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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Western, #Gangsters, #Martin Scorsese, #Robert de Niro
Killers of the Flower Moon (Martin Scorsese, 2023)

Phénoménal.

Scorsese nous revient avec une nouvelle histoire sombre, émaillée de morts pas toujours très naturelles, et surtout ses deux acteurs fétiches : Robert DeNiro (Bill « King » Hale) et Leonardo DiCaprio (Ernest Burkhart).

Et surtout la formidable Lily Gladstone (Mollie Brown ép. Burkhart).

Mais reprenons.

 

[Je vous conseille de voir le film avant de lire ce qui suit, bicôze il n’y aura plus beaucoup de surprise : mais qu’importe, le film est tellement magnifique…]

 

Fraîchement démobilisé après la première Guerre Mondiale et survivant à la Grippe Espagnole, Ernest Burkhart débarque à Fairfax (Oklahoma) pour travailler avec son oncle, Bill « King » Hale. Ce dernier est l’un des soutiens les plus importants des Indiens Osages : après avoir été chassés toujours plus à l’Ouest, ils se sont établis en Oklahoma et y ont découvert du pétrole, devenant immensément riches, et donc la proie privilégiée des convoitises.

L’Oklahoma semble l’état rêvé : on y pratique des mariages mixtes (Indiennes & Blancs), et tout le monde s’entend très bien. Sauf que les Indiennes ont tendance à mourir prématurément sans qu’on s’étende beaucoup sur les causes de ces décès. Et bien sûr, les maris – blancs – héritent de leurs parts…

Alors qu’il travaille comme chauffeur de taxi, Ernest rencontre Mollie Brown et tombe amoureux. Il va même l’épouser, malgré la maladie : elle est atteinte de diabète, et en plus ses sœurs meurent l’une après l’autre… Et pas spécialement naturellement.

 

C’est absolument remarquable. Scorsese est à son plus haut ni veau, réalisant, en plus d’un film superbe, une véritable synthèse de son œuvre, allant même jusqu’à y apparaître un petit peu plus que d’habitude. Et la présence du duo vedette n’y est pas non plus pour rien. En utilisant ces deux monstres, Scorsese mélange son passé et son présent avec deux des acteurs qui ont su le mieux évoluer dans son univers cinématographique. Et la présence de Lily Gladstone pourrait presque envisager son avenir s’il n’avait déjà 81 ans… (1)

Avec ce film, une nouveauté tout de même : d’une certaine façon, Scorsese intègre des éléments du western qu’il mêle avec un univers plus fréquent chez lui, les gangsters.

Western parce que nous retrouvons les grands espaces et une lutte entre le Bien (les Osages) et le Mal (les Blancs). Et si nous n’avons pas un duel aux revolvers au soleil (levant ou couchant), nous en avons tout de même un entre les deux hommes dont un seul sortira vainqueur.

Et comme nous sommes chez Scorsese, ne vous attendez pas à une fin glorieuse pour le héros : il ne terminera pas plus haut qu’il n’était au départ.

 

La première force du film, c’est avant tout son intrigue : une histoire authentique avec un peuple indien opprimé, trompé, voire éliminé. Et des Blancs d’une incroyable méchanceté, mais toujours à la manière de Scorsese : avec beaucoup de religion et de famille. Ce dernier élément étant le moteur de Hale qui est prêt à tout pour arriver à ses fins. Et ses pratiques n’ont rien à envier à celle de Paulie (Paul Sorvino) & C° dans Goodfellas. Et si Joe Pesci n’est pas là – l’âge, que voulez-vous – Scott Shepherd (Byron Burkhart) est un substitut plus qu’honorable, la frénésie en moins, cela va de soi.

De plus, Scorsese insiste sur l’inexorabilité du sort des Osages, montrant le chemin de fer qui amène toujours plus de Blancs qui viennent travailler dans les concessions dont les propriétaires ont tendance à pâlir… Ceci couplé avec une utilisation intelligente du temps : en tant qu’immense cinéphile, il va utiliser le cinéma de Fairfax pour montrer le temps qui passe. Les premiers films d’actualité qu’on voit sont bien sûr muets puis tout d’un coup, des paroles se font entendre : nous sommes après 1927.

Et cette utilisation du cinéma permet aussi une première transition brillante : les actus montrées sur l’écran du cinéma laissent place naturellement à la réalité de l’intrigue, et quand Ernest est identifié par les spectateurs (tout le monde connaît Leonardo, ou presque), la couleur s’installe en même temps.

