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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Wesley Ruggles, #Clara Bow
Quand on a vingt Ans (The plastic Age - Wesley Ruggles, 1925)

Irrésistible !

Pour le spectateur, comme pour Hugh Carver (Donald Keith), Cynthia Day (Clara « It » Bow) est absolument irrésistible.

 

Hugh vient d’arriver à l’université de Prescott où il est attendu impatiemment par le professeur de sport (David Butler) : Hugh est un formidable athlète comme le prouvent ses résultats de l’année passée. Seulement, loin de papa (Henry B. Walthall) et maman (Mary Alden), les tentations sont fortes et surtout sans véritable frein. Et encore plus quand elles s’appellent Cynthia Day !

Alors Hugh commence à sortir, fumer, boire… Et ne plus étudier !

Vertement tancé par son père, et quitté par Cynthia, il ne reste plus qu’à travailler et s’entraîner.

 

Certes, ce n’est pas un grand film que celui-ci mais il a l’avantage d’avoir Clara Bow dans sa distribution (son quinzième film de 1925, décidément son année !). Parce que du côté de l’intrigue, c’est tout de même un peu léger : elle est complètement prévisible du début à la fin (heureuse, évidemment). Non, l’intérêt est ailleurs, dans une tentative de description d’une certaine jeunesse américaine : celle qui a les moyens d’étudier (enfin surtout celle dont les parents les ont pour l’envoyer là-bas). Et parlons-en des études : la seule fois où  nous voyons Hugh se concentrer sur son travail, ça ne dure pas une minute, puisqu’il ne pense qu’à Cynthia. Pour le reste, on ne voit qu’un seul professeur (voir plus haut), difficile donc de deviner ce que Hugh est venu étudier.

 

Par contre, on comprend vite que la seule chose qui compte, ce sont les résultats sportifs et si Hugh est tancé, c’est avant tout parce que ses résultats à la course (sa spécialité) sont catastrophiques : il arrive bon dernier !

Mais nous savons tout des à-côtés des étudiant : l’organisation en confréries avec bizutage (soft, rassurez-vous) obligatoire ; les différents statuts – Freshman (1ère année), Sophomore (2ème année), Junior et enfin Senior (3ème et 4ème années) ; les sorties dansantes plus ou moins arrosées ; et les compétitions sportives (la course et le derby contre l’école voisine de Tremont). Pour les matières enseignées, rien n’est absolument prévu : personne ne rentre jamais dans une salle de classe !

 

Si le film semble nous montrer ce qu’est la vie d’étudiant, il est tout de même rattrapé par l’actualité des spectateurs : alors que Hugh et Cynthia vont danser pour la dernière fois (elle va le quitter juste après), la police décide d’effectuer une descente dans le dancing. Eh oui, c’est toujours la Prohibition et on aura droit alors à une bouteille de gnôle suspecte (la gnôle, pas la bouteille) qu’une cuisinière noire va rapidement escamoter sous ses habits et un passage secret réservé au personnel que va emprunter le couple pour se tirer de ce mauvais pas.

 

Ce film est aussi l’occasion de découvrir un jeune figurant (trois ou quatre fois) de vingt-quatre ans parmi les athlètes : Clark Gable.

Mais pour ce qui est des films universitaires, on préférera tout de même l’université où officie le professeur Kelp (1)…

 

  1. The nutty Professor (1963)

 

Clark Gable & Gilbert Roland

Clark Gable & Gilbert Roland

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Drame, #Oliver Hermanus
Vivre (Living - Oliver Hermanus, 2022)

Que cela soit clair tout de suite : non, je n’ai pas vu le film de Kurosawa (Ikiru, 1952) (1) dont est tiré ce remake magnifique d’Oliver Hermanus. Bien entendu, je n’ai qu’une envie maintenant : le voir ! Mais ceci sera une autre histoire.

 

[Attention, des éléments de résolution de l’intrigue se sont glissés dans ce qui suit…]

 

Londres, juillet 1953.

Pendant que d’aucuns préparent leur vacances (à Bournemouth, par exemple), Mr. Williams (Bill Nighy) se rend chez son docteur.

Monsieur Williams est un fonctionnaire de la mairie qui dirige un service dont la principale activité semble être de faire durer les projets, les écartant résolument afin de s’en occuper plus tard. Comme le dit Miss Harris (Aimee Lou Wood), plus la pile de dossiers sur votre bureau est importante et plus vous êtes un fonctionnaire productif.

