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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Comédie dramatique, #Western, #George W. Hill, #Marion Davies
L'Amazone (Zander the Great - George W. Hill, 1925)

Non, Marion Davies ne s’est pas coupé un sein pour tourner ce film : si on l’appelle l’Amazone, c’est avant tout parce que le traducteur officiel pour la MGM France a trouvé que c’était plus vendeur !

Il faut dire que le titre original est un leurre volontaire puisque le Grand Zander n’est rien d’autre qu’un petit garçon de cinq ans environ (1). Mais malgré tout, ce petit « Grand Zander » est le centre de l’intrigue, amenant les coups de pouce du Destin, comme on dit.

 

Mamie Smith (Marion Davies,donc) est une orpheline un tantinet délurée et après un passage à tabac un peu trop appuyé par l’intendante de l’orphelinat (Emily Fitzroy), elle est confiée aux bons soins de Mme Caldwell (Hedda Hopper) dont le mari est parti au Mexique, l’abandonnant avec son enfant nouveau-né.

Malheureusement, cette dernière décède et Mamie, pour éviter qu’il finisse au même orphelinat qu’elle, va l’emmener retrouver son père qui est maintenant en Arizona.

Mais une fois arrivé là-bas, elle se rend compte que » ce père est un bandit qui pratique la contrebande d’alcool (Volstead Act oblige…).

 

Voici ce qu’on peut appeler un western moderne. Enfin moderne pour l’époque, cela va de soi puisque la présence de Ford T (enfin je crois que c’en est une) nous ramène obligatoirement au XXème siècle (2). Associé à la contrebande d’alcool, nous pouvons en conclure que le temps de la narration n’est pas bien éloigné de celui des spectateurs. Mais un western quand même, avec ses grands espaces, ses bandits et ses règlements de compte à coups de révolvers. Pas de duel final certes, mais comme il y a attaque d’une hacienda, cela revient au même, surtout que le méchant va recevoir son compte, ce qui est la moindre des choses.

 

Bien sûr, on pense à John Ford et ses Three bad Men quand on découvre Murchison (Harrison Ford, l'autre), Good News (Harry Watson Jr.) et Texas (Harry « Millionnaire excentrique » Myers) dans leur repaire, et on peut se poser la question de l’influence de cette situation dans le film de Ford qui ne sortira que l’année suivante. Mais nous ne sommes certainement pas chez le maître, loin s’en faut.

Néanmoins on a plaisir à voir ces trois hommes, censés irrécupérables se faire dorloter par Mamie, avec en point d’orgue la séquence de coiffure. Toutefois, nous sommes dans un film très américain avec rédemption à la clé et la résolution de l’intrigue se devine alors très rapidement. Et ce malgré un faux coup de théâtre (une annonce, quoi).

 

Et Marion Davies là-dedans ? On l’a connue plus virevoltante mais ce n’était pas avec Hill et c’est peut-être pour ça que l’on reste sur sa faim quant à son implication. Certes, c’est du sur mesure pour elle (3), et elle nous montre ses talents, mais une de ses facettes n’est pas exploitée (ou si peu qu’on peut ne pas le mentionner) : son côté comique. La séquence de l’orphelinat pouvait nous laisser croire qu’elle serait plus comique, mais non. Hill semble s’être laissé emporter par l’aspect mélodramatique et en a oublié qu’il avait à portée demain une grande actrice comique : on aurait aimé le voir dans la fameuse séquence de coiffure…

 

Toujours est-il qu’on passe un moment agréable et comme dit plus haut, il manque quelque chose pour en faire un grand film.

Mais il y a Marion Davies, et c’est déjà beaucoup !

 

  1. Jack Huff a  tout juste six ans quand sort le film le 2 décembre 1925 : il est né le 28 novembre 1919.
  2. La Ford T fut construite entre 1908 et 1927.
  3. William Randolph Hearst est cité dès l’ouverture.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Espionnage, #Austin Powers, #Jay Roach, #Steven Spielberg
Austin Powers dans Goldmember (Austin Powers in Goldmember - Jay Roach, 2002)

Jamais deux sans trois !

Voici le retour du plus célèbre agent (pas très) secret britannique : Austin Powers (Mike Myers). Celui à côté duquel James Bond n’est qui amuseur de foire et surtout un représentant de la technique du MI 6.

