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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Marvel, #Andy Serkis
Venom: Let there be Carnage (Andy Serkis, 2021)

Nous retrouvons Eddie Brock (Tom Hardy) après sa première aventure, accompagné de son drôle de monstre, Venom, pour une suite tout aussi décoiffante, même si, suite oblige, nous n’arrivons pas au sommet du premier opus.

En effet, il n’y a plus la découverte de ce personnage plus ou moins consistant, ni la même dose d’humour. C’est une série de séquences toutes plus spectaculaires les unes que les autres, la nouveauté en moins.

 

Donc Eddie est à nouveau un journaliste en vue – même si son domaine n’est pas très proche du NY Times – et cette fois-ci, accompagné de son doppelganger, il doit combattre un ennemi autrement plus redoutable que Riot (Riz Ahmed) : Carnage. Carnage c’est, comme il le dit lui-même, le fils de Venom. Il faut dire que ce dernier s’est énervé après le tueur en série Cletus Kasady (Woody Harrelson) lors d’une entrevue qui aurait due être finale : malheureusement, Kasady a mordu au sang Brock, récupérant alors un bout de Venom qui va cohabiter avec cet hôte prometteur.

Bien sûr, tout cela se règlera dans une confrontation finale entre les deux créatures. Et vous devinez aisément qui va l’emporter.

 

Bref, pas beaucoup d’originalité dans ce deuxième épisode : plutôt un vieux couple qui se chamaille avant de se retrouver pour joindre leurs forces contre un ennemi hautement redoutable. Et même si Andy « Gollum » Serkis s’en sort honorablement, on reste tout de même sur sa faim : seule les problèmes de couple entre Brock et Venom nous tirent un sourire (parfois), mais tout le reste semble tout de même un tantinet « déjà vu ». Même la relation entre Eddie et son ex Anne (Michelle Williams) n’arrive pas vraiment à faire pleinement décoller le film.

On est chez Marvel, mais on a du mal à distinguer ce film de la quantité d’autres qui ont été tournés depuis une vingtaine d’années. Là où Venom (2018) se distinguait par une certaine originalité, ce deuxième chapitre aurait tendance à rentrer dans le rang.

 

De plus, si Cletus Kasady est – grâce à sa créature – un terrible méchant, il manque tout de même d’une certaine épaisseur : entrevu en séquence finale (pendant les crédits de fin), on a très peu d’indication sur son personnage. E-t ce n’est pas la séquence d’introduction qui explique sa relation avec Shriek (Naomie « Moneypenny »  Harris) qui nous apporte beaucoup de précisions : seul une illustration dessinée nous fait entrevoir qui est ce personnage dangereux. Mais on aurait tout de même attendu un méchant plus significatif – ou out du moins voulu voir comment il en était arrivé dans le couloir de la mort, et surtout en Californie !

Et non. Nous avons seulement droit à un affrontement spectaculaire (quand même !) mais pas autre chose.

 

Mais il reste un espoir : la séquence (que tout le monde attend) en fin de film nous promet un troisième opus prometteur (1) avec ne chute des plus étonnantes. Mais c’est tout de même un peu décevant : difficile de son consoler avec une éventualité. On aurait préféré un contentement plein et surtout immédiat.

 

  1. Méfions-nous tout de même : on sait comment cela se passe la plupart du temps, ces séries…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Gangsters, #Josef von Sternberg
Shanghaï (The Shanghai Gesture - Josef von Sternberg, 1941)

Shanghaï, 192…

C’est une ville internationale qui accueille tout le monde, de tous les continents, sans trop poser de questions. On y trouve le « docteur » Omar (Victor Mature, tout comme le respectable Lord Charteris (Walter Huston), ou encore la jeune artiste Dixie Pomeroy (Phyllis Brooks). Et bien sûr l’autre jeune femme, Poppy Smith (Gene Tierney), qui n’est autre que la fille de Lord Charteris : élevée dans la soie (1), elle n’en fait qu’à sa tête, dépensant sans compter l’argent de son père, dans le jeu et le plaisir.
Et tout ce petit monde se retrouve au nouvel an (chinois) chez Mother Gin Sling (Ona « Belle » Munson), qui dirige le casino le plus fréquenté de la ville, mais qui a tendance aussi à diriger les gens qu’elle invite. Même Charteris qui semble nouvellement arrivé.

