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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Documentaire, #Politique, #Gilles Perret, #François Ruffin
Debout les Femmes ! (Gilles Perret & François Ruffin, 2021)

Ca commence comme un film documentaire. Ca tombe bien, c’en est un. Il s’agit du parcours de François Ruffin pour faire adopter une loi sur les métiers qui ont tendance à être effacés par les gros sous : ceux qui créent du lien.

Lesquels ? Auxiliaire de Vie Sociale (AVS), Accompagnant des Elèves en Situation de handicap (AESH), Animatrice périscolaire, Femmes de Ménage... Bref, tous ces métiers que notre cher président a mis un jour (pas un de plus) en évidence alors que le covid faisait rage et que le pays tournait au ralenti. Six mois après les annonces de cette même personne, au moment de faire véritablement un geste pour elles, la proposition de loi présentée est mise de côté, confirmant le peu d’intérêt de « la France d’en Haut » pour la « France d’en bas ». (1)

 

Au départ de cette initiative, on trouve François Ruffin, à qui on a acoquiné un personnage qui n’a que très peu de rapport avec lui : Bruno Bonnell. Si Ruffin est un chantre de la gauche, Bonnell est plutôt de l’autre côté du miroir (2) out tout du moins de l’autre côté de l’échiquier politique : chef d’entreprise macroniste (est-il besoin de développer plus ?)… On ne peut rêver meilleur contraire.

Sauf que cette association fonctionne, et au-delà de ce qu’aurait pu rêver Ruffin – et le spectateur déjà conquis par ce dernier (3) – Bonne nous démontrant (avec bonheur) qu’il a quand même une fibre humaine développée malgré ses sorties préalables (Ruffin les exprime dans le film), même s’il reste tout de même dans un registre différent de celui de son acolyte occasionnel.

Parce que réussir à accorder deux visions aussi différentes de la société est une sacrée gageure. Mais comme ledit M. R., à partir du moment où l’élément humain entre en ligne de compte, les différences politiques ont tendance à disparaître.

 

Nous allons donc suivre l’évolution de cette mission parlementaire qui repose sur ces deux hommes, en vadrouille dans les Hauts de France (Dieppe, Amiens), sur des terres ruffinesques, quoi, rencontrant les acteurs de ces métiers de lien social comme l’aurait voulu reconnus ce duo atypique. On va donc suivre des rencontres autour d’une table avec les personnes concernées par ces métiers, des déplacements chez des « vrais » gens qui n’ont parfois que ces aides de vie sociale et on se rend tout de suite compte d’une chose : ce sont avant tout des femmes qui sont concernées. Les rares hommes que nous voyons sont des élus, si ce ne sont pas ceux qui ont fait le film. Et encore une fois, on ne peut que regretter que ces métiers – mal payés, cela va de soi – sont encore réservés aux femmes, accroissant encore plus la différence de traitement homme/femme, avec évidemment des revenus pour celles-ci qui ne sont pas là pour faire remonter la moyenne nationale.

 

Et Ruffin – qui coréalise le film, donc – s’appuie avant tout sur le discours – creux ? – du président à propos de ces métiers « oubliés » comme dit Bonnell (« exploités » dit Ruffin) que le chef de l’Etat a mis en évidence dans un de ses discours « covidiens ». Bien entendu, vous pouvez imaginer la suite : non seulement tous ces métiers ne seront pas reconnus à leur juste valeur, mais en plus, on n’évoluera pas vraiment.

Il n’en demeure pas moins que pendant un instant, on a laissé la parole à ces femmes exploitées (je ne suis pas complètement d’accord avec Bonnell), et surtout, on leur a permis, le temps d’un film, d’exprimer leur véritable ressenti quant à leur activité professionnelle.
Et ça fait du bien ! D’abord à elles, parce que ce n’est vraiment pas tous les jours qu’on les laisse s’exprimer – surtout sans limite – et aussi parce que cela nous permet, à nous, les nantis qui ont un travail (relativement) bien payé de à rendre la mesure de leur détresse, même si la plupart d’entre elles ne regrettent absolument pas leur choix.

 

Mais cette satisfaction personnelle ne peut que les desservir. Ceux qui décident, voyant leur satisfaction (modérée) n’auront pas tendance à faire un geste pour elles : elles sont heureuses, de quoi se plaignent-elles ?

Et c’est justement parce qu’elles ne se plaignent pas de leur sort qu’elles sont extraordinaires : elles font ce que beaucoup sont incapables de faire à leur place.

 

Et quel retour ont-elles eu à propos du discours de ce même président qui voulait qu’on les mette à l’honneur ? Rien. Ou presque. Les dernières images rendent compte des rares gratifications qu’elles ont pu avoir exceptionnellement.

Quant à la proposition de loi déposée par Ruffin et Bonnell, non seulement elle a été vidée de tout son sens en commission, mais les quelques amendements proposés in extremis ont bien sûr été rejetés (pour la plupart : le seul que nous voyons adopté l’est pour une bonne raison : il ne coûte rien). Vous comprenez, ça coûte cher tout ça, et il n’y a pas d’argent magique.

Pour les pauvres.

 

Un film à voir de toute urgence (sociale) !

 

PS : nous aussi, spectateurs, n’avons qu’on seule envie à la fin du film, de chanter avec elles cet hymne du MLF, adaptation du Chant des Marais, ô combien de circonstance : oui,  DEBOUT LES FEMMES !

