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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Chronique, #Biopic, #Kenneth Branagh
Belfast (Kenneth Branagh, 2021)

« Billy Elliott version irlandaise. »

Ce n’est pas de moi, mais du JDD. Comme quoi, on peut ne pas toujours être d’accord avec ce journal. (1)

Parce que Billy Elliott, c’est avant tout la passion pour la danse d’un jeune garçon, sur toile de fond des grèves de 1984 en Angleterre. Ici, pas de grève, mais une situation autrement plus explosive : la guerre civile qui déchire catholiques et protestants en Irlande du Nord, en particulier à Belfast.

Le seul point commun entre ces deux films, c’est surtout le point de vue pris par le réalisateur : celui d’un enfant (2).

 

Buddy (Jude Hill) serait un petit garçon comme beaucoup d’autres s’il n’habitait pas Belfast, ville tiraillée par un conflit religieux qui n’en finit pas de durer. IL habite une maison de briques rouges, va à l’école du quartier, et joue avec les enfants du voisinage, loin des préoccupations des adultes. Mais pas longtemps : le conflit va gagner sa rue, où catholiques et protestants cohabitaient sans problème. Ca commence par un cocktail Molotov et ça se poursuit par des vitres brisées, avec en prime une voiture qui explose.

Résultat : une rue barricadée avec contrôle des allers et venues des gens.

Et des enfants qui continuent de jouer dans cette rue…

 

C’est beau. C’est même très beau et le choix délibéré du noir et blanc explique à lui tout seul cette beauté. On se croirait dans une exposition de photographie où chaque élément pris à ce conflit est une victoire : jamais les éléments violents ne sont mis en valeur comme le sont tous les autres, qui font de Belfast.

Il est clair que le travail de Haris Zambarloukos, le chef-opérateur est magnifique. Chaque plan est une véritable carte postale de ces lieux (recréés) qui est gagnée par la violence. Cette violence que les adultes vivent pleinement – sauf le père (Jamie Dornan) qui travaille de l’autre côté de l’eau – n’intervient toutefois pas souvent : l’émeute du début, un coup de poing bien senti, et le pillage du supermarché (une supérette, si vous voulez mon avis) sont les seuls éléments qui nous sont montrés.

 

Normal, c’est avant tout un enfant qui nous fait part de ce qu’il voit, de ce qu’il entend, de ce qu’il ressent. Et Branagh multiplie les points de vue différents de ceux des adultes, restant souvent à hauteur de Buddy, embarqué malgré lui dans ce conflit, sans toutefois en comprendre les enjeux : ce sont des histoires de grands, avant tout. Ses préoccupations sont très différentes, mais pas pour autant futiles : l’amour – à travers Catherine (Olive Tennant), la première de la classe ; la famille avec sa relation avec  ses grands-parents – son grand-père (Ciarán Hinds) surtout – et celle entre ses parents ; la religion à travers (un petit peu) le conflit mais par-dessus tout les diatribes du pasteur du coin (Turlough Convery) et les échanges avec les enfants catholiques (avec qui il joue). Des histoires d’enfants. Des histoires sérieuses, donc.

 

Et comme toujours dans les histoires d’enfant, il y a la magie. Et cette magie se distingue du reste du film de façon éclatante : la couleur. Ce sont des extraits de films qu’il va voir au cinéma, mais aussi une adaptation théâtrale du Christmas Carroll de Dickens. Ces rares éléments contrebalancent totalement le noir et blanc rigoureux qui baigne tout le film, donnant une vision de la vie bien grise.

Et cette vision colorée est d’autant plus importante que Branagh ouvre son film avec : une visite singulière de cette ville pourtant bien grise, avec un mélange de ce que fut Belfast et de ce qu’elle est aujourd’hui (en 2021, quand sort le film). Doit-on voir dans cette couleur d’ouverture une forme d’atténuation de ce qui va suivre ? Certes, ce passé est bien sombre, mais le présent – et pourquoi pas l’avenir – lui, est éclatant.

