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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Fanstatique, #Comédie, #Shawn Levy, #Ben Stiller
La Nuit au Musée (Night at the Museum - Shawn Levy, 2006)

Larry Daley (Ben Stiller) est un gros naze. Il n’est pas capable de garder un boulot pendant plus d’une journée et doit donc régulièrement déménager pour loyer impayé. Sa femme (Kim Raver) l’a aussi quitté pour ça, obtenant la garde de leur fils Nick (Jake Cherry).

Un dernier espoir s’offre à lui : remplacer le trio de veilleurs de nuit au prestigieux Muséum d’Histoire Naturelle de New York. Ce n’est pas très folichon, mais il faut bien vivre.

Sauf que les trois veilleurs sont partis sans rien lui expliquer, recommandant tout de même de ne laisser personne entrer… ni sortir ! En effet une fois le soleil couché, les différents éléments s’animent, semant une certaine pagaille dans l’enceinte du bâtiment. Tout ça depuis qu’on a amené la momie du pharaon Ahkmenrah (Rami « Freddie » Malek) et une mystérieuse tablette qui l’accompagnait.

 

Fantastique (dans tous les sens du terme) !

C’est, bien entendu, hautement improbable mais ça marche. C’est absolument loufoque et Ben Stiller évolue dans ce monde avec son aisance coutumière, et on s’amuse beaucoup de cette situation incroyable. Bien sûr, les effets spéciaux numériques sont la clé de ce film, et on est toujours un tantinet bluffé de voir les animaux naturalisés prendre vie tout en conservant leur aspect artificiel. Quant aux statues, si elles  redeviennent humaines, elles n’en conservent pas moins leur texture de statue, comme le montre très bien Theodore « Teddy » Roosevelt (Robin Williams). Encore une fois, Ben Stiller retrouve son complice Owen Wilson (Jedediah), même s’ils n’ont pas de vraies scènes ensemble.

Et le sel de l’intrigue consiste à faire cohabiter – le temps d’une nuit – des éléments aussi différents que des animaux sauvages (lions, éléphants…), des statues de cire, des figurines de maquette, sans oublier une statue de l’Ile de Pâques et un tyrannosaure !

Et Shawn Levy, s’en tire à merveille, multipliant les situations toujours plus absurdes les unes que les autres. Il faut dire qu’il a pas loin de lui un certain Chris Columbus à la production : n’oublions pas qu’il a réalisé les deux premiers films Harry Potter, et on sent bien son influence dans les événements magiques.

 

Bien sûr, on y trouve de bonnes intentions, et comme tout bon film américain qui se respecte, on a droit à une certaine forme de rédemption : celle de Larry qui devient – évidemment – un type formidable, dont son fils peut enfin être fier !

Mais là encore, c’est très bien amené, alors on ne va pas faire la fine bouche. Surtout qu’en plus on a le plaisir de retrouver quelques vétérans presque oubliés : les trois anciens veilleurs ne sont autres que Bill Cobbs (72 ans, petit jeune !), Dick « Bert » Van Dyke (81 ans) et Mickey Rooney (86 ans). Ces trois-là composent un trio bien singulier et plus cachottier qu’on peut l’imaginer.

Bref, ça bouge dans tous les sens et en plus on rit.

 

Ca marche donc, mais c’est normal : tout enfant a un jour rêvé que les musées s’animaient la nuit quand il n’y avait plus personne pour regarder. C’est pour ça que l’intrigue fonctionne : il y a toujours une part d’enfant dans chaque spectateur qui n’en est plus un (enfant).

Et c’est aussi ça le succès de ce film : Shawn Levy s’adresse à tous sans distinction, amenant le sourire (sinon plus) aux plus jeunes comme aux plus âgés, avec un lieu prestigieux mais tout de même propice à la comédie

 

Ca nous change des premières enquêtes de l’inspecteur Pendergast au même endroit…

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #DC Comics, #Patty Jenkins
Wonder Woman 1984 (Patty Jenkins, 2020)

 

On prend (presque) les mêmes et on recommence.

Si les spectateurs ont vieilli de trois ans quand sort le film, Diane Prince (Gal Gadot) a fait un bond en avant d’environ 65 ans puisque nous débarquons en 1984, où elle travaille pour le prestigieux Institut Smithsonian (Washington D.C.). Mais malgré tout, elle reste toujours aussi jeune et fraîche : être une super-héroïne a ses avantages…

Nous sommes donc en pleine Guerre Froide, mais la menace qui se profile reste surnaturelle : une pierre magique qui réalise tous les souhaits de la personne qui l’utilise. Avec un revers bien sûr : pendant qu’elle réalise un souhait, elle prend à son utilisateur ce qui lui tient le plus à cœur.