On va retrouver plusieurs de ces magnifiques transitions tout au long du film : saluons au passage le travail de montage de Thelma Schoonmaker.

Soulignons aussi le travail de Rodrigo Prieto derrière la caméra : c’est superbe, en particulier l’incendie accidentel du champ de pétrole de Hale.

 

Quant à l’interprétation, elle est à un très très haut niveau, en particulier (comme déjà dit) Lily Gladstone qui donne une authenticité _incroyable à cette femme torturée par ces Blancs sans scrupule. Là encore, on mettra en exergue sa dernière rencontre avec DiCaprio, où son visage est tout.

Bien sûr, DeNiro est impeccable mais pas au sens premier du terme : il est un salaud magnifique doublé d’un hypocrite talentueux. Je rejoins l’avis de mon ami Jean B. qui me disait que les acteurs, en vieillissant, rejoignent le côté obscur. C’est le cas ici de DeNiro, mais c’est aussi un début pour Leonardo qui reste tout de même plus une victime – de la rouerie de son oncle – qu’un véritable bourreau. Encore que…Le problème d’Ernest, c’est que c’est avant tout un imbécile facilement influençable et manipulable. Il y a dans ce personnage autant d’intelligence que chez Travis Bile (Robert DeNiro, tiens, tiens…) dans Taxi Driver, même si le contexte est différent.

 

Et puisqu’on en est aux références, une petite dernière : Raging Bull. Je ne vous dis pas où. Vous chercherez, et bien entendu trouverez !

 

PS : vous avez remarqué que le générique de fin ne comporte aucune musique, seulement des sons naturels. Et parmi eux, un rappel de ce que nous avons vu...

 

  1. Ne nous emballons pas : Eastwood a 93 ans et il n’a pas encore sorti son dernier film (attention, il arrive bientôt !) : 12 ans, l’espoir reste donc permis !
William « King » Hale (1874-1962)

William « King » Hale (1874-1962)

Ernest Burkhart (1892-1986)

Ernest Burkhart (1892-1986)

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Sport, #Sylvester Stallone
Rocky 2 : La Revanche (Rocky II - Sylvester Stallone, 1979)

Si plus de deux ans et demi ont passé pour les spectateurs, pour Rocky Balboa (Sylvester Stallone), Apollo Creed (Carl Weathers) et Adrian (Talia Shire), le temps s’est figé puisque les cinq premières minutes du film (environ) sont les cinq dernières du film précédent.

Et quand ce deuxième opus commence vraiment, les deux boxeurs sont conduits à l’hôpital. De toute façon, Rocky a décidé d’arrêter la boxe. Mais ça, ça ne plaît pas à son adversaire qui est inondé de courrier haineux déclarant que le match était truqué, voire que c’est Rocky qui aurait dû gagner. Il y aura donc un match retour, mais cela ne prendra que les vingt dernières minutes du film.

Le reste ? La nouvelle vie de Rocky qui se met à ressembler à celle d’avant, les manœuvres illégales en moins : Rocky est maintenant marié et Adrian attend un enfant… Et en plus, il lui a promis de ne plus boxer.

 

Stallone n’a donc pas raccroché les gants, et même, cette fois-ci, il signe non seulement le scénario, mais aussi dirige lui-même le film ! (1) Et à nouveau, l’adage qui dit qu’une suite est toujours moins bien ne fonctionne pas vraiment ! Parce que Stallone réussit à nous pondre un film très correct, mâtiné d’un scénario qui tient la route, ramenant Rocky à ses origines : les bas quartiers de Philadelphie (Pa).

Mais Rocky n’a pas beaucoup changé, il est juste devenu honnête : il n’a toujours pas une intelligence extraordinaire mais c’est suffisant et surtout, cela sert le scénario. Et donc à nouveau, cette descente dans la société après les ors du ring (et ceux de la ceinture d’Apollo) garde toute sa dimension réaliste qui faisait un des atouts du premier film. La vie est dure pour Rocky et ce n’est qu’avec un certain degré de volonté qu’il pourra revenir au plus haut niveau : très américain, non ?

 

Quoi qu’il en soit, Stallone signe ici (pour son second long métrage) un film qui, s’il n’est pas du niveau du premier opus, n’en est tout de même pas si éloigné. Il ne fera d’ailleurs pas mieux dans les suites qui vont émailler les années 1980, mais nous n’en sommes pas encore là.