 

  1. Ne le lisant pas, je peux difficilement être d’accord avec.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Science-Fiction, #Horreur, #Sidney Salkow, #Ubaldo Ragona
Je suis une Légende (The last Man on Earth - Sidney Salkow & Ubaldo Ragona, 1964)

La légende du titre, c’est le docteur Robert Morgan (Vincent Price). Il est docteur en chimie cellulaire et s’est retrouvé confronté – ainsi que le reste de l’humanité – à un virus très dangereux qui affectaient les humains : ils se transformaient en vampires !

Cela peut paraître un tantinet exagéré, mais les malades ne sortaient plus le jour, ne pouvaient se regarder dans un miroir ni ne supportaient la présence de l’ail.

Tout le monde, semble-t-il, a succombé à ce virus et Morgan vit seul, cloîtré la nuit, à la recherche du repaire de ces vampires le jour, détruisant ceux qui lui tombent sous la main à l’aide de pieux de bois.

Un jour, il aperçoit un chien. Puis une jeune femme, Ruth Collins (Franca Bettoja).

Il n’est plus seul…

 

Voilà 10 ans que Richard Matheson a publié son roman (1), et on comprend que les producteurs aient voulu un titre plus accrocheur : « le dernier Homme sur Terre » incite plus à venir voir de quoi il en retourne que la traduction littérale.

Et dès l’ouverture, le ton est donné : un désert urbain. Des habitations sans vie, des voitures abandonnées… Et puis les premiers corps étendus sur le sol, n’importe où, abandonnés.

Et les deux réalisateurs ajoutent une note presque ironique avec un affichage d’église : « la fin est arrivée » peut-on  lire.

Puis c’est au tour de Morgan, qui est lui aussi allongé (on le voit à travers un carreau cassé). Mais le réveil sonne et notre homme se réveille et effectue un rituel bien établi. Ce rituel, c’est la première des trois parties du film : la seconde (après 28 minutes) va nous expliquer comment nous en sommes arrivés là ; la troisième (après 55 minutes) commence avec l’apparition du chien, puis de la jeune femme. Cette séquence de découverte du personnage nous permet aussi de donner une date : nous sommes le 5 septembre 1968 quand Morgan se réveille.

 

Bien sûr, nous sommes dans une de ces séries B qui foisonnaient à l’époque, mais la présence de Richard Matheson à l’écriture nous promet une intrigue solide, ce qui est le cas. Par contre, comme toutes les séries B, la production souffre de moyens et outre Vincent Price, la distribution est italienne (2). Mais on prend tout de même plaisir à suivre cette histoire improbable, et on n’a le droit de ne pas être d’accord avec Matheson qui regrettait le choix de Vincent Price. Ce dernier est encore une fois impeccable, dernier véritable humain comme il l’explique. Cette idée d’humanité est d’ailleurs un des éléments du film qui oppose cet homme encore vivant, face à ces vampires qui reviennent inlassablement chez lui tous les soirs pour essayer de le tuer. Ces derniers ont d’ailleurs l’aspect de zombis, et auront une grande influence sur le film de Romero : La Nuit des morts-vivants.(4)

 

Autres signes d’une série B, les nombreuses erreurs de raccord qui émaillent le film. Celle des deux cadavres que Morgan place dans l’auto est la plus flagrante, pour les autres, allez sur les sites spécialisés. Ces nombreuses erreurs ont permis à Charlton Heston de trouver le film « incroyablement bâclé, absolument pas effrayant, mal interprété, peu soigné dans l’écriture et la photographie. »

S’il a raison sur quelques points, cela lui a permis de justifier le remake dans lequel il jouait sept ans plus tard. Mais il faut tout de même reconnaître une chose : l’adaptation de 1964 est la plus fidèle au livre.

 

Une quarantaine d’années plus tard (2007), une nouvelle adaptation est sortie, avec une amélioration notable par rapport aux deux premières versions : la révolution numérique est passée par là.

Mais ceci est, encore une fois, une autre histoire. Enfin, façon de parler...