Mais cette visite chez le docteur est différente des autres : le résultat des analyses est sans conteste, Mr. Williams est atteint d’un cancer en phase terminale. Il en lui reste que six mois à vivre. Huit ou neuf tout au plus.

Alors Mr. Williams va changer…

 

Et quel changement: c’est là tout le sel du film, qui voit cet être somme toute insignifiant donner un véritable sens à sa vie. C’est toujours pareil, me direz-vous, quand on sent sa fin proche, on a envie d’employer au mieux ces derniers instants. Encore que… La tentation d’en profiter une dernière fois est là, bien sûr, avec cette séquence qui le voit (à son tour) à Bournemouth, lieu de villégiature de la classe moyenne anglaise (entre autres) dans ce début des années 1950. Mais cette envie de s’amuser (2) va tourner court : tout d’abord, Williams a passé l’âge de ce genre de choses, mais aussi son interprétation de The rowan Tree dans un pub/cabaret le renvoie à son passé, avec sa femme qu’il a perdue si jeune. On sent poindre tout son désespoir quand il interrompt sa chanson : oubli des paroles ? Impossibilité de la mener au bout ? La fin du film répondra à cette question.

Si cette expérience est plutôt malheureuse, elle n’en demeure pas le déclencheur du véritable changement de vie que va opérer Williams : ça commence par un chapeau qui détone par rapport à celui qu’il portait auparavant (un melon, cela va de soi), puis c’est au tour de son travail qu’il va abandonner le temps de se reprendre, comme une courte dépression qui l’empêche de fouler à nouveau l’espace de son bureau. Mais une fois que sa résolution est prise, il va se décider : vivre pleinement ce qu’il connaît le plus, son travail.

 

Hermanus, dès la séquence d’introduction – un film d’archives (en couleur) un tantinet dépoussiéré de cette époque où la guerre est encore un souvenir fort – nous met dans le bain. Le format choisi pour ce film (1.48 : 1) n’est d’ailleurs pas anodin, il rappelle ceux de la période évoquée, bien loin des résolutions extra larges qui constituent la majorité des films actuels. Et la reconstitution qui va avec est de toute beauté. On suit avec délectation les pérégrinations de ce jeune employé de la mairie de Londres, Wakeling (Alex Sharp) qui débarque dans ce service en pleine mutation (3) : il voit le fonctionnement avant le changement de Williams et une fois ce dernier parti.

Parce que l’une des forces de la narration de Hermanus, c’est de ne pas avoir terminé son film sur la mort – annoncée, donc – de son personnage principal : après sa mort, son influence – toute relative selon ses propres mots – se fait toujours sentir dans ce qu’il a fait pour remplir sa vie (ou tout du moins ses derniers six mois).

 

Et Hermanus illustre très bien le principe qui voit sa vie décliner alors que son engagement se renforce, comme s’il ne dépendait plus que de cet ultime projet pour exister. Mais cette idée de rattraper le temps perdu – vieille chimère qui nous prend tous à un moment ou à un autre – se produit à la suite d’une double rupture : le changement d’attitude de Williams et surtout sa mort brutale – dans sa présentation – après avoir décidé d’agir.

Mais cette brusquerie – sa disparition semble nous empêcher de voir ce qu’il a fait une fois au parti – se fait malgré tout en douceur, le temps d’un travelling avant qui se termine sur la photo de Williams, celle qui est posée sur son cercueil. Cette photo est superbement amenée parce que même si on sait que c’est Williams qui repose devant nous, il nous faudra attendre les dernières secondes pour en être sûr : la netteté s’affinant à mesure que nous approchons, jusqu’au couperet que représente cette photo sans plus aucune contestation : Williams est mort.

Et c’est au moment où nous avons donc la preuve qu’il est mort qu’il devient vivant et que le titre du film prend toute sa dimension.

 

Bien sûr, le film de Hermanus repose aussi sur une interprétation irréprochable, Bill Nighy en tête. Il est un Williams magnifique, véritable produit de l’establishment britannique, flegmatique à souhait, mais dont la prise de conscience de sa fin proche va réveiller son instinct de survie. Et cet instinct va surtout se retrouver dans son visage qui, s’il reste (la plupart du temps) impassible n’en est pas moins remplie de cette vie qui lui aurait fait défaut tout ce temps. De plus, sa voix feutrée, à peine plus élevée qu’un murmure fait toute sa force (4) : son autorité et sa réserve, tout comme sa détermination.