 

A nouveau, et pour son dernier film personnel (2), Josef von Sternberg nous propose une galerie de solitaires qui vont, comme disait Melville, se retrouver dans le cercle rouge : entre Omar, ce curieux docteur apatride qu’on ne voit soigner personne, Dixie qui erre de revue en revue pour échouer ici, en passant par Charteris qui n’a pas su lier de relation avec sa fille, et bien sûr cette dernière qui vit une fuite en avant continuelle, nous sommes servis. Et bien entendu, l’issue ne peut qu’être fatale pour l’un ou l’une si ce n’est plusieurs d’entre eux.

Surtout avec cette inquiétante et superbe Mother Gin Sling, qui offre à Ona Munson un rôle inoubliable, dû en partie aussi à ses différentes coiffures toute plus incroyables les unes que les autres. Et ce malgré son maquillage un tantinet exagéré qui laisse voir quelques défauts (3).

 

Il n’empêche, Sternberg réussit ici son dernier film, même si ce n’est pas son plus important, grâce à son talent bien sûr, mais aussi à ses interprètes : si Ona Munson est magnifique, on ne peut négliger la partie de Gene Tierney (tout juste 21 ans quand le film sort) dans un rôle qu’on ne lui reverra pas de jeune fille gâtée (et même pourrie) : elle est bien loin des jeunes femmes « pures » qu’elle interprètera après. Il est clair qu’on attendrait presque que Charteris lui envoie une gifle tant elle est désagréable. Mais elle est surtout le jeu de Mother Gin Sling, véritable personnage central du film. Central et tout de même maléfique : si Poppy (en fait elle s’appelle Victoria : serait-elle née en 1901 ?) plonge, c’est surtout à cause de cette tenancière qui semble faire la pluie et le beau temps sur la ville.

Mais on notera une similitude tout de même dans la résolution du film, un apparentement avec West of Zanzibar treize ans plus tôt (4).

 

Encore une fois, on peut regretter l’utilisation d’acteurs blancs pour jouer les rôles significatifs d’Asiatiques : les rares interprètes d’origine extrême-orientale n’ont pas de dialogue à réciter, et on peut même se désoler de la présence de Maria Ouspenskaya qui n’a pas un mot à dire (son accent russe était à éviter dans un tel film !) de tout le film, hochant la tête ou se contentant de gestes autoritaires qui définissent son personnage.

Toutefois, on notera un intertitre dans le générique qui va rendre hommage aux figurants – essentiellement les seuls asiatiques du film : il ne sont là que pour créer une atmosphère, donner un semblant d’authenticité.

 

Reste un beau film, avec des interprètes au niveau, mais une question demeure une fois que le film se ferme sur la roulette qui résume bien la situation (« rien ne va plus » répète Dalio à chaque apparition : c’est lui le meneur de jeu à la roulette) : de quel geste parle le titre original ? Celui, final, de Mother Gin Sling ?

 

  1. Ou comme ils disent : « avec une cuiller en argent dans la bouche ».
  2. Il ne terminera pas les deux suivants.
  3. C’est toujours comme ça, une fois qu’on l’a vu, on en peut plus l’ignorer.
  4. Evidemment, je vous laisse le découvrir…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Policier, #Sherlock Holmes, #Herbert Ross, #Robert Duvall
Sherlock Holmes attaque l'Orient-Express (The seven-per-cent Solution - Herbert Ross, 1976)

La « solution à sept pourcents » du titre original, cela n’a rien d’une énigme : il s’agit d’un dosage de cocaïne, celle que Sherlock Holmes (Nicol « Merlin » Williamson) s’introduit régulièrement dans les veines, devenant progressivement une épave droguée, sous les yeux tristes du Dr. Watson (Robert Duvall).

Mais ce bon docteur a une idée pour sauver son ami : l’envoyer à la poursuite de son ennemi principal, le professeur Moriarty (Laurence Olivier). Ce dernier accepte de servir d’appât et va conduire Holmes au 19, Berg Gasse à Vienne, chez le docteur Sigmund Freud (Alan Arkin).