Stallone a plaisir à retrouver ce personnage fruste mais attachant. Il s’amuse – jusqu’à un certain point (2) à l’interpréter et le diriger, multipliant les clins d’œil au premier film, dont évidemment la montée des marches avec la musique des Grosses Têtes… Avec en outre une belle variante.

Bref tout est là pour cette revanche du titre français, même le combat qui est d’une très grande intensité, Carl Weathers et Sly retenant à peine leurs coups parfois.

Et ça marche !

Il y a quarante ans, si on m’avait dit que j’allais apprécier ce second opus, je pense que j’aurais été plus que dubitatif…

 

Quoi qu’il en soit, je vous encourage à le voir autrement qu’une stallonnerie comme on tendance (parfois un peu trop vite) à qualifier les films de l’acteur.

Et puis si vous n’aimez pas, qu’est-ce que j’y peux ?

 

  1. On n’est jamais mieux servi que par soi-même.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Road Movie, #Thien An Pham
L'Arbre aux papillons d'or (Bên trong vo kén vàng - Thien An Pham, 2023)

Une fois n’est pas coutume, cet article va révéler tout ou une partie de l’intrigue. Lisez à vos risques et périls ou revenez après avoir vu le film.

 

La soirée s’annonce bien pour Thiên (Le Phong Vu) : bière avec les copains, puis sauna et massage. Mais malgré tout, un incident se passe : deux motobylettes (1) se sont percutées, tuant sur le coup l’un des deux conducteurs. Qu’importe, la soirée se poursuit.

Malheureusement, pendant le massage, le téléphone sonne avec insistance : Hahn, la belle-sœur de Thiên faisait partie des deux victimes de l’accident et elle a succombé à ses blessures, laissant derrière elle un fils, le (très) jeune Dao (Nguyen Thinh).

Alors il emmène ce dernier dans son pays natal (qu’il a quitté pour Saïgon) afin d’enterrer la jeune femme. Il y retrouve Thao (Nguyen Thi Truc Quynh), son amour de jeunesse, qui est entrée dans les ordres et décide d’aller retrouver son frère, le père de Dao.

 

 « On ne fait plus des films comme ça. » Thiên et Thao parlent de La Vie est belle (Frank Capra, 1946), avec des regrets sinon de la nostalgie (ils sont un peu jeunes pour ça !), et le moins qu’on puisse dire, c’est que ce n’est pas avec ce film qu’on en fait un nouveau.

Constitué quasiment uniquement de plans séquences (j’ai lu qu’il y en avait 67).

On m’avait fit : »tu vas voir, c’est un film qui dure 2 h 10. » Sauf qu’il y a 52 minutes de plus et qu’on les sent passer (en tout cas, c’est mon cas). Pas parce que la dernière heure est inutile – certainement pas – mais parce que tous les différents plans sont trop longs. Et comme le film a un rythme très lent, l’addition des deux amène des longueurs parfois (souvent ?) inutiles.

Et c’est bien dommage !

 

Parce que s’il y a un élément (2) qui ressort de ce (très) long métrage, ce sont bien les images de Dinh Duy Hung : c’est une véritable féerie visuelle, et ce malgré un climat plutôt hostile où la pluie s’enchaîne au brouillard, et où le soleil est le grand absent, sauf à un moment : la fin quand Thiên n’a pas retrouvé son frère. Parce qu’il ne le retrouve pas ! Enfin pas quand le film se termine, en tout cas. D’ailleurs, cette fin lumineuse est tout de même plutôt obscure. En effet, je n’ai pas l’impression qu’il y ait une véritable résolution de l’intrigue (mince).

Et c’est aussi l’une des faiblesses du film :cela se présente comme un road-movie où  Thiên erre comme une âme en peine (c’est vraiment le cas de le dire !), à la recherche d’un sens à l’existence qu’il semble le seul à ne pas avoir trouvé. Et chacune de ses rencontres (ou presque) est une nouvelle discussion existentialiste voire métaphysique qui ne le mène pas spécialement quelque part.