 

  1. La formule n’est pas de moi…
  2. Vous remarquerez que je n’ai pas parlé de côté sombre…
  3. Pour les autres, allez sur le site de Les Echos (je ne vous mets pas le lien, vous l’avez déjà dans votre barre de favoris)…

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Biopic, #Comédie dramatique, #Steven Soderbergh
The Informant! (Steven Soderbergh, 2009)

 

Mark Whitacre (Matt Damon) travaille pour ADM à un poste élevé. Il découvre un jour des malversations au sein de l’entreprise et contacte alors le FBI. Il va tout décrire à Brian Shepard (Scott « Sam Beckett » Bakula qui en référera plus haut, jusqu’au sommet de l’Etat : un immense scandale financier se profile. Sauf que.

Sauf que Whitacre est un menteur. Un incroyable menteur qui profite du système de cette entreprise – qui  n’est tout de même pas innocente dans toute cette histoire : il a détourné, à son propre profit plusieurs millions de dollars.
Combien ? Difficile à dire avec un tel personnage…

 

Réjouissant (1).

Steven Soderbergh est imprévisible. Et The Informant! en est une véritable illustration. En effet, après sa trilogie Ocean et son diptyque Che, le voilà dans une comédie dramatique foisonnante, servie par un Matt Damon en pleine forme (2) dans ce rôle à contre emploi : nous découvrons la supercherie en même temps que le FBI, ayant été menés en bateau par Soderbergh comme les agents fédéraux par Whitacre !

Mais l’affiche aurait dû nous avertir : cet homme pose mains à la taille, comme quelqu’un qui a réussi, alors que son ombre nous fait des grimaces.

Mais comme c’est Matt Damon, on a tendance à prendre pour argent comptant ce qu’il raconte.

 

Et pour accentuer l’aspect comédie du film – c’est pourtant une histoire assez grave de détournement de fond et d’entente commerciale illicite – Soderbergh a fait appel à quelques pointures de la stand-up comedy américaine. Et bien entendu, ces derniers ne se font pas remarquer pour leur s atouts comiques. Il faut dire que la performance de Damon suffit amplement. Bien entendu, ce film doit être revu pour apprécier pleinement les mensonges – réalistes, cela va de soi – de leur propriétaire. C’est une véritable montagne de fausses informations qui est délivrée à Shepard et consort qui n’a alors d’autre choix que de se retourner contre sa hiérarchie, amenant le paroxysme inévitable et attendu qui va précipiter la chute de Whitacre. Et comme la montagne est haute, la chute est spectaculaire.

 

Et à aucun moment on n’est désolé pour ce drôle de bonhomme qui ment comme il respire : outre le fait que c’est Matt Damon qui l’interprète, son histoire (ses histoires) est absolument fabuleuse, et on ne peut qu’avoir une légère admiration pour avoir su mener en bateau tout ce monde jusqu’au Ministère d’Etat !

Bien sûr, il a été envoyé en prison pour ses détournements de fonds (entre autres : 45 chefs d’accusation !), mais on se dit que 9 ans, ce n’est pas tant que ça, au final, et malgré ce qu’il semble en penser dans une des dernières séquences du film : Steven Russell (I love you Phillip Morris de Ficarra & Requa, qui sort la même année) croupit toujours en prison pour certainement moins que ça, d’un point de vue criminel (3).

 

Alors on salue l’artiste (4) et on savoure comme il se doit cette comédie très singulière.

 

[NB : Le pire dans tout ça, c’est que c’est d’après une histoire vraie !]

 

  1. D’aucuns diraient « jubilatoire », mais j’exècre ce mot.
  2. Et même en pleines formes : il a pris 10 kg pour le rôle.
  3. Si ce dernier est toujours enchristé, c’est avant tout pour avoir ridiculisé l’état du Texas.
  4. Le réalisateur ? L’acteur ? Le menteur ? Choisissez.

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Science Fiction, #Jack Arnold
L'Homme qui rétrécit (The incredible shrinking Man - Jack Arnold, 1957)

 

Quarante ans !

Cela faisait quarante ans que je n’avais pas vu ce film et je dois avouer qu’il n’a rien perdu de sa force.

 

Alors qu’il est en villégiature avec son épouse Louise (Randy Stuart), Scott Carey (Grant Williams) est nimbé d’un nuage étrange, laissant des particules argentées sur sa peau (qui partent quand on les essuie).  Six mois plus tard, il remarque que ses vêtements sont trop grands. Encore plus tard, le doute n’est plus permis puisqu’il ne mesure plus que trois pieds (91.44 cm).Il se retrouve dans la cave à cause de Butch le chat qui veut le croquer (normal, il a la taille d’une souris)

 

La dernière fois, je n’avais que 14 ans et ce film m’avait impressionné pour sa seconde partie, celle où Scott est en proie à des éléments maléfiques (naturels).Mais maintenant que j’ai grandi, je rends compte que ce film, même s’il est de série B (2), est d’une très grande qualité cinématographique. Et Jack Arnold est très certainement un réalisateur sous-évalué. Mais revenons à notre histoire.

