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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Musique, #Folle Journée, #Frédéric Chopin, #Abdel Rahman El Bacha
La Folle Journée Saint-Nazaire : Abdel Rahman El Bacha (28-01-2024)

Il n’est pas très grand. Il n’a plus beaucoup de cheveux.

Et pourtant, quand il entre sur la grande scène du Théâtre de Saint-Nazaire, qu’il s’installe au piano qui n’attendait que lui, le silence se fait automatiquement (1). Et ce silence, Abdel Rahman va le remplir, pendant près de trois quart d’heure.

 

De musique tout d’abord, avec les compositions de son compositeur fétiche, le grand Frédéric (2), dont il connaît l’œuvre complète par cœur, m’a-t-on dit. Ce sont des polonaises et des mazurkas qui vont s’enchaîner pour notre plus grand plaisir avec en bouquet final la Polonaise n° 6 en La bémol majeur, incontournable aussi parce qu’elle est archiconnue. Mais qu’on ne s’y trompe pas, il est toujours plus difficile de réussir une œuvre extrêmement connue : les spectateurs ne peuvent pas s’y méprendre.

Et Abdel Rahman enchaîne ces différentes œuvres dans un silence religieux (3), ponctué par de nouveaux applaudissements, d’admiration cette fois-là.

 

Mais il n’y a pas que la musique. En plus d’une présence incroyable, ce petit bout de pianiste qui ne paie pas de mine a une prestance formidable. Le silence évoqué plus haut n’a qu’une seule explication : l’émotion.

L’émotion que ressent ce maître-musicien qui fait courir ses doigts agiles sur le clavier noir et blanc, donnant une dimension aérienne tant ses appuis sur les touches semblent des frôlements. Et quand la musique se durcit et que le volume sonore augmente, ces mêmes doigts ne perdent en rien de leur gracilité, rebondissant, tressautant pour notre plus grand plaisir.

Cette émotion est alors partagée avec chacun des spectateurs et grâce à ce jeu aérien se répand progressivement à travers la salle jusqu’aux derniers rangs du balcon, pour les malchanceux qui ont eu les dernières places (4).

 

Et cette émotion, musicale et personnelle se prolonge bien sûr dans les applaudissements du public et dans le moment qui suit le concert – hélas fini. Nous restons submergés par cette musique et surtout cette interprétation qui fige le temps et nous fait tout oublier, le temps d’un concert : l’harmonie parfaite ?

Oui, on aurait aimé que ça dure un petit peu plus longtemps, mais la Folle Journée étant ce qu’elle est, le programme n’en est que (trop) abrégé. Alors on chérit ce moment de grâce partagée et on repart avec ce contentement qui suit les grands moments d’une vie.

 

C’est d’ailleurs en repartant vers ma voiture  que j’ai croisé Abdel Rahman El Bacha : il repartait lui aussi, tout aussi souriant que le public et se prêtait gracieusement aux sollicitations des spectateurs tout aussi étonnés que moi de le voir aussi abordable. Et je dois avouer que quand je me suis retrouvé près de ce grand monsieur, je n’en menais pas large (je suis timide de nature) et il m’était difficile de lui parler tant l’émotion qu’il dégageait me submergeait. Alors on dit des banalités dans ce cas-là : même pas, car je ne pouvais exprimer tout ce que j’ai pu ressentir pendant ce moment de grâce. Alors je lui ai dit tout simplement « merci. »

 

Oui, du fond du cœur, merci Monsieur Abdel Rahman El Bacha. Et revenez-nous vite !

 

PS : un grand merci aussi à mon ami Thierry qui m’a invité et donc permis de participer à ce grand moment d’émotion.

 

  1. Après les applaudissements d’accueil, bien entendu.
  2. Chopin !
  3. Certes, on n’échappe pas aux catarrheux qui choisissent toujours de venir au(x) concert(s) pour s’exprimer.
  4. Ces malchanceux ne le sont pas tant que ça : ils étaient là !