Bien sûr, ce voyage va aussi être l’occasion pour Holmes d’être confronté à une autre affaire, celle concernant la belle Lola Deveraux (Vanessa Redgrave), elle-même ancienne toxicomane (1), accro tout comme Holmes, à cette solution à 7 %.

 

Bien sûr, nous sommes chez Conan Doyle, dans le traitement de cette aventure, mais l’histoire (originale) est signée Nicholas Meyer, qui adapte ainsi son roman, l’un des deux qu’il fit autour de ce personnage universellement célèbre. Et Herbert Ross dirige avec beaucoup de plaisir ce film, recréant avec bonheur cette époque fin de siècle (le XIXème), et amenant cette rencontre hautement improbable mais tellement réjouissante, celle de deux esprits hors du commun : Holmes et Freud. Et ça marche ! On s’amuse autant que les protagonistes qui voient, comme l’annonce le titre français, Holmes partir à l’assaut de célèbre train.

 

Evidemment, il faut un peu oublier ce que l’on sait des véritables aventures de Sherlock Holmes, et surtout son rapport à Moriarty qui n’est qu’un prétexte dans cette intrigue, même si son rôle est loin d’être anodin comme le montrera la résolution finale. Et si Holmes reste le plus grand détective au monde, celui qui tire véritablement son épingle du jeu, c’est bien sûr Freud. Et Alan Arkin l’interprète avec beaucoup de brio, s’inspirant de certaines poses immortalisées du grand médecin pour composer un personnage attachant, loin de l’image sérieuse qu’on peut avoir de ce praticien. Il ne lui manque qu’un seul élément pour parfaire son image : le sempiternel cigare que nous lui connaissons !

 

Quoi qu’il en soit, on s’amuse comme je l’ai dit plus tôt et Holmes est en pleine forme, à partir du moment où il se soigne : nous avons bien sûr droit à une séquence de déductions de haute volée (c’est tout de même Holmes !), passage obligé avec ce personnage, même si nous ne sommes pas vraiment chez Arthur Conan Doyle.

Autre agrément du film, les différents personnages secondaires qu’on y rencontre, la plupart plutôt anecdotiques, mais interprétés par quelques visages connus de l’époque : Mycroft Holmes (Charles « Blofeld » Gray), le baron Leinsdorf (Jeremy Kemp) ou encore l’insignifiant Löwenstein (Joel Grey). Sans oublier la French touch : Régine qui interprète Madame, une mère maquerelle qui connaît son affaire (et qui chante).

 

Bref tout est là pour passer un bon moment, avec même un combat à l’épée que Holmes va évidemment remporter.

Alors ne boudons pas notre plaisir !

 

  1. Et non pas « toxicowoman » !

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Justice, #Clint Eastwood
Jugé coupable (True Crime - Clint Eastwood, 1999)

Steve « Ev » Everett (Clint Eastwood) est un homme à femmes. Il ne peut pas s’en empêcher : même marié et avec une fille (Francesca Eastwood, tiens, tiens…), il ne résiste pas à un jupon qui passe. C’est le cas avec sa jeune collègue Michelle (Mary McCormack), qui doit réaliser une interviouve dans le Couloir de la Mort le lendemain. Malheureusement elle meurt dans un accident de la route, et c’est Everett qui doit la remplacer. En parcourant le dossier du futur exécuté – Frank Beechum (Isaiah Washington) – son pifomètre lui envoie un signal : quelque chose cloche.

Il va alors passer la dernière journée du condamné à mort à essayer de prouver son innocence.

 

Il y a des moments dans l’œuvre de Clint Eastwood où l’inspiration s’émousse et Jugé Coupable en fait partie. Non pas que ce soit un navet, mais on ne le sent pas aussi inspiré que dans son film précédent (le formidable Midnight in the Garden of Good and Evil) ni son suivant (Space Cowboy). Il faut dire que l’intrigue y est certainement pour quelque chose.

Si on retrouve l’éternel personnage solitaire qui doit lutter contre une certaine hostilité – ici surtout un mari trompé qui n’est autre que son rédac-chef (Denis Leary) – il manque tout de même quelque chose pour pleinement apprécier ce journaliste singulier.