Il est clair que le travail de Russell A. Gauman & Ruby R. Levitt est d’une immense qualité : ce sont les deux personnes responsables ders décors du film. Parce que si cette intrigue se lance quand Scott se rend compte que ses vêtements sont trop amples (3) pour lui, c’est quand ces deux personnages entrent en scène (enfin font leur travail) que le film prend toute sa dimension et surtout son intérêt.

Mais c’est aussi parce que Jack Arnold a mis en scène une séquence magnifique qui nous révèle que le personnage a fortement réduit : Scott a une discussion avec son frère Charlie (Paul Langton), engoncé dans un fauteuil dont nous ne voyons que le dossier. Et Arnold va tirer jusqu’au bout le moment – très attendu – de la révélation. Scott a réellement beaucoup diminué !

La suite va être plutôt brève mais amener l’irrémédiable issue : Scott est trop petit pour qu’on s’intéresse véritablement à lui. Et même si Louise espère encore, Charlie la dissuade d’espérer : Scott a été dévoré par le chat.

 

Si nous savons qu’il n’en est rien, nous ne pouvons que louer l’habileté du scénario qui fait basculer le film dans un genre aventurier des plus bienvenus. Mais, et à mon avis, ce n’est que l’aspect émergé de l’iceberg. En effet, on peut diviser le film en deux parties : les effets de la radioactivité  (4) ; la vie après, à hauteur de vue. Et Arnold est formidable dans cette deuxième thématique.

Outre les différents objets qui évoluent selon le personnage qui les utilise – un clou ou une épingle – il y a chez Arnold une propension à annoncer ce qui va suivre.
Le générique de présentation nous montre une silhouette qui va en diminuant et ne disparaît qu’une fois Jack Arnold annoncé. Nous savons donc à quoi nous attendre.

Mais cette sorte de prémonition va baigner le film : Arnold va toujours annoncer les différents épisodes que nous allons suivre. Cela commence par l’apparition de Butch mais cela est suivi par, (dans le désordre), celle de la toile d’araignée qui emprisonne le gâteau abandonné par Louise, ou encore l’alliance de Scott qui prend sa liberté : Scott a tellement rétréci que ses doigts sont trop fins pour retenir cet anneau témoin de leur mariage.

 

On peut donner deux interprétations de cette fuite annulaire : la freudienne qui annonce l’impuissance de ce mari qui rétrécit (comme autre chose…) ou/et l’annonce du délitement du mariage (en tout bien tout honneur.

C’est cette dernière explication que je préfère retenir puisque nous sommes dans une dynamique prémonitoire. Si l’anneau glisse du doigt de Scott parce qu’il rétrécit, c’est avant tout un signe avant-coureur de séparation. Si l’alliance ne tient pas, c’est aussi parce que ce qui arrive à Scott je peut présager d’un mariage long : comment peut-on conserver un amour identique envers une personne qui est appelé à disparaître ?

Cette cave, d’ailleurs devient un espace d’expérimentation formidable, véritable nouveau monde pour un tout petit homme.

Mais c’est à ce moment qu’intervient la véritable métamorphose du film :

Alors que sa diminution est inéluctable, il ne va s’en rendre compte que quand il sera menacé dans sa chair : le combat avec l’araignée ne peut pas être oublié (5). Mais ce combat est avant tout l’illustration d’une dernière prémonition : celle de Clarice (April Kent). Scott, déprimé, va la rencontrer alors qu’il côtoie une foire vantant les mérites de ses différents monstres (6) : ce qu’elle va lui dire va se retrouver dans cette deuxième partie plutôt hostile : il faut qu’il accepte ce nouveau présent qui s’offre (involontairement à lui).

Bien  entendu, il le fera, introduisant une conclusion très relative de très bon aloi.

 

Outre ce qui a été écrit plu haut, ce film est avant tout l’illustration d’un roman d’anticipation. On peut même légitimement se dire que Richard Matheson n’a écrit ce roman qu’en se disant qu’il serait adapté au cinéma (ce qui est donc arrivé), C’est d’ailleurs lui qui en a signé l’adaptation…

C'est un film qui ne dégage toute sa saveur que quand il est revu…

 

  1. Qui était aussi la première !
  2. Un de ses films qui passaient en première partie de ces fameux « double feature shows », censés préparer le public à quelque chose d’encore plus formidable. J’espère que le film principal était à la hauteur de celui-ci...
  3. Faites-vous la liaison quand vous lisez ?
  4. Eh oui, encore un héritage atomique : nous sommes en 1957…
  5. Comme je l’annonçais, impossible de l’oublier !
  6. J’espère que vous avez vu Freaks

 

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Télévision, #Série, #Guerre
Colditz (1972-1974)

Puisque le monde est aux séries, revenons sur l’une d’entre elles : Colditz (1972-1974).

Nous sommes en 1940 et la guerre fait rage : le lieutenant Carter (David McCallum) est fait prisonnier lors d’une mission de reconnaissance. Elément un tantinet retors, il est envoyé à Colditz (Saxe). ET comme un malheur n’arrive jamais seul, il est placé avec un contingent d’autres prisonniers de guerres spécialistes de l’évasion : on ne s’évade pas de Colditz.

Enfin si, mais avec beaucoup de parcimonie.

