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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Aventure, #Navet, #Tony Scott
Top Gun (Tony Scott, 1986)

Top Gun, c’est une académie de pilotage de supersoniques.

Et Peter « Maverick (1) » Mitchell a été accepté dans cette école (très) prestigieuse de ma Marine américaine (US Navy), suite à un exploit : affronter des MiG-28 soviétiques.

Pendant sa formation, il y rencontre un autre pilote avec qui la concurrence va être rude – Tom « Iceman » Kazansky (Val Kilmer) – et l’amour avec la belle Charlotte « Charlie » Blackwood (Kelly McGillis), astrophysicienne. Il y rencontrera aussi Mike « Viper » Metcalf (Tom Skerritt) qui a connu son père, pilote lui aussi qui est mort au Viêtnam.

Bien entendu, les MiG-28 vont revenir et permettre à Maverick de pleinement se réaliser.

 

Dire que je suis passé à côté de ce film « culte » à sa sortie ! Et qu’il aura fallu attendre 36 ans avant que je le voie (enfin). Et finalement, je me dis que je n’ai pas manqué grand-chose !

Certes, les images de combat aérien sont époustouflantes (Tony Scott sait être spectaculaire), mais dès qu’on repose le pied sur le plancher des vaches, l’ennui nous gagne à la vitesse grand V.

Oui, c’est le film qui a lancé définitivement Tom Cruise. Mais cela n’en fait pas pour autant un chef-d’œuvre absolu ! (Loin de là).

 

En 1986, la Guerre froide est toujours d’actualité, même si Gorbatchev est le chef de URSS. Et le film ressemble plus à un élément de propagande pour rejoindre les forces armées américaines qu’à autre chose : on y glorifie ces héros qui sont un véritable rempart contre la vermine communiste qui n’a peur de rien (Reagan est président, ne l’oublions pas) et vient défier les Américains à la moindre occasion.

Quant à la fin qui voit toutes les inimitiés disparaître avec en prime une réception triomphale, j’avoue que j’ai du mal à la supporter…

 

Tony Scott réussit un film dans l’air du temps, et qui, quelques décennies plus tard, a du mal à tenir la route. Mais l’objectif fut atteint : un succès commercial pour l’équipe du tournage et la Paramount ; une recrudescence des demandes d’enrôlement pour la Navy (+ 500 %).

 

Bref, pas sûr de vouloir voir la suite qui vient d’être présentée il y a quelques jours…

 

  1. Un  maverick est « une personne qui pense et agit de manière indépendante, se comportant souvent différemment de la manière attendue ou habituelle » (Cambridge Dictionnary). Pour l’origine du nom, je vous renvoie à l’histoire courte éponyme de la série Lucky Luke.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie dramatique, #Luis Buñuel
La Voie lactée (Luis Buñuel, 1969)

Tout commence et finit à Saint-Jacques de Compostelle nommée parce qu’un jour, une étoile a indiquée la plaine (d’où le nom). Enfin c’est ce que dit le film. Et surtout, à une carte médiévale nous montrant les chemins qui y mènent, Luis Buñuel et Jean-Claude Carrière opposent des routes plus modernes, emplies de voitures toutes plus performantes les unes que les autres (enfin c’est ce que disent les publicités et autres agents commerciaux de l’époque).

Et sur ces routes modernes de Compostelle, on retrouve deux SDF (à l’époque, on disait « clochards »), qui s’en vont eux aussi à Compostelle, mais pas obligatoirement pour les mêmes raisons…

 

« Je suis athée, Dieu merci. » Cette boutade du grand Luis prend tout son sens (encore une fois) dans ce film qu’on peut qualifier de « à sketch » tant lui et son complice (voir ci-dessus) se régalent à nous emmener dans une visite théologique fournie où le maître mot est avant tout l’hérésie. Et l’intertitre final insiste sur cet aspect : ce que nous voyons est avant tout une exposition (1) des différentes hérésies qui ont émaillé la religion catholique en un peu moins de deux mille ans. Et si Buñuel se montrait dans son premier film (Un Chien andalou), il laisse cette fois-ci ce soin à son complice dans une séquence faussement de repentir (enfin surtout pour l’église catholique) qui voit un évêque (Carrière, donc) être réintégré dans la foi. Et qui quitte l’écran accompagné d’une charmante compagnie : deux jeunes (et jolies, ce »la va de soi) femmes…

 

Même si Carrière l’a martelé dans les diverses occasions qui se sont présentées à lui, on ne peut pas voir dans ce film qu’une exposition des différentes hérésies qui ont émaillé cette religion de « tolérance, respect, partage et toute cette sorte de choses (2)…

On retrouve encore une fois l’aspect iconoclaste cher au réalisateur, ainsi que sa propre réflexion sur cette religion qu’il a depuis longtemps désertée. Et ses porte-parole, Pierre (Paul Frankeur) et Jean (Laurent Terzieff) sont les deux faces d’une même pièce : d’un côté Pierre, baigné dans cette religion qui s’y réfère par réflexe, et de l’autre Jean (2) athée convaincu sinon militant qui défie Dieu quand l’occasion se présente (orage).