 

PS : Les distributeurs, à l’instar de certains traducteurs que je fustige régulièrement ici ne se sont pas encombrés de principes pour mettre en valeur le film. Il suffit de voir l’affiche ci-dessous pour s’en convaincre : ils (ab)usent de la carrière de Price dans le cinéma d’horreur pour vanter le film, et montrent un manoir (3) que je n’ai pas réussi à apercevoir dans le film…

 

  1. I am Legend : d’où le titre français, pour une fois moins accrocheur que l’original.
  2. Le film a d’ailleurs été tourné en Italie, budget serré oblige.
  3. Qui a quelque ressemblance avec celui des Bates ou la maison de la famille Adams
  4. Qui sort en 1968 ! (clin d’œil, clin d’œil…)
  5. “Incredibly botched, totally unfrightening, ill-acted, sloppily written and photographed.”
Je suis une Légende (The last Man on Earth - Sidney Salkow & Ubaldo Ragona, 1964)

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Horreur, #Scream, #Matt Bettinelli-Olpin, #Tyler Gillett
Scream (Matt Bettinelli-Olpin & Tyler Gillett, 2022)

Et c’est reparti.

Après dix ans de silence, et surtout la disparition de Wes Craven (en 2015), voici le retour de Scream. N’ayant pas été complètement emballé par l’épisode précédent, je me suis longuement demandé s’il fallait voir cette (énième) suite. La réponse est oui. Mais…

 

Tara (Jenna « Wedneday » Ortega) est seule à la maison quand le téléphone sonne. Rapidement, la discussion dévie vers le cinéma et un film d’horreur en particulier : Stab.(1) Film qu’elle n’a pas vu, préférant d’autres réalisations du même genre. Bien entendu, l’autre interlocuteur est un tueur en série : celle qui commence par le meurtre de Tara.

Bon, elle ne meurt pas à ce coup-là, mais cela fait venir auprès d’elle, sa sœur aînée qui était partie quelques années plus tôt, Samantha (Melissa Barrera). Sam avait quitté la maison porteuse d’un secret effroyable : elle est la fille de Bill Loomis (Skeet Ulrich), le tueur (un des deux) du premier Scream.

Quoi qu’il en soit, les victimes suivantes ne se relèveront pas toutes…

J’ai oublié de préciser : l’action se déroule, encore une fois, à Woodsboro, comme vingt-cinq ans plus tôt…

 

Alors, dans l’ensemble, c’est plutôt bien ficelé et on retrouve beaucoup du tout premier opus, avec des situations qui sont carrément calquées sur les premières – la bière qu’il faut aller chercher, la personne qui regarde un film et qui annonce à l’écran de regarder derrière elle, etc. – ainsi que quelques éléments en rapport avec Wes Craven lui-même : deux fois il est écrit « To Wes », et la seconde est sans équivoque (2). On remarquera aussi le nom de la rue dans laquelle s’engage la voiture de Sam pour aller voir sa sœur à l’hôpital.

S’il y a de grandes similitudes avec l’intrigue initiale (de 1996), on y retrouve aussi les quelques personnages survivants des épisodes précédents : Sidney Prescott (Neve Campbell), Gale Weathers (Courteney Cox) et Dewey Riley (David Arquette), bien entendu, qui sont là pour la cinquième fois, mais aussi deux autres personnages (parfois très) secondaires : Martha Meeks (Heather Matarazzo), la mère des jumeaux Mindy (Jasmin Savoy Brown) et Chad (Mason Gooding) mais surtout la sœur de Randy (Jamie Kennedy) ; ainsi que Judy Hicks (Marley Shelton), qui est maintenant la shérif de Woodsboro et aussi la mère de l’autre Wes.

 

Bref, nous sommes en bonne compagnie et le duo Matt Bettinelli & Tyler Gillett) s’en tirent honorablement, réussissant un nouvel opus très regardable, même si la résolution finale manque tout de même d’un petit quelque chose de plus soutenu. Il est clair que les précédents épisodes ont eu tendance à élimer la trame de base, ne laissant pas beaucoup de place à l’originalité. C’était d’ailleurs le défaut de l’œuvre précédente.