 

Mais comme je le disais plus tôt, l’intrigue un tantinet improbable plombe le film, accumulant au passage les séquences inutiles : les rapports avec les femmes sont une des caractéristiques du personnage certes, mais on aurait très bien pu s’en passer. S’il y a une « ouverture » avec Michelle, elle est immédiatement fermée avec sa mort. De même ses rapports avec sa femme (Diane Venora) donnent un contexte à ce personnage, mais on remarque encore une fois que la résolution de l’intrigue aurait très bien pu s’en passer. Et les explications de Steve quant à son attitude malhonnête ne sont ni glorieuses ni convaincantes. On préfère quand son personnage est déjà séparé de sa femme, évitant ce genre de scène qui ne lui correspond pas.

 

Mais l’autre élément qui plombe ce film, c’est bien cette résolution in extremis d’une erreur judiciaire : si le titre original ne laisse planer aucun doute – « véritable crime » - son auteur n’est pas en prison depuis six ans. Et on a du mal à accepter que Steve Everett, rien qu’en jetant un œil – informatif – au dossier sent tout de suite que quelque chose ne va pas. Et surtout qu’il réussit à tout démêler en moins d’une journée. c'est peut-être ça, la magie du cinéma. Mais tout de même, je reste très dubitatif.

 

Reste tout de même un film qui se laisse regarder avec plaisir, en appréciant d’y trouver quelques visages connus, dont deux d’entre eux étaient au casting de Titanic deux ans plus tôt.

Bien entendu, je vous laisse les retrouver…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Animation, #Andrew Adamson, #Vicky Jenson
Shrek (Andrew Adamson & Vicky Jenson, 2001)

 

Shrek (voix de Mike « Austin Powers » Myers) vit tranquille dans son marais éloigné de toute civilisation. Jusqu’au jour où Lord Farquaad (John Lithgow) décide de chasser tous les personnages merveilleux de son domaine : ils trouvent alors refuge dans celui de Shrek, qui ne l’entend pas de cette oreille (ridicule). Ce dernier s’en va trouver Farquaad qui lui propose de vider son marais s’il lui rapporte la princesse Fiona (voix de Cameron Diaz) pour l’épouser (et devenir roi par la même occasion).

Shrek accepte, et c’est flanqué d’un compagnon improbable – Donkey (voix d’Eddie Murphy) un âne qui parle (1) – qu’il s’en va affronter les périls et surtout le dragon qui garde la princesse dans la plus haute tour de son château.

 

Un vent frais (1) souffle sur le dessin animé alors que commence le vingt et unième siècle. Après une soixantaine d’années d’hégémonie disneyenne, le cinéma découvre qu’on peut aussi adapter les contes de fées d’une autre façon. Shrek se situe à mi-chemin entre le dessin animé pour enfant et celui pour adulte : c’est là sa véritable force.

En effet, le film de film d’Andrew Adamson & Vicky Jenson (une réalisation paritaire…) se regarde avec beaucoup de plaisir, s’amusant avec les contes traditionnels (et les passant à la moulinette) et surtout en donnant la part belle à celui qui est toujours considéré comme l’un des plus grands méchants du genre : l’ogre.

Rappelez-vous : la première fois qu’on a entendu parler d’un ogre, c’est avec Le petit Poucet. Et en une histoire, il réussit à se faire une réputation de mangeur d’enfants et comme si ce n’était pas assez, il tue ses petites filles en croyant s’occuper de Poucet et ses frères. Bref, un personnage d’une haute malfaisance.

 

Quant à Shrek, s’il n’a pas la beauté, il a tout de la Bête de Madame de Beaumont : certes, il n’en a pas les manières mais il en a le cœur, comme il l’explique à son compagnon d’infortune. Et d’une manière générale, le film, sous des dehors pas toujours très reluisants (ça rote, ça pète…) est aussi un plaidoyer pour la différence : Shrek est affreux, mais on ne peut qu’apprécier sa compagnie. C’est le cas de Donkey, mais c’est surtout parce qu’il est seul, et aussi de Fiona qui découvre progressivement qui est ce curieux personnage à la fois repoussant et attirant.