 

Avant toute chose, je ne saurai vous recommande d’aller voir ce que les prisonniers du lieu ont pu mettre en place pour essayer (et parfois réussir) une évasion. C’est tout bonnement incroyable, jusqu’à ce planeur qui n’a pas pu être mis en circulation, la guerre s’étant terminée avant. Quoi qu’il en soit, nous sommes dans une configuration qui n’est pas sans rappeler celle de La grande Evasion, avec le temps nécessaire pour développer l’intrigue : au lieu d’un film de  172 minutes, c’est une série de 28 épisodes d’environ 50 minutes chacun (un peu plus en règle générale) prenant le temps de mettre en avant les différents enjeux en lice, donnant aux différents protagonistes une existence pertinente.

 

Il est clair que la présence de David McCallum est un atout non négligeable : ayant participé au formidable La grande Evasion près de 10 ans plus tôt, il est un peu le garant de l’authenticité de la série. Comme si on en avait besoin…

Il est évident que cette série (formidable) nous rappelle certains films d’évasion (La grande Illusion ou le film de Sturges susnommé), mais comme les scénaristes on eu la possibilité » d’étayer leur propos (50 minutes environ à chaque fois), l’intrigue va à chaque fois développer un élément propice à une éventuelle évasion (1). Si McCallum est d’une certaine façon la caution morale de la série (voir plus haut), il n’en demeure pas moins que ses différents partenaires sont d’une aide absolument indispensable. A commencer par un habitué lui aussi des séries : Robert Wagner.

 

Nous allons alors vivre cinq ans de captivité britannique mais avec toujours en évidence que les prisonniers ne sont rien sans leurs geôliers : outre le Kommandant (Bernard Hepton, impeccable) on trouve deux officiers eux aussi pertinents : Uhlmann (HansMeyer) et Mohn (Anthony Vaentine) aussi différents que leur grade, l’un étant plutôt Wehrmacht, le second SS.

Et cette différence va nourrir les différentes intrigues, jusqu’à la décision inévitable de choisir prendre une décision quand l’avancée alliée s’approche de la forteresse. Et si Uhlmann choisit les honneurs, Mohn, véritable salaud (normal, c’est un SS), n’a d’autre choix que de déserter afin d’éviter une mort assurée. On pourra souligner que cette désertion est totalement assumée par la production : d’un autre côté, un tel salaud ne va plus apparaître, et ce malgré son haut degré de nuisance, et surtout l’envie des prisonniers – et des spectateurs – d’en découdre avec lui.

 

Mais quoi qu’il en soit, nous sommes devant une série de haute qualité, servie par de grands interprètes, Robert Wagner et David McCallum en tête. Et si la résolution finale ne peut pas rendre hommage à tout ce qui fut mis en place pour permettre à certains de s’évader, on est tout de même heureux que quelques tentatives aient pu être couronnées de succès.

Quoi qu’il en soit, c’est avec beaucoup de bonheur qu’on va suivre cette série guerrière (deux saisons et donc 28 épisodes) qui va mettre en évidence des (petits) faits héroïques que nous ne verrons pas beaucoup dans les publications traitant de la même période…

 

  1. On ne s’évade pas de Colditz !

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Drame, #Paul Schrader
The card Counter (Paul Schrader, 2021)

William Tell (Oscar Isaac) – c’est bien sûr un pseudonyme – est, comme l’indique le titre (1), un joueur : black jack et poker n’ont aucun secret pour lui. Pendant une de ses virées au casino, il fait la connaissance de Cirk Baufort (Tye « Cyclops » Sheridan) : le père du jeune homme ont un passé commun. Et ce passé est tout sauf reluisant : ils étaient interrogateurs à Abou Ghraib (Irak). En clair, ils ont torturé sans vergogne ni limite de nombreux prisonniers irakiens.

Mais ils ont été rattrapés par ces exactions : Tell a passé huit ans et demi en prison militaire. Pendant que leurs supérieurs s’en tiraient sans égratignure.

Et c’est là qu’intervient véritablement Cirk (2) : il propose à Tell de séquestrer, torturer et tuer l’un des pires supérieurs du lieu : John « Gordo » Rogers (Willem Dafoe).

Tell n’est pas très enthousiaste et propose à Cirk une tournée des casinos. Mais ce projet reste bien ancré dans la tête du jeune homme.

 

Pas étonnant que Martin Scorsese ait participé à la production du film : non seulement Paul Schrader lui avait écrit le scénario de Taxi Driver, mais en plus, ce William Tell est un héros très scorsesien : ne vous attendez pas à une quelconque élévation, ou alors elle ne peut être que temporaire et il retournera d’où il vient.

Tell est un homme seul, hanté par son passé de bourreau : il en rêve la nuit, bien sûr, mais ses souvenirs surgissent aussi le jour, surtout depuis l’apparition du jeune.

Et Oscar Isaac est impeccable dans ce personnage torturé (à son tour !), aux yeux tristes, bien loin de Poe Dameron (Starwars, troisième cycle) : sous ses dehors plutôt sympathiques se cache cet affreux personnage qu’il fut et qu’il essaie tant bien que mal d’exorciser.

Bien entendu, il n’y arrive pas complètement et sa proposition à Cirk est des plus glaçantes : en peu de mots et surtout grâce à une attitude accentuée par ce même regard (moins) triste, il nous montre qu’il reste toujours cet être abject qu’il pensait avoir laissé en prison.