Mais comme Craven, les deux réalisateurs jouent sur les réminiscences avec habileté, multipliant les portes à longueur de film, qu’on ouvre et qu’on ferme avec la possibilité de voir apparaître le tueur au masque (voix de Roger L. Jackson).

Sans oublier non plus la musique de Brian Tyler, de circonstance et qui joue là aussi habilement avec les temps de silence indispensable à la montée du suspense. (3)

 

On se retrouve dans une dizaine d’années ?

 

  1. Stab est le film dans le film : il raconte l’épisode 1 de la série Scream et est projeté dans le film Scream 2. Vous me suivez ?
  2. La première concerne surtout un personnage, Wes Hicks (Dylan Minnette), qui n’a bien sûr pas été prénommé par hasard.
    Si on ne sursaute pas dans Scream, ce n’est plus Scream

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Allan Dwan
Le Gorille (The Gorilla - Allan Dwan, 1939)

Pour concurrencer un autre trio très célèbre de la même époque, Les Marx Brothers, la Fox a donc engagé un autre trio fraternel : les frères Ritz. Il s’agit ici de leur onzième film (sur treize). Seulement voilà, les Ritz ne sont pas les Marx, et ça se voit.

Mais surtout : qu’est-ce qu’un réalisateur comme Allan Dwan fabrique dans cette aventure ?

 

« Le Gorille » est un tueur en série qui comptabilise les victimes et fait la nique à la police. Sa prochaine victime ? Walter Stevens (Lionel Atwill), un financier un peu trouble qui gère les affaires de sa nièce Norma (Anita Louise). Il l’a d’ailleurs convié ce soir-là avec son fiancé Jack Marsden (Edward Norris). Mais le Gorille a décidé de frapper ce même soir…

Heureusement (?), Stevens a fait appel à des détectives (1) pour empêcher que quelque chose arrivât, et pourquoi pas mettre la main sur ce dangereux criminel…

 

Avec ce film, le trio comique s’attaque à un genre très développé pendant ces années 1930s : l’épouvante. Et Dwan fait ce pour quoi il est payé : un peu de cinéma. On sent bien que le film est avant tout alimentaire pour ce grand metteur en scène. Mais que voulez-vous, il faut bien vivre.

Alors Dwan accumule les poncifs du genre – nuit orageuse (avec tonnerre très bruyant) ; coupures de courant ; main velue menaçante ; disparitions inexpliquées (etc.) – avec un allié de poids pour le film : Béla « Dracula » Lugosi, qui interprète ici Peters, un majordome très distingué, peut-être d’ailleurs un peu trop : quand le Gorille fait parler de lui, Peters est absent…

 

Mais chacun des différents effets d’épouvante est torpillé par le trio d’idiots, faisant inévitablement basculer le film dans la parodie. Mais comme je l’ai déjà écrit ici, pour qu’une parodie soit efficace, il ne faut pas lésiner sur les moyens. Et c’est là que le bât blesse : les Ritz avaient un potentiel comique mais qui était essentiellement hérité du music-hall. Et leur présence renforce la teinte du film : du théâtre filmé. Mis à part quelques moments véritablement comiques, on en arrive rapidement à s’ennuyer, le trio montrant rapidement ses limites. Difficile de damer le pion aux Marx Brothers ! Et pourtant, je ne suis pas un grand admirateur de cette autre fratrie comique, beaucoup trop bavarde, à mon avis.

 

Et celui qui tire le mieux son épingle du jeu, c’est bien entendu Lugosi, jouant sur son passé (prestigieux) dans ce même domaine. On apprécie ses différentes interventions, surtout celle où il se retrouve seul avec la pauvre jeune femme (Norma)…

Mais cela ne suffit pas. Le trio emmène le film dans une forme de lourdeur due à ces trois personnages pas si drôles que ça.

Dommage.

 

  1. Garrity (Jimmy Ritz), Harrigan (Harry Ritz) & Mulligan (Al Ritz)

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Docu-Fiction, #Edwin S. Porter, #Thomas Edison
Life of an American Fireman (Edwin S. Porter & Thomas Edison, 1903)

Un peu plus de 6 minutes et trente secondes, c’est ce que dure ce film de Porter et Edison (l’inventeur du cinéma pour les Américains !).