Bien sûr, ceux qui l’accompagnent dans ce film – Aimee Lou Wood, Alex Sharp, Adrian Rawlins (Middleton), pour ne citer qu’eux – se hissent au même niveau d’excellence, faisant de ce film un remake qui, je pense, n’a rien à envier à son original.

 

[Il y a un parallèle troublant entre le personnage de Wakeling et celui de Joe Lampton (5), à propos de l’attitude de ce dernier dans le roman : le surnom que Miss Harris donne à Williams n’y est pas étranger. On notera aussi dans cette même idée le vœu que Middleton exprime après la mort de son chef de service : une fois sa place prise, il n’en sera plus rien, et tout rentrera dans l’ordre, ou plutôt le train-train quotidien de ce service. Et même Wakeling s’y résoudra.]

 

  1. C'est fait ! (4-4-2024)
  2. Est-ce que profiter de la vie c’est s’amuser ? Cela semble être en partie la façon de penser du jeune homme qui l’accompagne (Tom Burke).
  3. Encore que…
  4. D’où l’intérêt de voir le film en VO !
  5. Les Chemins de la Haute Ville (Room at the Top – John Braine, 1957)

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Comédie, #King Vidor, #Marion Davies
Une Gamine charmante (The Patsy - King Vidor, 1928)

Bienvenue chez les Harrington : le père (Dell Henderson), la mère (Marie Dressler), Grace (Jane Winton) la fille aînée, et Patricia (Marion Davies) la fille puînée. Bien qu’elle semble être une famille américaine typique, on peut noter toutefois quelques dysfonctionnements : le chef de famille est une cheffe ; et la fille puînée est constamment dévalorisée par rapport à sa grande sœur, par cette même cheffe. En clair, c’est sur elle que tout retombe toujours (1).

Tony Anderson (Orville Caldwell) est le petit ami de Grace et visite souvent la maison Harrington. Hélas pour elle, Patricia est très amoureuse de ce même Tony, au grand dam de Ma Harrington.

Voici que débarque le séduisant (homme à femmes) Billy Caldwell (Lawrence Gray) : Grace va évidemment tomber sous son charme et laisser alors la place à sa sœur. Mais Tony remarque à peine Patricia. Toutefois, il veut bien l’aider à conquérir l’homme qu’elle aime (lui, donc). Elle doit changer de personnalité.

C’est ce qu’elle va faire… Et elle ne sera pas la seule !

 

Je ne le répéterai jamais assez : on a sous-estimé le talent de Marion Davies ! Encore une fois, dirigé par un poids lourd du cinéma (sa première véritable collaboration avec le formidable King Vidor), elle nous montre toute l’étendue de son talent comique ce qui n’est pas peu dire : il est toujours plus facile de faire pleurer que de faire rire, et Marion Davies savait faire les deux choses. Elle est donc éblouissante d’un bout à l’autre du film, se payant la tête au passage de quelques actrices et non des moindres : Mae Murray, Pola Negri et Lillian Gish ! Cette séquence est d’ailleurs irrésistible : elle va se grimer sommairement pour leur ressembler afin d’attirer l’attention de Caldwell. Irrésistible (encore une fois !).

 

Mais n’oublions pas que si une actrice principale est très bonne, c’est avant tout parce qu’elle est bien entourée. Et c’est bel et bien le cas ici. Outre Dell Henderson qui est un père aimant lui aussi assez irrésistible, il faut souligner (de nombreux traits) la performance de Marie Dressler. Elle est absolument épatante dans ce rôle de femme forte (et forte femme), rabrouant sans cesse sa petite fille, livrant une joute comique formidable. Et dire qu’elle avait failli en finir avec le cinéma – et la vie en même temps ! On peut rendre un bel hommage à Allan Dwan qui lui a proposé ce rôle pour Vidor : non seulement elle est repartie de plus belle dans la carrière, mais en plus, elle nous livre ici une prestation de haute volée, formant un duo phénoménal avec Marion Davies.

 

De plus, Vidor dirige avec beaucoup de brio cette comédie très enlevée, au rythme débridé grâce au superbe travail de montage de Hugh Wynn, (son monteur attitré jusqu’à The Champ en 1931), malheureusement disparu trop tôt (2).

Certes, le film est centré sur Davies – normal, elle produit, ainsi que son bon ami Hearst – mais force est de constater qu’elle réussit – encore une fois – à faire passer de nombreuses émotions et si on devine dès la séquence d’ouverture la résolution de l’intrigue, c’est encore une fois le talent de Marion Davies qui nous transporte constamment, nous faisant presque douter de l’issue heureuse inévitable.

