l’emmener pour qu’elle vive avec lui.

Seulement ses activités (franchement) douteuses s’accordent très mal avec l’éducation d’une jeune enfant…

 

Quelle affiche !

Henry Hathaway a rassemblé trois pointures pour cette comédie un brin douce-amère, et qui montre encore une fois (comme s’il y avait besoin) le talent de Gary Cooper. Et pour une fois, ce dernier n’a pas un rôle très clair : il ne possède pas la rectitude qu’on lui connaît, et l’épisode du collier d’émeraudes le prouve incontestablement.

Mais c’est surtout le duo qu’il forme avec Shirley Temple qui fait tout le sel du film. Le courant passe admirablement et la jeune Shirley (6 ans à la sortie du film) est formidable. Non seulement elle est très mignonne, mais en plus elle joue juste. Bien entendu elle chante, mais pas trop (1). De plus, elle se hisse au niveau de Gary Cooper (pas mal pour une gamine aussi jeune)

 

Hélas, cela relègue Carole Lombard en arrière-plan : quand on est trois, il y en a un de trop (2). Et cela est bien dommage parce que placée au premier plan, elle aurait très certainement donné une autre dimension à cette comédie. Mais Hathaway n’est pas Capra ni Lubitsch, et l’épisode du collier (toujours lui) ramène le trio – et surtout Jerry – à une réalité abrupte : certes Jerry est un père aimant et Penny lui est très attachée, mais il demeure un délinquant et ne peut décemment pas s’occuper d’une petite fille.

Bien entendu, nous retrouvons cette idée de rédemption chère au cinéma américain, et Jerry y est sur le chemin, payant d’une certaine façon le prix fort de deux manières, que je vous laisse découvrir.

 

D’où la teinte douce-amère de cette comédie : cela se termine presque bien.

 

  1. C’est ce que j’ai du mal à supporter chez elle…
  2. Je préfère la version anglaise : « two’s a company, three’s a crowd » (vous traduirez vous-même).

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #DC Comics, #Batman, #Matt Reeves
The Batman (Matt Reeves, 2022)

Le chevalier noir (comme on l’appelait dans la série des années 2000) est de retour. Et bien sûr, il n’est pas seul : Jim Gordon (Jeffrey Wright) et Alfred (Andy « Gollum » Serkis) bien sûr, mais aussi Catwoman (Zoë Kravitz) et le Pingouin (Colin Farrell absolument méconnaissable), sans oublier le grand méchant : Carmine Falcone (John « Jesus » Turturro). Enfin ce n’est pas vraiment le super méchant puisqu’en même temps que la corruption règne à Gotham City (comme de bien entendu), une espèce de faux justicier élimine tous les responsables de cette corruption (maire, commissaire, procureur…) : The Riddler (Paul Dano).

Batman (Robert Pattinson) a donc fort à faire dans cet énième épisode de ses aventures…

 

Un peu plus de deux ans après le formidable Joker de Todd Philips, voici donc la dernière mouture du héros de Bill Finger et Bob Kane. Alors autant le dire tout de suite (et ce fut une source de moquerie tout à fait justifiée, voir ci-dessous), c’est un film noir. Très noir. Et même trop noir. Et je ne parle pas de l’intrigue : ça manquer cruellement de lumière, même dans les séquences qui se déroulent en journée. En effet, c’est presque toujours en intérieur (chez Bruce Wayne ou dans une église) et quand on sort, c’est en fin de journée, quand la lumière commence à baisser. C’est très certainement là que le bât blesse dans ce film. On en arrive parfois à imaginer certains personnages sur l’écran. Ce qui est un comble pour un art qui se base sur le visage des interprètes.
 

Parce qu’autrement, on est dans la lignée du film de Philips (un cran en dessous tout de même), avec un Batman humain avant tout, rempli de doutes et même amoureux (de Catwoman, vous vous en doutiez). Et en plus de cette noirceur morale, on assiste à certains ratés qui montrent certaines limites (humaines) du personnage : son atterrissage après avoir survolé (forcé) la ville est magnifiquement raté.