 

Mais ce film est aussi l’occasion de tout mélanger et de rendre actuel des textes qui ne le sont plus beaucoup (de par leur date d’écriture) : Pierre et Jean vont devenir les témoins de cette foi en dérive, rencontrant des personnages de différentes époques, dont un Jésus (Bernard Verley) aux yeux bleus, différents ecclésiastiques plus ou moins dans le dogme (cf. Armand Maistre), jusqu’à une prostituée qui va réaliser une prophétie initiale, annoncée par un personnage qui sort de nulle par (Alain Cuny). [Qu’est-ce qu’il jouait mal !]

Et ce personnage est, à mon avis le véritable lien (autre que religieux) du cinéma de Buñuel : il apparaît sans crier gare et surtout repart accompagné d’un nain que personne n’a jamais vu (4). Nous sommes dans ce qui fut a base du cinéma de Buñuel, quarante ans plus tôt : le Surréalisme. En effet, qu’on le veuille ou non, cette voie lactée ne » ressemble à rien d’autre qu’à un rêve plus ou moins éveillé que font nos deux singuliers pèlerins.

 

Le reste n’est que théologie et autre supputation philosophique. Et come Buñuel était athée… (5)

 

  1. Plus effective qu’une condamnation : chacun peut se faire son idée.
  2. Je vais encore me faire des amis, tiens…
  3. Ne croyez pas que les noms sont aléatoires : entre Pierre, chef historique de l’Eglise (Matthieu, 16:18) et Jean, évangéliste patenté qui a vécu avec Jésus, on est bien servi…
  4. Et dont on ne verra le visage.
  5. Dieu merci !

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Comédie dramatique, #Marion Davies
Roxelane (The bride's Play - George Terwilliger, 1922)

 

Il faut absolument qu’on m’explique : pourquoi « Roxelane » ?

Etant curieux (à plus d’un titre) de nature, je suis allé chercher une quelconque parenté, et deux choix s’offraient à moi :

- La Roxelane est une rivière de Martinique longue de 7 km et 852 m. Ce n’est pas là qu’il faut chercher.

- Roxelane (vers 1500-1558) était la sultane de Soliman le Magnifique. Ah, ça se précise.

Sauf que là s’arrête l’éventuelle analogie : Roxelane, avant, était esclave et notre héroïne, ici, vient du peuple et doit épouser un représentant de la noblesse (bien loin du niveau d’un quelconque sultan).

Mais rien ne rapproche l’histoire de Roxelane et celle d’Aileen Barrett. Encore une fois, le traducteur a pris ses aises, et deux hypothèses s’offrent à moi : il venait de lire une biographiez de la sultane ou il avait abusé de certaines substances.

Mais reprenons.

 

En Irlande, il existe une coutume appelée « Bride’s play » qui voit la (toute) jeune mariée faire le tour des invités (mâles) de la noce en leur demandant s’il est son véritable amour. Jusqu’au marié lui-même qui répond, bien entendu, oui.

Par le passé, cette coutume fut catastrophique » pour le comte de Kenmar (Frank Shannon) qui vit sa promise Enid of Cashell (Marion Davies) s’enfuir avec le marquis de Muckross (John  B. O’Brien), son véritable amour.

Alors quand la jeune Aileen (Marion Davies aussi) doit se marier avec le dernier (en date) comte de Kenmar (Wyndham Standing), la mésaventure de son ancêtre refait surface. Surtout avec la présence du beau poète Bulmer Meade (Carl Miller) à qui cette même Aileen avait donné son cœur. Qu’il avait bien sûr piétiné dès qu’un nouveau cotillon était passé à proximité…

Et le jour du mariage, Meade est là !

 

Bien sûr, c’est sur Marion Davies que repose le film, interprétant pour la première fois un rôle double : celui de la jeune Aileen et celui de la mariée malheureuse du passé. Et ce n’est que justice qu’elle soit le centre de l’attention du spectateur tant son talent était grand. La réduire à la marionnette de Hearst (même s’il produit le film comme ce fut souvent le cas) est un raccourci injuste : Marion Davies interprète avec beaucoup de justesse cette jeune femme vertueuse et naïve, abusée par un bellâtre qui confond amour et désir et l’exprime avec d’autant plus de facilité qu’il a la plume facile. Elle est une superbe Aileen, même avec sa perruque de cheveux noirs, tout comme une non moins superbe Enid avec la blonde plus élaborée, la différence (outre vestimentaire) reposant sur les réactions de son visage dans deux séquences presque identiques.