 

Bref, une de ces comédies de transitions à la suite du burlesque et avant le parlant (Le Chanteur de Jazz est sorti depuis 5 mois déjà) qu’il faut absolument (re)découvrir : 88 minutes de bonheur et une Marion Davies incroyable.

Et cette comédie illustre bien le fait que si vous voulez que les gens changent, il vous faut d’abord changer vous-même !

 

  1. The Patsy peut se traduire par « le bouc émissaire ».
  2. En 1936, il n’avait que 38 ans.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Luc Bricault, #Ida Techer
Chœur de Rockers (Luc Bricault & Ida Techer, 2022)

Connaissez-vous les Salt’n’Pepper ? Non ? C’et un chœur de personnages âgées (1) qui reprend des standards du rock’n’roll. Ils ont même fait un disque !

A l’origine, il y a la mairie de Dunkerque qui voulait créer du lien avec ses seniors. Et puis comme le répertoire attendu ne convenait pas vraiment aux choristes, ça a commencé à déraper. Surtout avec l’arrivée d’Alex (Mathilde Seigner), une chanteuse de « rades », faute d’avoir Bercy, et qui vivote avec deux enfants en alternance : la galère quoi. Mais comme elle le dit à sa fille : « la galère est un lourd bateau qui avance à la rame, et pour le faire avancer, il faut être très forte. »

Bien entendu, cette histoire de rock n’est pas très bien vue par l’organisateur (Guillaume Marquet), qui voyait plutôt un événement de type atemporel et festif.

Et c’est là qu’il se trompe lourdement : le rock est devenu atemporel (depuis plus de 60 ans, il a toujours le vent en poupe), et pour ce qui est de l’aspect festif, je ne sais pas ce qu’il lui faut !

 

NB : Ce qui suit révèle quelques éléments de résolution de l’intrigue. Lisez à vos risques et périls…

 

Chœur de Rockers, c’est un film qui fait du bien, véritable comédie douce amère – les personnes âgées ont une espérance de vie plus réduite que les enfants – et comme l’oublient parfois ceux qui nous dirigent et veulent nous faire travailler plus longtemps : être en bonne santé quand on est vieux est une gageure, et surtout une illusion.

Quoi qu’il en soit, nos petits vieux (2) sont fringants, bon pied (pas tous) et bon œil, et surtout une pèche digne de celle du grand Mick (3). C’est un plaisir de les écouter reprendre des standards du rock avec leur propre façon de faire, absolument débrider.

Et au-delà de la prouesse, c’est aussi un bel hommage à ce genre musical plus riche que ne pourraient le penser certains « classiques » (4).

 

Et ce film est malgré tout une réussite, parce qu’il fait du bien (sauf à ceux dont je viens de parler) : on en sort avec le sourire et bien sûr cette indispensable larme au coin de l’œil, chère à Chaplin (5). Parce que cette aventure est avant tout une leçon d’humanité : un groupe de laissés de côté – les vieux, comme ils disent – qui se prennent en main et se font plaisir et nous font, par conséquent, plaisir.

On s’amuse de leur progression (lente au début, ne nous en cachons pas), on apprécie le concert pas exactement comme prévu, et surtout, on vibre avec les différentes émotions véhiculées. Mais à chaque fois, il y a cette musique inévitable et surtout indispensable qui rythme ces vies qui s’enfuient.

 

Et tout est abordé : la vie, l’amour, la maladie et bien sûr la mort. Et tout ça avec de fines touches très subtiles. Le cancer de l’une, les, déboires sentimentaux de l’autre, la libido, et aussi la mort inévitable et qui fauche celle qui donnait une certaine âme à ce chœur.

Ses obsèques sont un très beau moment d’émotion, et surtout une superbe illustration de la chanson Space Oddity (Bowie). Parce que la chanson raconte le départ en voyage intersidéral du fameux Major Tom : et d’une certaine façon, c’est aussi son propre voyage intersidéral que ses amis sont venus célébrer. Space Oddity, comme les autres chansons retenues, est une très belle illustration des différentes péripéties du film. Même l’interprétation de Dalida par Nicole (Myriam Boyer) et Noël (Patrick Rocca) est justifiée ! Ce n’est pas du rock, certes, mais tout de même… Vous comprendrez alors pourquoi on va trouver quelques incontournables : Ca (c’est vraiment toi), Should I stay or should I go

Sans oublier le final qui résume bien l'état d'esprit de ces chanteurs animés par cette musique.