Mais pour le reste, le spectacle est là, parfois un peu trop et cela devient difficilement supportable : la poursuite en voiture est fort difficile à apprécier. On a fait mieux avant (1).

De plus, on évite le rembobinage complet : quand le film commence, voilà déjà deux ans que le justicier masqué œuvre dans ce repaire de criminels.

 

En ce qui concerne l’interprétation, Pattinson s’en tire très bien dans ce rôle emblématique et si sa pâleur naturelle rappelle ses rôles précédents, elle contribue aussi à cet effet tourmenté qui étreint le personnage. Certes, le masque ne permet pas beaucoup d’expression faciale, mais on ne retrouve pas l’aspect artificiel de Christian Bale chez Christopher Nolan quand Batman s’exprime. De plus, le parti pris de faire de Batman le narrateur du film accentue cet aspect humain recherché.

Et bien sûr, la plus grande surprise vient de Colin Farrell : le travail de Michael Fontaine est époustouflant. Il a fallu que je lise son nom dans les crédits de fin pour me rendre compte que c’était lui qui interprétait le Pingouin (2).

 

Par contre, la musique de Michael Giacchino laisse à désirer. Si ses variations autour de l’Ave Maria de Schubert sont appréciables, le thème de Batman est beaucoup trop proche de celui de Darth Vador et a tendance à polluer ce que nous voyons. L’analogie vestimentaire peut faire sourire, mais à la longue, elle lasse.

 

Alors, The Batman, un film à voir ? Oui.

 

  1. Je ne dis pas que c’était mieux avant, je dis seulement que la poursuite n’est pas le moment le plus intéressant du film.
  2. Je consulte rarement les éléments d’un film que je vais voir car j’aime être surpris. Ce fut le cas ici !
The Batman (Matt Reeves, 2022)

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Western, #John Ford
Du Sang dans la prairie (Hell Bent - John Ford, 1918)

Un romancier reçoit une commande de son éditeur : raconter l’histoire d’un homme normal, ni bon ni mauvais, dans des situations ordinaires. Ce romancier va prendre comme base un tableau A Misdeal de Frederic Remington (1861-1909), immense peintre américain qui a su croquer sur le vif ce far West américain qui va émailler le cinéma de John Ford.

Après une partie de cartes qui tourne mal, Cheyenne Harry (Carey) qui a plus d’un atout dans sa manche (1), fuit et se réfugie à Rawhide, ville qui vit sous la coupe de Beau Ross (Joe Harris), un bandit notoire. Il y fait deux rencontres déterminantes : Cimmaron Bill (Duke R. Lee) et Bess (Neva Gerber). Le premier lui apportera une amitié indéfectible, la seconde un peu plus…

 

John Ford continue à installer son Far West, prenant déjà appui sur le travail pictural de Remington, s’appuyant sur le jeu – et l’écriture – de son interprète principal, Harry Carey. Il va rapidement sortir du cadre de l’artiste peintre pour installer son microcosme dans une bourgade proche du Rio Grande (2). Comme nous ne sommes qu’en 1918 quand sort le film, ce microcosme est très réduit et tourne autour d’un lieu emblématique : le saloon qui sert de salle de danse et d’hôtel. C’est d’ailleurs là que notre héros va rencontrer Bill, amenant une séquence comique (indispensable chez Ford) autour de la chanson traditionnelle Sweet Genoveve, qu’ils massacrent allègrement !

 

Bien sûr, le personnage de Harry est inspiré de ceux William S. Hart, et le titre original, même s’il n’exprime pas la même chose (3), fait écho à Hell’s Hinges, avec ce même cow-boy. Ici aussi, d’ailleurs, le héros débarrasse la ville de son parasite, sans pour autant la réduire en cendres.