 

Ces deux séquences, bien évidemment, font le sel du film : George Terwilliger nous montre deux aspects d’une même coutume, variant non seulement l’époque et donc les costumes, mais aussi (et surtout) l’éclairage : si la version « médiévale » (1) semble haute en couleur et empreinte d’un grand faste, c’est avant tout l’aspect sombre qui domine dans cette histoire racontée par les paysans autour d’un feu, donnant à la narratrice des allures de sorcière voire d’oiseau de mauvais augure. Au contraire, la séquence moderne voit le même déroulement dans les mêmes lieux (église + château) avec beaucoup moins de pompe (un peu quand même, c’est un aristo qui se marie, ne l’oublions pas !), mais en pleine journée avec des tenues très claires, le blanc dominant sur le reste (et pas seulement chez la mariée. Cette différence flagrante nous prépare à la résolution attendue : non, Aileen ne cèdera pas au bellâtre, et de quelle façon ! (2)

 

Au final, nous avons ici un film qui, s’il s’est perdu dans l’immense production hollywoodienne muette, mérite tout de même notre attention. Et ce pour deux raisons :

  1. Il y a Marion Davies ;
  2. La « reconstitution » du premier mariage est de toute beauté et d’une certaine façon fait penser au faste que déploiera Fritz Lang dans son extraordinaire diptyque Die Nibelungen.

Alors ne boudons pas notre plaisir !

 

  1. Cela se passe 800 ans plus tôt d’après les autochtones.
  2. En outre, lors du premier mariage, Enid affiche une mine affligée, due à un mariage arrangé entre les deux familles.

 

 

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Navet, #Gangsters, #Brian A. Miller
Backtrace (Brian A. Miller, 2018)

Encore une fois, des bonnes intentions ne font pas un bon film.

Vous prenez deux acteurs un tantinet vieillissant (et l’un plus que l’autre). Vous les mettez dans une intrigue improbable d’amnésie mâtinée de braquage qui tourne mal. Puis, vous y ajoutez un soupçon de corruption, et pour finir, vous n’oubliez pas de faire intervenir le FBI, avec sa légendaire opposition à n’importe quelle police américaine locale.

 

Sept ans plus tôt (1), Donovan MacDonald (Matthew Modine) a organisé le braquage d’une banque avec deux complices pour un quatrième homme, policier. Mais ce dernier n’a pas le même sens du partage que les trois autres et deux complices restent sur le carreau et MacDonald prend une balle dans la tête.

Sept ans après (2), Mac, amnésique depuis sept ans, réussit à s’évader de l’hôpital-prison où il était enfermé grâce à certaines complicités internes : Lukas (Ryan Guzman), Erin (Meadow Williams) Farren (Tyler Jon Olson). Cette évasion n’est pas gratuite : il est question d’aider Mac à retrouver la mémoire. Et surtout de récupérer le reste de l’argent qui a été enterré.

Bien sûr, on retrouvera l’argent, et Mac la mémoire. Pas besoin d’aller jusqu’au bout du film pour le savoir. Bien entendu, le seul intérêt du film, c’est le comment de ce retour mnémonique. Avec dans le même temps une chasse à l’homme – Mac est un criminel, ne l’oublions pas – dirigée par un policier têtu : Sykes (Sylvester « Sly » Stallone). C’est d’ailleurs ce dernier qui est bien entendu en opposition avec le FBI.

 

Brian A. Miller fait partie de ces réalisateurs qui ne font pas dans la dentelle. Et c’est ici le moins que l’on puisse dire. Non seulement, il n’y a pas beaucoup de place pour la subtilité, mais en plus, c’est une suite de fusillades tonitruantes, où les différents policiers impliqués feraient bien d’aller s’entraîner plus régulièrement. Surtout quand on voit le nombre incroyable de munitions utilisées pour un total de victimes somme toute fort maigre…

Mais s’il n’y avait que cela…

Le jeu des acteurs est ce qu’on peut considérer minimal. En effet, peu de travail de visage : les personnages en ressortent sommaires et seul Matthew Modine, en proie à des hallucinations (le traitement qui doit lui faire retrouver le passé) utilise (un peu) autre chose qu’un masque neutre. Bien sûr, c’est Stallone qui emporte le tournoi avec son personnage qui lui garde exactement la même apparence faciale d’un bout à l’autre du film.

Bref, on aurait aimé un peu plus d’épaisseur et surtout des émotions variées chez les différents protagonistes.

Autre élément à charge : les prises de vue. Outre un montage dynamique (trop pour moi parfois), on a droit à une accumulation de cadrages gratuits, donnant (volontairement ou non, mais en tout cas inutilement) des fausses pistes au spectateur. Sans oublier les caméras subjectives qui se mêlent à des plans du visage de celui qui est censé voir : Miller nous prend-il pour des imbéciles en insérant le visage de Matthew Modine dans ses souvenirs ? Il ne nous croit pas capable de comprendre que c’est son point de vue ? Ou alors, il ne le fait pas exprès. Et là, ça devient plus grave.

