Patrick Bateman (Christian Bale), 27 ans, vie saine est l’un des directeurs d’une grande firme. Tout va très bien pour lui… Le jour. La nuit, c’est autre chose : son visage n’a plus aucune humanité et les êtres vivants qu’il croise une espérance de vie très limitée.
Il tue sans discernement, hommes femmes et animaux. Sans discernement ni remords, ni regret.
Un psychopathe de la pire espèce.
Et comme tous les psychopathes, un désir plus ou moins conscient de se faire arrêter.
Alors quand il tue son collègue Paul Allen (Jared Leto) et qu’un enquêteur (Willem Dafoe) vient l’interroger…
Attention ! Eléments de résolution d’intrigue…
Terrible.
Christian Bale incarne ici avec beaucoup de maîtrise un phénoménal méchant. Personnage lisse le jour, complexe la nuit, il confirme l’idée qu’un psychopathe peut être n’importe qui, et ne ressemble à personne. Aucune distinction spéciale. Et le jeu très sobre de Bale accentue cet état de fait.
Et le fait qu’il soit le narrateur de cette histoire épouvantable ajoute beaucoup à son personnage. C’est sa réalité que nous suivons. Mais il n’y a nulle forfanterie dans son discours : les choses arrivent, un point c’est tout.
Malgré tout, son anormalité perce sous ses dehors proprets : son agressivité – naturelle – ressort, même si elle n’est que sporadique, voire illusion. En effet, les premiers « décrochages » de Bateman semblent irréels : menace de mort directe dès qu’une contrariété point.
Et la fin qui nous est proposée est dans la lignée de cette irréalité éventuelle. Nous sommes au point d’intersection de
Un véritable cauchemar à la puissance deux !
Et c’est là qu’est le talent de Mary Harron. Ressuscitant les années Reagan (ce dernier fait un caméo d’archives : il a alors 88 ans quand le film sort) et ses yuppies toujours à l’affût de la dernière tendance et du dernier gadget – les cartes de visite en sont un très bon exemple. Bateman brasse tellement d’argent qu’il est de plus en plus déconnecté d’une réalité qui lui est même étrangère, voire répugnante (les pauvres), que cela exacerbe ses besoins les plus inavoués – et en même temps inavouables : il tue parce que.
Mais tue-t-il vraiment ?
En effet, si nous assistons à l’exécution de Paul Allen – avec une hache étincelante – on peut tout de même se demander si tout ne relève pas de l’autosuggestion. Après le cauchemar au carré (voir plus haut), tout ce passe comme si rien ne s’était passé : Allen n’est plus là, mais tout le reste non plus. Pire, l’un des protagonistes soutient mordicus avoir déjeuné avec lui peu de temps auparavant (après sa disparition).
Alors que croire ? Qui croire ? Celui qui raconte – Bateman – ou celle qui nous raconte (Mary Harron, associée à Guinevere Turner pour le scénario) ? Les deux ?
Quant à son agenda, il ne nous éclaire pas tellement plus, sinon que Bateman aime dessiner…
Bref, nous ne sommes pas plus avancés et pour une fois, il n’y aura pas de rédemption. De toute façon, un personnage aussi inhumain peut-il (doit-il ?) être sauvé ?
Enfermé, certainement !
Brillant !
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