Mais alors que Hart est un archétype de héros de western, Harry ici est beaucoup plus ordinaire : on retrouve écho de la commande initiale de l’intrigue. Cheyenne Harry est un homme fruste comme l’indique son comportement envers Bess au saloon.

 

Et cette même Bess annonce de son côté ces femmes fortes qui vont se développer tout au long du parcours cinématographique de Ford. Certes, on n’en est pas encore à la conduite de Mildred Natwick avec Victor McLaglen dans La Charge héroïque (4), mais le regard noir de Neva Gerber est très éloquent. Et si cela ne vous semble pas suffisant, j’ajouterai que c’est elle qui va prendre en main la destinée de sa famille, son frère Jack (Vester Pegg) n’assumant plus rien après avoir été renvoyé de la Wells Fargo : leur mère a besoin d’argent et Bess va se faire embaucher au saloon. Là encore, nous retrouvons un élément essentiel du monde fordien : la famille.

 

Je terminerai en regrettant l’état général de la copie disponible : certes, les images sont en bon état, mais comme il s’agit d’une édition retrouvée en République Tchèque, retravaillée lors de sa sortie. Les raccords du montage ne sont pas toujours ceux que les spectateurs américains de 1918 ont pu voir.

Mais comme c’est John Ford, ça ne gâche pas trop notre plaisir…

 

  1. Il en a dans plusieurs poches et ce sont essentiellement des as, indispensables pour gagner au poker, sauf quand cela tourne mal…
  2. C’est pratique pour se réfugier de l’autre côté quand on est recherché par la Justice…
  3. On pourrait traduire par acharné : Harry irait jusqu’en enfer pour réaliser son dessein (merci professeur Allen John). Encore une fois, le traducteur français s’est fait plaisir. C’est sûr que c’est plus vendeur…
  4. Là encore très influencé par le travail de Remington.
A Misdeal (Frederic Remington, 1897)

A Misdeal (Frederic Remington, 1897)

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Aventures, #Espionnage, #Wesley Ruggles
The leopard Woman (Wesley Ruggles, 1920)

La « femme léopard » du titre, c’est Madame (Louise Glaum). Une mondaine de type femme fatale qui opère sur Le Caire européen. Parce que cela se passe en Egypte (1), du temps où les empires occidentaux régnaient sans partage sur l’Afrique.

Arrive le séduisant John Culbertson (House Peters), aventurier britannique, qui ne réagit pas à la présence de la jeune femme. De toute façon, il est happé par un membre de l’ambassade anglaise pour mener à bien des négociations auprès d’une peuplade reculée. Mais ces négociations ne font pas le jeu de tout le monde, et Madame est envoyée à son tour par son ambassadeur dans cette même région pour saboter ces mêmes négociations : ralentir Culbertson, voire le tuer si nécessaire.

Bien entendu, ils vont tomber amoureux l’un de l’autre.

 

Le titre est alléchant, le lieu de l’intrigue prometteur, et les péripéties qui s’annoncent sont de bon augure. Mais, on reste sur sa faim.

Pourquoi avoir appelé cette femme ainsi ? Est-ce la présence de peaux de l’animal sur son lit ou le motif de sa robe qui la font surnommer ainsi ? Je cherche encore la réponse.

Si nous ne sommes pas spécialement en Egypte à mesure que l’intrigue se déroule, la savane africaine ne referme que très peu de mystère voire de danger : à part un rhinocéros en colère, pas de quoi frémir. Et même cet épisode est réglé en trois coups de cuiller à pot : Culbertson prend tranquillement son fusil et abat l’animal du premier coup, alors que l’homme de main de Madame, Chaké (Noble Johnson, acteur malheureusement oublié malgré sa filmographie exceptionnelle) a fait feu plusieurs fois de suite sans jamais le toucher…

Quant aux péripéties, elles ne sont pas légion : on s’ennuie fermement pendant la traversée du territoire supposé hostile. Il faut dire que l’intrigue amoureuse prend le dessus sur le reste et du coup, tout le reste devient accessoire.