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Cape & Epées, #Martin Bourboulon, #Alexandre de la Patellière, #Matthieu Laporte
Les trois Mousquetaire : Milady (Martin Bourboulon, 2023)

Après avoir sauvé le Roi (Louis Garrel), les Mousquetaires doivent faire face à celui qui a déclenché le complot et fait enlever Constance Bonacieux (Lyna Khoudri). Mais est-ce la même personne ? Et surtout, qui est cette Milady de Winter (Eva Green) qui se retrouve toujours sur le chemin du fougueux D’Artagnan (François Civil) ?

 

Si le film répond à ces interrogations, c’est bien la seule chose qu’il fait, délaissant l’intrigue originale du grand Alexandre (1), et ce dans les grandes largeurs, ainsi que pouvait le prévoir le premier opus. Mais alors que ce premier film conservait un intérêt certain, celui-ci en manque cruellement. En effet, Matthieu Delaporte et Alexandre (encore un !) de la Patellière (le fils de) ont tellement dépoussiéré le chef-d’œuvre archiconnu qu’il ont réussi à le dénaturer. Pourquoi avoir autant réformé (2) l’intrigue, au point de modifier quelques éléments pertinents voire les supprimer ?

Ce film me rappelle la restauration du Ecce Homo d’Elias Garcìa Martinez en 2012 : c’est bien la même œuvre, mais ce n’est plus la même.

 

Et pourtant…

Il y avait de quoi faire quelque chose de cette histoire fabuleuse avec les moyens actuels. Certes, certains mousquetaires n’ont plus l’âge du rôle, mais leur enthousiasme et leur talent compensent allègrement ce décalage. Et heureusement que nous avons Eva Green : elle est une Milady phénoménale, digne héritière de celles qui l’ont précédée, tout en nous offrant sa propre interprétation de ce personnage fourbe et fascinant. De pus, encore une fois, elle est beaucoup plus belle que Constance (1), ce qui est une autre prouesse puisque, à l’instar de Raquel Welch, elle est une Constance plus que convenable !

 

Et puis il manque tout de même ce qui fait le sel des aventures de nos mousquetaires : la camaraderie. Le complot prend tellement de place dans cette drôle d’intrigue qu’elle en atténue les liens qui unissent ces quatre hommes. De plus, D’Artagnan est un chevalier servant beaucoup trop obnubilé par son amour pour Constance, tellement qu’il en abandonne son côté calculateur voire arriviste qui créait une ambiguïté et par là même un autre intérêt pour ce personnage.

 

Je ne m’étendrai pas en plus sur les incohérences historiques, ne chargeons pas trop la mule, mais je dois avouer que cette deuxième partie m’a fortement déplu (3) et ne m’encourage pas à le recommander.

Je sais que nous sommes au cinéma et que tout est possible, mais là, je ne peux pas.

Désolé.

 

  1. Dumas. Pas « Le Grand ».
  2. A cause des Protestants de La Rochelle ?
  3. Vous aviez remarqué ?
Ecce Homo (Elias Garcìa Martinez, fin XIXème - début XXème siècle) et sa « restauration»

Ecce Homo (Elias Garcìa Martinez, fin XIXème - début XXème siècle) et sa « restauration»

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie dramatique, #Actualité, #Matteo Garrone
Moi Capitaine (Io Capitano - Matteo Garrone, 2023)

Seydou (Seydou Sarr) a 16 ans et vit au Sénégal avec sa mère et ses sœurs, près de chez son cousin Moussa (Moustapha Fall). Tous les deux ont un rêve : aller en Europe et devenir des stars de la musique. Seulement le voyage pour l’Europe n’est pas donné et surtout très dangereux. A force de travailler sur des chantiers, les deux cousins économisent assez pour partir et s’enfuient.

Tout se passe à peu près bien jusqu’au Mali, où il faut commencer à payer pour avoir un passeport. Puis c’est les bakchichs pour la police et le prix du voyage vers l’Italie.

Et quand nos deux héros arrivent en Libye, les choses se gâtent sévèrement : prison, torture...