A nouveau, Austin Powers est aux prises avec le terrible Dr. Evil (Mike Myers) et sa clique de méchants : Mini-Moi (Vern Troyer), Frau Farbissina (Mindy Sterling), Numéro 2 (Robert Wagner & Rob Lowe), Fat Bastard (Mike Myers) et un nouveau qui donne son nom au titre du film, Goldmember (Mike Myers). Notons au passage que la traduction littérale de son nom n’est pas du tout usurpée.

Cette fois-ci, le Dr. Evil a l’intention de submerger la Terre en faisant fondre la calotte glaciaire du Pôle Nord.

Evidemment, Austin Powers, aidé de Foxxy Cleopatra (Beyoncé) va l’en empêcher.

 

Il semble que ce soit la fin des aventures du super espion, ce qui n’est pas plus mal, vu le déclin (amorcé dans l’opus précédent) des films. On s’amuse toujours autant mais on sent que cela s’émousse. On y retrouve bien sûr les gags pas toujours élégants mais drôles, et on peut quand même regretter la réduction de la dimension sexuelle du personnage principal qui n’est véritablement évoquée qu’au début. Avouons aussi une première séquence qui réserve une belle surprise (1) avec quelques invités prestigieux. Même Spielberg est de la fête !

Mais malgré tout, on peut se lasser. C’est absolument foutraque et cela se ressent dans le scénario qui part un peu (trop) dans tous les sens.

 

Mais comme nous marchons dans la parodie (et pas seulement du pied gauche),l’exagération devient donc une arme dont Mike Myers – et donc Jay Roach qui a rempilé lui aussi – use et parfois abuse.

Encore une fois, le jeu de Myers est phénoménal, et à ses côtés, Beyoncé n’est pas mal non plus. En plus des clins d’œil, à James Bond, on a droit à un rappel de l’épisode précédent qui est carrément évoqué par les acteurs eux-mêmes (on n’est jamais mieux servi que par soi-même).

 

Alors une dernière fois, laissez vous faire et entraîner aux côtés de cet agent très spécial qui, à l’instar d’Indiana Jones a amené son père (Michael Caine) dans cette aventure : lui aussi était dans la même branche, et avait le même succès auprès des femmes.

Le Mojo, c’est héréditaire !

 

  1. Je ne vous dirai rien, sinon, ce n’en serait plus une !

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Espionnage, #Austin Powers, #Jay Roach
Austin Powers : L'Espion qui m'a tirée (Austin Powers: The Spy who shagged me - Jay Roach, 1999)

Deux ans après son dernier affrontement avec le Dr. Evil (Mike Myers), voici que notre agent secret préféré est de retour : Austin Powers (Mike Myers) !

Cette fois-ci, retour dans les années 1960, quand il était congelé (voir épisode 1). L’infâme Fat Bastard (Mike Myers) en profite pour lui dérober son Mojo, soin essence vitale (et virile !).

Austin doit donc retourner dans le passé retrouver ce qui lui a été pris. Sur place, il est aidé par la pulpeuse Felicity Shagwell (Heather Graham).
Bien sûr, les ennemis traditionnels sont là : Dr. Evil, évidemment, mais aussi Frau Farbissima (Mindy Sterling) et le mystérieux Numéro 2 (Robert Wagner) dans une version plus jeune (Rob Lowe, qui faisait déjà une apparition dans la première partie).

 

Que dire ? Comme montré dans l’épisode précédent, nous sommes de plain pied dans une parodie de James Bond, et qui s’assume pleinement. Cet agent secret particulier est irrésistible, même sans son mojo ! Et pourtant, il a récupéré ses dents légendaires !

Tout comme Vanessa (Elizabeth Hurley), Felicity ne résiste pas au charme de l’homme, et on se demande bien pourquoi…

Déplus, les références bondiennes sont encore plus visibles, avec deux films en particulier : Moonraker (la phase lunaire rappelle le voyage spatial) et bien sûr Dr. No avec le maillot de bain de Honey Ryder (Ursula Andress).

Mais s’il n’y avait que ça : le générique nous renvoie à Starwars, sans compter d’autres incursions de ce même acabit à d’autres endroits.