 

De plus, la distribution s’accorde tout à fait avec le reste, et Mathilde Seigner nous montre qu’elle sait aussi être sobre dans son jeu ce qui n’est pas pour déplaire.

On appréciera aussi Andréa Ferréol qui contribue beaucoup au débridage de ce chœur, ainsi que Bernard Le Coq, et aussi le duo qui chante Dalida, tout en subtilité et humanité.

 

Bref, une comédie qui fait du bien, et en ce moment, on en a besoin !

 

PS : Avec en prime un clin d’œil à Johnny Cash…

 

  1. Ou des seniors. Des petits vieux, quoi…
  2. J’espère qu’ils ne m’en voudront pas trop de les appeler ainsi…
  3. Jagger, eh !
  4. J’en ai rencontrés : ces musiciens pour qui la musique s’est arrêtée avec Ravel ou Stravinsky, et qui dégainent leur violon dès qu’on leur parlent guitare électrique !
  5. The Kid (1919)

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Comédie, #Fred Guiol, #Laurel & Hardy
Maison à louer (Duck Soup - Fred Guiol, 1927)

Ca y est !

Laurel et Hardy sont véritablement réunis ! Rappelez-vous, dans Lucky Dog, c’était surtout Laurel la vedette et dans Scandale à Hollywood, non seulement c’était au tour de Hardy, mais en plus, ils n’avaient aucun plan en commun.

Et pour la première fois, ils partagent le haut de l’affiche.

Mais ce n’est pas encore le duo que nous connaissons tous, même si les choses se précisent.

 

Les deux compères, à l’instar du Vagabond de Chaplin, sont deux clochards assis sur un banc. Il se trouve que les rangers qui patrouillent et surveillent les forêts et le cas échéant éteignent les incendies sont à la recherche de main-d’œuvre : ils enrôlent – de force, cela va de soi, les SDF qui sont, par essence un tantinet inoccupés.

Bien entendu, nos deux acolytes ne se sentent pas vraiment d’aller manier le tuyau. Ils se réfugient dans une maison désertée par ses occupants. Un couple vient visiter cette même maison pour la louer. Nos deux comparses vont alors essayer d’en profiter. Et alors, le véritable propriétaire arrive…

 

Longtemps considéré comme perdu, ce petit film a été retrouvé en 1974, et cela aurait été fort dommage de ne pas profiter de cette véritable ébauche d’un duo qui allait perdurer presque vingt ans. Certes, les personnages ne sont pas encore bien définis, même si deux fonctions se dessinent :

  • d’un côté un Oliver Hardy faussement sophistiqué (il porte chapeau haut-de-forme et monocle, attributs qu’il perdra rapidement), chef de ce duo singulier, essayant de jouer – sans véritable résultat, heureusement pour nous – les hommes d’importance, alors que ses différents efforts vont se retourner contre lui ;
  • de l’autre, un Stanley Laurel plus enfantin, plus léger et déjà sujet à la pleurnicherie. De plus sa finesse physique – à l’opposé de l’aspect massif et brutal de son compère – lui permet déjà de se métamorphoser en femme.

 

Bref, tous les ingrédients sont presque là pour que le duo évolue vers ce que nous connaissons. Mais on sent tout de même l’influence de Chaplin dans l’accoutrement de ces deux personnages (tout comme Harold Lloyd et son Luke de ses débuts), ainsi que, bien entendu, celle de Mack Sennett : nous sommes de plain (et plein) pied dans le burlesque, voire parfois dans le grand n’importe quoi, avec moult chutes et coups de pieds au derrière… Sans oublier une poursuite à vélo qui amène nos deux héros à la maison susmentionnée.

 

Le duo se met en place, et bientôt, il va déferler sur les écrans, pour notre plus grand bonheur.

Patience !

 

[NB : le titre original, outre une soupe au canard, désigne – en argot – quelque chose de facile à faire. Pas tant que ça, dirait-on…]

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Guerre, #Drame, #Mathieu Vadepied
Tirailleurs (Mathieu Vadepied, 2022)

Pourquoi doit-on toujours attendre aussi longtemps un film présenté à Cannes : Tirailleurs a été projeté le 18 mai 2022 et ce n’est que le 4 janvier de l’année suivante qu’on peut enfin le voir !