 

Si le titre fait référence à la dernière réplique du film, il ne faut surtout pas oublier que c’est avant tout un récit du parcours des migrants africains qu’il est question ici. A travers les deux adolescents, ce sont des milliers de personnes qui sont concernées par ce voyage hautement périlleux. Mais malgré ce cadre des plus tragiques, Matteo Garrone exalte le courage et l’optimisme de Seydou, pourtant peu enclin à partir quand le film commence : entre sa maman (Ndeye Khady Sy) et celui qui connaît la procédure, il y a franchement de quoi refroidir les ardeurs (les cadavres qui jonchent le chemin, entre autres). D’ailleurs, arrivés dans le désert, nous pouvons voir les corps de ceux qui ont déjà essayé avant eux : des corps desséchés qui ne se décomposent pas faute d’humidité…

 

Et surtout, ce film est un incroyable road-movie. Ces deux jeunes gens vont parcourir quelques milliers de kilomètres en utilisant différents moyens de locomotion : en car, en 4x4, à pied et bien sûr en bateau. Et comme tous les films du genre, le héros – Seydou – va évoluer et devenir quelqu’un d’autre, une fois arrivé à destination (1). Quand il part, il est encore écolier, ne sait pas grand-chose de la vie sinon qu’elle lui a pris son père.

Quand il arrive au terme des ses pérégrinations, il a appris un métier (2), a été confronté directement à la mort et n’a plus aucune réticence quant au voyage entrepris.

Bref, il a grandi, tout comme son cousin, mais d’une autre façon.

 

En plus d’y décrire les conditions extrêmes que peuvent vivre certains migrants, il y a une symbolique dans le fait que ce soit Matteo Garrone, un Italien, qui ait réalisé ce film : alors que l’Italie a vu revenir – plus officiellement en tout cas – l’extrême-droite au pouvoir dans son pays, ce film devient presque un pied de nez à ces gouvernants pour qui ceux qui ne sont pas italiens sont quantité négligeable. Sans parler des polémiques et autres histoires concernant une autre île italienne où débarquent fréquemment de nombreux migrants : Lampedusa.

 

Au final, c’est un film formidable que nous propose ici Garrone, sans concession envers le trafic humain qui est inhérent à ce genre de voyage, n’éludant pas les images choc telles celles concernant la mort et la torture, avec tout de même une dimension onirique sublime. Seydou n’est pas encore adulte et se raccroche à ses croyances enfantines, illustrées par le shaman sénégalais et sa proximité des divinités. Cet onirisme se fond pleinement dans l’intrigue et il nous faut un (petit) temps d’adaptation pour nous dire que ce que nous voyons n’est rien d’autre qu’un rêve et que malheureusement, Seydou va se réveiller et retrouver sa triste condition.

Le tout rythmé par la musique toujours pertinente de Andrea Farri, mêlant rythmes africains et occidentaux avec bonheur.

 

Bref, un film à voir absolument !

 

  1. Encore que quand le film se termine, l’épopée n’est pas (près d’être) finie pour les deux garçons…
  2.  J’aurais tendance à dire « un métier et demi »…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Western, #Michael Winner
Les Collines de la terreur (Chato's Land - Michael Winner, 1972)

Ces collines, c’est le Pays de Chato (1). Chato (Charles Bronson) est un métisse, moitié blanc, moitié apache. Et c’est dans ce coin reculé et aride que vase passer la majeure partie du film.

Et tout ça à cause d’un shérif raciste (Roland Brand) : Chato voulait juste boire un whisky, mais ce shérif refusait qu’on serve les gens de couleur. Et alors qu’il dégainait pour tuer ce « métis », Chato a été plus rapide.

Seulement voilà, tuer un shérif est mal vu, surtout quand on est un Indien. Et la justice des Blancs s’arrête à la couleur de la peau. Alors les « braves » habitants du coin (Nouveau-Mexique, dans le Sud, quoi) vont organiser une chasse à l’homme qui va les amener dans le territoire qui donne son nom au film.

 

Le western n’en finit pas de mourir et de ressusciter… Enfin, pas mourir mais plus ou moins décliner. C’est encore le cas ici puisqu’on peut facilement le classer dans ces westerns crépusculaires qui ont fleuri à la suite de la trilogie de l’Homme sans nom (merci monsieur Leone).