En ce peu de temps (pas si mal pour l’époque tout de même), nous assistons à une opération d’extinction d’incendie ainsi qu’à un sauvetage de personnes (deux) prises au piège par le feu : une femme et sa fille (Vivian Vaughan).

 

On dit que Robert Flaherty a inventé le documentaire. C’est un tantinet exagéré puisque la vie quotidienne des gens ainsi que les différentes péripéties de la vie ont été les premiers sujets des films de la première décennie de ce qui n’était pas encore un art (1). Il en va de même ici pour ce film élaboré par deux pionniers – et non des moindres – de ce noble art.

Le film s’ouvre par la prouesse technique : la prémonition de l’accident à venir : une femme et sa fille qui se couchent avant le début de l’incendie : le quart haut à droite montre cette scène qui sera interrompue par l’alerte.

Et e n’est pas un petit incendie qui nous est présenté : pas moins de 9 voitures de pompiers – avec en prime un engin léger qui transporte ce qui ressemble au chef de la brigade (James H. White ?).

 

Bien sûr, c’est la catastrophe qui retient toute notre attention, montrant de deux points de vue le sauvetage des deux protagonistes piégées par les flammes. Nous avons donc deux fois la même scènes, selon deux points de vue différents : à l’intérieur de la maison tout d’abord puis de l’extérieur, avec d’autres pompiers qui s’emploient à éteindre l’incendie.

Si la première partie (intérieure) est la plus haletante et proche de l’action, il lui manque tout de même le réalisme :

  • la chambre se situe à l’étage ce que ne montre pas (assez) la première partie. En effet, le point de vue tout comme le temps d’action des pompiers nous fait croire que tout ceci se situe sur un rez-de-chaussée surélevé ;
  • le temps entre les deux sauvetages est raccourci pour privilégier l’action, confortant le spectateur dans l’hypothèse élaborée précédemment.

La seconde partie (extérieure) remet le temps à sa place, mais, bien entendu, son éloignement rend au mieux la séquence redondante, sinon pléonastique. Mais surtout, elle nous montre que le grand déploiement d’engins était un tantinet exagéré au vu des (rares) flammes visibles.

 

Quoi qu’il en soit, on appréciera à sa juste valeur ce petit film, en se disant que cette même année, Porter va quand même poser les bases de ce qui deviendra le genre maître du cinéma américain : le Western.

En attendant, on se dit que si Porter et Edison avaient vu Histoire d’un Crime sorti deux ans plus tôt, ils auraient certainement utilisé le montage parallèle avec champ/contrechamp qui aurait donné une autre dynamique au film et aurait gommé ces petites erreurs temporelles.

 

Mais ne boudons pas notre plaisir…

 

  1. Flaherty donnera au documentaire toute sa dimension et en posera les bases (surtout dans la durée) de ce que nous connaissons aujourd’hui.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Gangsters, #James Cruze, #Samuel Fuller
La Loi de la pègre (Gangs of New York - James Cruze, 1938)

Une fusillade, trois hommes qui s’engouffrent dans une voiture, et un dernier qui s’écroule, le pistolet à la main, après avoir tiré un dernier coup : il est mort. Ou presque. Il a encore le temps de nommer celui qui l’a fait assassiner : « Rocky » Thorpe (Charles Bickford).

Seulement voilà : Rocky purge une peine de cinq ans de prison. Il doit d’ailleurs être relâché, et pourra donc continuer ses forfaits.

Mais la police veille et elle imagine un stratagème ambitieux et surtout audacieux : infiltrer un homme dans la bande de Rocky. Mais pas n’importe qui : Rocky lui-même. C’est l’agent John Franklyn (Charles Bickford) qui va s’encharger, son physique rappelant fortement celui du caïd qu’on va garder au frais en attendant.