 

Est-il besoin de préciser qu’on peut éviter de voir ce film ?

Pour ma part, c’est trop tard. Mais pas pour vous !

 

  1. Plus tôt que le temps de l’intrigue principale.
  2. Le présent de l’intrigue, donc

 

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Western, #George Stevens
L'Homme des vallées perdues (Shane - George Stevens, 1953)

Cet homme des vallées perdues, c’est Shane (Alan Ladd). Et ces vallées perdues, ce sont celles qui ne sont pas couvertes par l’autorité de l’état, livrées à elles-mêmes (la loi est  trois jours de cheval). Alors évidemment, dans cette vallée perdue, c’est avant tout la loi du plus fort qui prévaut. Ou celle du plus riche (c’est souvent le même), en l’occurrence Rufus « Rufe » Ryker (Emile Meyer), éleveur de bétail qui possède presque toutes les terres autour de la ville de Grafton (1).

Presque parce que certains lopins appartiennent à des « fermiers » qui tentent, malgré les continuelles provocations des hommes de Ryker, de faire pousser des choses. Comme les Starrett – Joe (Van Heflin), Marian (Jean Arthur) et leur petit garçon Joey (Brandon De Wilde) – chez qui arrive un jour Shane. Ce dernier, témoin des agissements de Ryker va s’arrêter chez les Starrett et aider les fermiers à se débarrasser de ce tyranneau.

 

Phénoménal.

George Stevens signe ici un western magnifique, devenu, à juste titre, l’une des références du genre. On y trouve les éléments indispensables – grands espaces, bagarres et duels - mais avec parfois quelques variations bienvenues qui, d’une certaine façon, renouvellent ce genre indissociable du cinéma. Le duel final, par exemple, se déroule la nuit, pas au soleil (2).

Et puis bien sûr, il y a une histoire d’amour. La femme, c’est Marian et Jean Arthur, qui est revenue spécialement sur les écrans pour ce rôle (et son ami George Stevens). Et l’homme, il est double : il a le charme de Shane et la force morale de Starrett. Mais qu’on ne s’y trompe pas : Marian, à aucun moment, ne cède à Shane qui, d’ailleurs, ne lui fait aucune avance. Ils n’ont que deux contacts physiques pendant tout le film : lors du bal du 4 juillet quand Shane la fait danser après Joe ; et quand il part régler définitivement le problème des fermiers.

Cette scène d’adieux est d’une grande portée amoureuse : Marian n’est pas insensible au charme de cet homme de nulle part, comme elle le montre en demandant à Joe de la serrer très fort. Et la poignée de mains qu’ils échangent vaut tous les baisers du monde.

 

Mais il ne peut pas y avoir plus : Shane n’est pas un homme avec qui vivre, ni qui s’installe. Il erre de vallée en vallée. On ne sait pas grand-chose de lui : on ne sait pas d’où il vient ni où il va. Les rares choses qu’on apprend sur lui ne concernent pas sa façon de vivre mais de survivre. C’est un pistolero. Quand Joey manipule sa carabine, déclenchant un bruit qui rappelle celui d’une gâchette qui s’actionne, il dégaine (très vite, bien sûr). Il va dégainer une autre fois quand on frappe (inopinément) à la porte : cet homme doit sa survie à son « six-coups » et surtout à sa rapidité à le sortir, comme il l’explique à Joey.

Difficile de dire pour quelle raison il dégaine aussi vite et aussi facilement : est-il un homme recherché par la justice ou par une quelconque bande de hors-la-loi ? On ne le saura jamais. Mais l’arrivée de Wilson (Jack Palance) confirme que sa vie avant n’était pas de tout repos : il sait que Wilson est un autre pistolero comme lui, ce qui se confirmera dans son premier duel face à Stonewall Torrey (Elisha Cook Jr.). Et comme Torrey est avant tout un fermier, l’issue n’est pas surprenante.

 

Bien sûr, Wilson a inspiré Morris et son Phil Defer (1956) : il lui donne d’ailleurs les traits de Palance et comme lui, il est engagé par un gros propriétaire (celui de l’autre saloon de Bottleneck Gulch) et Lucky Luke se retrouve dans la même position que Shane : il doit débarrasser la ville d’un nuisible qui est prêt à tout pour s’imposer. Mais ce n’est pas la seule fois où Morris va se référer à ce film : avec son complice Goscinny, ils vont reprendre cette histoire de fermiers menacés par un gros éleveur. Ce sera Des Barbelés sur la prairie (1967), où Lucky Luke, à nouveau, aura le même rôle que Shane, sans toutefois tuer qui que ce soit : il ne tue plus personne dans ses aventures depuis Le Sosie de Lucky Luke (1947).

Comme lui, Lucky Luke vient de nulle part et y retourne.