Ici, pas de cow-boys très reluisants, tous ont des choses à se reprocher dans cette chasse à l’homme où ils vont rapidement devenir le gibier. Mais tous se rejoignent sur un point : tuer l’Indien. Depuis la fin de la Guerre Civile (1861-1865), ces hommes qui font partie du camp perdant ressassent leur défaite. Et une fois les blessures pansées (certainement pas guéries), ils sont allés tuer les Indiens. Au nom, bien sûr, de la « Civilisation ».

Alors maintenant que les guerres indiennes ne les concernent plus, ils ont tendance à s’ennuyer et un Apache à pendre, ça remet tout le monde en selle (c’est le cas de le dire).

Même Quincey Whitmore (Jack Palance), qui était capitaine pendant la guerre a revêtu son vieil uniforme pour l’occasion.

Bref, ce sont tous des nostalgiques de la Guerre perdue et qui ne sont plus tous très jeunes. Beaucoup d’entre eux grisonnent (les moustaches de Jack Palance, par exemple) et c’est Jubal Hooker (Simon Oakland) qui l’exprime le mieux : avant et après la Guerre, il n’y avait rien.

 

En face, on trouve un Charles Bronson taciturne dans ce rôle d’Indien. Il ne parle pas beaucoup mais agit et va éliminer ces cafards l’un après l’autre, implacablement. Mais s’il tient le haut de l’affiche, ce n’est pas lui qu’on voit le plus ! En effet, Michael Winner s’attache à cette bande de nostalgiques qui légitime son action par la haine de l’Indien. Alors que les chasses à l’homme habituelles ne laissent pas beaucoup de personnages se distinguer, ici, on a le temps de caractériser tous ces hommes, de par leur haine mais aussi de par leurs positions. Et c »e n’est pas l’unité habituelle puisqu’on y trouve des frictions voire des désaccords qui vont précipiter la fin de ces hommes : certains ont compris qu’ils n’en reviendraient pas, mais l’impact du groupe (ou les menaces du revolver) les oblige à rester.

 

Bien entendu, on retrouve aussi quelques canons du western, comme les grands paysages, l’opposition Indien/cow-boys, ou la nature sauvage, et aussi le campement autour du feu. Mais il n’y a pas cette bonhomie habituelle qui fut de mise deux décennies plus tôt. Tout le monde est tendu, plus ou moins rongé par un dernier morceau de leur conscience : ils savent malgré tout que ce qu’ils font n’est pas juste. Et Winner nous l’a annoncé dès le début de la poursuite quand ils approchent Ezra Meade (Peter Dyneley) pour l’emmener avec eux : ses arguments (en plus de sa carabine) sont les plus sensés que nous entendrons chez les Blancs, parce qu’il considère que le shérif l’a bien mérité. En effet, toute cette meute assoiffée de sang s’est arrêtée à l’annonce de la mort du représentant de la Loi. Aucun d’entre eux n’a cherché avant tout à savoir pourquoi l’Indien l’avait tué.

Pas étonnant alors d’avoir une telle fin.

 

PS : oui, il y a une sorte de duel final qui voit s’affronter Chato et le dernier survivant de la meute. Et comme le western a changé, ce n’est plus le Blanc qui l’emporte…

 

  1. Le titre original

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Shawn Levy, #Ben Stiller
La Nuit au musée (Night at the Museum: Battle of the Smithsonian - Shawn Levy, 2009)

Bien entendu, comme c’est une suite, on ne retrouve pas le niveau du premier opus (tout le monde ne s’appelle pas F.F. Coppola ou Irvin Kerschner), mais on s’amuse tout de même et Shawn Levy réalise un deuxième film qui tient tout de même la route.

Mais reprenons.

 

Larry Daly (Ben Stiller) a quitté son poste de veilleur de nuit pour devenir inventeur (reconnu) et il propose même ses produits dans son émission de télévision. Mais bon, il a beau se faire beaucoup d’argent, il lui manque tout de même quelque chose.