 

Mais le film fonctionne aussi parce que le méchant est réussi : Farquaad a tout contre lui. Premièrement, c’est un nabot au visage un tantinet trop carré et dont le menton porte les reflets ombrés d’une personne qui ne se rase pas tous les jours, mais surtout dont les desseins sont tout sauf honorables : s’il veut épouser Fiona, c’est pour devenir roi, sans quelque sous-entendu amoureux que ce soit. Mais surtout, il ajoute à son immense ambition une lâcheté qui l’empêche d’aller lui-même chercher la princesse. Bref, un personnage hautement antipathique, comme on les aime détester.

 

Bien entendu, la structure reste celle du conte et si tout se termine bien, en faisant bien attention, on remarque que quand le livre de l’intrigue se referme, on n’y lit pas le célèbre « they lived happily ever after » (4) qui conclut habituellement les histoire des frères Grimm et autre Perrault : je vous laisse trouver le mot de substitution…

Bref, on s’amuse, pas toujours finement, mais Adamson et Jenson ont réussi leur pari : rendre plus humains ces personnages féériques (ou maléfiques).

Après, on peut (largement) préférer le dessin d’autres studios (Pixar, par exemple), mais il n’empêche : on s’amuse beaucoup des pérégrinations de ce gentil monstre vert, et les musiques utilisées sont bien éloignées de celles qu’on aurait pu attendre (chez Disney, par exemple). D’ailleurs, la seule fois où la princesse se conduit comme une de ses consoeurs disneyennes, le résultat est fort peu réjouissant. Encore que… C’est une question de point de vue.

 

Oui, c’est vraiment une question de point de vue, et d’ailleurs quand le film est sorti, deux camps se sont dressés (sans s’affronter, heureusement) : ceux qui adoraient et ceux qui détestaient.

Vous avez deviné dans quel camp je me suis retrouvé…

 

  1. « donkey » signifie « âne ».
  2. Peut on parler de vent frais quand on parle de ceux de Shrek ?
  3. Je n’ai rien contre les nains personnes de petite taille, rassurez-vous…
  4. « Ils vécurent heureux longtemps. »

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Gangsters, #Josef von Sternberg, #Howard Hughes, #Nicholas Ray
Le Paradis des mauvais garçons (Macao - Josef von Sternberg, 1952)

Macao, enclave portugaise de l’Extrême-Orient.

Outre le jeu, le trafic est omniprésent, amenant toute sorte de personnes (d’où le titre français). Et bien sûr les policiers qui veulent limiter toutes ces exactions. L’un d’entre eux est d’ailleurs tué, et on en envoie alors un autre. Mais celui-ci est immédiatement repéré à son arrivée : Nick Cochran (Robert Mitchum), qui a toutes les allures d’un dur.

Halloran (Brad Dexter), qui a fait tuer le policier précédent va tout mettre en œuvre pour le maîtriser, à défaut de l’éliminer définitivement.

Sauf que ce n’est pas lui le policier…

 

On a connu Josef von Sternberg plus inspiré. Il faut dire – à sa décharge – qu’il n’est pas à l’origine de ce film (loin de là) : c’est Howard Hughes qui produit et donc installe ses gens : Jane Russell (Julie Benton) et Robert Mitchum. Pis que cela : il va carrément remplacer Sternberg par Nicholas Ray. Si cela n’a pas influé sur le devenir du film (un échec), cela a au moins permis à l’équipe de respirer un peu mieux : Sternberg n’était pas un réalisateur très facile de prime abord, alors quand en plus on lui dit ce qu’il doit faire…

Pourtant, il y avait de quoi faire quelque chose.

 

Si la séquence d’introduction – le meurtre du policier – nous appâte, il va tout de même falloir attendre un bon moment avant que l’action – indispensable dans une histoire de trafic – s’invite et que le film s’emballe : le reste du temps, ce sont essentiellement des dialogues plus ou moins inspirés, avec tout de même quelques plans qui nous rappellent que Sternberg était aux commandes. Mais cela ne suffit pas.