 

ATTENTION la suite risque de révéler la résolution de l’intrigue.

Continuez à vos risques et périls !

 

Mais Schrader lui donne une chance : la rédemption. Et cette rédemption va passer par deux personnes : Cirk, bien sûr, qui lui offrira la possibilité de se venger (acceptera-t-il ?) ; et La Linda (formidable Tiffany Hadish), avec qui il retrouvera un peu de son amour propre, et même d’amour tout court.

Mais comme annoncé plus haut, il ne faut pas s’attendre à une fin heureuse : il retournera en prison pour la même raison que la première fois, torture ayant entraîné la mort.

Et Paul Schrader va filmer la séquence, d’une façon remarquable – à mon avis – restant dans la pièce que les deux protagonistes viennent de quitter, n’accompagnant les _images que des sons qui sortent de la pièce où a lieu le supplice.

Cette dernière séquence (avant la finale qui se veut un peu emplie d’espoir) fait écho au film de Scorsese susnommé : mais alors que nous suivons Travis Bickle (Robert de Niro jusqu’au bout de sa nuit, nous restons donc ici sur le pas de la porte, laissant la violence hors champ.

Cette analogie avec le héros de T. D. ne s’arrête pas là : tout comme Bickle, Tell est poursuivi par son passé militaire.

 

Mais malgré tout ça, je garde ma préférence pour le grand Martin. Le scénario n’est pas tout et parfois, la façon de filmer de Schrader est un tantinet lente, s’attardant un petit peu trop sur certains détails.

Mais qu’importe, le film se laisse regarder sans déplaisir, et on notera que l’ouverture du film se fait à l’ancienne, avec le générique principal avant que tout commence.

 

  1. Le compteur de cartes.
  2. Ca se prononce « Kirk », mais avec un C.
  3. La facilité aurait été de livrer crûment cette mise à mort

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Drame historique, #Jonathan Demme, #Tom Hanks, #Denzel Washington
Philadelphia (Jonathan Demme, 1993)

Ca commence avec le Boss (Bruce Springsteen) et ses « Rues de Philadelphie » (Streets of Philadelphia), et nous voyons différents habitants de cette mégalopole nous saluer. Normal, Philadelphie est la vielle de William Penn par excellence : celle où la tolérance est le ciment de la communauté.

Alors quand Andy Beckett (Tom Hanks), jeune avocat brillant et dynamique, est licencié parce qu’il a contracté le SIDA, c’est ce principe cher aux Pères Fondateurs qui est remis en cause. Mais Beckett ne s’en laisse pas compter : il engage l’avocat populaire (il passe à la télévision !) Joe Miller (Denzel Washington) pour le représenter.

Le premier problème qu’il rencontre : Miller est ce qu’on appelle aujourd’hui un homophobe, considérant les homosexuels comme des sous-hommes.

Le deuxième problème : le temps presse, la maladie se développe de plus en plus vite et les défenses immunitaires de Beckett tombent les unes après les autres, l’affaiblissant toujours plus.

 

Magistral.

Encore une fois, Jonathan Demme nous démontre qu’il était un grand réalisateur, signant ici un film presque parfait (1), servi par une distribution non seulement prestigieuse mais aussi à la hauteur de l’enjeu : l’acceptation de l’homosexualité. Parce que derrière cette intrigue judiciaire se joue la place des homosexuels dans la société américaine – et ailleurs, son influence a un peu fait bouger les lignes un peu partout dans le monde – même si ce n’est pas encore gagné (2).

Et le plus remarquable dans ce film, c’est la façon dont Demme montre les différents stéréotypes – faux – qu’on trouve sur le SIDA : l’attraper par une poignée de mains en est la meilleure illustration, puisque c’est aussi la première.

En effet, la première poignée de mains qu’échange Beckett avec quelqu’un est mise en évidence par un resserrement du cadrage sur cette effusion qui n’était alors pas toujours considérée comme saine par les ignorants (3). Et cette insistance est prémonitoire : jusque là, un spectateur qui n’a pas eu vent de l’intrigue peut alors se poser des questions, jusqu’à la révélation de Beckett à Miller. Autre élément prémonitoire : l’observation de Kenton (Robert Ridgely) à propos de la marque que porte Beckett sur le front qui se révèlera une lésion due à la maladie.

 

Mais c’est surtout la présentation de cette maladie qui est le meilleur atout du film : avoir le SIDA dans les années1980s, c’est comme être noir avant le Mouvement des Droits Civiques. Les personnes atteintes – homosexuelles, surtout – sont marginalisées voire ostracisées. Ce n’est pas par hasard si Sarah Beckett (Joanne Woodward) déclare qu’elle n’a pas élevé ses enfants pour qu’ils se retrouvent à l’arrière des bus (4) : la place qui était réservée aux « gens de couleur » (colored) autrefois aux Etats-Unis.

Parce que si Beckett qui est licencié officiellement pour faute grave, c’est bel et bien à cause de sa maladie que ses patrons se débarrassent de lui.