 

Et ce film a un petit plus qui sera repris, d’une certaine façon, par Clint Eastwood dans son Pale Rider : l’histoire, la plupart du temps est vue par les yeux de Joey. Il est toujours là quand il se passe des choses, même la nuit du règlement de compte final. Tout comme Megan Wheeler (Sidney Penny), il n’a d’yeux que pour ce personnage singulier venu de nulle part (mais pas pour les mêmes raisons). De plus, sa dextérité au pistolet en fait un personnage fascinant pour ce jeune garçon qui rêve de savoir tirer.

Et quand Shane s’en va, Joey retourne à sa vie d’avant, l’intermède est terminé : les fermiers vont pouvoir véritablement s’installer dans cette vallée perdue, et Shane partira vers leur oubli. Alors que nous importe s’il meurt ou non une fois le mot fin apparu (3), puisque c’est bien connu, ce sont toujours les fermiers qui gagnent à la fin…

 

PS : je ne saurai trop vous conseiller la parodie qu’en ont tiré Harvey Kurtzman (scénario & dialogues) et John Severin (dessin) juste après sa sortie, pour Mad (voir ci-dessous)…

 

  1. Grafton n’est pas le nom de cette ville champignon mais celui du propriétaire des bâtiments commerciaux (saloon, magasin, hôtel…) : Sam Grafton (Paul McVey).
  2. Comme chez Vidor…
  3. Ce sera une des discussions du film The Negotiator (F. Gary Gray, 1998)
L'Homme des vallées perdues (Shane - George Stevens, 1953)

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Comédie, #Animation, #Segundo de Chomòn
La Maison ensorcelée (Segundo de Chomòn, 1906)

Un trio – une femme et deux hommes sont surpris par l’orage. Ils se réfugient dans une maison abandonnée qui va s’animer dès leur approche : chaises qui disparaissent quand on veut s’asseoir dessus, table qui se dresse seule et repas qui se sert sans aucune aide… Sans oublier un tableau qui s’anime et fait apparaître un personnage aussi étonnant qu’inquiétant…

 

Même s’il s’agit de l’une des premières réalisations comportant une maison hantée, le domaine reste la comédie. Il n’y a rien de bien sérieux dans ce petit film (en durée), et ses personnages, s’ils sont embêtés par les différentes actions autonomes de la maison, ne manifestent aucune peur.

De plus, tous les trois sont grimés d’une façon qui rappelle plus le maquillage des clowns qu’autre chose. Et bien sûr, les différentes péripéties qui surviennent prêtent plus à rire qu’à autre chose. Seule la figure qui apparaît dans le tableau semble inquiétante, mais rattachée à l’ensemble, c’est son aspect qui retient l’attention plus qu’autre chose.

 

Le véritable intérêt du film, c’est avant tout le travail en image par image : l’apparentement avec Méliès est flagrant (la société qui produit ce film, Pathé Frères, voulait d’ailleurs faire concurrence au grand Georges) dans l’utilisation des trucages et surimpressions, mais ce qui frappe le plus ici, c’est donc l’utilisation de ce procédé « stop animation » (1). La préparation du repas est un modèle du genre, qui voit le couteau découper saucisson et pain, la serviette se dépliant pour l’essuyer et enlever les miettes. Sans oublier une pointe humoristique avec la rondelle qui ne veut pas rentrer dans le rang.

 

De plus, les différents effets « spéciaux » sont réalisés avec beaucoup de soin : les habits qui se lèvent et prennent vie sont impressionnant, tout comme (dans une moindre mesure) la valise qui « se fait la malle » (2) dès l’entrée des personnages dans la maison. C’est limpide, les artifices utilisés n’apparaissant pas.

Et surtout, Segundo de Chomòn (3) pose les bases du cinéma d’animation européen avec cette histoire de maison hantée qu’il reprendra dans d’autres films.

 

Encore une de ces pépites que renferme le cinéma des origines, et un autre réalisateur aujourd’hui malheureusement oublié, à faire découvrir de toute urgence !

 

  1. [stopænɪmeɪʃən] Procédé image par image qu’on appelait alors (1906) procédé américain…
  2. Je sais, elle est facile, mais il était difficile de passer à côté…
  3. De son nom complet Segundo Vìctor Aurelio Chomón y Ruiz (1871-1929)

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Comédie dramatique, #Alice Guy
Les Feuilles chéant (Falling Leaves - Alice Guy, 1912)

« Quand la dernière feuille de l'automne sera tombée, elle mourra. »

Cette sentence prononcée par le médecin de la famille inquiet beaucoup la jeune Trixie (Magda Foy): il n’est pas question de laisser sa sœur Winifred (Marian Swayne) mourir. Elle décide donc de sortir en douce, munie d'une pelote de laine, pour aller attacher les feuilles aux arbres, empêchant ainsi l'issue fatale qui attend sa sœur.