 

On notera tout de même que nous n’avons pas droit ici aux « black faces » habituelles : les rôles des « autochtones » sont tenus par de véritables acteurs noirs, et en particulier Noble Johnson, acteur oublié malgré sa filmographie impressionnante. Mais ne nous y trompons pas, les Noirs ne sont pas dépeints de façon très positive : ils ne sont bons qu’à transporter le maté »riel et s’enfuient dès le moindre danger. Même le traitement qu’ils endurent avec Madame (elle les fait avancer à coups de fouet) fait peu réagir Culbertson, même si on sent qu’il n’est pas vraiment d’accord avec de telles pratiques.

Bref on ne sort pas de la vision blanche commune du cinéma de l’époque (et qui va perdurer encore quelques temps).

 

Comme on s’ennuie un peu en voyant ce film, on se concentre sur autre chose : les intertitres. Dès l’ouverture, on note qu’ils s’y sont mis à trois pour les concevoir : Leo H. Braun, Carl Schneider & F.J. van Halle. Trois, c’est peut-être un peu beaucoup pour une telle entreprise, non ? Et bien pas tant que ça : les intertitres sont travaillés et on a même droit à un poing armé d’un couteau en surimpression. Bref, des cartons très soignés. Enfin ceux qu’on peut bien voir parce que la qualité de la copie laisse à désirer et certains sont devenus surexposés avec le temps, et donc illisibles.

Au final, si le film de Ruggles « surfe » sur la tendance exotique de l’époque qui voyait une profusion de films se passer loin dans des endroits mystérieux, on a du mal à se passionner pour cette intrigue somme toute bien plate, et ce malgré des éléments propices à l’évasion : exotisme, espionnage...

Dommage.

 

  1. Si ce n’était pas précisé, outre un plan qui nous laisse entrevoir le site de Gizeh, peu d’éléments nous indiquent que nous sommes là-bas…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Comédie, #Mack Sennett, #Mabel Normand, #Roscoe Arbuckle
Mabel's new Hero (Mack Sennett, 1913)

Mabel (Normand) va passer l’après-midi à la plage avec ses amies et leur présente à cette occasion son fiancé, l’imposant Fatty (Roscoe Arbuckle). Mais ce qui aurait dû être une après-midi agréable devient un calvaire après la rencontre de l’irrésistible (du moins le croit-il) Handsom Harry (Charles Inslee). Ce dernier va tout faire, par jalousie, pour séparer les amoureux, lâchant même un ballon (pas beaucoup dirigeable) dans l’air avec la jeune femme dedans.
Heureusement, Fatty va la sauver, avec l’aide (pas toujours très efficace) des Keystone Cops !

 

Nous sommes chez Mack Sennett, et comme d’habitude, tout va très vite : tout doit aller très vite. Et comme il a réuni deux des plus grandes vedettes de l’époque (1), le spectacle attendu est là et bien là. On retrouve la fraîcheur de Mabel, ainsi que sa force de caractère et dans le même temps, la carrure imposante d’Arbuckle qui ne l’empêche pas « tomber » les filles. Et cet embonpoint caractéristique est une source de gags : trop gros, il fait s’effondrer un guéridon sur lequel il comptait s’asseoir ; dans la séquence finale, il fait rebondir Mabel sur son ventre pour la remettre de face…

 

Bref, Arbuckle, s’il n’apparaît pas tout de suite sur l’écran, prend toute la place une fois qu’il s’est montré. Et le jeu tout en subtilité de Mabel Normand s’accorde parfaitement avec celui de cet immense acteur (au sens propre comme au figuré !).

Et bien sûr, cette intrigue maritime permet à Sennett de placer quelques jolies jeunes femmes, dont Mabel qui exhibe en ombres chinoises certaines de ses formes, pour le plus grand plaisir de ce voyeur de Handsome Harry.