Et celui qui a l’idée de s’en servir pour obtenir un pouvoir absolu, n’est pas spécialement le personnage idéal : Maxwell « Max » Lord (Pedro Pascal) est un escroc à la petite semaine.

La menace apocalyptique n’en devient alors que plus grande…

 

Pas si mal. Le film fut beaucoup décrié par son propos et son esthétique, certaines personnes étant incapables de faire un saut « moral » dans le temps : nous sommes en 1984 avec ce que cela signifie en termes de comportements, habillement, voire coiffures… Pourtant le générique d’ouverture donne le ton avec ces titres qui rappellent les télévisions de l’époque et leurs images pas toujours très nettes. Pour le reste, on retrouve cette époque (que je n’aime pas beaucoup) où régnaient ceux qu’on va appeler yuppies, prêts à tout pour se faire de l’argent, comme Lord le démontre magnifiquement.

On y retrouve un président américain – Reagan ? (Stuart Milligan) – obsédé parles missiles nucléaires et un Moyen-Orient en ébullition. Bref, on s’y croirait.

 

Et notre Wonder Woman, là-dedans ? Elle n’a pas oublié le beau Steve (Chris Pine) et succombe au pouvoir de la pierre : il revient ! Mais bien sûr, il y a une contrepartie : elle s’affaiblit, et n’est même plus capable de crocheter (détruire serait plus juste) un pauvre cadenas ! Bien évidemment, avec son apparition, l’intrigue devient encore plus improbable mais qu’importe, nous sommes au cinéma, alors profitons-en puisque tout devient possible. Et WW le comprend puisqu’elle acquiert un nouveau superpouvoir que je vous laisse découvrir si ce n’est déjà fait. Et bien entendu, à la fin elle triomphe et le Bien l’emporte (comme toujours).

C’est d’ailleurs la fin qui me satisfait le moins puisqu’elle est un tantinet bourrée de bons sentiments et de morale, mais là encore, les superpouvoirs amènent aussi de super-sentiments…

 

Par contre, je ne suis pas convaincu par la séquence d’ouverture qui nous montre la jeune Diana (Lily Aspell) participer à une course qui relève plus du parcours du combattant que du 100 mètres plat. Le seul avantage que j’y trouve, c’est de revoir Robin « Buttercup » Wright, toujours aussi belle. Pour le reste, la pertinence de cette séquence est des plus légères, même si elle est spectaculaire.

Autre élément en défaveur du film, comme déjà exprimé dans l’opus précédent : son aspect austère qui détone complètement avec l’autre franchise de superhéros (Marvel). Encore une fois,tout cela manque cruellement d’humour, même si on sourit aux différentes tenues qu’enfile Steve avant de sortir de « chez lui » (1)…

 

PS : ne manquez pas la séquence post-générique qui aurait certainement fait plaisir à M. Hubert Mounier (Affaire Louis Trio)

  1. Comme Steve a « emprunté » le corps d’un autre (« Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme » - Lavoisier)

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Télévision, #Série, #Joel SUrnow, #Robe"rt Cochran, #Dennis Hopper
24 Heures chrono (24 - Joel Surnow & Robert Cochran, 2001)

Jack Bauer (Kiefer Sutherland), travaille pour la CTU (1). En ce moment, il est chargé de la protection du sénateur Palmer (Dennis Haysbert) qui brigue (pour l’instant) la candidature démocrate pour les élections présidentielles.

Or le 7 mars 2000, le CTU reçoit une menace sérieuse d’attentat contre lui. Jack va devoir enquêter pour savoir et trouver qui lui en veut. Dans le même temps (ou presque), son épouse Teri (Leslie Hope) sa fille Kimberly (Elisha Cuthbert) sont enlevés par les hommes d’Ira Gaines (Michael Massee) qui est tout sauf un enfant de chœur.

Y a-t-il un lien entre le sénateur et les enlèvements ? Bien sûr, comme va le découvrir Jack. Mais trouver le lien n’est pas résoudre l’enquête ni sauver le sénateur.

Surtout qu’à l’intérieur de la CTU, il y a une taupe…

 

Formidable. Avec cette série, la FOX réussit un coup double : créer une série en temps réel et signer un succès phénoménal qui ne se dément pas même une vingtaine d’années plus tard. Nous suivons tous les éléments de cette enquête complexe avec un intérêt toujours constant : on s’inquiète des péripéties que doivent vivre Jack et les siennes, ainsi que les dessous d’une campagne électorale américaine. Avec en prime un élément prémonitoire : Palmer est en course pour devenir le premier président noir américain ! (2)

Bien sûr, les épisodes ne durent pas une heure : ils étaient entrecoupés de publicité ce qui ramène la durée totale d’un épisode à une quarantaine de minutes (42 ?). Et quand on regarde aujourd’hui la série, ce gros quart d’heure manquant n’est pas bien grave.