Ce quelque chose va rapidement arriver : certains objets du Museum d’Histoire Naturelle de New-York ont été stockés aux Archives Nationales (Smithsonian Institute) à Washington. Mais comme le singe a emmené avec lui la tablette d’Akhmenrah (Rami Malek), ce sont tous éléments dépendant du Smithsonian Institute (et même un autre !) qui reviennent à la vie, dont Kahmunrah (Hank Azaria), frère aîné d’Akhmenrah qui veut diriger le monde grâce au pouvoir de la tablette…

 

Comme nous n’avons plus le plaisir de la découverte, il a fallu se creuser les méninges pour trouver une suite au film précédent. Et Shawn Levy a rassemblé (presque) tout son monde trois ans après et nous propose une variation sur la résurrection temporaire des articles de musée. Mais comme nous sommes à Washington et que les différents musées sont proches les uns des autres, nous assistons à d’autres retours à la vie, les statues, peintures et autres photos par exemple : Roy Lichtenstein (Crying Girl), Edward Hooper (Night Hawks) et Grant Wood (American Gothic), sans oublier Albert Eisenstaedt (V-J Day in Time Square)… Doit-on y voir une réminiscence de Harry Potter (Chris Columbus est à l production) où les tableaux sont vivants, ou un clin d’œil aux Monty Python quand les personnages des œuvres se mettent en grève ? Ou les deux ? A moins que la vérité soit ailleurs.

 

Quoi qu’il en soit, le principe reste le même et on retrouve de multiples clins d’œil au film précédent, avec en fil rouge la tablette (ce qui sera aussi le cas lors du film suivant). La nouveauté de cet opus tient dans l’utilisation sporadique du noir et blanc, donnant parfois un effet étrange à l’image : Al Capone (Jon Bernthal) et ses hommes sont franchement incongrus dans ce monde toujours très coloré. On a d’ailleurs du mal à distinguer sa balafre légendaire…

Et puisqu’on en est aux méchants, on peut dire que Levy (and Co) nous en propose quatre de bonne facture : outre Kahmunrah et Capone, nous avons droit à deux sanguinaires célèbres (1), Ivan le Terrible (Christopher Guest) et Napoléon (Alain Chabat), dont les références à la taille (la sienne) sont source d’énervement (pour lui) et de rire (pour nous.

 

Mais malgré tout, on constate que malgré l’idée géniale du premier film, ce second volet n’offre pas autant de contentement. Est-ce dû à l’éloignement et donc l’absence de l’environnement du Museum ? Ou à une intrigue un tantinet exagérée (2) ? OU encore une fois le problème du second film qui est (presque) toujours moins bien que le premier ? A moins que ce soit un peu de tout ça.

Quoi qu’il en soit, on peut savourer un petit plaisir avec le personnage de George A. Custer (Bill Hader) : en plus d’être un stratège militaire fort peu recommandable (Little Bighorn) et (plus qu’) un brin raciste, il est ici un imbécile magnifique.

Autre grand moment militaire : la charge d’Octavius (Steve Coogan) dans les jardins de la Maison Blanche.

 

Alors, un film à voir ? Oui, quand même.

Maintenant, je ne veux forcer personne.

 

  1. Dans le sens ou le sang a beaucoup coulé à leur époque…
  2. Peut-on vraiment parler d’exagération ?

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Biopic, #Vincent Pérez
Une Affaire d'honneur (Vincent Pérez, 2023)

17 juillet 1887

Le maître d’armes français Clément Lacaze (Roschdy Zem) rencontre – amicalement – le maître d’armes espagnol Gustave de Borda (Pepe Lorente) devant le « tout Paris » (comprenez les riches Parisiens). Lacaze est vainqueur.

Dans le même temps, le jeune Adrien Lacaze (Noham Edje), neveu du précédent, provoque le colonel Berchère (Vincent Pérez) à cause de la dernière conquête du militaire. Ce dernier décide d’un duel où il tue le jeune homme.

De son côté, la féministe Marie-Rose Astié de Valsayre (Doria Tillier) demande l’abrogation d’une loi qui interdit aux femmes de porter un pantalon. Moquée, vilipendée, insultée, elle demande réparation auprès de ses détracteurs qui refusent à chaque fois : elle est une femme.