 

Ce qui évacue un élément important du road-movie puisque ce personnage ne semble pas vraiment changé malgré toutes ces rencontres et discussions. Et même, je vais enfoncer le clou (et me faire peut-être des ennemis) : par moment, j’avais l’impression de me retrouver chez Godard, ce qui n’est pas un bon signe en ce qui me concerne. Donc si vous ajoutez ça à la longueur et la lenteur du film, vous n’obtenez pas obligatoirement un cocktail détonnant…

Mais malgré tout, il y a quelques bons et beaux moments dans ce film :

  • l’enterrement de Hahn est à mon avis la séquence la plus intéressante. Tout d’abord, il s’y passe quelque chose (ce n’est pas toujours le cas) et surtout parce qu’on croise le solennel et le grotesque, deux éléments qui ne font pas toujours bon ménage. Mais ici, c’est (presque) parfait. Outre qu’on y prend des photos (au moins une), ce qui ne nous est pas habituel, cet enterrement est accompagné de la fanfare du village qui, si elle exécute un morceau lent et de circonstance, de par sa sonorité coupe toute la solennité du moment. On croirait entendre n’importe quelle fanfare d’un patelin reculé avec un son qui détone complètement par rapport aux enjeux du moment.
  • Cet enterrement se termine par une transition de très belle facture : alors qu’il se termine, on voit une pelle entrer dans le sol et commencer à creuser un trou. Mais c’est pour l’oiseau que Thiên avait ramassé…
  • L’arbre aux papillons d’or : c’est un moment absolument magique dans ce film. Et pour une fois, la caméra ne reste pas beaucoup de temps dessus. Quel dommage. J’aurais aimé voir un peu plus longtemps s’ébattre ces papillons clairs dans le sombre du décor. Mais non, on repart (presque) tout de suite ! Il y a dans ce plan une atmosphère onirique qui vaut à lui tout seul de voir ce film.

 

Et puis il y a la bande-son, l’autre atout du film. Si la musique est en parfaite adéquation avec les images, son absence l’est tout autant, voire plus significative. Car le son et son absence sont une donnée là encore primordiale. Même si j’ai parfois du mal à en comprendre le sens : la caméra subjective qui avance dans le brouillard au guidon de la motobylette se termine dans un éclat lumineux. S’est il passé quelque chose ? Non, dans le plan suivant on retrouve Thiên qui mange des nouilles.

Mais quand le son remplace la musique (mélodieuse), c’est surtout pour introduire un élément en boucle qui va rythmer la séquence : l’oiseau, les percussions des enfants, les pas de Thiên…

 

Alors, l’Arbre aux papillons d’or, un film à voir ?

Oui.

Ou pas.

 

PS : Juste avant le plan de l’arbre, deux personnes sont sorties temporairement de la salle. C’est quand même ballot !

 

  1. Ca a des roues de motos et ça va à l’allure d’une mobylette… Mais ça ne ressemble pas à ce que nous connaissons.
  2. En fait, il y en a deux !

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Science-Fiction, #Daniel Kwan, #Daniel Scheinert
Everything everywhere all at once (Daniel Kwan & Daniel Scheinert, 2022)

 

Tout, partout et tout d’un coup.

C’est ce qui va arriver à Evelyn (Michelle Yeoh), alors qu’elle va à un rendez-vous avec une inspectrice des impôts, Deirdre Beaubeirdre (Jamie Lee Curtis) : une interférence se passe et elle se retrouve entre deux univers. Puis d’autres. Nous savons tous qu’il est difficile de se concentrer sur deux choses à la fois, alors deux univers… C’est pourtant ce qu’Evelyn va devoir apprendre – rapidement – avec l’aide de Waymond (Ke Huy « Short Round » Quan) qui se trouve être, en plus de son mari, un autre Waymond dans un univers parallèle.

Pourquoi doit-elle apprendre vite ? Parce que le/la terrible Jobu Tupaki (Stephanie Hsu) veut détruire tous les univers.

Alors elle va apprendre : tout, partout et tout d’un coup.

 

Jubilatoire.

Dieu sait que je déteste cet adjectif, mais il exprime tout de même un sentiment qui va au-delà du réjouissant habituel. Si j’étais anglophone, je dirai que c’est stupendous, mais avec toutes les acceptions que proposent les traducteurs de ce mot (1).

Si les univers multiples ont le vent en poupe en ce moment, on les appelle d’ailleurs  multivers, je dois avouer que le film des deux Daniel (Kwan et Scheinert) exploitent ce thème avec un rare brio, montrant que l’on peut aussi rire de cette interpénétration multiverselle (je sais, je néologise) qui se veut originellement dramatique. Et en plus, ça se tient.

 

C’est bien sûr un peu déroutant au début, surtout qu’Evelyn et Waymond parlent un chinois mâtiné d’idiomes anglais : on se dit que progressivement ils vont parler anglais avec accent, comme on en a un peu l’habitude dans les films américains qui se veulent exotiques. Mais ce n’est pas ça ! S’ils parlent un mélange d’anglais et de chinois c’est parce que leurs personnages sont comme ça ! En effet, dans d’autres univers, ils parlent tout à fait normalement – chinois ou anglais (américain, bien sûr) – ce qui donne une autre dimension (encore une) à l’intrigue.