Et pour le voir, ça valait tout de même le coup d’attendre : cela faisait plus de 15 ans (1) qu’on n’avait pas eu une autre version de la Guerre - j’entends différente de celle des livres d’histoires édités dans la métropole.

 

1917, quelque part au Sénégal.

Bakary Diallo (Omar Sy) vit paisiblement avec sa famille et il s’occupe de son troupeau avec son fils Thierno (Alassane Diong), jusqu’au jour où les Blancs se rappellent à leur souvenir, et en particulier la France qui a besoin de chair à canons pour son front des Ardennes. Thierno est malheureusement attrapé et enrôlé. Bakary décide alors de lui venir en aide et s’engage volontairement, pour rester près de son fils.

Et il y restera jusqu’au bout, comme le père qu’il est : il doit protéger son fils coûte que coûte.

 

Si la Guerre fut un déracinement pour les soldats de Bretagne, Auvergne (etc.), que dire de ces Sénégalais enrôles de force pour défendre « Maman Patrie » ? Parce qu’ils ne sont pas vraiment partis la fleur au fusil, eux…

Mais il est alors impossible de faire marche arrière deux solutions s’offrent à eux pour en sortir : la fin du conflit (hasardeuse) ou la désertion. C’est cette dernière que choisit Bakary : normal, ce conflit ne le concerne en rien et il n’est là que pour ramener son fils. De son côté, ce même fils n’a pas la même opinion : certes, son père reste son père mais des responsabilités lui sont confiées et malgré la présence de son père, cette guerre va le sortir violemment de l’enfance. Comme il le lui dit : les enfants ne tuent pas des gens.

 

[Attention : la résolution de l’intrigue va être en partie révélée. Vous pouvez encore partir et revenir quand vous aurez vu le film (si vous le désirez). Autrement, vous continuez à vos risques et périls…]

 

Dans ce film, 1917 est une longue parenthèse entre la découverte d’un cadavre et la mise en bière des os retrouvés. Et c’est, bien sûr la situation de guerre qui reste centrale pour le décor parce que ‘accent est mis sur la relation entre un père et son fils, et pas seulement en ce qui concerne les deux Sénégalais. Et cette relation va évoluer vite, trop vite bien sûr pour Bakary, mais le contexte oblige à cette évolution rapide : la guerre transforme voire transfigure les hommes et ceux qui en reviennent ne sont plus les mêmes. C’est pareil ici : et le lieutenant Chambreau (Jonas Bloquet) va précipiter les événements entre le père et le fils en nommant caporal le jeune homme. Son père va devoir lui obéir, malgré sa position. C’est une nouvelle raison qui va amener Bakary à fuir – avec son fils – ce lieu terrible.

 

Mais la fuite n’a jamais été une solution, et on s’en rendra compte dans les dernières séquences : les « étranges fruits » qui se balancent… Et c’est en restant que Bakary va se réaliser pleinement : en sauvant son fils d’une mort certaine, il va trouver la sienne (2), « aux champs d’honneur » comme ils disent.

L’éloge funèbre qui suit est une séquence-clé du film : le général Chambreau (François Chattot) rend hommage au lieutenant du même nom qui est tombé, lui aussi. Mais aucune émotion, aucun chagrin pour cet homme qui enterre son fils. Alors que dans le même temps, le fils Diallo pleure un père qui ne sera pas honoré, son corps restant pourrir sur le champ de bataille. IL y a dans cette séquence une émotion palpable ainsi qu’un échange incongru : l’hommage funèbre du général à son fils n’a même pas une connotation personnelle et elle peut donc s’appliquer aisément à Bakary.

Si la vision de la guerre n’est pas spectaculaire, il y a (au moins) deux raisons : la relation père fils est le nœud de l’intrigue, mais aussi parce que la guerre n’est spectaculaire qu’au cinéma… C’est une guerre ordinaire, avec des morts qui s’entassent, qu’on entasse… Et tout ça pour avoir droit à un discours lénifiant et creux qui était de mise à l’époque : « si vous vous battez bien, vous serez des citoyens français. » Parce que ces braves tirailleurs restaient sénégalais, ils n’étaient français qu’une fois morts. Et encore…

 

Alors la pirouette finale (dernière séquence) est un magnifique pied de nez à cette « patrie » qui n’acceptait les autres (ceux des colonies) que s’ils voulaient bien mourir pour elle…

 

  1. Indigènes (Rachid Bouchareb, 2006)
  2. J'avais prévenu…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Science-Fiction, #James Cameron, #Avatar
Avatar : la Voie de l'eau (Avatar: the Way of water - James Cameron, 2022)

13 ans d’attente !