Pourtant, elle va l’obtenir son duel…

 

Bien sûr, le duel d’Astié, s’il est un moment fort du film, n’est pas le nœud de l’intrigue. Il s’agit plutôt de l’antagonisme entre Lacaze et Berchère, mais la place de la jeune femme reste toutefois centrale dans ce très beau film de Vincent Pérez.

Je l’ai souvent écrit ici, quand un acteur passe derrière la caméra, on ressent, en tant que spectateurs, une générosité envers ceux dont il faisait partie auparavant. Et ce film n’y échappe pas : l’interprétation est formidable, Roschdy Zem et Doria Tillier en tête, bien évidemment, mais tous ceux qui les entourent sont au diapason,condition sine qua non pour réussir une grande interprétation. Et pourtant, Pérez n’en est pas à son coup d’essai derrière la caméra (c’est son quatrième long métrage).

 

Et à l’instar des différents duels auxquels nous assistons, le film semble une immense chorégraphie bien réglée, au rythme équilibré et qui relève du film de cape et d’épée tout en restant très réaliste. Chacune des escarmouches est bien entendu un véritable ballet, les effets comiques en étant absolument exclus, donnant au duel sa véritable signification : une volonté de mort. Et cette volonté mortifère s’exprime pleinement dans les différents combats que va mener Berchère, véritable méchant du film. Méchant feutré et maniéré, mais méchant quand même !

Et comme un combat à l’épée au cinéma (ou au théâtre) est une affaire de ballet, le film tout entier est lui aussi réglé avec beaucoup d’équilibre et de changements de rythme : on n’a pas le temps de s’ennuyer sans être pour autant bombardé d’images plus ou moins spectaculaires. Il y a une maîtrise formidable du rythme, due aussi au montage de Sylvie Lager, qui sert pleinement l’intrigue du film.

 

Et question intrigue, ce n’était pas gagné : on se dit qu’on va assister au clou du film avec le duel entre Astié& et un homme – Ferdinand Massat (Damien Bonnard) en l’occurrence – et Pérez nous surprend complètement puisque le film est loin d’être fini à ce moment-là.

Alors on savoure l’instant et on attend avec impatience ce qui va suivre, amenant de nouveaux aspects de cette institution que fut le duel et qui perdura pendant un millénaire en France, et ce malgré différentes interdictions (1).

Parce que Vincent Pérez, et son complice cascadeur et chorégraphe Michel Carliez ont voulu nous offrir une page d’histoire du duel, à travers quelques éléments caractéristiques. De ce côté, c’est très réussi.

 

Mais le plus de l’intrigue – et donc du film – c’est le personnage de Marie-Rose Astié, se battant même à l’épée pour faire triompher ses idées. Ou son honneur. Montrant alors un courage qui montre bien qu’il ne s’agit pas d’une vertu seulement virile.

Mais, et c’est là le (tout petit) bémol qu’on peut objecter quant au propos du film, comme le dit mon ami Thierry : « l’égalité homme femme, je suis pour et c’est un vrai progrès. » Mais que la femme égale l’homme dans la volonté de tuer, je ne trouve pas ça si progressiste que ça.

Et là-dessus, je ne peux que lui donner raison et terminerai en paraphrasant Christophe Alévèque à ce propos en guise de conclusion (un peu d’humour ne nuit pas) : «  Pourquoi les femmes veulent-elles absolument être les égales des hommes, alors qu’elles leur sont largement supérieures ? »

 

  1. C’est bien connu, les interdictions sont faites pour être enfreintes.
Claire-Léonie Ferdinande Tastayre (1846-1915) alias Marie-Rose Astié de Valsayre

Claire-Léonie Ferdinande Tastayre (1846-1915) alias Marie-Rose Astié de Valsayre

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Biopic, #Christopher Nolan, #Kenneth Branagh
Oppenheimer (Christopher Nolan, 2023)

6 août 1945 : la première bombe atomique militaire explose sur Hiroshima, faisant des dizaines de milliers de victimes, sur le coup et dans les semaines qui suivent. Trois jours plus tard, Harry Truman ordonne un deuxième lâcher de bombe A sur Nagasaki, faisant les mêmes dégâts.