Mais malgré tout, on s’y retrouve.

 

Le film se découpe en trois grandes parties qui reprennent les trois mots du titre, et constituent une trame narrative ternaire tout à fait classique : exposition – déséquilibre – résolution. Et j’avoue tout de même que comme Evelyn, nous expérimentons le tout partout tout de suite en même temps qu’elle et que ça peut devenir vertigineux. Mais quand tout arrive à la fois (la troisième partie donc, nous sommes nous aussi rôdés et nous savourons (encore plus) les différentes interactions. Et c’est là que ça devient vraiment « jubilatoire ».

 

Nous nageons régulièrement entre le sérieux et l’absurde – avec une certaine préférence pour le deuxième, mais sans jamais perdre de vue l’intrigue principale. Mais c’est plus facile à comprendre quand on voit.

Et comme si cela ne suffisait pas, les deux Daniel nous gratifient de quelques emprunts-hommages : Matrix, Ratatouille, Kill Bill et bien sûr 2001, a space Odyssey en sont les principaux éléments. Matrix parce que l’aspect jeu vidéo et monde parallèle est le plus évident, Ratatouille parce que Randy Newman (2), et 2001 pour la séquence des primates et un nouveau voyage vers l’infini aussi impressionnant, même si moins long.

 

Bref, un film phénoménal soutenu par une distribution au top, comme on dit, avec le couple Wang bien sûr, mais aussi avec une Jamie Lee Curtis incroyable ! Deux heures dix-neuf de pur bonheur, ça fait beaucoup de bien dans une actualité aussi chargée et surtout lourde.

A VOIR !

 

PS : j’oubliais A travers le Miroir de Lewis Carroll… Difficile de l’oublier pourtant, puisque c’est à ça qu’on pense quand commence le film… Moi en tout cas !

 

  1. Comme ça, pas besoin de râler contre eux…
  2. Je ne développe pas, mais sachez que je l’ai vu en VO, alors Randy Newman.

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Biopic, #James Mangold
Le Mans 66 (Ford v Ferrari - James Mangold, 2019)

1966 est pour Ford la première d’une série de quatre victoires sur le circuit mythique du Mans. Et cette victoire est aussi mythique dans sa préparation et son aboutissement qui vit les trois voitures engagées  par « Henry II » (Tracy Letts), le grand patron de Detroit, arriver ensemble sur la ligne d’arrivée.

 

Reprenons : Ford (l’entreprise) est en déclin et va se lancer dans la course automobile avec un nouveau prototype capable de rivaliser (et battre) la toute puissante écurie Ferrari. Pour cela, on fait appel à Carroll Shelby (Matt Damon), qui lui-même en appelle à Ken Miles (Christian Bale) pour l’aider à réaliser ce véhicule révolutionnaire.

Mais si les deux hommes s’entendent plutôt bien, ce n’est pas toujours le cas avec les cols blancs de la firme qui n’apprécient pas tous ce pilote hors norme. En particulier Leo Beebe (Josh Lucas), qui va tout faire pour écarter le pilote britannique de la course.

 

Bien entendu, on pense à Steve McQueen (qui est d’ailleurs cité), au même endroit en 1971. Mais ce ne sont plus les mêmes voitures, et l’aspect dramatique du film de Lee H. Katzin a complètement disparu, même si les risques encourus par les protagonistes sont les mêmes. Mais surtout, la grande différence entre les deux films tient à l’intrigue qui prédomine par rapport au film antérieur. Et cette intrigue est passionnante, jouant avec astuce sur les nerfs des spectateurs, offrant des plans à couper le souffle qui, malgré la vitesse des bolides, ne s’enchaînent pas sur un rythme effréné. James Mangold nous laisse le temps d’apprécier les différents cadrages sans pour autant faire baisser le suspense et la tension inhérents à ce genre d’intrigue (1).

On vibre avec Ken Miles autant que sa voiture en le voyant engloutir ses autres concurrents dans chacune des courses qu’il remporte, passant les vitesses ou appuyant sur les pédales de frein et d’accélérateur. Du grand spectacle.

 

Alors oui, le scénario de Jason Keller et des frères Butterworth prend des libertés quant à la vérité historique (Shelby n’est pas le premier américain à remporter la course, par exemple), mais ces libertés sont tout à fait normales voire légitimes : nous sommes au cinéma ! Le principal reste : les trois Ford terminent ensemble !