Heureusement, le destin veille : alors que Trixie entreprend son grand œuvre, elle fait la connaissance du jeune docteur Headley (Mace Greenleaf), pneumologue qui vient d'inventer un traitement contre la « peste blanche » (1).
Bien entendu, il va la sauver. Et bien entendu, ils vont finir ensemble...

 

C’est toujours avec beaucoup de plaisir que je regarde un film d’Alice Guy, l’une des plus grandes dames du cinéma (sinon la plus grande). Et à nouveau (2), c’est une intrigue un tantinet naïve qu’elle nous propose, prenant le point de vue de la petite fille.

Magda Foy fait partie de ces enfants acteurs qui sont de plus en plus nombreux à Hollywood. Et le choix de cette fillette fut très judicieux tant sa composition est empreinte de naturel : quand elle surprend la conversation entre le docteur et sa mère (Blanche Cornwall), elle est positionnée de manière à attirer l’attention du spectateur : en arrière-plan, près d’une tenture derrière laquelle elle se réfugie. Cette position peut nous sembler « trollesque », comme si elle échappait à la réalisatrice (illusoire !). Mais les quelques expressions qui se forment sur son visage s’intègrent parfaitement à ce que nous voyons.

 

Mais nous ne sommes (encore) qu’en 1912, et le cinéma montre ses limites : les intertitres ne sont là que pour illustrer ce que nous allons voir et ne participent pas beaucoup à l’intrigue comme ce sera le cas quelques années plus tard. Les paroles qu’échangent les différentes personnages ne sont que rapportées : on ne peut pas encore parler manifestement de dialogues. Mais on sent tout de même un changement : les descriptions laissent la place aux paroles qui ne sont pas encore « échangées ». Trixie explique sa démarche à Headley, ce dernier annonce qu’il peut guérir la jeune femme. Par contre, si le premier élément est inclus dans l’intrigue, le second garde l’aspect annonceur des autres intertitres.

 

De même, la séquence charnière (celle qui voit Trixie dans le jardin) montre là encore clairement les limites de la technique (celle d’Alice Guy comme celle des autres) cinématographique du début des années 1910s : l’immobilité de la caméra. Alors qu’on pouvait pardonner à Madame Guy l’aspect rudimentaire du cadrage dans La Fée aux choux (3), on regrette franchement qu’elle n’ait pas pu incliner la caméra afin de suivre pleinement la fillette qui attache les feuilles aux arbres : elle se penche et disparaît du champ, nous laissant une vue statique (donc) du portail, pendant que des feuilles continuent de tomber malgré les efforts de Trixie. Certes, c’est court, mais c’est quand même dommage : le cadrage est prévu pour Mace Greenleaf (4).

 

Malgré tout, ça reste un plaisir à voir.

 

  1. Tuberculose.
  2. C’est seulement le deuxième film d'elle dont je parle ici…
  3. C’était son premier film, ne l’oublions pas !
  4. Le côté amusant ne vous a pas échappé : Greenleaf signifie « feuille [d’arbre] verte »…

 

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Drame, #Roy Calnek
Ten Nights in a barroom (Roy Calnek, 1926)

Joe Morgan (Charles Gilpin) est maire. Mais ce n’est pas arrivé comme ça : sa vie fut très difficile et marquée par le malheur.

Dépossédé de son moulin, il sombre dans l’alcoolisme. Au cours d’une bagarre, sa fille Fannie (Myra Burwell) est mortellement blessée par un tesson de bouteille.
C’est le déclic qui va le ramener sur le droit chemin et qui lui permettra d’accéder à la fonction énoncée ci-dessus.

 

Quand le film sort, nous sommes en plein cœur de la Prohibition. Et comme le dit mon ami le professeur Allen John, cette interdiction absolue d’alcool n’est pas des plus efficaces. Et pourtant, ce film très honnête de Roy Calnek en rajoute une couche sur les dangers de ce poison : outre la violence de son personnage principal, nous assistons à l’intervention d’une foule vindicative qui va mettre le feu au débit de boisson local.

Bien entendu, du fait du contexte, l’histoire que nous voyons défiler se situe dans le passé (un peu plus de sept ans, donc), ce qui permet d’aborder ce sujet sans crainte d’une quelconque censure. De toute façon, l’intrigue s’inspire d’un roman édifiant de Timothy Shay Arthur qui met en garde contre ce fléau qu’est l’alcoolisme.

 

Ce n’est pas la première fois que ce roman est adapté au cinéma (1), mais la particularité de ce film est que l’interprétation est entièrement constituée de personnes noires. Malheureusement, ce film ne fut pas un succès et le studio indépendant Colored Players of Philadelphia s’en ressentira : encore deux films et il disparaîtra définitivement (2).

