On a tellement l’habitude des adaptations de BD ratées qu’il ne faut pas se gêner pour souligner celle-ci. Il faut dire aussi que la présence du scénariste original dans l’équipe d’écriture (avec Christophe Duthuron) y est pour beaucoup.
Mais reprenons.
Moissac, Tarn-et-Garonne (82).
Trois amis d’enfance enterrent Lucette (Alice Pol), la femme de l’un d’eux, Antoine (Roland Giraud). Pierrot (Pierre Richard) est même, descendu de Paris pour l’occasion, récupérant au passage Mimile (Eddy Mitchell) dans son mouroir (notez le nom de la maison de retraite). Mais la mort de Lucette, c’est aussi l’occasion de ressortir les vieux dossiers, les motifs de fâcherie : Lucette a eu une liaison avec son patron, Armand Garan-Servier (Henri Guybet).
C’est un coup rude pour Antoine qui décide de se débarrasser de ce vieil exploiteur : il sort le fusil et prend sa voiture vers l’Italie.
Les deux autres ne peuvent que partir à sa poursuite avant qu’il accomplisse l’irréparable. Seulement entre Pierrot qui est myope comme une taupe et Mimile qui a « son traitement », difficile de prendre la voiture. C’est donc Sophie (Alice Pol), petite-fille d’Antoine qui va les emmener, dans le « camion rouge » (un J9) de Lucette.
Bien entendu, ces trois vieux fourneaux sont attachants. Et les trois acteurs qui les interprètent y sont aussi pour beaucoup. On retrouve en eux les trois personnages originaux, avec leurs caractéristiques physiques bien sûr, mais aussi leurs personnalités, éléments indispensables de leurs personnalités.
De plus, on y retrouve certains dialogues originaux, dont l’adresse – phénoménale – de Sophie aux vieilles dames.
Et comme nous sommes dans un film, il faut aussi laisser de la place au travail du réalisateur. C’est le cas quand on évoque le passé, et surtout la première fois qu’on voit nos trois gugusses enfants : le paysage se métamorphose peu à peu, gommant l’usine de Garan-Servier pour laisser sa place à la nature. On y retrouve les trois garnements – et Pierrot qui a déjà des lunettes – prêts à en découdre avec le monde, et surtout à faire mille et une bêtises.
Et puis il y a le problème de la fin. En effet, il s’agit à l’origine d’une série (1) – géniale, je ne sais pas si vous l’aviez compris – et quand le film sort, un cinquième album est déjà sous presse. Alors il faut donner un fin au film qui n’amène obligatoirement un suite parce que si le film est un fiasco, pas de deuxième opus possible. Mais tout en laissant la possibilité tout de même d’y revenir.
Et c’est réussi avec en prime un jeu d’ombres intelligent que se conclut cette bonne adaptation. La fin est assez neutre pour laisser de la place à une suite tout en se suffisant : on peut aussi en rester là sans frustrer les spectateurs.
Quatre ans plus tard, une suite sortira.
Et vous vous doutez bien que ceci est une autre histoire…
- Huit volumes parus à ce jour…
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