Pour le reste, il faut bien une intrigue solide pour éviter les déconvenues du film de Katzin alors on accentue le rejet de Miles pour en faire un enjeu et les différentes courses prennent un tout autre intérêt : comment va-t-on faire pour que Miles ne gagne pas ? Et bien entendu, « on », c’est Beebe. Et là encore, c’est un personnage très réussi : on n’a qu’une envie, qu’il se prenne un bourre-pif par Shelby ou Miles (2).

 

Bref, c’est une très belle réussite qui nous est proposée là – faut-il aimer les courses automobiles, tout de même – et le duo Damon-Bale fonctionne à merveille : ce sont deux acteurs sobres dans leur jeu, ce qui est indispensable dans ce genre de rôle (3). A leur côté, outre l’infâme Beebe, on a plaisir à voir Caitriona Balfe (Mollie Miles) dans un rôle féminin pas spécialement effacé malgré le thème qui serait plutôt viril (4) surtout depuis que les femmes avaient été écartées… A ses côtés, le jeune Noah Jupe (Peter Miles) donne à Ken un solide contexte familial qui vibre autant que lui à ses exploits. Bref, Mangold dirige avec brio tout son petit monde, se permettant même de faire venir le vieil Enzo Ferrari (Remo Girone) sur le circuit (enfin dans les tribunes), lui qui n’assistait jamais aux courses.

 

Alors, accrochez votre ceinture, et laissez vous guider par Ken Miles qui, malheureusement, décèdera quelques semaines après le triomphe du 19 juin 1966 (le 17 août).

 

  1. Et ce malgré l’issue attendue de la course !
  2. Je ne vous dirai rien.
  3. Rappelez-vous, McQueen était un acteur très cool.
  4. Les femmes ont participé aux 24 heures entre 1930 et 1939, puis entre 1949 et 1954, avant de revenir à partir de 1971.

 

 

 

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Biopic, #Lee Daniels
Le Majordome (Lee Daniels' The Butler - Lee Daniels, 2013)

De 1957 à (environ) 1987, a officié Cecil Gaines (Forest Whitaker) en tant que majordome.

Suite à la mort (brutale) de son père (David Banner), il est employé dans la maison et devient serviteur à table. Cette nouvelle position va lui permettre de briguer – malgré lui – à la charge suprême que pouvait espérer – à cette époque – un travailleur noir : majordome à la Maison Blanche. D’Eisenhower (Robin Williams) à Reagan (Alan « Snape » Rickman), ce ne sont pas moins de 7 présidents de la république avec toujours le même modus operandi, devenant plus qu’un élément du décor comme peut le montrer Reagan dans sa demande de service.

30 ans, c’est aussi le temps qu’il faudra à sino épouse, Gloria (Oprah Winfrey) pour être officiellement invitée dans le lieu prestigieux.

Mais cette invitation marquera la fin des relations entre la présidence et l’un de ses plus marquants serviteurs de l’ombre.

 

Magnifique.
Une extraordinaire fresque américaine qui allie civilisation et droits civiques, menée de main par un réalisateur en verve, Lee Daniels. Ce dernier va d’ailleurs donner son nom au titre du film pour ne pas qu’on le confonde avec un obscur film éponyme de 1916 : comme si c’était possible !

Non, ici nous sommes en présence d’un véritable chef-d’œuvre servi par des interprètes à la hauteur de l’événement (1) : entre Robin Williams et Alan Rickman, on retrouve aussi Vanessa Redgrave (Mrs. Belle), John Cusack (Nixon) ou encore Liev Schreiber (Johnson), sans oublier Jane Fonda (Nancy Reagan). Bref, nous sommes en très bonne compagnie et le jeu formidable – justesse et sobriété – de Forest Whitaker fait qu’on ne peut pas rester insensible aux enjeux de l’intrigue.

 

Parce que, malgré cette formidable moisson de stars, ce n’est pas l’apparence qui compte (2), mais bel et bien le propos qui retient notre attention. Nous sommes dans la même situation que Ken Follett quand, environ un an après la sortie du film, il publie son phénoménal Aux Portes de l’éternité, dernier volume de son Siècle. La conclusion entre les deux œuvres est d’ailleurs la même, bien que les points de vue n’aient pas grand chose à partager (3).

Mais malgré tout, il s’agit d’une grande oeuvre qui rend hommage à ces gens – petits et grands – qui ont fait des Etats Unis le pays que nous connaissons, même si les années 2017-2021 ont laissé un tantinet à désirer, et ce malgré le slogan de campagne de l’homme aux cheveux jaunes.