Ce qui est bien dommage parce que c’était (en plus des films d’Oscar Micheaux) une belle occasion pour les interprètes noirs de jouer autre chose que des rôles utilitaires et/ou domestiques. (3) Les Etats-Unis étaient peut-être le « Pays de la Liberté », mais certainement pas celui de l’Egalité…

 

Reste un film très soigné qui illustre très bien son propos, interprété par des acteurs à la hauteur de l’enjeu : si Charles Gilpin est magnifique, la jeune Myra Burwell tire superbement son épingle du jeu, interprétant cette victime expiatoire (pour Morgan) qui fera grandir ce héros singulier.

Eh oui, toujours cette bonne vieille rédemption…

 

  1. Cinq fois entre 1910 et 1931 !
  2. En tout 4 films sortiront de ce studio. Celui-ci est le second.
  3. Rappel : c’est pour son rôle dans Gone with the Wind que la grande Hattie McDaniel a obtenu un Oscar, devenant la première personne de couleur a être récompensée. C’était en 1940 soit près de quinze ans après ce film. Son rôle ? La servante d’une jeune femme capricieuse.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Comédie, #Roscoe Arbuckle, #Buster Keaton
La Noce de Fatty (His wedding Night - Roscoe Arbuckle, 1917)

Fatty (Roscoe Arbuckle) travaille dans un drugstore qui, comme son nom l’indique est ce que nous appelons une pharmacie. Et comme dans toute bonne pharmacie américaine qui se respecte, on vend toute sorte de choses, en plus des médicaments. Ici, on peut par exemple se rafraîchir le gosier ou acheter du parfum.

Fatty est amoureux d’Alice (Alice Mann) la fille du pharmacien qui le lui rend bien. Mais ce n’est pas du goût du jeune Al (Al St. John) qui est lui aussi amoureux de la jeune femme. Comme elle est promise à notre Prince of Whales, AL décide de l’enlever. Mais c’est le livreur et modèle d’essayage (Buster Keaton) qui est enlevé à sa place…

 

Bien sûr, le scénario est un prétexte. Ne cherchez aucune vraisemblance ni cohérence : nous sommes là pour rire, et Arbuckle (et ses amis) vont s’y employer. Bien sûr, comme nous sommes encore dans les années 1910, ça ne vole pas obligatoirement très haut : coups de pied au cul et déclinaison de tarte à la crème sont les artifices les plus utilisés. Et Keaton, un tantinet sous employé par rapport au film précédent, nous gratifie d’une seule véritable cascade (une chute de vélo). Par contre, on appréciera sa grâce dans la robe de mariée, même si ce gag peut nous paraître un brin douteux une centaine d’années plus tard. Mais pas tant que ça, puisque cet essayage est pertinent par rapport au « scénario » puisque c’est lui qui se fait enlever.

 

A deux autres occasions, on frôle ce qu’on appellerait aujourd’hui le « politiquement correct » : la femme noire qui vient acheter du parfum et s’appuie sur un écriteau tracé à la craie qui va alors vanter une partie charnue de son corps (1).

Autre élément franchement inconcevable au temps de #metoo et des différentes « drogues du viol », le fait que Fatty profite d’endormir les clientes pour les embrasser (sur la bouche, cela va de soi).  Bien entendu, ce gag n’est absolument plus d’actualité, et on se sent tout de même mal à l’aise devant cette séquence, mais il faut se replacer dans le contexte du film : ça ne gênait personne.

Stroheim utilisera cette pratique dans son formidable Greed, mais dans un autre contexte : pas question de faire rire.

 

Pour le reste, Arbuckle reste Arbuckle, avec sa délicatesse patentée, même si sa façon de servir des milk-shake n’a rien de délicate : il va même jusqu’à utiliser un peigne pour filtrer sa mixture. Et bien entendu, il s’en redonne un coup après…

Bien entendu, on s’amuse autant que le trio du film, même si on peut préférer une autre production des trois stars.

Mais que voulez-vous, il faut bien vivre, et tant que le rire est au rendez-vous…

 

PS : Parmi les figurant·e·s, on notera la présence d’une certaine Virginie Rappe (une des deux jeunes femmes dans la voiture qui fait le plein), dont la mort provoquera la déchéance (injuste) du même Roscoe Arbuckle.

 

  1. Bien sûr, c’est pour faire rire et c’est tout de même assez bon enfant, mais on notera que l’écriture aurait dû se trouver écrite à l’envers !

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Guerre, #D.W. Griffith, #Lillian Gish, #Erich von Stroheim
Cœurs du Monde (Hearts of the World - D.W. Griffith, 1918)

Tout commence en 1912, quelque part en France (1). Dans un village deux familles américaines sont voisines. Dans l’une, la Fille (Lillian Gish) qui vit avec ses parents, dans l’autre le Garçon (Robert « Bobby » Harron) avec lui aussi ses parents et trois plus petits frères. Bien entendu, la Fille et le Garçon tombent amoureux et même si la présence d’une jeune musicienne de rue (Dorothy Gish) vient chambouler cette situation (elle tombe sous son charme), les deux amoureux le restent et doivent se marier.