« Rocky » est donc relâché…

 

Eh oui, encore un film de gangsters ! Mais comme c’est ici James Cruze qui dirige le projet, on peut espérer un résultat satisfaisant D’autant plus qu’on y retrouve avec plaisir (en tout cas, pour moi) Ann Dvorak qui a fait ses preuves dans le genre.

Et li n’y a pas lieu d’être déçu, Cruze réalisant ici un film honnête – même s’il est question de gangsters – certes en dessous d’un Hawks ou Wellman du début des années 1930s (Scarface, Public Enemy…), mais qui tient malgré tout ses promesses : du crime, de la violence, et bien sûr une fin morale. (1)

Et la subtilité du scénario – signé par un petit jeune (26 ans) qui monte et prendra bientôt place derrière la caméra (2) – c’est de rendre sympathique le truand, chose alors interdite !

En jouant sur le dédoublement du rôle et cette usurpation d’identité, on peut apprécier le gangster sans réserve : c’est un flic !

Et comme le scénario joue sur l’identité, nous aurons droit à la confrontation – banale – entre le truand et sa (pâle) copie. Cette confrontation est d’ailleurs indispensable à la résolution de l’intrigue.

 

Bien que le titre original soit identique au film de Scorsese sorti une soixantaine d’années plus tard, le propos est très différent : tout d’abord, le film de Cruze peut être qualifié d’actuel (pour 1938) alors que Scorsese fait dans la reconstitution (3). Nous sommes dans un New York qui ressemble à celui des spectateurs et les truands ont autre chose à faire que s’étriper les uns les autres – même si cette idée n’est pas éloignée de l’esprit brutal du vrai Rocky.

L’infiltration au plus haut niveau est d’ailleurs un bon prétexte pour coller au fameux Code Hays : comme c’est un policier et non un gangster qui dirige cette organisation criminelle, le nombre de morts diminue et surtout a tendance à disparaître puisqu’il n’est pas pensable qu’un flic autorise des morts violentes, même dans une telle situation.

 

Au final un film de gangsters de bonne facture, même s’il y manque la patte d’un Hawks ou d’un Walsh. On a plaisir à y retrouver Charles Bickford et consort mais on regrette quand même l’époque des gangsters vraiment durs et surtout impitoyables : Franklyn/Rocky est malgré tout un flic et on aurait aimé voir le vrai Rocky dans ses œuvres afin de pouvoir comparer un peu plus, mais le Code Hays étant ce qu’il était, ce n’était plus possible.

Consolons-nous quand même : nous sommes bel et bien au cinéma,  et c’est tout ce qui compte !

 

  1. Code Hays oblige…
  2. Samuel Fuller
  3. A l’origine des deux films, le même écrivain : Herbert Asbury.

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Drame, #Fielder Cook
Rapaces (Patterns - Fielder Cook, 1956)

Il est clair que le terme rapaces est plus accrocheur que structures. Mais en proposant ce titre, le traducteur empiète sur l’intrigue, réduisant le film à une histoire d’intérêt(s).

Parce qu’il s’y a des (gros) intérêts en jeu, ce n’est pas là qu’est le sel de cette intrigue…

 

Fred Staples (Van Heflin) vient d’être embauché par le magnat Walter Ramsey (Everett Sloane) : il vient de quitter un site dans l’Ohio pour la grande ville et une structure plus ambitieuse : ça tombe bien, il est un jeune homme dynamique et ambitieux. Mais dès son premier jour, une forme de malaise s’installe : la secrétaire qu’on lui a attribué, Marge Fleming (Elizabeth Wilson), travaillait depuis sept ans avec le numéro 2 de la boîte, Bill Briggs (Ed Begley). Par ailleurs, les fonctions de Staples empiètent sur celles de ce dernier.

Normal : Ramsey veut se débarrasser de Briggs, un de ceux qui ont créé le groupe avec son père.

Mais Biggs ne veut pas partir.