 

Parce qu’il faut le dire, le scénario est à la hauteur des espérances, ainsi que le suspense et la violence : on compte de nombreux morts, et ce dès le premier épisode, à tous les niveaux que ce soit autour de la CTU. Bien entendu, la longévité de cette intrigue très habile est basée sur les non-dits et les secrets. Autrement, on aurait appelé ça une mini-série… Mais en plus de l’unité de temps qui est sans cesse rappelée (l’heure défile régulièrement sur l’écran, et pas seulement &au moment des pubs), on a aussi droit à une unité de lieu puisque tout se passe à Los Angeles, dont dépend l’unité de Jack. De plus, on a aussi une certaine unité d’action telle que l’entend le théâtre classique : tout tourne autour de Jack et du sénateur, eux-mêmes liés par autre chose que la mission de protection initiale.

 

Bref, c’est un scénario à la dimension hautement classique qui nous est offert, avec une interprétation à la hauteur de l’événement. Kiefer Sutherland est – encore une fois – impeccable, voire plus. Il est un Jack Bauer solide et d’une probité incontestable, et ce malgré ses manquements fréquents aux règles du service. De son côté, Dennis Haysbert est le candidat démocrate qu’on peut attendre, annonçant donc Barak Obama, même si sa situation familiale est différente : il a deux enfants dont l’un Keith (Vicellous Shannon), a un passé bien singulier, voire menaçant pour la campagne du sénateur…

Là encore, les femmes jouent un rôle primordial qu’elles soient de la famille de Jack ou de celle de Palmer. Leslie Hope et Elisha Cuthbert sont elles aussi impeccables dans leurs rôles respectifs, comprenant jusqu’à un certain point qui est cet homme qu’elles connaissent au final pas si bien que ça (son activité oblige le secret). Sarah Clarke (Nina Myers dans la série) joue avec subtilité un personnage ambigu : collaboratrice proche de Jack, elle a eu une aventure amoureuse avec lui quand il s’était séparé de Teri et la situation inextricable dans laquelle tout le monde va se trouver va se faire rencontrer les deux femmes automatiquement.

Autre femme importante, Penny Johnson Jerald campe une future (?) Première Dame – Sherry Palmer – qui n’a rien d’une potiche qu’on exhibe aux grands moments. Et ce couple nous permet d’accéder aux coulisses d’une aventure éprouvante à tout point de vue : surtout avec cette histoire d’attentat…

Quant aux méchants, ils sont eux aussi très bien réussis, que ce soit Gaines ou les Drazen (les commanditaires du premier, ils sont d’une méchanceté absolue, avec juste ce qu’il faut de psychopathie, indispensable dans ce cas-là.

 

Bref, une totale réussite : vivement la saison 2 ! (à suivre, donc…)

 

PS : oubliez la fin alternative proposée sur le DVD. Elle n’est pas très crédible. Maintenant, vous faites comme vous voulez…

 

  1. Counter Terrorist Unit (unité anti-terroriste)
  2. Sa couleur est une première hypothèse pour trouver la source de l’attentat.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Drame, #Guerre, #Claude Autant-Lara, #Gérard Philipe
Le Diable au corps (Claude Autant-Lara, 1947)

« On n’est pas sérieux quand on a dix-sept ans. » (Arthur Rimbaud)

17 ans, c’est l’âge de François Jaubert (Gérard Philipe), en cette année 1917 qui voit Nivelle mener une grande offensive (inutile). C’est donc la Guerre et le lycée de François abrite aussi un hôpital. Dans cet hôpital officie Marthe (Micheline Presle, 101 ans le 22 août dernier), sur la demande de sa mère (Denise « Poupette » Grey).

Ils se rencontrent. Deux fois. Ils s’aiment. Pour toujours.

Sauf que Marthe est fiancée. A un Poilu (Jean Lara).

Et malgré son mariage avec ce soldat toujours absent, elle continue d’aimer François, le recevant à la nuit tombée chez elle.

 

Bien sûr, Gérard Philipe n’a pas 17 ans, mais c’était son âge quand la guerre a éclaté, tout comme Micheline Presle, alors cette histoire de jeunes gens pendant la guerre, cela aurait pu vraiment être la leur. On retrouve dans ces deux personnages l’insouciance de la jeunesse, ainsi que le sentiment d’amour éternel qui caractérise cette période (1). Et comme son aîné (1), cet amour est tragique : pas question qu’il survive (l’amour) à la période. En effet, qu’on soit en 1917, en 1923 (quand sort le livre de Raymond Radiguet) ou 30 ans après (quand le film sort sur les écrans), il est inconcevable de célébrer l’adultère : non seulement elle est mariée, mais en plus son mari est sur le Front ! Bref, ce sera tout une histoire, la sortie de ce film, qui consacre deux jeunes interprètes : Gérard Philipe et Micheline Presle.