A l’origine de ces deux machines infernales (1), un groupe de scientifiques menés par J. Robert Oppenheimer (Cillian Murphy) qui œuvra dans le village fermé de Los Alamos (Nouveau Mexique) sur le Projet Manhattan : créer une arme suprême qui permettra (aussi) de mettre un terme à la guerre en Europe.

Le film nous raconte cette course (en tête) aux armements, ponctuée par deux autres événements : le renouvellement de l’habilitation d’Oppenheimer auprès de la Commission de l’énergie atomique des Etats-Unis, et l’audience sénatoriale qui doit valider la nomination de Lewis Strauss (Robert Downey Jr.) à un poste ministériel.

 

Impressionnant.

Christopher Nolan nous revient avec un film fleuve (180 minutes) retraçant un moment-clé de l’histoire géopolitique humaine : l’utilisation de l’arme suprême sur des civils. Cette arme n’a plus été utilisée à cette intention depuis, mais avec l’homme, on peut s’attendre à tout (2). Il faut dire que Nolan est en plein dans son élément : la science. Mais ici, il fait revivre ce programme singulier avec beaucoup de maîtrise, jouant sur la lumière et le son – normal, on est au cinéma – avec beaucoup de bonheur.

De plus, il alterne à bon escient la couleur et le noir et blanc pour conter cette histoire peu banale de celui qu’on a aussi appelé Prométhée, puisqu’il a amené le feu divin aux autres hommes (3).

 

Et malgré tout, on a du mal à le considérer comme un immense méchant, et Harry Truman (Gary « Churchill » Oldman) résume bien cette position en disant que c’est lui, Président des Etats-Unis, qui a ordonné les bombardements, et personne d’autre. Quoi qu’il en soit, la recherche scientifique de ce projet, grâce au talent de Nolan, devient passionnante, bien qu’on ressente un certain malaise – voire un malaise certain – quand le projet est mené à terme, et surtout quand on voit les réactions de cette communauté scientifique qui exulte après Hiroshima.

Et comme Nolan sait faire du cinéma, il n’a pas oublié qu’il faut un méchant digne de ce nom, et Robert Downey Jr. incarne magnifiquement ce rôle : Strauss est celui sur lequel va se déverser l’antipathie du spectateur, épargnant donc Oppenheimer, d’une certaine façon. R. D. Jr. a-t-il basculé du côté obscur (4) ?

 

Mais revenons sur les éléments visuels et sonores : régulièrement, un grondement se fait entendre, jusqu’à ce qu’on ait son explication. Et ce grondement va régulièrement parasiter les répliques des personnages, voire certaines réactions collectives, laissant Oppenheimer dans une forme de silence isolant jusqu’à l’explosion inévitable. Tout comme la première explosion (Trinity, en juillet 1945) va d’abord être une sorte de feu d’artifice diabolique et silencieux, où le temps semble s’être arrêté avant de se faire entendre et de ramener tout le monde – interprètes et spectateurs – dans la réalité de l’instant (5). On retrouvera donc ce même décalage lumière/son dans le discours qui suit le premier largage, avec la même intensité.

Quant au noir et blanc, il concerne essentiellement les autres personnages de l’intrigue, Nolan réservant la couleur à son héros : cela permet aussi d’avoir plusieurs points de vue d’un même événement, mettant en évidence le ressentir des différents personnages.

 

On sent que Nolan a eu beaucoup de plaisir à raconter cet épisode  très particulier, recréant avec justesse une époque mettant en scène des personnages plus ou moins prestigieux – on peut  même y voir Einstein (Tom Conti) à différentes reprises – interprétés avec justesse (eux aussi) et conviction par quelques pointures qu’on aura plaisir à reconnaître, ou pas !

Bref, un grand film, sur un personnage fascinant, mené de main de maître.

Que demander de plus ?