 

Adapter la télévision au cinéma n’est donc pas une chose nouvelle : ce film est basé sur un téléfilm de l’année précédente où certains interprètes ont rempilé – Sloane et Begley, pour ne citer qu’eux. Mais si le public a boudé ce film à sa sortie – les gens ne voulaient pas payer pour quelque chose qu’ils avaient vu gratuitement -  il a eu bien tort. Fielder Cook signe ici son premier long métrage et s’il s’appuie sur une distribution mitigée – peu de véritable star, excepté Van Heflin – il arrive tout de même à un très bon résultat, en partie dû à cette distribution, mais aussi à l’intemporalité de l’intrigue.

 

L’intrigue, pas les décors ni les costumes : nous sommes en pleines années 1950s, période faste par excellence – pour un peu moins de vingt ans encore – et l’argent est au cœur des préoccupations de ces hommes – les femmes se contentent d’être secrétaires ou femmes au foyer – à n’importe quel prix (c’est le cas de le dire).

Staples, tout comme Ramsey, représente l’avenir du groupe : du neuf et surtout plus de dividendes et de parts de marché. Briggs, c’est le passé. Il a 62 ans et se bat contre Ramsey au nom des vieilles valeurs qui ont fondé ce groupe. Ramsey, lui, est cet héritier qui devait ronger son frein en attendant que son « vieux » casse sa pipe pour pouvoir prendre sa place.

Une fois cette question résolue, il dirige d’une main de fer, défaisant systématiquement ce qu’avait pu faire son père avant lui. C’est là qu’est le fondement de l’opposition qui le voit affronter Briggs, ce vieux dinosaure d’une autre époque.

 

Et au milieu se trouve Staples : d’un côté, il apprécie beaucoup Briggs et sa dimension humaine, mais de l’autre, il ne peut oublier que le grand patron reste Ramsey. Et ses convictions se heurteront toujours à l’intransigeance de ce dernier qui n’a qu’une seule envie : que Staples remplace Briggs.

Et la manière utilisée par Ramsey pour écarter Briggs n’a rien de nouvelle et peut aisément se retrouver dans certaines entreprises actuelles où on pousse parfois certains cadres à la démission (1) : ici, Ramsey parviendra à ses fins avec brio (2), et Cook termine cette séquence par une caméra subjective très pertinente.

 

Seulement voilà : deux ans plus tôt, un certain Robert Wise avait signé Executive Suite où l’intrigue avait tendance à ressembler à celle-là et surtout où on assistait à un même plan subjectif… Plagiat ? Non (3). Mais on peut imaginer que Wise a inspiré Cook. Quoi qu’il en soit, le film de Wise avait une distribution autrement prestigieuse et il faut avouer que celle de Cook se défend bien.

Outre Van Heflin – qui a troqué son stetson et ses bottes pour un complet veston – qui réalise encore une fois une belle prestation, on ne peut que saluer celle d’Ed Begley (3) en Briggs tiraillé entre le passé et le présent – il ne parle à aucun moment d’avenir, ce qui lui sera donc fatal –, père sur le tard – son fils (Ronnie Welsh) est encore adolescent –, trop vieux dans ce monde en mouvement où l’argent reste la principale préoccupation.

Everett Sloane est, encore une fois, un personnage peu recommandable et ses affrontements avec Briggs sont superbes, réussissant à effacer le fait que Begley et lui n’avaient que huit ans d’écart, et même que Van Heflin était plus âgé que lui (1 an d’écart).

 

Au final un film fort sur ce que peuvent être les différentes structures d’un groupe industriel important, où l’argent règne en maître et où, pour éviter d’en perdre, on préfère sacrifier les travailleurs…

Près de 70 ans après, les choses ont peu évolué : les femmes ne sont plus seulement secrétaires.

 

  1. Quand ce n’est pas plus… Hélas !
  2. Si on se place de son côté, autrement on peut trouver cela abject.
  3. Ne l’ayant pas vu, je ne développerai pas. Quoi qu’il en soit, il n’y a eu aucune procédures judiciaires dans ce sens.
  4. On le retrouvera dans 12 Hommes en colère : c’est le juré n°10, bourré de préjugés.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Drame, #Raoul Walsh, #Dolores del Rio
La Danse rouge (The red Dance - Raoul Walsh, 1928)

Ils s’aiment mais ne peuvent être réunis !