Si Jane Russell est toujours aussi belle, son personnage n’a pas grande épaisseur et on se dit que si elle n’avait pas été là, il n’y aurait pas eu beaucoup de changement dans l’intrigue (1) : elle chante avec une belle voix chaude, et presque 10 ans après Le Banni, elle n’a rien perdu de son sex-appeal. Mais cela ne suffit pas. Et on peut trouver l’explication de ce rôle un tantinet diaphane dans l’opposition de Sternberg à son encontre : « qu’allons-nous faire de cette ravissante idiote ? » (2) lui aurait-il même dit…

 

Au final : un réalisateur obligé de tourner un film qu’il ne maîtrise pas avec des acteurs qu’il ne sent pas (pour cette même raison) ; un tournage chaotique du fait de cette absence de maîtrise sur le sujet (il n’a pas participé au scénario comme il en avait l’habitude) ; un remplacement (presque) de dernière minute pour finir le film ; une palanquée d’écrivains pour élaborer un scénario pas toujours convainquant… (Je vais en rester là…)

Alors évidemment, le film fut un four, et encore une fois, cela est bien dommage parce que la rencontre Mitchum/Russell avait un potentiel intéressant.

Même Brad Dexter – impeccable dans le rôle du méchant – ne réussit pas à tirer son épingle du jeu : lui aussi souffre de la minceur de son personnage qui aurait pu avoir un aspect beaucoup plus inquiétant et surtout dangereux.

Mais non. Dommage.

 

PS : même si j’apprécie Vladimir Sokoloff (Kwan Sum Tang, le mendiant aveugle), je pense tout de même qu’on aurait pu engager un véritable acteur d’origine asiatique pour interpréter son rôle. Ce n’était pas ça qui manquait à Hollywood… Cela aurait en plus évité un maquillage un brin outrancier (tout le monde n’est pas Lon Chaney…). 

 

  1. On n’aurait pas la même réplique finale…
  2. “What are we going to do with this beautiful stupid girl?”

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Politique, #Pierre Schoeller, #Michel Blanc
L'Exercice de l'Etat (Pierre Schoeller, 2011)

Une organisation secrète qui semble sortie tout droit des Cigares du Pharaon, avec cagoules sombres sur la tête. Une femme nue qui prend des poses lascives avant de s’engouffrer dans la gueule d’un crocodile… Mais ce n’est qu’un rêve, celui de Bertrand Saint-Jean (Olivier « Cyrano » Gourmet), ministre des transports dans un gouvernement de droite (1), mais encore attaché à l’idée de service public.

Saint-Jean est appelé de nuit : un autocar a versé dans le ravin et on déplore de (trop) nombreuses victimes, dont des adolescents. Saint-Jean est en première ligne. Puis, c’est le problème de la privatisation des gares SNCF qui va le préoccuper, avant de partir dans un autre ministère continuer à servir l’Etat.

 

« Une plongée palpitante dans les arcanes du pouvoir ».

Jamais accroche n’aura été aussi mensongère. Si la séquence d’ouverture (ce rêve érotique) est prometteuse et que l’accident initial annonce les palpitations promises, tout retombe rapidement à plat. Et ce film « politique » n’a jamais aussi bien porté cette appellation. Tout n’est que politique, mais d’arrière-cuisine, l où on met les mains dans le cambouis. Alors oui, c’est bien fait, mais on aura la même satisfaction avec un reportage d’Elise Lucet, et surtout, il n’y aura pas besoin de chercher loin le réalisme.


EN clair : nous sommes à des années-lumière du film politique tel qu’on le concevait dans les années 1960-70, dénonçant quelque scandale ou/et affaire du même acabit. Ici rien que ce qui est annoncé : dans le titre : l’exercice de l’Etat. On voit des hommes effectuer leur travail à différents niveaux de pouvoir, dirigeant un pays en crise.

Certes, les différents interprètes sont impeccables, et en particulier Olivier Gourmet et Michel Blanc (le dircab), cela ne dissimule pas l’indigence du scénario : à part le rêve initial et les deux accidents, il ne se passe pas grand-chose, cinématographiquement parlant.