Sans oublier le mojo qui nous renvoie à Muddy Waters et bien sûr Jim Morrison (1) avec la même intention que celle de l’ancien chanteur des Doors.

Bref, encore une fois, nous sommes en très bonne compagnie.

 

Bien sûr, l’intrigue n’est qu’un prétexte à exacerber la libido de ce singulier personnage qu’est Austin Powers. Mais c’est aussi prétexte à retrouver ce Swinging London qui est devenu mythique, surtout grâce à ce personnage. On y retrouve les couleurs plus ou moins criardes qui le caractérisent ainsi que certains costumes qu’on ne retrouve maintenant que sur Vinted

Avec, encore une fois, la musique de l’époque dont un emprunt à My Generation (The Who) ou encore American Woman (Guess Who avant Lenny Kravitz).

Alors oui, on s’amuse encore une fois, même si ça n’atteint pas obligatoirement le niveau de l’épisode précédent. Les éléments comiques sont de toute sorte, avec certains éléments pas toujours très distingués, surtout avec Fat Bastard ou la séquence dans la tente.

 

Mais qu’importe : Austin Powers est de retour et toujours en pleine forme, avec en prime un jeu sur le paradoxe temporel qui vient contredire ce que nous avions appris auparavant, sans pour autant le remettre en question. Finalement, ce n’est pas si paradoxal. En tout cas, ce l’est moins que le succès que peut générer un tel agent secret qui ne ‘est pas spécialement (secret).

Donc, n’hésitez pas, préparez-vous à un nouvel opus de libération sexuelle et de shagspearien (2)…

 

  1. « Mr. Mojo risin » (LA Woman) est l’anagramme de Jim Morrison…
  2. Mot-valise inventé par Powers : le terme « Shag » se réfère directement au titre du film…

 

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie dramatique, #Simon Curtis
Downton Abbey 2 : Une nouvelle Ere (Downton Abbey: A new Era - Simon Curtis, 2022)

Les Crawley sont de retour !

Après la visite royale de l’épisode précédent, c’est au tour d’une équipe de cinéma de venir prendre ses quartiers dans la demeure familiale célèbre. Bien sûr, c’est absolument indigne d’une telle famille, mais le toit est beaucoup trop poreux (euphémisme) pour refuser les subsides que représentent cette étrange expérience.

De toute façon, un curieux héritage va éloigner une partie de la famille qui s’en va visiter une villa sur la Côte d’Azur : Lady Grantham (Maggie Smith) a reçu cette demeure d’un comte français qu’elle a connu quelques mois avant la naissance de son fils aîné (Hugh Bonneville).

Neuf mois, précisément…

 

N’ayant toujours pas regardé la série initiale (1), j’ai à nouveau dégusté avec gourmandise ce nouvel opus (en partie) dans ce lieu prestigieux. Il faut dire que les deux mondes qui cohabitent font tout le sel de cette série, consacrant la fin de ce qu’on a appelé l’Empire britannique et qui se délite progressivement jusqu’au coup fatal de l’indépendance de l’Inde. Mais nous n’en sommes pas encore là. On retrouve donc cette aristocratie un tantinet déplacée dans ce vingtième siècle qui évolue toujours plus vite : nous assistons à une des révolutions artistiques majeures qui concerne ce blog, avec l’irruption du parlant.

Les soucis de succession (et de pérennité) du domaine sont éloignés, mais la mauvaise nouvelle annoncée précédemment va se confirmer (2). Et les deux éléments d’intrigue totalement différents vont reléguer au second plan cette nouvelle, même si on sent que le Destin est tout proche et surtout que la tragédie l’accompagne.

 

Cela n’empêche pas toute fois pas de retrouver dans ce film ce qui faisait  la force du précédent : son esprit (so) british, bien sûr, mais aussi l’humour qui va avec, et surtout les différentes relations entre ceux d’en haut et ceux d’en bas. Bien sûr, il y a une frontière très nette entre les maîtres et les domestiques, mais malgré tout, on sent le lien qui rapproche tout ce monde. La douairière, bien sûr qui a connu l’arrivée de tous les autres, mais aussi la fierté d’appartenir à cette maison. Et Carson (Jim Carter) en est le plus beau représentant, ce qui ne l’empêche pas de participer, malgré lui, au comique de la situation.