 

Et évidemment, nous retrouvons les inévitables policiers, véritable marque de fabrique du studio Keystone : ils sont cinq, toujours excités et peu efficaces. Il faut s’y reprendre à plusieurs fois pour faire atterrir Mabel. Et chaque occasion offerte les voit sur leur fondement. S’ils n’aidaient pas (un peu) Fatty à redescendre la belle, on pourrait même douter de leur utilité !

Quoi qu’il en soit, on s’amuse beaucoup de cette aventure improbable mais on se dit tout de même qu’un peu de calme n’aurait pas nui au film, mais il n’y a qu’une bobine (10 minutes) et il faut s tenir à ce métrage.

Dommage, surtout que Roscoe Arbuckle avait une délicatesse aussi grande que son ventre, c’est dire !

 

Signe des temps : le titre original a plus tard été changé en Fatty & the bathing Beauties (Fatty et les jolies baigneuses). Roscoe Arbuckle avait pris une plus grande place auprès du public que Mabel, et devenait de ce fait plus vendeur…

 

  1. Chaplin et Keaton ne sont pas encore connus.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Comédie, #Charles Chaplin, #Henry Lehrman
Pour gagner sa Vie (Making a Living - Henry Lehrman, 1914)

Pour gagner sa vie, et d’une certaine façon épouser la femme qu’il aime (Virginia Kirtley), une espèce de vagabond (Charles Chaplin) va s’essayer à devenir reporter. Et comme en amour (comme à la guerre, hélas), tous les coups sont permis, il va voler le travail d’un véritable journaliste (Henry Lehrman), créant au passage de nombreux incidents impliquant entre autres un couple marié et les inévitables policiers de la Keystone (1).

 

Il a un chapeau, une redingote, une canne et des moustaches. Chaplin arrive sur les écrans en ce début de février 1914. Mais nous sommes encore loin du personnage de vagabond qui va lui apporter le succès (mérité) : son costume est plutôt clair et il est en outre affublé d’un monocle qui est plus une gêne qu’autre chose.

En effet, ce monocle lui donne un rictus assez désagréable qu’il abandonne immédiatement quand il l’enlève, permettant l’apparition de ce sourire (communicatif) que nous connaissons bien.

De plus, ses moustaches tombantes, de types cow-boy ajoutent à l’aspect artificiel engendré par le monocle.

 

Et ne négligeons pas l’intérêt le plus important de ce court film : il s’agit du premier Chaplin. Certes, il n’est qu’acteur (2), mais on voit pointer ce qui va faire le succès de ce personnage, une fois qu’il aura trouvé ses véritables attributs : outre le sourire, ce drôle de vagabond (3) n’a aucune véritable morale et fera tout pour arriver à ses fins.

Mais ce n’est pas encore lui qui dirige, c’est alors Henry Lehrman, un gagman-réalisateur de la Keystone qui, en plus de réaliser, apparaît dans ses films. Mais ce n’est pas un réalisateur très original ni innovateur, et outre un travelling arrière (à deux reprises), ce sont essentiellement des plans d’ensembles (4) qui s’enchaînent, avec les gags habituels de la compagnie de Sennett.

On notera tout de même la présence d’un acteur qui suivra longtemps Chaplin dans les années qui vont suivre : Chester Conklin (un policier).

 

Patience, encore quelques mois avant que Chaplin franchisse le pas et surtout mette au point ce personnage reconnaissable entre tous… Pour l’allure, il la trouvera dès le film suivant (Kid auto Races in Venice qui sort cinq jours plus tard), et pour la réalisation, il faudra attendre le 20 avril de cette même année pour en voir le résultat (Twenty Minutes of Love), quelques jours après son vingt-cinquième anniversaire.

 

  1. C’est normal, c’est la compagnie de Mack Sennett, producteur du film.
  2. Ce qui n’est déjà pas mal, reconnaissons-le !
  3. « a bum » (un clochard, un bon à rien…) l’appelle son adversaire.
  4. Pas toujours bien cadrés d’ailleurs, mais n’est-ce pas dû à la copie visionnée ?

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