Malheureusement la guerre éclate et le Garçon part combattre. Lors d’une attaque, il est touché et se traîne jusqu’à son village (le front en est proche) et succombe à quelques hectomètres. La Fille le découvre et devient folle.

 

Bien sûr, c’est un film de commande, et donc de propagande : il fallait faire pencher l’opinion publique américaine dans la guerre. Sauf que les Etats-Unis sont entrés dans le conflit pendant le tournage. Qu’importe. Griffith réalise une nouvelle fresque spectaculaire, mettant en scène un nouveau conflit (d’actualité celui-là). Et Griffith retrouve ses réflexes de Naissance d’une Nation, mettant en scène un nouveau conflit (encore plus) meurtrier. D’ailleurs, les intertitres d’introduction font référence au conflit du premier film, accentuant le fait qu’une guerre n’a jamais vraiment réglé les problèmes (2).

 

Mais nous ne sommes pas ici dans un film de dénonciation de ce conflit : au contraire (voir plus haut) ! Et les vues d’ensemble des différents assauts nous montrent que la guerre est belle quand elle est bien filmée. Et surtout quand elle ne concerne que des acteurs qui se relèveront une fois la caméra éteinte. Si l’aspect mortifère de la guerre est bien rendu, à aucun moment il n’est donc dénoncé, les soldats partant gaiement se faire tuer, sans aucun état d’âme. Et les seuls « profiteurs » de guerre qu’on rencontre, ce sont des espions installés dans le village.

Par contre, ce qui est sûr, c’est qu’il est question de se débarrasser des armées allemandes, antidémocratiques, véritable personnification de la barbarie. Encore une fois, on n’hésite pas à qualifier les soldats allemands de Huns, montrant sans hésitation leur cruauté.

Cette cruauté va même se retrouver sur une affiche du film qui voit la Fille fouettée par un sous-officier allemand (George Nichols) : elle n’arrive pas à soulever un baquet rempli de pommes de terre…

 

Mais cette cruauté n’est pas aussi exacerbée que dans un autre film de cette même année 1918 : The Heart of Humanity, avec cet officier allemand abject interprété par Erich von Stroheim. Ce dernier est déjà bien présent sur le tournage, accumulant les casquettes : acteur – il interprète un officier pleinement prussien avec monocle et rigidité légendaire (3), assistant au réalisateur et conseiller technique.

Et bien sûr, ce sont les sœurs Gish qui sont à l’honneur, chacune dans sa spécialité, véritable double face d’une même pièce : d’un côté Lillian en personnage de tragédie, et Dorothy pour la comédie, élément comique (ce que les anglophones appellent comic relief) indispensable au ton grave du film.

 

Parce que malgré tout, Griffith ne ménage pas ses effets, exposant (presque) crûment les ravages de la guerre (auprès des individus comme des paysages), mêlant habilement les images réelles et celles qu’il tourna sur place ou en Angleterre, intégrant des regards de soldats qui n’ont absolument pas l’air d’acteurs : ce sont de véritables combattants et il se trouvait très certainement parmi eux certains qui ne sont pas revenus du front…

Mais nous sommes au cinéma, et en plus chez Griffith, alors l’histoire d’amour l’emporte sur le reste et nous avons même droit à l’incontournable sauvetage de dernière minute.

Nous avons aussi quelques beaux moments de cinéma, Billy Bitzer, même s’il n’a pas pu aller en France, restant tout de même le cameraman attitré de Griffith : les premières retrouvailles entre la Fille et le Garçon (qu’elle croit mort) pour une improbable nuit de noces est un moment très émouvant, et alors que les plans (très) rapprochés de Lillian Gish s’enchaînent avec plus ou moins de bonheur (4), ici on reste à distance, évitant d’insister sur l’aspect pathétique de la séquence.


Quoi qu’il en soit, l’issue de la guerre est claire pour Griffith : la victoire. Et la dernière séquence qui voit l’armée américaine défiler dans le village libéré (5) ne laisse plus aucun doute possible. Pourtant, il faudra encore attendre quelques mois avant que les combats cessent, et encore plus longtemps pour qu’un accord de paix soit signé. Avec les conséquences que l’on connaît. Mais là, ce n’est plus une autre histoire, c’est carrément l’Histoire !

 

  1. Dans l’Est si j’ai bien compris…
  2. Monsieur Griffith est seul responsable de ses convictions.
  3. Sans le corset qui fera sa légende (La grande Illusion).
  4. A un moment, son (très) beau visage marqué  par la tragédie se rapproche beaucoup trop de la grimace.
  5. Par elle, cela va de soi ! (non, je plaisante, mais on n’en est tout de même pas loin…)

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