Treize ans après, et entre 350 et 460 millions de dollars dépensés, le second opus d’Avatar sort enfin.

On retrouve donc le couple d’amoureux du premier, Jake Sully (Sam Worthington) et Neytiri (Zoe Saldana), une quinzaine d’années terrestres plus tard, installés parmi les Omaticaya. Ils ont deux fils et une fille, et avec eux la fille naturelle de Grace Augustine  (Sigourney « Ripley » Weaver), Kiri (idem).

Mais si nous retrouvons ces deux personnages attachants, nous retrouvons aussi leur ennemi juré, Miles Quaritch (Stephen Lang) qui a pourtant été tué par Neytiri lors de l’épisode précédent : il a été cloné et apparaît sous la forme d’un avatar. Seul un message vidéo qu’il s’est laissé nous montre son vrai visage.

Sully et Neytiri vont donc fuir cet homme et son commando qui veulent le récupérer.

Ils sont accueillis par les Metkayina, un peuple de l’eau (d’où le titre).

 

Merveilleux. Bien entendu, nous retiendrons essentiellement les séquences aquatiques qui sont de toute beauté, férie de couleurs et de sérénité (sauf quand un monstre marin s’attaque à Lo’ak – Britain Dalton – le fils de Sully). C’est absolument magnifique, les créatures imaginées sont un véritable régal à admirer, sans oublier l’aspect relationnel fusionnel qu’entretiennent les Metkayina avec les tulkuns, ces sortes de baleines.

Le titre annoncé tient donc ses promesses. Par contre, malgré ces superbes images, la dimension écologiste du premier film a un peu disparu au profit d’une intrigue pas toujours bien originale : en plus de l’aspect revanchard qui anime Quaritch, nous avons droit à des pérégrinations adolescentes un tantinet « déjà vues », entredeux frères différents, amenant une part de jalousie pas toujours bienvenue.

 

Et Cameron est véritablement un très grand cinéaste, et il nous le prouve, prenant son temps pour toute chose – un petit peu trop tout de même pendant la bataille autour du vaisseau – amenant progressivement cet affrontement final inévitable – et quand même attendu – qui n’est toutefois pas mené tambour battant comme on a un peu l’habitude dans d’autres films.

Et en plus, il se cite à plusieurs reprises.

La référence la plus flagrante, c’est bien entendu Titanic (à ce propos, Kate Winslet est là – Ronal,  la femme du chef des Metkayina), avec le vaisseau qui sombre et se redresse à la verticale ; mais c’est dès le début que cela commence quand le commando dirigé par Quaritch se prépare à intervenir : on a l’impression de retrouver celui de Aliens qui s’apprête à intervenir sur LV-426, pas complètement préparé à ce qui l’attend (un seul rescapé au final encore une fois). Et bien entendu, l’aspect merveilleux qui se dégage de ce film nous rappelle celle de The Abyss, autre film marin inoubliable. Et j’en oublie certainement…

Autre clin d’œil, le Moby Dick d’Herman Melville, avec cette espèce de chasseur de baleines (de tulkuns, donc) qui se retrouve, tel Achab, lié à son esquif, et qui subira une fin qui n’a rien à envier à ce dernier : la substance précieuse qu’il récupère sur le cadavre de la bête rappelle la non moins précieuse huile de baleine que partait chercher le Pequod.

 

Par contre, j’ai pu voir le film en 3D et je dois avouer que mon plaisir en fut un peu gâché. Non seulement cela n’apporte pas beaucoup au film, mais en plus, à certains moments, cela a tendance à étourdir. Quant aux effets reliefs recherchés, ils ont aussi parfois tendance à nuire au film : la haute définition de l’image est magnifiée par cet effet d’optique et rend le propos encore plus irréel. La vraisemblance recherchée en prend alors un coup : on aimerait retrouver le grain de l’image qui nous confirme que nous sommes bien au cinéma !

Mais ceci est totalement subjectif. Comme tout le reste d’ailleurs !

 

Quoi qu’il en soit, ce film est un immense plaisir visuel, peu fréquent, et qu’il faut en savourer pleinement les différents temps forts, et mettre de côtés les quelques objections énoncées ci-dessus.