 

Et au vu des critiques élogieuses de l’époque, je me rends compte du décalage qu’il existe entre un film politique français et un autre américain (par exemple) : d’un côté (de l’Atlantique) on dénonce quelque scandale, de l’autre, on fait un film purement politique : on y voit des hommes politiques qui font de la politique, avec quelques éléments pour (essayer de) pimenter l’intrigue (accidents), mais aucune résolution : un schéma narratif simpliste et rebutant pour ceux qui ne s’intéressent pas à la chose publique (2).

 

Et tout ça pour montrer quoi ? Rien d’autre que ce qu’on trouve tous les mercredis matin dans (l’indispensable) Le Canard enchaîné.

 

Alors de là à en faire un film…

PS : Oui, la photo qui annonce cet article est un leurre. Mais ce n'est pas moi qui ai commencé !

  1. Nous sommes au temps du sarkozysme.
  2. Au vu des derniers résultats de l’abstention, ce film ferait un four monumental s’il sortait aujourd’hui.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Thriller, #M. Night Shyamalan
Old (M. Night Shyamalan, 2021)

Quelle chance quand même !

Les Cappa vont passer des vacances de rêve : Prisca (Vicky Krieps) leur a trouvé un séjour dans un lieu idéal en bord de mer (1), où on prend soin continuellement des vacanciers. Et comme cette famille a tapé dans l’œil du directeur du lieu (Gustaf Hammarsten), ce dernier leur propose une excursion dans un endroit encore plus merveilleux.

C’est vrai que cet endroit reculé est magnifique. Mais comme toujours dans ces cas-là, c’est trop beau pour être vrai. Le rêve tourne alors au cauchemar : dans ce lieu paradisiaque, le temps s’écoule plus vite.

Beaucoup plus vite…

 

Si l’intrigue – tirée d’une BD – est intéressante, on peut émettre quelques réserves quant à son traitement. Si Shyamalan signe ici un film bien léché techniquement, on peut relever certaines incohérences autant visuelles que scénaristiques : à part les enfants qui deviennent adultes, les autres personnages ne vieillissent pas beaucoup physiquement (2). Et ce malgré des déficiences tout aussi physiques liées à la progression de leur âge : myopie pour le père Cappa (Gael Garcia Bernal) ou surdité partielle pour la mère. Pour le reste, on cherche désespérément des rides inévitables qui si elles arrivent sont tout de même bien légères. A se demander si ils n’ont pas emmené avec eux une cargaison de produit anti-âge !

Même les cheveux qui devraient tout de même un tantinet blanchir gardent leur couleur originale, et ce sans ajout de quelque teinture… (3)

 

Et puis il y a le cas de Mid-Size Sedan (Aaron Pierre). La seule affection qu’on lui connaît, c’est un saignement de nez presque constant (4). Par contre, on se demande pourquoi il est là. En effet, le film s’ouvre avec un couple sur une plage : la jeune femme (Alejandra Useche ?) se déshabille et va se baigner. Puis, nous entrons dans le vif du sujet avec l’arrivée des Cappa à leur lieu de villégiature. Sachant que les nouveaux venus ne vont aller sur la plage maudite que le lendemain, et que les enfants Cappa, à la fin du film ont pris quasiment 50 ans en moins d’une journée, comment le rappeur peut-il être aussi fringant (et absolument pas marqué par l’âge malgré tout) après une journée passée sur place avant l’arrivée des autres ? (5)

 

Alors oui, c’est beau et certains plans sont très pertinents, mais cela ne suffit pas à faire un grand film. Et le problème avec les approximations voire les incohérences (voir plus haut), c’est qu’une fois qu’on les a vues (perçues ?), on ne peut plus s’en défaire et elles nous inclinent à décrocher du film lui-même : on n’y croit plus.

Dommage.

 

PS : Quant à la résolution finale de l’intrigue, je vous laisse seuls juges. Pour ma part, je ne suis pas vraiment convaincu. J’aurais préféré une ouverture vers autre chose, voire une sorte de basculement…

 

  1. Avec piscine aussi…
  2. L’affiche du film prend alors une allure trompeuse.
  3. Qui apporte de la teinture pour cheveux dans une excursion à la journée ?
  4. Mais qui ne le tuera pas.
  5. Et quel est l’âge du capitaine ?