Et comme précédemment, la sexualité de Barrow (Rob-James Collier), le jeune majordome, est à nouveau évoquée avec un optimisme qui n’était pas toujours de mise pour l’époque. Mais comme nous sommes au cinéma, tout est possible et c’est tant mieux.

D’une manière générale, on notera une grande humanité chez le personnel qui ne se retrouvera pas dans tous les maîtres. Et toutes ces petites mains ont un rôle qui parfois va déborder de leurs attributions, amenant une résolution aussi optimiste que les amours de Barrow.

 

Bien sûr, on pense aussi à Chantons sous la Pluie comme chez Donen & Kelly, le tournage est interrompu par l’arrivée du parlant. Et comme chez les deux complices, on va utiliser le même procédé pour résoudre le problème. Mais là s’arrête le parallèle : Myrna Dalgleish (Laura Haddock) n’est pas Lina Lamont (Jean Hagen), et on peut espérer pour elle une meilleure suite de carrière.

 

Alors, encore une fois, ruez-vous sur ce deuxième épisode. Et si c’est trop british à votre goût, tant pis !

 

PS : petit clin d’œil à Dominic West (Guy Dexter, l’acteur de cinéma) : le film qui est tourné à D.A. s’intitule Le Joueur (the Gambler) : il a joué dans un film éponyme en 1997…

 

  1. Rassurez-vous, cela viendra !
  2. Non, je ne vous dirai pas laquelle.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Bandes Dessinées, #Histoire, #Léonard Chemineau, #Wilfrid Lupano
La Bibliomule de Cordoue (Léonard Chemineau & Wilfrid Lupano, 2019)

Nous sommes à la fin du Xème siècle, à Cordoue, dans ce qui deviendra l’Espagne que nous connaissons, et qui est alors occupée par les Musulmans, dirigés par un calife. Ce dernier, Al-Hakam II vient de mourir, de façon suspecte. Son fils, Hicham est trop jeune pour régner et c’est alors le vizir Al-Mansur qui tient les rênes du califat, rejetant tout ce qui a été fait par le calife pour l’éveil du peuple, en particulier une immense bibliothèque. Cette bibliothèque est menacée de destruction et Tarid, l’eunuque, veut sauver un maximum d’ouvrages. Il est aidé en cela par Lubna, une jeune fille érudite (elle sait lire et écrire) qui a malheureusement été défigurée (légèrement). Mais emporter de nombreux livres suppose avoir un moyen de transport adéquat. C’est Marwan qui va le leur fournir – bien malgré lui – avec sa mule qu’il a volée plus tôt. Oui, Marwan est un voleur (maladroit).

Tous les trois vont fuir le régime d’Al-Mansur, dont les sbires sont à leur recherche, ainsi que les livres qui ont échappé à l’autodafé organisé par le vizir.

 

On suit avec beaucoup d’intérêt l’épopée de ces trois personnages et surtout de leur précieux trésor. Outre les gardes d’Al-Mansur, nos trois héros vont devoir affronter une nature parfois hostile et de nombreux ennemis, parmi eux les Vikings qui écument le littoral européen depuis quelques décennies.

De plus, et c’est aussi ce qui donne son titre à cet ouvrage, il ne faut pas minimiser le rôle de la mule qui doit (sup)porter, en plus d’une cargaison phénoménale, le courroux de Tarid sous prétexte qu’elle aime un peu trop les livres. Et en particulier le Traité d’Al-Khuwarizmi, mathématicien du IXème siècle, qu’elle grignote régulièrement.

En plus de la haute qualité historique de l’intrigue (élaborée par Léonard Chemineau), comme le confirme la postface de Pascal Buresi (Directeur de recherche au CNRS), on peut admirer un dessin (signé Wilfrid Lupano) qui se rapproche parfois des enluminures orientales (Perse, Empire Ottoman, etc.), avec un découpage par planche qui n’est pas sans rappeler des miniatures qu’on peut admirer à Ispahan ou au palais de Topkapı (Istanbul).

 

Bien sûr, le sujet est très grave et trouve des échos dans le monde actuel : on songe aux Taliban en Afghanistan, à Daesh et ses fous de Dieu, ou encore à la « bibliothèque secrète » de Daraya, en Syrie, qui se reconstitue petit à petit, malgré le danger encouru par ses dépositaires et les livres eux-mêmes que ces gens ont exhumés, et donc provisoirement sauvés. Il en va de même ici pour Tarid est ses deux jeunes associés qui doivent toujours redoubler de vigilance pour mener leur précieuse cargaison à bon port.