Et c’est vrai qu’ils sont magnifiques, tous les deux. Elle, très belle, avec ses grands yeux tristes, et lui, adolescent éternel.

 

Et Claude Autant-Lara, qui n’est plus un novice dans le métier, dirige avec beaucoup de brio ce couple qui va à contre-courant de la morale de l’époque (celle que vous voulez : 1917, 1923 ou 1947). Mais pas seulement eux. Le personnage du père de François (Jean Debucourt) n’est pas si obtus qu’on pourrait le penser, un tantinet tiraillé par la morale et le bien-être de son fils. C’est très certainement le personnage le plus proche de François, plus certainement que son ami René (Michel François qui, lui, a l’âge de son rôle !). Par contre, le personnage le plus ambigu est celui de la mère de Marthe : Denise Grey interprète ici une femme qui semble veuve et ne voit pas d’un bon œil l’apparition de ce jeune homme si séduisant. Et son ambiguïté tient dans le fait qu’elle sait que sa fille couche avec François et surtout ne fait rien pour les séparer tant que le troisième homme est à la guerre (2).

Et la morale de cette époque va surtout être illustrée par le couple de logeurs de Marthe (et son mari : ce sont deux de ces petites gens que Gabin-Grandgil fustigera dans l’inoubliable Traversée de Paris presque dix ans plus tard. Il faut dire qu’ils sont caractéristiques : entre elle (Jeanne Pérez), commère inévitable du fait de sa position (concierge), et lui avec son casque colonial, on sent tout de suite que la médisance va voler bas, ce qui est, bien entendu, le cas.

 

Et puis il y a la guerre qui est omniprésente, bien qu’on n’en voie aucune phase. Et le fait de commencer l’intrigue par la fin de cette guerre est une formidable idée : pendant que canon tonne et que le tocsin résonne, saluant les premiers instant de l’Armistice, avec les scènes de liesse de la population, un cortège se met en route vers l’église, accompagnant un cercueil marqué de la lettre L comme Lacombe (3).

François va bien sûr suivre ce cortège, mais de loin, continuant a égrener ses souvenirs : trois longs flash-back vont donc nous conter cette histoire – tragique.

 

Et cette opposition entre la joie de la victoire et la douleur de la mort va se poursuivre à chaque fois que nous reviendrons au 11 novembre, dans l’église ou ailleurs : alors que la cérémonie revêt un caractère très solennel, on entend toujours sonner le tocsin et les personnes qui ne sont pas vraiment proches de la personne qu’on enterre n’ont pas spécialement l’attitude adéquate pour des obsèques. ON peut d’ailleurs imaginer aisément que ces mêmes personnes représentent la morale de cette époque et que la liaison entre Marthe et François les aurait fait réagir assez véhémentement.

De plus, pendant que la cérémonie se déroule, le sacristain (Albert Rémy) installe les drapeaux des vainqueurs aux piliers de l’église, totalement étranger à ce qu’il se passe alors.

Et si vous n’avez pas vu le film, je vous laisse savourer sa dernière réplique à l’adresse de François. Un bijou de Jean Aurenche et Pierre Bost (et Autant-Lara, bien évidemment), comme plusieurs autres répliques qui émaillent le film.

 

Saurez-vous reconnaître Jacques Tati ? On l’aperçoit trois fois en quelques minutes.

 

  1. On n’a rien inventé depuis Roméo & Juliette
  2. La bonne sœur de l’hôpital (Marthe Mellot) non plus, même si on voit très bien qu’elle désapprouve !
  3. Le mari de Marthe s’appelle Jacques Lacombe.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Frank Capra
L'Homme de la rue (Meet John Doe - Frank Capra, 1941)

John Doe, c’est le nom qu’on donne à une personne non identifiée aux Etats-Unis, en général un homme mort (1).

John Doe, c’est ici le nom que choisit Ann Mitchell (Barbara Stanwick), pour signer un article anonyme dénonçant les dérives de la société : il a décidé de se suicider la nuit de noël par contestation de cet état de fait.

Mais reprenons.

Le journal The Bulletin a été racheté et on y fait le ménage. Parmi les licenciés se trouve donc Ann Mitchell. Avant de partir, elle lance une bombe journalistique : la lettre du fameux John Doe. Non seulement c’est une révélation, mais le public veut rencontrer ce personnage. Le New Bulletin va organiser un casting et choisir « Long » John Willoughby (Gary Cooper) pour incarner ce laissé pour compte.

Et en acceptant, Willoughby met le doigt dans un engrenage : la supercherie se met en branle.