 

Et pendant le procès qui suit, la défense abjecte des associés patrons est tout bonnement écoeurante, avec une mention spéciale pour les deux avocats, Belinda Conine (Mary « Miss Clayton » Steenburgen) et Jerome Green (Obba Babatundé, qu’on pouvait apercevoir dans le film précédent de Demme) : ils utilisent les arguments courants homophobes afin de criminaliser la conduite de Beckett qu’ils jugent irresponsable, comparée à celle d’une autre personne atteinte de la même maladie suite à une transfusion ; cette dernière est une véritable victime à leurs yeux, tandis que Beckett a, d’une certaine façon, reçu ce qu’il méritait. Pourtant, l’issue pour ces deux personnes sera la même : une mort annoncée.

 

Mais si ce film a eu un tel impact sur les spectateurs, c’est aussi pour les différentes performances d’acteurs, outre celle de Mary Steenburgen, on notera :

  • Jason Robards (Charles Wheeler,le grand patron) est un formidable salaud, n’exprimant aucun regret ni remord vis-à-vis de Beckett, malgré les perches que semble nous tendre Demme à chacune de ses interventions :on croit qu’il va revenir sur son opinion (son visage semble l’indiquer) mais rien ne changera. D’ailleurs, l’issue du procès (défavorable à son encontre, heureusement) lui semble aberrante et il ne veut pas en rester là.
  • Antonio Banderas (Miguel Alvarez, le « partenaire » de Beckett) un peu à contre-emploi (il sait tout jouer, cet homme-là) est magnifique de subtilité dans ce rôle difficile parce qu’un tantinet éclipsé par Tom Hanks.
  • Denzel Washington, bien entendu, pour ce rôle là aussi pas évident en face de Hanks, et surtout loin de l’image d’humanité qu’on avait l’habitude de voir chez lui dans ses rôles précédents. La première réaction qu’a Miller quand il apprend la maladie de Miller est des plus évidente et résume en quelques secondes les idées fausses véhiculées alors. Mais on ne pouvait laisser Washington dans ce rôle un brin négatif et son évolution va de pair avec la maladie de Beckett : alors que l’état général de ce dernier se détériore, la mentalité et l’attitude du premier s’améliorent, comme si ce que perdait Andy ne l’était pas pour tout le monde (perdu !). La dernière entrevue entre ces deux protagonistes est, bien sûr, la plus évidente.
  • Tom Hanks enfin, qui interprète là un de ses plus beaux rôles, avec en point d’orgue la séquence qui le voit commenter la musique qu’il fait écouter à Miller, Andrea Chénier (Umberto Giordano, 1896), avec la voix extraordinaire de La Callas, chantant La Mamma morta (« Ils ont tué ma mère », dit la traduction française officielle…). Il y a dans ce chant le même espoir et le même désespoir que ceux de Beckett, qu’il exprime avec une immense justesse, laissant Miller subjugué par ce qu’il vient de voir et d’entendre, tout comme l’est le spectateur. C’est très certainement le tournant du film pour ce dernier, le moment où il prend pleinement la mesure de son client qui n’est alors plus un client comme les autres.

 

Quant aux dernières paroles de cette aria, elle résume magnifiquement l’état dans lequel se trouve Andy à la veille de son audition :

« Corpo di moribonda è il corpo mio. / Ce corps de moribond est mon corps,
Prendilo dunque. / Prends-le donc.
Io son già morta cosa! » / Car je suis déjà morte.

 

Sublime.

 

  1. La perfection n’est pas de ce monde, et en plus, vous trouverez toujours quelqu’un pour vous dire qu’il y a ceci ou cela qui ne va pas…
  2. On trouve toujours, 30 ans après, des pays où l’homosexualité est considérée comme contre nature sinon un délit, voire un crime.
  3. Ceux qui ne savaient pas comment se véhiculait le VIH.
  4. “I didn't raise my kids to sit in the back of the bus.”

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Guerre, #Drame, #Paul Haggis, #Tommy Lee Jones
Dans la Vallée d'Elah (In the Valley of Elah - Paul Haggis, 2007)

On peut –on doit même – remercier Clint Eastwood qui a permis à Paul Haggis de réaliser ce film !

En effet, le pari n’était pas gagné : non seulement, nous sommes dans un passé proche, mais en plus, il égratigne l’armée américaine avec beaucoup de style.

 

Mike « Doc » Deerfield (Jonathan Tucker), qui revient d’Irak (nous sommes en 2004) ne s’est pas présenté après sa permission. Son père, Hank (Tommy Lee Jones) tient à le retrouver avant l’armée afin de lui éviter quelques ennuis.

Il va bien le retrouver, mais en morceaux brûlés : Mike a été tué et dépecé.

Aidé d’Emily Sanders (Charlize Theron), il va chercher – et découvrir – les causes de cette mort brutale, en lien (forcément) avec ce qu’il s’est passé en Irak.

 

Si Eastwood a en plus refusé le rôle de Hank, on ne peut que se réjouir du choix (proposé par ce dernier) de prendre Tommy Lee Jones : encore une fois, il est formidable, interprétant un ancien militaire (de la police du même nom) très américain, un tantinet raciste, et surtout garant des valeurs patriotiques de son pays. La séquence qui le voit remettre le drapeau dans le bon sens illustre magnifiquement l’état d’esprit dans lequel il commence cette douloureuse expérience : le drapeau a été donc hissé à l’envers par un fonctionnaire d’origine latino, qu’il va sermonner à propos du symbole véhiculé par sa bévue. On sent déjà poindre une forme de mépris par rapport à cet « étranger » : ce mépris ira jusqu’au paroxysme qui le verra s’en prendre à un autre de ces étrangers, un militaire cette fois-ci (Victor Wolf).