Bien entendu, la relation entre les trois personnages est aussi sujette à des moments plus légers, avec en prime une histoire d’amour naissant entre les deux jeunes gens (c’est beaucoup plus difficile pour Tarid), Marwan étant l’élément comique de cette belle histoire.

Afin de rappeler l’actualité de l’ouvrage, les dernières pages résument un petit peu plus d’un millénaire de destructions de livres, avec, hélas, le rappel que le savoir, quel qu’il soit, est toujours en danger : savoir, c’est aussi éviter le piège d’une pensée unique, subie par ceux qui la reçoivent.

 

PS : si la mule grignote toujours le même ouvrage, il y a une raison. Mais la réponse ne sera donnée qu’à la fin…

 

[texte publié préalablement dans Les Amis de la BD (ex-Les amis de Spirou) le 14 avril 2023

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Actualité
B.S.M.A

Depuis quelques temps, je me désole de la disparition des caissières (1) dans les supermarchés. Non pas du fait du COVID mais d’un choix délibéré des différentes chaînes de grande distribution qui préfèrent placer des caisses automatiques dans leurs grandes surfaces plutôt : là où travaillaient deux personnes, on a pu mettre quatre machines ! Quel gain de place et d’argent à venir, sans oublier l’absence de revendications : le seul inconvénient avec la machine, c‘est la panne. Mécanique ou de secteur.

En attendant, le supermarché – que dis-je, l’hypermarché – près de chez moi a la moitié de ses caisses qui sont automatiques. Et cette enseigne ne compte pas en rester là, comme me disait une ex-caissière devenue surveillante (superviseuse ?) de ce nouvel espace. En effet, alors qu’elle m’incitait à utiliser ces machines, je lui répondais aimablement que je ne travaillais pas ici : je paye, mais je ne vais pas en plus donner de ma personne pour pouvoir faire mes courses… Mais elle enchaîna en me disant que bientôt, je n’aurai plus le choix, qu’il n’y aura que des caisses automatiques. Et cette même enseigne prépare les clients à ce changement terrible : alors que la moitié des caisses ont donc été automatisées, les restantes sont très peu ouvertes (2 ou 3 sur une quinzaine), poussant donc les gens à se ruer sur les machines. Tu parles d’un choix…

Mais derrière cette prouesse technologique se cache une réalité beaucoup moins idyllique : que deviennent les caissières ? Puisqu’il ne faut que trois ou quatre personnes pour superviser le point automatique (une quinzaine de caisses, donc), où sont passées les 11 ou 12 restantes ? (2) De plus, le COVID que j’évoquais plus haut a montré l’importance de ces personnes : pour nombre de gens, elles étaient le seul interlocuteur qu’elles rencontraient pendant la période de confinement. Car curieusement (et à l’encontre des calculs prévisionnels établis), les clients préféraient faire la queue aux caisses « habitées » plutôt que d’utiliser les fameuses machines.

Sans oublier le contact humain que représentent ces personnes : ça commence par un « Bonjour » plus ou moins souriant (ça dépend de la présence ou non du masque) ce qui n’est pas toujours un réflexe dans le reste de la population ; puis vient le « s’il vous plaît » qui accompagne la note » ; le merci une fois la dette réglée ; et enfin le « au revoir » qui ponctue l’échange. Et ça, c’est seulement pour le client occasionnel. L’habitué a toujours droit à quelques petits mots gentils et parfois un dialogue s’instaure, sans pour autant nuire au travail : un client à qui on consacre quelques instants (le temps d’un passage en caisse, quoi) sera plus enclin à revenir qu’après une entrevue automatique et impersonnelle. (3)

Une seule solution, donc : boycottez les caisses automatiques !

(1)   Oui, il n’y a pas que des femmes, mais comme elles sont les plus nombreuses, je déroge à la règle (sexiste) d’orthographe.