 

Décidément, Frank Capra n’aimait pas l’administration Roosevelt (2). Encore une fois, il revient sur l’état de l’Union (comme on dit, là-bas) et en dresse un tableau peu flatteur : une myriades d’abandonnés pendant qu’une poignée se remplit les poches… Et à nouveau, Capra prend le parti des petits contre ces mêmes gros, représentés par D.B. Norton (Edward Arnold) : Norton n’est pas le philanthrope qu’il voudrait faire croire, comme le montre la résolution de l’intrigue (3). Et Ce John Doe est de la même trempe que Smith (James Stewart), mais sans les mêmes moyens (blocage parlementaire). Et on retrouve cette idée de l’individu contre la société qui baigne de nombreux films du réalisateur.

 

Autre thème récurrent chez Capra, la presse. Et le film commence plutôt abruptement : le journal a été repris et sa ligne éditoriale va changer. Et Capra ne fait pas dans le détail pour le montrer puisque la première chose qui est effacée du mur est « liberté de la presse ». Et comme dans Mr. Deeds goes to town, on retrouve l’aspect manipulateur de cette presse sur un individu. Et encore une fois, c’est Gary Cooper qui interprète cet individu utilisé par des gens sans beaucoup de scrupules. Cet apparentement est renforcé par la présence de John Riskin, autre collaborateur de Capra au scénario. Mais alors que la journaliste (Jean Arthur) de M. Deeds est malhonnête avec son olibrius, ici, il y a un fonds d’honnêteté chez Ann Mitchell : elle croit vraiment à ce qu’elle écrit et son soutien à John Doe et son mouvement est sincère.

 

Et bien sûr, pour que le film marche vraiment, il faut un méchant à la hauteur : Edward Arnold est – encore une fois – un personnage franchement ignoble comme le montre sa dernière manœuvre à la Convention des John Doe. Sa dernière démarche est tout de même honnête, même si elle n’a plus vraiment d’importance : la messe est dite, il va s’en sortir !

Mais le dernier  mot reste tout de même aux petits, avec ce même optimisme qui caractérise ce réalisateur.

Toutefois, Capra enfonce le clou contre Norton et sa clique en faisant mentionner l’idée d’« ordre nouveau » quant à leur position politique : n’oublions pas que dans le même temps, la guerre en Europe voit s’affronter la démocratie et les tenants de cet « ordre nouveau ».

 

Quoi qu’il en soit, Capra signe ici son dernier film avant d’être employé au service de propagande de l’Armée des Etats-Unis. Il ne reviendra que trois ans plus tard – une fois que la Victoire sera en bonne voie – au cinéma et encore pour une pièce filmée (mais savoureuse).

On y retrouve, en plus des éléments énoncés plus haut, le microcosme composé de ses personnages étonnants, dont beaucoup sont interprétés par quelques vieilles gloires et autres seconds rôles truculents. Parmi eux, J. Farrell McDonald (Smithers) pour ne citer que lui.

Sans oublier Walter Brennan (Le Colonel), pas encore vieux, mais déjà ronchon !

Bref, un autre film à la Capra comme je les aime.

J’espère que c’est aussi votre cas !

 

  1. Pour les femmes on dit « Jane Doe ».
  2. Roosevelt vient d’être réélu (novembre 1940, investiture moins de 2 mois avant la sortie du film) pour la deuxième fois. Et ce n’est pas la dernière…
  3. Nous, spectateurs, le savons bien avant, et de toute façon, comme c’est Edward Arnold qui interprète ce personnage répugnant, on s’en doutait un peu dès le début (cf. Mr. Smith goes to Washington)…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie dramatique, #Lætitia Colombani
La Tresse (Lætitia Colombani, 2023)

[Encore une fois, il y a des éléments de résolution de l’intrigue. Lisez à vos risques et périls !]

 

Trois femmes. Courageuses. Chacune à sa manière.

Entre elles, une tresse : celle d’une autre femme (en devenir) qui la sacrifie à sa divinité pour toutes les faire vivre…

La première, c’est Smita (Mia Maelzer), une Indienne Intouchable qui descend dans le Sud avec sa fille Lalita (Sajda Pathan), pour que cette dernière échappe à sa condition de caste et aller à l’école.

La seconde, c’est Giulia (Fotini Peluso), fille d’un teinturier de cheveux (Mimmo Mancini) : ce dernier a un accident fatal et sa famille se rend compte qu’il leur a caché sa banqueroute prochaine.

La troisième, c’est Sarah Coen (Kim Raver), avocate en vue qui devrait succéder à son patron. Seulement voilà : elle a un cancer, et se retrouve poussée sur la touche…

 

Trois destins qui s’accomplissent, trois Amazones qui se débrouillent dans un monde hostile.

Smita parce qu’Intouchable alors méprisée – si ce n’est plus – par ceux qui l’entourent, et qui doit se démener dans un pays hostile et inégal où être une femme Intouchable et seule est une circonstance aggravante : seules les femmes mariées sont considérées, comme l’explique une autre femme rencontrée sur le quai de la gare.