 

Et ce qui nous réjouit, c’est avant tout le jeu des différents interprètes. Comme je l’ai écrit plus haut, Forest Whitaker est formidable, mais à ses côtés, Oprah Winfrey est pleinement à la hauteur de la tâche, campant une épouse délaissée qui va de plus en plus assumer sa situation. A nouveau, nous avons le plaisir de voir qu’elle ne sait pas qu’animer une émission de télévision. Sans être un soutien pour son mari comme c’est souvent le cas dans ces cas-là, elle est un autre challenge que Cecil va devoir relever, mâtiné à ses problèmes avec son fils.

Mais comme nous sommes dans un film américain, il faut s’attendre à une fin heureuse et surtout une rédemption. Rassurez-vous, elle sera là, même si en deux temps : à chaque fois, elle va concerner les deux fils de Cecil, dans des situations différentes certes, mais au final pas tellement éloignée (4).

 

Un film indispensable sur la lutte – malheureusement toujours – quotidienne pour l’égalité entre tous les Américains !

 

  1. Oui, encore une : que voulez-vous, je regarde aussi des bons films !
  2. Si Alan Rickman ressemble réellement à son personnage, ce n’est pas vraiment le cas de Robin Williams, ni encore moins de John Cusack.
  3. Le personnage de Louis Gaines (David Oyelowo) n’est pas sans rappeler ceux que nous suivons chez Follett dans la lutte des Droits Civiques.
  4. Je vous laisse juge…

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Biopic, #Ridley Scott
House of Gucci (Ridley Scott, 2021)

Sur l’affiche, on ne voit qu’elle : Lady Gaga. Ou plutôt Patrizia Reggiani épouse Gucci. C’était la femme de Maurizio (Adam Driver), le dernier membre de cette famille illustre à diriger le groupe du même nom. Jusqu’au 27 mars 1995, quand il a été assassiné, 17 ans après avoir rencontré la belle Patrizia qui l’a aidée – malgré lui ? – à prendre le contrôle de cette entreprise familiale créée en 1921.

Ce sont ces dix-sept années qui vont nous être présentées : l’ascension d’un couple hors norme parce que certainement mal apparié, comme le suggère Rodolfo Gucci (Jeremy Irons), le père de Maurizio.

Toujours est-il qu’ils s’aiment, se marient, se séparent, et puis il est tué. Sur sa demande à elle. Je ne vous révèle pas l’intrigue en écrivant tout ça : c’est sur n’importe quel site qui parle de cette affaire.

 

Bien sûr, l’intérêt est ailleurs puisqu’on sait déjà comment cela va se terminer. Dans la direction de Ridley Scott, bien entendu, qui mène demain de maître cette histoire presque vraie (1), ayant à sa disposition des interprètes à la hauteur de l’enjeu, et surtout Lady Gaga qui confirme tout le bien qu’on a pu dire d’elle après A Star is born (2018). Elle crève l’écran, et si la véritable Patrizia n’a pas du tout apprécié qu’elle l’ignore, ce n’est peut-être pas si mal parce que, ainsi, elle a pu se faire sa propre idée du personnage, sans autre influence que celle du scénario (et du réalisateur cela va de soi). A ses côtés, Adam Driver est un Maurizio très convaincant : grand échalas un tantinet hésitant, il n’a que la stature physique d’un chef de famille (2). Pour le reste, il campe avec beaucoup de justesse ce grand personnage peu sûr de lui sauf en ce qui concerne son amour pour Patrizia. C’est d’ailleurs la seule fois qu’il impose sa volonté.

Bien sûr, on se régale de la performance (encore une fois) de Al Pacino (Aldo Gucci), cet oncle légendaire un brin encombrant. De même Jared Leto est tout bonnement incroyable en Paolo Gucci, le cousin idiot, difficilement reconnaissable grâce au prothèses de Frederica Castelli qui lui transforme totalement le visage.

 

Et puis Ridley Scott joue avec le temps. Les dix-sept années passent devant nous et seules les coiffures – et donc les cheveux gris – nous indiquent qu’il passe plus vite qu’on pourrait l’imaginer. Seules deux repères temporels nous sont donnés : 1978 quand on rencontre pour la première fois Patrizia, et le 27 mars 1995, quand l’histoire Gucci se termine pour la marque qui continuera indépendamment de la famille. Rien en transpire qui ne soit pas du monde de Gucci : souvent, les scénaristes glissent quelques éléments du contexte politique voire historique lors de reconstitutions. Ici, à part ces deux dates, on doit se contenter d’une seule référence aux années 80. J’oubliais : l’année 1994 est mentionnée, mais elle appartient déjà au passé.