 

  1. C’est véritablement le cas de le dire.
  2. Oui, c’est aussi à ça qu’on le reconnaît…
  3. Pandore aurait peut-être été plus approprié : il a ouvert une boîte et laissé s’échapper la calamité suprême.
  4. Il n’est pourtant pas encore trop vieux pour incarner des méchants, comme disait mon ami Jean…
  5. Oui, je sais, nous sommes au cinéma !

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Série, #Policier, #Donald P. Bellisario, #Glen A. Larson
Magnum P.I. : Pas de Neige à Hawaï (Donald P. Bellisario & Glen A.Larson, 1980)

Thomas Magnum (Tom Selleck) est un détective privé (P.I. en anglais). Il loge chez Robin Masters, un écrivain à (grand) succès en contrepartie d’assurer la sécurité sur sa (très grande) villa (avec piscine, terrain de tennis, etc.). Il lui arrive même de conduire sa Ferrari, au grand dam d’Higgins. Jonathan Quayle Higgins III (John Hillerman) est une sorte de majordome dans la propriété de Robin Masters : c’est lui qui se charge des invités et de leur confort, et qui doit sans cesse se battre avec Magnum pour que ce dernier se plie à sa discipline. Pour cela, il a deux alliés de poids : Zeus et Apollon, ses dobermans.

Son compagnon d’armes (1) le lieutenant Dan Cook (Allen Williams) a été tué à son arrivée à Hawaï. L’autopsie a démontré qu’il avait des sachets de cocaïnes (2) déchirés dans l’estomac.

Magnum refuse de croire qu’il était une mule pour un trafiquant local.

Il va donc mener l’enquête, avec deux autres anciens compagnons d’armes : Orville « Rick » Wright (Larry Manetti) et Theodore « T.C. » Calvin (Roger E. Mosley).

 

C’est un début très prometteur que nous proposent Donald P. Bellisario et Glen A. Larson, posant les bases d’une série qui va durer 8 ans et surtout mettre Tom Selleck et John Hillerman au devant de la scène : ce duo mal assorti va réjouir les spectateurs pendant un peu plus de 150 épisodes, aidés par les deux complices et compères de Magnum. Pour cet épisode pilote, nous avons droit à deux parties qui donnent un contexte au personnage principal : ancien du Vietnam, il a démissionné de la Navy pour devenir détective. On apprend donc la relation qui le lie à TC et Rick, qui remonte donc à la guerre, mais on n’apprend que très peu de choses sur Higgins, à part le fait qu’il fut sergent-major dans l’armée des Indes et qu’il boit son whisky sans glace, en portant tout d’abord un toast à son régiment. Le reste viendra au fur et à mesure que la relation entre ces deux-là se construira, houleuse, bien entendu, mais aussi respectueuse : quand Higgins se fera tirer dessus et sera entre la vie et la mort, Magnum sera très affecté.

 

Toujours est-il qu’ici, on s’amuse beaucoup malgré un sujet assez grave – la guerre et un meurtre – et surtout la joute entre les deux personnages principaux. On comprend à quelques personnages secondaires que Magnum est avant tout un beau parleur, mais ce n’est pas bien grave, cela contribue aux effets comiques de la série.

Et puis il y a Robin Masters. Enfin, on aimerait bien, mais tout comme Charlie Townsend, c’est l’Arlésienne de la série. On ne le voit jamais et seul Higgins est habilité à lui parler.

Quoi qu’il en soit, c’est une occasion inespérée pour un type comme Magnum de vivre dans un tel cadre, et il en profite. Et nous aussi.

 

On appréciera la référence à Casablanca de ce premier épisode : Rick possède un café américain qui a exactement la même devanture que celle d’Humphrey Bogart. Et si on n’y joue pas (officiellement), on y danse, emmenés par Albert (Mel Carter) le D.J., que bien sûr Magnum appelle « Sam ». Etla musique qu’il dispense n’a, là encore, aucun rapport avec le film de Curtiz : c’est de la disco pure et dure…

 

Alors, à part (peut-être) la musique, on en redemande !

 

  1. Au Vietnam : nous sommes en 1980, soit quelques années après la fin du conflit
  2. D’où la présence de « neige » dans le titre de cet épisode pilote.

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