Giulia parce que son père n’est plus là pour la protéger ainsi que sa famille et a accumulé les dettes. Et parce que sa mère préfère la solution de facilité pour régler cette histoire.

Sarah enfin parce qu’elle voit s’effondrer sa vie après tous les efforts qu’elle a consentis pour en arriver là : brillante avocate, mais en plus mère de trois enfants de deux pères différents.

Et s’il y a une Amazone parmi elles, c’est bien Sarah. Mais cela ne minimise en rien les deux autres femmes qui possèdent une même force, un même courage. Disons que pour Sarah, c’est plus physique que pour les deux autres.

 

Parce que ces trois femmes incarnent trois états qui font d’elles trois une sorte de super-femme, mais sans pour autant être une femme fantasmée : chacune a sa particularité et c’est seulement si on pouvait faire de ces trois femmes une seule qu’on aurait un être encore plus formidable. Mais je m’égare.

Avec Smita, c’est avant tout l’aspect spirituel qui est mis en avant et qui baigne constamment ses différentes décisions et actions. Pas étonnant alors de voir où elle est arrivée (à la fin).

Giulia, c’est l’aspect matériel : il faut survivre malgré cette adversité qui lui tombe brutalement dessus.

Quant à Sarah, comme écrit plus haut, c’est le physique, l’aspect visuel qui domine : sa lente décadence due à la maladie, qui la marque de plus en plus jusqu’à la défigurer, à la rendre moins femme.

 

Et pourtant, ces trois femmes sont liées, physiquement et moralement. Et chacune, à sa manière, va tenter de surmonter cet obstacle qui semble inaccessible parce que tellement déstabilisant et inattendu : aucune n’était prête à subir cette épreuve.

Et Lætitia Colombani va nous montrer que si, tranquillement et en donnant à chacune des trois femmes la même importance, introduisant un catalyseur inattendu qui va faire le lien entre elles : Kamal (Avi Nash). C’est un Sikh qui vient du Pendjab, et qui va permettre à Giulia de sauver l’entreprise familiale. C’est lui le Lien qui rassemble ces trois femmes, les rendant indispensables l’une à l’autre.

Et ces trois femmes sortent du film avec quelque chose d’inimaginable au début : un autre avenir. Et en plus, il n’est pas sombre.

Merci, Lætitia Colombani, pour cette belle œuvre.

 

PS : petit bémol toutefois. Le film n’est présenté qu’en version doublée. Et en plus, à Montréal, Sarah est anglophone.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Guerre, #Biopic, #George Tillman Jr., #Robert de Niro
Les Chemins de la dignité (Men of Honor - George Tillman Jr., 2000)

Il n’y a rien d’anormal à ce qu’un jeune homme qui a passé ses loisirs – enfant – à plonger dans le lac d’à côté désire devenir plongeur-sauveteur (scaphandrier) en mer. C’est à ça que rêve Carl Brashear (Cuba Gooding Jr.). Alors quand il a l’âge de postuler, il le fait. Mais nous sommes en 1950 et il n’y a que trois possibilités pour un soldat noir sur un navire : cuisinier, valet d’officier ou tout simplement démissionner et rentrer chez lui. Parce que Carl Brashear est noir.

Mais pour Brashear il n’en est pas question : il veut devenir Major scaphandrier, tout comme Billy Sunday (Robert De Niro) qui laisse sa place suite à une plongée qui a mal tourné.

A force de persévérance, il parvient à intégrer l’école de plongée de la Navy. Et à nouveau, il se heurte au racisme ambiant de ce corps d’armée. Et comme si cela ne suffisait pas, l’instructeur n’est autre que Sunday, un homme exigeant. Et encore plus pour un soldat de couleur.

 

Non seulement George Tillman Jr. réussit un brillant biopic, mais en plus il réussit à nous montrer des soldats qui ne tirent pas un seul coup de feu : ils sont forts ces Américains ! Mais surtout, il montre le courage et l’abnégation (ainsi qu’un peu d’entêtement) d’un homme qui a dû batailler ferme pour arriver à son but. Parce que bien sûr, Brashear va devenir plongeur pour la Navy, malgré le racisme affiché des autres postulants ainsi que du grand chef de l’école, Pappy (Hal Holbrook).

Mais une fois son statut en poche, le film n’est pas encore fini : parce que Brashear n’est pas seulement célèbre (et célébré) pour avoir été le premier Afro-Américain à devenir scaphandrier, il a un autre fait d’arme à son palmarès. Il est en plus le premier plongeur handicapé (amputation d’une jambe) à servir dans la Navy.

A chaque fois, son combat s’est modifié, le laissant à chaque fois endosser le (mauvais) rôle du paria : noir quand tous les autres étaient blancs, handicapé quand tous les autres étaient valides.