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Gangsters, #Henri Verneuil
Le Casse (Henri Verneuil, 1971)

Le casse, c’est celui de la villa de Tasco (Jose Luis de Vilallonga). Quatre individus pénètrent (sans effraction), ouvrent le coffre et repartent avec un attaché-case rempli d’émeraudes.

Ensuite, il suffit de prendre le bateau qui attend au port (Le Pirée) et le tour est joué. Seulement voilà, le bateau connaît des avaries et notre quatuor se retrouve bloqué à Athènes, avec un policier opiniâtre (Omar Sharif) à ses trousses.

Azad (Jean-Paul Belmondo) doit donc temporiser. Et aussi prendre des risques. Mais à aucun prix, il n’est question de céder le butin à ce policier ambigu qui se retrouve gagnant quoi qu’il arrive : soit il récupère les diamants pour lui, soit il met la main sur le voleur. Il est moins riche, mais il en ressort grandi.

Bien entendu, c’est le voleur qui l’emporte et l’infâme policier – un tantinet corrompu, comme ça on n’a pas de remords de le voir perdre la partie – est le vaincu, seule hypothèse qu’il n’avait pas envisagée.

Entre le casse à proprement parler et la fin heureuse, des péripéties belmondiennes qui augurent d’une décennie riche en rebondissements cinématographiques pour l’acteur qui abandonne définitivement le cinéma d’auteur pour entrer dans une période commerciale, avec ses bons et ses mauvais côtés…

 

Il y a chez Verneuil une fascination pour le cinéma américain, et en particulier les gangsters de tout poil, comme on a pu le voir précédemment dans le très beau Mélodie en Sous-sol. Mais ici, si certains codes sont encore en vigueur, il s’agit avant tout de mettre Belmondo en vedette, entouré de quelques noms prestigieux (Omar Sharif n’est pas le premier venu !) et des séquences toujours plus spectaculaires effectuées plus ou moins totalement par la vedette. On notera deux grands moments de bravoure : une poursuite en voiture dans les rues d’Athènes avec descente d’escaliers comprise, et une autre où Bébel se retrouve accroché à un trolley en mouvement avant de se hisser sur un bus tout aussi mobile.

Bref, c’est spectaculaire et on en a pour son argent.

 

Encore que. Si la poursuite en voiture est impressionnante, elle ne l’est certainement pas autant que celle de « Popeye » Doyle dans The French Connection qui sort trois semaines plus tôt (aux Etats-Unis, et trois mois plus tard en France), et elle est surtout un brin longuette (1), n’amenant pas vraiment de coup d’éclat : elle se termine par un contrôle de routine plutôt badin. On a connu Rémi Julienne plus en forme.

Et d’une manière générale, le film manque d’envergure. Les rares moments de tension sont perdus dans certaines séquences pas franchement utiles : on notera l’aspect racoleur de la boîte de strip-tease (2) ou encore la bagarre – inutile – avec le play-boy qui courtise Hélène (Nicole Calfan), la petite amie d’Azad.

 

Et ce manque d’envergure ne résiste pas au temps, chaque scène devenant de plus en plus marquée à mesure que les années s’enchaînent. Outre les coiffures et les voitures, c’est la technologie qui souffre : la mallette sophistiquée qui permet – magnifiquement – d’ouvrir le coffre-fort nous paraît aujourd’hui bien obsolète. Alors que l’année passée, Melville réussissait un autre casse autrement plus impressionnant (Le Cercle rouge) sans pour autant le faire souffrir des outrages du temps : le coup de feu d’Yves Montand pour neutraliser le système d’alarme est tout aussi efficace et peut-être même plus spectaculaire.

 

Alors que retenir ? Un Belmondo en pleine forme qui s’apprête à conquérir la décennie et va s’enfoncer progressivement dans des films toujours plus spectaculaires mais – contrepartie oblige – avec des personnages de moins en moins épais.

Des navets, quoi (3)…

 

  1. Sans parler des raccords qui ne dissimulent pas l’usage de plusieurs véhicules…
  2. Le cinéma pornographique débarquait en France mais Verneuil joue plus sur la suggestion, aidé par les mimiques de son acteur vedette.
  3. Pas tous, certes, mais je pourrai en citer quelques uns !

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