 

Mais son talent s’exprime ici surtout par rapport à la situation qui insinue de plus en plus le doute dans son esprit et surtout remet en cause ce qu’il a servi pendant de nombreuses années avant que ses deux fils prennent sa relève. Parce que si Deerfield est un militaire, il n’en demeure pas moins quelqu’un de très intuitif et déductif, aidant plus ou moins habilement la jeune policière. Il y a, en plus de la rigueur militaire de son personnage, une forme légère d’autisme qui va se révéler à nous par touches successives : ses rapports avec son épouse (Susan Sarandon, que j’aurais aimé voir plus) ou d’autres personnes ne sont jamais sereines ni naturelles. On notera aussi un léger balancement de son corps pendant une contrariété (-le film en est plein, de contrariétés : la première, le meurtre de son fils !).

Et encore une fois, c’est vers ses partenaires qu’il faut se tourner pour expliquer le talent de Jones : outre Charlize Theron qui fait jeu égal avec lui, on appréciera les différents protagonistes de cette intrigue militaire et criminelle, et on aura plaisir à retrouver quelques têtes connues dans des rôles subalternes – James Franco (Dan Carnelli), Josh Brolin (le chef Buchwald) ou encore Frances Fisher (Evie), dans un rôle plutôt inattendu.

 

Par contre, le talent de Paul Haggis – réalisateur peu prolifique (seulement 5 longs métrages), c’est – comme savent très bien le faire les Américains – de traiter d’un sujet qu’on peut qualifier d’actualité tant ce qu’il raconte est proche du moment où les faits (il s’agit d’une adaptation d’un fait divers) se sont déroulés. En plus de l’intrigue criminelle, le syndrome post-traumatique de la guerre est le véritable enjeu du film : ces jeunes militaires que nous voyons sont autant des victimes de cette situation que ceux qu’ils ont tués. Mais demeure tout de même le fait que les militaires ne sont pas tous bien intelligents. Et le fils Deerfield n’échappe pas à la règle, ce qui lui vaut son surnom, « Doc ».

 

AU final, c’est une belle condamnation de la guerre qui nous est présentée ici, interprétée avec justesse par les différentes personnes qui le peuplent, où transparaît une profonde tristesse qui ne s’exprime pas de la même façon par tous. Si la mère de Mike est effondrée, c’est avant tout parce que c’est le deuxième enfant que l’armée lui prend, alors que la tristesse de Hank mêle subtilement la mort du fils avec la désillusion qu’amène cette ultime enquête pour lui. Pour Emily, c’est une autre enquête ratée qui surgit dans ce contexte tendu. Pour les autres militaires du bataillon de Mike, c’est encore autre chose : une tristesse très bien portée par Penning (Wes Chatham), à la limite des larmes, sans jamais céder à cette émotion prégnante (1).

Et tout cela sans pour autant basculer dans le pathétique : le portrait de ces jeunes militaires n’appelant aucune pitié chez le spectateur.

 

Quant à la vallée d’Elah, vous irez lire le chapitre 17  du Premier Livre de Samuel, pour savoir à quoi elle fait référence, si vous n’avez pas l’occasion de voir le film…

 

  1. C’est bien connu : les militaires, ça ne pleure pas !

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Guerre, #Western, #Edward Zwick, #Anthony Hopkins
Légendes d'Automne (Legends of the Fall - Edward Zwick, 1994)

Comme me le répète mon ami Thierry : « quel gâchis ! ».

Parce que c’est un véritable gâchis qui nous est proposé ici, avec des morts (injustes, cela va de soi) qui s’accumulent et qui veulent nous prouver que le bonheur n’est pas de ce monde.
En tout cas, pas pour les Ludlow.

Après le père William (Anthony Hopkins), ancien colonel qui n’a pas supporté les « politiques indiennes » pratiquées par l’administration qu’il a longtemps soutenue, c’est au tour de ses trois fils de subir le poids de leur époque : Première Guerre mondiale et Prohibition.

Alfred (Aidan Quinn) deviendra politicien, élu au Congrès, avec toute la compromission que cela suppose. Samuel (Henry « Elliott » Thomas) mourra en Europe, en 1915, sur le Front. Quant à Tristan (Brad Pitt), il survivra à tout cela. Mais à quel prix !

 

Edward Zwick signe ici un très beau western, un tantinet particulier (1), servi par une distribution à la hauteur, ainsi qu’une équipe technique du même acabit. Nous y retrouvons les grands espaces qui en font un western, ainsi qu’une rencontre finale (2) qui n’est pas sans rappeler celle de certains classiques du genre, et tant pis si ce n’est ni à l’aube ni au crépuscule.

Et ce malgré l’aspect moderne de l’intrigue (les années 1910-20). Outre les deux éléments évoqués ci-dessus, on y retrouve une solide intrigue familiale avec en outre une très belle histoire d’amour, elle aussi (et surtout) gâchée par ces situations historiques troublées : on passe de la Guerre à la Prohibition, avec dans le deuxième événement des éléments injustes qui ne sont pas anodins : la guerre, elle, frappe sans discernement les pauvres conscrits qui sont venus plus ou moins volontairement (ici, les trois frères sont volontaires, malgré les réticences – légitimes – de leur père).