(2)   Oui, au chômage : on ne les a pas obligatoirement virées, mais on n’a pas remplacé celles qui sont parties de leur plein gré (retraite, changement de boulot…)

(3)   Ces quatre expressions de base de la société que beaucoup ont oubliées ou n’ont pas apprises à leurs enfants, comme ces chères caissières peuvent se rendre compte tous les jours (4). Ces quatre expressions qui forment l’acronyme du titre…

(4)   Ainsi que toute personne exerçant un métier au contact du public.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Comédie, #Sidney A. Franklin, #Constance Talmadge
The Dutchess of Buffalo (Sidney Franklin, 1926)

Alors mettons les choses au point, la duchesse dont il est question ici n’a rien d’une duchesse. Elle s’appelle Marian Duncan (Constance Talmadge) et par contre, elle vient de Buffalo (New York) et est en tournée en Russie. C’est une danseuse du voile qui ne termine pas toujours avec l’un d’entre eux. Bien sûr, elle a tapé dans l’œil (bleu) du Grand Duc Gregory (Edward Martindel). Mais son cœur appartient au lieutenant des dragons Orloff (Tullio Carminati). Hélas, le Grand Duc s’était réservé la belle Marian, alors quand le jeune homme vient demander la permission de l’épouser. Il essuie non seulement un refus mais il est en outre consigné.

Qu’importe, il s’évade retrouver sa promise à Orel, étape de la tournée de la danseuse. Mais le Grand Duc a lui aussi l’intention de s’y rendre. Et la grande Duchesse Olga (Rose «  Tetralini » Dione) aussi…

 

Réjouissant. Et encore, j’euphémise. C’est une comédie très enlevée, mise en scène par un spécialiste du genre et interprété par des actrices et acteurs à la hauteur de l’événement. Et en plus, c’est William Cameron Menzies qui est derrière la caméra, ce qui ne gâche absolument rien. Au contraire. Bref, une de ces gourmandises hollywoodiennes de fin de muet dont je suis extrêmement friand. Et en plus, c’est Constance Talmadge… Nous sommes donc en très bonne compagnie. A ces interprètes s’ajoute un spécialiste du comique (burlesque), Chester Conklin qui campe un directeur d’hôtel formidable, ajoutant au comique de la situation.

 

C’est un véritable festival de quiproquos dont le Grand Duc est la victime (légère, n’exagérons rien) qui commence par la visite de ce dernier à la jeune femme alors qu’elle attend Orloff. Derrière un paravent elle s’adresse à lui croyant que c’est à l’autre. A partir de là, Franklin ouvre grande les vannes de son flot comique et on est emporté avec beaucoup de plaisir dans cette histoire de la Russie tsariste.

 

Et si les deux rôles principaux masculins possèdent de très beaux yeux bleus (comment pourraient-ils en être autrement ?), c’est tout de même Constance Talmadge qui remporte tous les suffrages, interprétant cette duchesse malgré elle (1). Elle est extra  ordinaire dans ce rôle somme toute peu bavard mais extrêmement expressif : son regard passe par toutes les émotions surtout quand elle se retrouve – malgré elle ! – seule avec le Grand Duc qui croit qu’elle l’aime.

Bien sûr, quand on jette un œil à la production, on remarque tout de suite que Constance Talmadge est présente, ce qui explique ce rôle somme toute sur mesure. Mais qui s’en plaindrait ?

 

Bien entendu, le spectateur est complice du scénariste (et du réalisateur) puisqu’il connaît tous les tenants et aboutissants de l’intrigue et surtout les teneurs des différents quiproquos. On s’amuse par anticipation mais aussi une fois que les événements arrivent (immanquablement) et c’est surtout l’accumulation de ces quiproquos qui fait tout le sel de cette intrigue (signé Hans Kräly, un collaborateur fidèle et productif de Lubitsch, excusez du peu !).

 

Donc n’hésitez pas pour vous ruer sur ce film pas si petit que ça, sorti alors que le cinéma muet était à son apogée : techniquement, c’est superbe, la réalisation et le scénario sont impeccables et l’interprétation de toute beauté.

Que demander de plus ?

 

  1. Le directeur de l’hôtel l’a confondue avec la véritable grande Duchesse qui avait annoncé son arrivée…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Western, #William A. Wellman
Robin des Bois d'Eldorado (Robin Hood of El Dorado - William A. Wellman, 1936)

Depuis la cession complète de la Californie par le Mexique aux Etats-Unis, la vie des Mexicains qui sont restés n’est pas des plus roses. Entre les brimades et les injustices, la vie est vite devenue un enfer.