 

Et Cuba Gooding Jr. interprète avec beaucoup de justesse ce personnage hors du commun, qui a toujours dû en faire plus que les autres pour arriver au même niveau. Et même une fois arrivé, nous savons très bien que ce n’est pas pour autant gagné. Il suffit de voir la séquence où le postulant Rourke (Hoolt McCallany) est honoré par la hiérarchie militaire (médaille pour bravoure) pour comprendre le gouffre qui sépare Brashear des autres.

Cette séquence est aussi celle du basculement de Sunday en faveur de ce jeune homme lésé. Et De Niro nous gratifie d’une très belle performance dans le rôle de cet instructeur qui n’a rien à envier à Hartman (R. Lee Hermey) dans Full Metal Jacket, ou Highway (Clint Eastwood) dans Heartbreak Ridge. Sunday est sévère mais tout de même juste, allant même à l’encontre des ordres de Pappy (ce qui lui vaudra sa place, bien entendu). Et surtout, dans cet univers très codé, il est l’un des rares à ne pas céder au racisme ambiant : aucune réflexion sur sa couleur, ni geste déplacé de ce genre. Mais il n’empêche pas l’attitude des autres jeunes recrues.

 

De plus, son personnage est un homme très particulier : interdit de plonger, il en souffre et se réfugie dans l’alcool. Et comme nous sommes dans un film américain, il ne faut pas oublier la rédemption. Parce que c’est lui qu’elle va concerner et de très belle manière – enfin de manière soldatesque quand même. Toujours est-il qu’il va contribuer à la réussite finale de Brashear, gagnant par là-même ce salut qui lui faisait défaut.

Bref, une happy end. Attendue certes, mais méritée. Surtout quand on sait que le scénario s’inspire de faits réels…


Et les femmes là-dedans ? Elles sont deux et pas spécialement effacée. La première, c’est Jo (Aunjanue Ellis-Taylor), celle qui va devenir la femme de Brashear : elle est volontaire et elle aussi doit se battre pour être quelqu’un. Quand ils se rencontrent, elle veut devenir médecin.

L’autre, c’est Mrs. Sunday (Charlize Theron), la femme de l’instructeur. Et sa vie est tout sauf amusante avec un tel mari : s’ajoute à la frustration de Billy une différence d’âge flagrante entre les deux époux qui n’est pas pour faciliter leur vie.

 

Et George Tillman Jr. réussir à diriger tout ce beau monde, gardant De Niro dans ce qu’il sait faire le mieux – c’est-à-dire jouer son rôle sans faire du De Niro (le sourire inversé est tout de même là, rassurez-vous, sinon ce ne serait plus DeNiro !) – et nous emmène jusqu’au bout de cette fabuleuse histoire.
Une bonne surprise (1).

 

  1. Pour moi en tout cas !
Carl Maxie Brashear (1931-2006)
Carl Maxie Brashear (1931-2006)

Carl Maxie Brashear (1931-2006)

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Sport, #Spike Lee, #Denzel Washington
He got Game (Spike Lee, 1998)

Jake Shuttleworth (Denzel Wahington) est en prison pour meurtre : il a tu sa femme. Pendant ce temps, son fils Jesus (Ray Allen) et sa fille Mary (Zelda Harris) continuent à vivre.

Quand l’administration lui propose une remise de peine pour les aider à faire signer son fils dans l’équipe de basket-ball de l’état, Jake accepte sans (presque) condition. Seulement voilà, Jesus a plus que du ressentir envers son père.

Normal, il a tué sa mère…

 

Spike Lee continue son introspection. Encore une fois, nous sommes dans une intrigue où les personnages principaux sont noirs et doivent se sortir d’un dilemme pas si évident que ça. Certes, pour Jake, rien n’a été plus simple – surtout depuis qu’il a été incarcéré :faire signer son fils dans l’université d’état. Mais quand on a goûté au meilleur (le secteur privé ?), il est difficile de se faire une idée objective…

Pour Jake, cela signifie aussi une réduction de peine : en clair, un cas de conscience…

 

Bien entendu, rien de cela n’arrivera (voir juste au-dessus) : le père et le fils vont trouver un terrain d’entente et se rabibocher (1). Mais bien sûr, encore une fois,c’est dans cette résolution que tout réside. Et si Jesus est interprété par un véritable basketteur, c’est encore une fois Denzel Washington qui fait tout le travail (2),d’un autre côté, c’est quand même ce qu’on attend de lui ! Quoi qu’il en soit, on se plonge avec délectation dans ce milieu du basket avec d’autant plus de plaisir que Spike Lee ne nous met (enfin ses interprètes, vous m’avez compris) en véritable situation de compétition : nous sommes avec des gens comme vous et moi (enfin plus vous que moi) et si nous voyons de véritables situations de match, elles ne concernent pas l’intrigue.