 

Mais surtout ce qui est remarquable (3), c’est l’utilisation de la couleur tout au long du film. Malgré quelques touches colorées, l’impression générale du film est le noir et blanc. Cela commence par la rencontre entre Patrizia et Maurizio mais cela continue jusqu’au bout, donnant une autre dimension esthétique au film : on pense aux clichés en noir et blanc que l’on retrouve sur les publicités de la marque. Mais sans pour autant donner un aspect suranné : nous sommes toujours dans l’actualité puisque quand le film est sorti, la marque fêtait ses 100 ans. Et se portait très bien !

Bref, Ridley Scott est toujours là, qu’on l’y attende ou non. Tant mieux.

 

Et entre nous soit dit, je ne comprends pas comment la famille Gucci a trouvé que Patrizia était présentée comme une victime…

Ou alors, je n’ai pas vu le même film.

 

  1. Comme le dit l’introduction : « d’après une histoire vraie ».
  2. Et surtout les lunettes !
  3. Dans tous les sens du terme.
Maurizio Gucci (1948-1995)

Maurizio Gucci (1948-1995)

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Publié le par Djayesse
Coupez ! (Michel Hazanavicius, 2022)

La première demi-heure est terrible. Véritablement. Il est très difficile de résister à une envie très naturelle : éteindre et aller voir ailleurs. Mais on se dit que c’est quand même Hazanavicius, alors on résiste, jusqu’au mot fin : c’était un film. Dans le film.

 

Rémy Bouillon (Romain Duris) est un réalisateur « rapide, pas cher et dans la moyenne ». Il est contactée par une Japonaise, Mme Matsuda (Yoshiko Takahera, qui joue dans le film originel) pour réaliser un film de zombies japonais…Avec des interprètes français ! Et tout se fera en direct pour l’ouverture d’une plateforme destinée au genre sur le net.

Bien entendu, tout ne se passe pas comme il faut et Rémi se retrouve obligé de jouer, tout comme sa compagne Nadia (Bérénice Bejo).

Mais c’est rapide, pas cher et dans la moyenne !

 

Je me suis réellement demandé si je n’allais pas éteindre tant le film d’introduction est d’une rare nullité. Tout est en caméra à l’épaule (1) ce qui donne certes une forme d’authenticité mais surtout un ennui qui va croissant. S’ajoute à cela des dialogues minables (euphémisme). Bref un navet de plus… Sauf que nous sommes dans une formidable mise en abyme très réjouissante ! Bien sûr, c’est une parodie, mais comme son modèle antérieur (Ne coupez pas !, 2017) c’est rondement mené par un spécialiste de la comédie : Hazanavicius nous entraîne dans ce tournage d’un tournage (oui, oui, il y a deux niveaux de tournage plus le tournage du film en lui-même – j’espère que vous me suivez !) qui dégénère. Et plus qu’on ne le voit, même si on le ressent.

 

EN effet, une fois le film (nul) terminé, nous assistons à sa préparation et aussi à son tournage (en direct, ne l’oublions pas !) qui est à l’image du produit fini : entre les deux acteurs qui ont un accident et doivent être remplacés au pied levé, un acteur alcoolique (Grégory Gadebois) qui prend un traitement mais ne résiste pas au saké et Diana qui a tendance à s’emporter, discernant de moins en moins son rôle de sa personnalité… Bouillon a de quoi perdre les pédales et s’exciter – lui aussi.

Bien sûr, ce n’est pas le meilleur film d’Hazanavicius, mais j’avoue quand même qu’il s’en sort avec beaucoup de brio et sa singulière équipe de tournage (les interprètes, donc) y met tout son cœur, donnant au final un engouement contagieux et agréable.

 

Mais surtout, la dernière partie du film recrée le tournage de ce que nous avons vu au début, expliquant certains comportements ou/et dialogues, voire certains plans. On comprend tout ce qu’il s’est passé d&ans ce tournage chaotique. Et surtout, on s’amuse beaucoup, les zombies, prétextes du film dans le film (dans le film ?) deviennent accessoires et tout se joue autour d’une technique déjà annoncée comme telle : rapide, pas chère et dans la moyenne.

C’est brillant. Du cinéma, quoi !

 

  1. C’est l’expression qui veut ça, mais c’est plutôt filmé à la main, voire avec les pieds !

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