C’est le cas de Joaquin Murietta (Warner Baxter) qui vient de se marier à la belle Rosita (Margo). Mais leur mariage est de courte durée : elle est violée et tuée par des prospecteurs sans scrupule qui lorgnent la terre de Joaquin, véritable réserve d’or (1).

Murietta va donc se faire justice et éliminer les criminels. Mais cette attitude est mal vue par le nouveau gouvernement de l’état et les anciens propriétaires mexicains.

Sa tête est mise à prix et on organise des battues.

Bien entendu, l’issue ne peut être que fatale pour cet homme spolié.

 

Décidément, la question d’appartenance est une idée forte dans le cinéma américain. Et Wellman couple cet aspect avec l’un de ses thèmes de prédilections, l’injustice. Parce que ce qui arrive à Joaquin est absolument injuste et sa réaction, si elle peut nous sembler excessive aujourd’hui, ne fait que refléter les façons de faire de l’époque. Et surtout, Murietta agit comme cela fut toujours le cas auparavant, quand les gringos n’étaient pas chez eux. Et il est difficile de lui donner tort quand on voit s’accumuler les différentes injustices qui l’accablent : outre sa femme qui succombe au viol collectif, c’est son frère José (Carlos de Valdez) qui est pendu dans la plus pure tradition du lynchage. On retrouve d’ailleurs dans cette séquence ce qui fera le sel de l’Etrange Incident sept ans plus tard. Ici, pas de sentiment : le frère est pendu.

 

Il est clair que le western n’a pas encore conquis ses lettres de noblesse, malgré quelques chefs-d’œuvre antérieurs déjà évoqués ici. Mais le savoir faire de Wellman donne à ce film toute la mesure de son talent. Certes, - et cela est étonnant – on sent encore l’influence du cinéma muet avec le recours à des intertitres en surimpression, de même que le rôle de Rosita qui n’est que très peu parlant. Mais pour le reste, nous sommes bien chez Wellman, et on y retrouve ce qui fait la force de son cinéma : le réalisme. Malgré le code Hays qui est en vigueur depuis bientôt deux ans quand sort le film, Wellman « ne fait pas semblant ». Les morts s’enchaînent, ou s’accumulent comme dans la séquence de l’assaut du repaire de Murietta.

Cette séquence est très certainement la plus violente du film, même si on trouve quelques éléments pas toujours très raffinés : le couteau que Joaquin plante dans la main du shérif (Edgar Kennedy) en fait partie.

 

En tout cas, Warner Baxter, avec le rôle de Joaquin se retrouve encore une fois (cette même année) dans le rôle d’un homme victime de l’injustice des autres. Mais alors que le docteur Mudd (The Prisoner of Shark Island, de John Ford), acceptait malgré lui son sort (difficile de faire autrement, me direz-vous), Murietta ne veut pas et surtout ne va pas se laisser faire.

Mais cette révolte est dérisoire : la « civilisation » est en marche et la Frontière recule : Joaquin est un homme d’un autre temps. Celui d’avant les « Americanos ». Et on retrouve cette joie de vivre initiale (celle de la séquence d’ouverture, juste avant l’arrivée d’un premier Américain qui va déclencher tout : quand Murietta et ses hommes reviennent de leurs razzias, c’est tout de suite une fiesta qui s’organise avec des chansons. Et on se rend compte alors que ses terribles bandits n’ont qu’une envie : vivre heureux tranquilles, comme ils l’ont toujours fait.

Mais comme précisé plus haut, la civilisation arrive à marche forcée et le temps des Mexicains en Californie est révolu.

Joaquin Murietta va mourir. Il n’avait même pas 25 ans (1).

 

PS : après sa mort, la tête de Joaquin Murietta fut exhibée ainsi que la main de Jack « Trois-Doigts » (J. Carroll Naish), son acolyte.

 

  1. Oui, Warner Baxter est un tantinet plus âgé que son rôle, puisqu’il va sur 47 ans quand le film est présenté. Qu’importe, son enthousiasme gomme la différence et surtout, au cinéma, tout est (presque) permis !
Robin des Bois d'Eldorado (Robin Hood of El Dorado - William A. Wellman, 1936)

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