Le basket-ball est alors un vecteur qui permet à Jake de reprendre contact avec son fils à un moment crucial, pour tous les deux : pour Jake, si son fils signe, il aura(peut-être) une réduction de peine, et pour Jesus, c’est sa carrière professionnelle future qui est engagée. Là encore, les deux ne s’accordent pas spécialement…

 

Et Spike Lee s’appuie (c’est normal !) sur Denzel Washington pour mener à bien cette intrigue, avec en gage d’authenticité Ray Allen : autant avoir un véritable basketteur pour une telle intrigue. Et la confrontation entre ces deux professionnels est des plus bénéfiques. Washington est encore une fois formidable, mais Allen lui tient tout de même la dragée haute, interprétant un grand frère on ne peut plus convaincant – ce qui est la moindre des choses, non ?

C’est d’ailleurs ce domaine qu’on aurait aimé voir un peu plus développé (moi en tout cas…) : la relation entre Marie et les deux membres de sa famille. D’un côté un père absent (normal,il est en prison) et de l’autre un frère qui est (presque) trop présent parce que (trop) conscient de ses responsabilités.

 

En conclusion, nous avons un film sportif pas si simple que ça (étonnant pour du sport non ?) et surtout un Denzel Washington au top niveau. Et en plus, nous avons le privilège de retrouver la formidable Lonette « Rosa » McKee.

Au final, qui est le pus talentueux (3) ?

 

  1. Je ne révèle aucun secret : ayant vu quelques films américains ces dernières années, je n’ai aucune difficulté à comprendre comment va évoluer l’intrigue…
  2. Attention : si Ray Allen est avant tout un basketteur de (très) haut niveau, son jeu ici n’est pas insipide.
  3. Traduction (possible) du titre : « quelqu’un de talentueux ».

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Mabel Normand, #Charles Chaplin, #Henry Lehrman, #Mack Sennett
L'étrange Aventure de Mabel (Mabel's strange Predicament - Mabel Normand, 1914)

Bien que sorti deux jours après Kid auto Races at Venice, il s’agit réellement du second film de Chaplin – en tant qu’acteur et accessoirement co-scénariste avec Henry Lehrman – dans lequel il a trouvé l’allure de celui qui sera son personnage fétiche. Mais seulement l’allure, parce que pour les reste, on en est encore loin : chapeau melon un tantinet trop petit, chaussures beaucoup trop grandes et costume élimé, mais pas encore troué. Pour le reste, ses moustaches sont encore trop fournies, et il est encore en phase avec le monde qui l’entoure. Pire, il possède de l’argent puisqu’il en distribue aux grooms qui l’ont relevé (il a un peu trop bu, mais nous ne sommes pas encore en 1919).

 

Reprenons.

Mabel (Normand !) séjourne à l’hôtel et son fiancé (Harry McCoy) doit la rejoindre dans sa chambre. Dans ce même hôtel, on peut rencontrer un petit homme (Chester Conklin), ami du fiancé et marié à une femme plantureuse (Alice Davenport). Mais surtout, on y croise une espèce d’ivrogne (Charles Chaplin) qui tourne autour des femmes (1), dans le hall. Suivant l’une d’elles au premier étage, il surprend Mabel en pyjamas, enfermée dehors et décide de la séduire. Cette dernière n’est pas d’accord (étonnant, non ?) et va se cacher dans la chambre der l’ami de son fiancé. Bien sûr, ce dernier arrive. Et puis la femme de son ami… Et bien entendu le poivrot !

 

Comme nous sommes chez Mack Sennett, et même si c’est Mabel qui dirige, ça ne vole pas bien haut, mais on ne retrouve tout de même pas les longueurs de Mabel at the Wheel : les situations s’enchaînent rapidement tout comme les gags, avec des effets plus ou moins réussis. Et Chaplin travaille son personnage, jouant du chapeau et de la canne comme il le fera très souvent dans les années suivantes. A nouveau, si Mabel est le personnage principal du film, c’est la prestation de Chaplin qui retient notre attention tant il est plus spectaculaire que la jeune femme. Mais comme annoncé plus haut, ce qui lui manque par rapport au vagabond, c’est son aspect inadapté. Certes, son alcoolisme le rend étranger au monde qu’il fréquente, mais cela n’apporte pas la dimension comique qui va suivre.

A leurs côtés, du fait du format du film (à peine 12 minutes), Alice Davenport et Chester Conklin sont bien entendu sous employés, ce qui est bien dommage parce qu’ils montreront qu’ils ont capables de beaucoup mieux : là encore, Chaplin, de par son numéro, leur laisse très peu de place...

 

Quoi qu’il en soit, on regarde toujours avec attention les débuts d’un personnage aussi mythique, même si on sait qu’il y aura mieux à venir. Alors on sourit, parce qu’il y a quand même matière, et on se dit que la prochaine fois, ce sera mieux.

Enfin un peu mieux…

 

  1. « On sait jamais, sur un malentendu… »

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