Elle, Tasia (Dolores Del Rio), a été promise au géant Ivan Petroff (Ivan Linow) contre un cheval. Lui, Eugene, doit épouser la douce Varvara (Dorothy Revier) sur ordre du Tsar. Parce que nous sommes dans la Russie tsariste, au milieu des années 1910s, alors que la guerre s’enlise à l’Ouest et que la grogne monte dans les campagnes.

Le véritable problème à leur relation (impossible, donc) c’est que lui est grand-duc alors qu’elle n’est qu’une moujik.

Mais la Révolution va rebattre les cartes et ce qui n’était pas possible le devient. Mais qui dit révolution, dit prise de pouvoir et le général Tanaroff (Andrés de Segurola) veut éliminer tous ceux qui se placent en travers de son chemin. Et Eugene est l’un d’eux…

 

Voilà une dizaine d’années que les Rouges ont pris le pouvoir en Russie et la période de la Révolution de 17 inspire toujours Hollywood. Cette fois-ci, c’est donc Raoul Walsh qui s’y attelle, dans une histoire d’amour très convenue à l’intrigue sans beaucoup de surprise. Par contre, la bonne surprise, ce sont les différents protagonistes et en particulier Ivan Linow. Walsh utilise à merveille sa stature (1), mais sans pour autant en faire un grand benêt. Petroff est un personnage plutôt repoussant de prime abord – surtout qu’il ne s’est pas rasé depuis un moment – mais qui évolue très bien : après avoir dessoûlé, il ne compte plus épouser Tasia, préférant rester un homme à femmes (2). Plus tard, il sera même l’instrument du destin qui scellera le destin des deux amoureux.

 

C’est d’ailleurs l’aboutissement de cet amour qui nous le rend vraiment sympathique : complètement remis de ses beuveries en prenant du galon (il devient général), il se rend compte véritablement du pouvoir (plus ou moins volontaire) de séduction de Tasia et c’est malgré tout à regret qu’il l’aide à partir avec celui qu’elle aime : peut-on rêver meilleure preuve d’amour que celle-ci ?

Quant à Dolores Del Rio, elle est, encore une fois, superbe, interprétant une jeune femme forte – il faut quand on est chez Walsh – et intelligente, dont la beauté n’a d’égal que l’engagement. Elle campe un Tasia fière et lucide, véritable chantre de la liberté après ces siècles d’oppression tsariste.

Et on peut aussi dire qu’elle incarne aussi le ressentiment américain quant à ce nouveau gouvernement communiste : elle ne peut suivre cette bande de menteurs et de meurtriers, incarnés par Tanaroff.

 

Alors face à ces deux personnages, Charles Farrell est beaucoup plus mièvre, incarnant un noble de haute lignée et de haute position : il ne fait pas beaucoup le poids face à la truculence de Petroff et l’engagement de Tasia ! Mais il demeure cet acteur subtil et délicat, et Eugene devient alors celui qui peut amener le calme et la sérénité à cette fougueuse danseuse.

Parce que Tasia danse, mais la « Danse rouge » du titre ne la concerne pas : il s’agit de la révolution russe à proprement parler, avec ses combats, sa violence, ses débordements. Walsh nous gratifie d’une longue séance de bataille de rue avec morts à répétition, charges de cavalerie et pillage, d’une grande portée.

 

Mais malgré tout cela, et aussi une grande maîtrise technique des deux chefs opérateurs – Charles Clarke et Jack Marta – le film reste tout de même mineur, certainement du fait de l’intrigue amoureuse trop présente, reléguant au second plan ce qui aurait pu devenir une grande épopée historique (3), la Révolution Russe.

Mais ne boudons pas notre plaisir : Walsh sait faire du cinéma, et c’est ce qui importe le plus !

 

 

  1. Deux ans plus tard, il sera Hercule dans le remake de The unholy Three : encore un colosse.
  2. Par contre, Eugene épouse la princesse Varvara…
  3. Hollywoodienne, donc avec des approximations, bien entendu…

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