Par contre, que la belle Isabel 2 (Karina Lombard), épouse de Tristan, tombe sous les balles des caïds locaux n’a rien de juste.

 

Et cet événement tragique va tout de même être le déclenchement nécessaire qui va faire basculer l’intrigue et amener la résolution attendue, voire prévisible. Mais c’est, bien entendu, une résolution que nous espérions, surtout après la mort de la jeune métisse.

Parce qu’une grande partie de l’intrigue se joue sur les différences. Outre le colonel qui abandonne sa charge, déçu par une administration qui ne va pas assez loin, on trouve ici des éléments presque étonnants pour une histoire qui se passait voilà plus de cent ans : avant que Tristan n’épouse Isabel 2, il faut savoir que cette même jeune femme est issue d’une union mixte entre une Indienne (Tantoo Cardinal) et un cow-boy classique (Paul Desmond).

Sans oublier le personnage de One-Stab (Gordon Tootoosis), narrateur de ces légendes automnales, et enjeu d’une rixe entre les Ludlow et un barman raciste.

 

Décidément Edward Zwick sait lui aussi tout faire, et ce western en est une autre preuve. On retrouve les ingrédients indispensables du genre avec en prime une connotation humaniste (c’est – heureusement – le cas maintenant) et surtout un mélange heureux entre ce qui fit le western, tourné inévitablement vers le XIXème siècle, et cette nouvelle ère qui l’a supplanté (après la Guerre 14-18) sans pour autant lui retirer ses codes (la vengeance, l’affrontement final…).

 

Non, le western n’est pas près de mourir…

 

  1. Nous sommes dans les années1910 quand le film commence.
  2. J’aillais écrire un duel final, mais il y a plus de deux personnes concernées.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Comédie dramatique, #Benjamin B.Hampton
Heart's Haven (Benjamin B. Hampton, 1922)

Il est clair que nous sommes en plein mélo, avec bons sentiments et destin moralisateur. Mais il n’importe, ce petit film (62 minutes) de Benjamin B. Brompton (et Jean Hersholt qui est annoncé en ouverture avec Eliot Howe et William H. Clifford) est très bien fait, soutenu par un montage adéquat, et interprété par des actrices et acteurs convaincants, et en premier lieu la grande Claire McDowell, celle qui fut tout de même la mère de Ben-Hur chez Niblo.

 

Adam Breed (Robert McKim) engage le jeune Joseph « Joe » Laird comme secrétaire, lui qui fut un temps amoureux de sa mère May Caroline (Claire McDowell, donc, préposée aux rôles de mères). Breed a une jeune fille, Vivian (Claire Adams). Mais ne concluez pas trop vite : Laird est marié à Gladys (Betty Brice) et a eu deux enfants d’elle.

Mais Gladys regrette ce mariage et délaisse son foyer au profit du riche Henry Bird (Jean Hersholt).

Un jour que la fille Laird (Mary Jane Irving) est en difficulté dans un arbre, labelle Vivian vient l’aider mais se retrouve à son tour en difficulté et fait une mauvaise chute qui la paralyse. Elle se retrouve alors engoncé tout comme la jambe du jeune Laird (Frankie Lee).

Mais la foi de May Caroline va libérer cette jambe et le petit Bobbie marchera à nouveau normalement.

Quant à la colonne vertébrale de Vivian…

 

Pas besoin d’être grand druide pour deviner qu’elle va se remettre et qu’elle va terminer avec Joe. Mais cela ne se fera pas sans mal, même si le Destin – pas toujours farceur – va se mettre de son côté.

D’une certaine façon, ce film est sur les couples qui tentent de renouer. Si pour Joe et Gladys, la messe est dite, il n’en va pas de même pour cette dernière et celui qu’elle avait autrefois refusé (1), ni pour Breed et May Caroline qui se retrouve quelques décennies plus tard (deux à trois).

 

Mais le véritable intérêt du film, c’est tout de même le personnage de Pynch (Frank Hayes). C’est le serviteur des Breed et il a la particularité, en plus d’avoir un physique caractéristique (2), interprète un serviteur un brin maladroit mais surtout hypocondriaque : il possède un placard entier rempli de remèdes des plus inoffensifs sinon inefficaces. Les différentes interventions de ce personnage amènent inévitablement le sourire, de par son physique ou les situations dans lesquelles il se met.

Mais encore une fois, ce personnage ne se suffit pas : il est accompagné d’une partenaire tout aussi truculente, Mrs. Harohan (Aggie Herring). Pas étonnant qu’ils terminent eux aussi ensemble, suite à une demande en mariage des plus savoureuses.

 

Bref, un petit film très sympathique qui, s’il n’a pas défrayé la chronique se laisse regarder avec beaucoup de plaisir. Et ça aussi, c’est important !

 

PS : On peut sourire en découvrant le prénom de Breed, Adam. En effet, son patronyme entier peut alors se traduire par « Race d’Adam ». Il semble donc le premier homme. Normal, c’est lui le patron de Joe.

 

  1. Il est amusant d’apprendre que Betty Brice avait elle-même refusé les avances d’un fiancé qui se montrait un tantinet entreprenant : elle en épousa (presque) tout de suite un autre !
  2. Pas étonnant qu’il ait commencé chez Sennett…

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