Laissez-vous pleinement immerger par ce très beau film…

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Télévision, #Série, #Histoire, #Claude Barma
Les Rois maudits (Claude Barma, 1972-1973)

18 mars 1314.

Jacques de Molay (Xavier Depraz) est brûlé vif sur l’Ile aux Juifs (Paris).Avant de mourir, il maudit ceux qui sont à l’origine de la chute de son ordre : le pape Clément V, Guillaume de Nogaret (Jacques Goasguen) et le roi Philippe IV, dit « Le Bel » (Georges Marchal), ainsi que sa descendance.

S’ensuivent une quinzaine d’années de désordre monarchique avec en points d’orgue différentes disparitions de monarques : Louis X, dit « le Hutin » (Georges Ser) ; Jean I, dit »le Posthume » ; Philippe V, dit « Le Long » (José-Maria Flotats) ; Charles IV, dit « Le Bel » (Gilles Béhat) ; et Philippe VI (Benoît Brione).

Avec ce dernier, c’est la fin des capétiens directs sur le trône de France (en place depuis 987) et le début des Valois (jusqu’en 1589), avec en prime les lois saliques qui interdisent le trône aux femmes, et en ligne de mire la Guerre de Cent Ans.

Et tout ça, grâce à l’intervention d’un homme : Robert d’Artois (Jean Piat), furieux d’avoir été dépossédé de son fief par sa tante Mahaut (Hélène Duc).

 

On comprend, en lisant ces quelques lignes ci-dessus, l’origine de la saga du Trône de Fer de George R. R. Martin : ce ne sont qu’intrigues et complots, luttes à mort pour arriver à son degré de pouvoir : qui un comté (Robert), qui le trône de France (Philippe V), ou celui de Saint Pierre (Jacques Duèze, futur Jean XXII – Henri Virlogeux). Et Claude Barma, aidé par la superbe adaptation de Marcel Jullian, va réussir l’exploit de faire tenir ces quelques années on ne peut plus riches en péripéties en six épisodes d’une centaine de minutes, conservant la même intensité et la même richesse. Un pur chef-d’œuvre.

 

Ce fut, bien entendu, un succès national, les Français attendant avec impatience les nouveaux développements de cette intrigue foisonnante et haletante, d’une semaine à l’autre entre le 21 décembre 1972 et le 24 janvier 1973, jusqu’à l’inévitable mort de Robert d’Artois, suite au siège Vannes.

Mais aujourd’hui, cinquante ans après cette toute première diffusion, on peut se demander légitimement si le succès serait au rendez-vous. Non pas parce que l’intrigue (c’est vraiment le terme approprié) déplairait, mais plutôt parce que la mise en scène est très éloignée des goûts du public actuel (encore que…) : la plupart des interprètes de cette série sont des comédiens de renom ce qui donne à voir du théâtre filmé plutôt que des téléfilms. De plus, la sobriété des décors (une histoire de budget ?) recentre l’attention du spectateur sur ce qui se dit plutôt que sur ce qui se voit. Certes, les costumes sont chatoyants et élaborés, mais cela renforce cette idée de théâtre filmé.

 

Mais quel théâtre filmé !

C’est absolument magnifique : les différents protagonistes tiennent leur rang avec beaucoup de talent, en particulier les relations entre Robert et Mahaut qui font tout le sel de cette série. Jean Piat (formidable) et Hélène Duc (elle aussi) se livrent à une joute verbale haute en couleur, leurs propos niant (presque) toujours leurs pensées : « ma bonne tante », mon beau neveu »…

Et d’une manière générale, c’est la rouerie qui est magnifiée dans cette œuvre. Certes, Maurice Druon avait magnifiquement décrit tout cela dans sa série romanesque, mais la gageure n’en était que plus haute et plus belle. Barma réussit ce pari parce qu’il s’est entouré de ce qui se faisait de mieux sur la scène nationale à l’époque. Avec une mention spéciale pour celui qui,  mon avis, est le plus roué de tous, Spinelli Tolomei (Louis Seigner) qui, de par sa situation – il est un banquier (1) lombard – est le point convergent de tous ces gens qui intriguent : c’est lui qui a l’argent, le nerf de la guerre. C’est d’ailleurs lui qui s’en sortira le mieux…

Une série indispensable et qui, semble-t-il, relègue loin derrière la seconde adaptation de 2005. (2)

 

  1. Ceci explique-t-il cela ?
  2. Je ne l’ai pas vue en entier, je me suis arrêté après 5 minutes. Il faudra que je réessaie… Ou pas.

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