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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Drame, #Jean-Paul Le Chanois, #Jean Gabin
Les Misérables (Jean-Paul Le Chanois, 1958)

Et de dix !
Le film de Jean-Paul Le Chanois est la dixième adaptation cinématographique du roman d’Hugo (sur quatorze), et la quatrième française (seulement !)Et pour cette œuvre épique, on n’a pas lésiné sur la distribution : rien de moins que Gabin (Valjean), Blier (Javert) et Bourvil (Thénardier).

Et le résultat est à la hauteur des espérances, mais pas celles de Le Chanois qui a dû couper dans son film (ça me rappelle quelqu’un…) pour plaire aux distributeurs. Et encore, la version disponible actuellement ne fait que trois heures et trois minutes, ce qui est bien loin des cinq heures heures et quart originales, ramenées à quatre heures par le réalisateur !

On aurait aimé, là encore, voir ce qui a été enlevé…

 

Toujours est-il que Le Chanois, sur un scénario de René Barjavel, nous offre un spectacle somptueux, servi, outre par le trio évoqué, par quelques noms du cinéma français et même quelques protagonistes de la version de Raymond Bernard (1).

Côté intrigue, on retrouve tous les épisodes incontournables de cette histoire édifiante : Fantine et le salaud de bourgeois (Bernard Musson) ; Cosette (Martine Havet) et son seau ; l’Auberge du Sergent de Waterloo (Thénardier)… Sans oublier la veulerie de Thénardier ni l’intransigeance de Javert.

Et ça fonctionne ! On suit encore une fois avec intérêt cette histoire qu’on connaît par cœur, avec Jean Topard et sa fabuleuse voix comme narrateur.

 

Malgré tout, comme moi, on peut lui préférer la version de Bernard. En effet, Gabin est beaucoup trop beau pour être Valjean. Il n’a pas l’aspect brutal voire bestial que pouvait avoir Harry Baur – et qu’aura Ventura (1982) – dans le même rôle. Même avec la coiffure réglementaire du bagnard, il reste Jean Gabin. Certes, il nous offre une prestation pluis que correcte, mais il lui manque quelque chose pour être pleinement son personnage. A moins que ce soit un petit quelque chose en trop… Sa belle gueule par exemple. Mais, et surtout, ce qui le sauve, c’est qu’il ne fait pas encore du Gabin, et ça c’est très appréciable.

Par contre, Bourvil est un mémorable Thénardier. A contre-emploi par rapport à ce que nous connaissons de lui, il campe un personnage fourbe et méprisable avec beaucoup de conviction et de justesse. Quant à Blier, en Javert, ce n’est pas non plus totalement ça. Lui aussi n’est pas le Javert idéal, et il est même un cran au-dessous de Vanel (1934). (2)

 

Bref, c’est une très belle version qu’on pourrait qualifier d’ »académique », dans laquelle Le Chanois se contente d’adapter sobrement le chef-d’œuvre d’Hugo. Mais cette « académisme » est bien lisse quand on le compare avec celle de 1934. Certes Bourvil est un formidable Thénardier, ;  mais il n’atteint pas le sommet que représente Charles Dullin qui, lui, avait une Thénardier à la hauteur de son talent : ici, Elfriede Florin (La Thénardier, donc), est elle aussi trop lisse et nous apparaît moins rouée que la Moréno. Peut-être est-ce dû au casting international (elle est allemande), qui amoindrit leur performance, ou chose plus vraisemblable, la présence de trois monstres sacrés à côté desquels il faut sa voir tirer son épingle du jeu.

 

Alors merci à Pathé qui nous offre cette belle version restaurée !

 

  1. Vingt-quatre ans se spont écoulés entre les deux films : c’est le même temps qui le sépare de celui de Robert Hossein (1982), dans lequel on retrouvera Fernand Ledoux qui passera du rôle de monseigneur Miriel (ici) à Fauchelevent (chez Hossein).
  2. De toute façon, mon préféré c’est Michel Bouquet (1982).

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Bertrand Blier
Les Valseuses (Bertrand Blier, 1974)

« On n’est pas bien, là ?... »

Ca, c'est le leitmotiv de Jean-Claude (Gérard Depardieu) à ses compagnons de route : Pierre (Patrick Dewaere), l’ami de toujours, et Marie-Ange (Miou-Miou), shampouineuse frigide.

Et il ne leur en faut pas beaucoup pour être « bien » : de l’argent et des femmes.

De l’Ardèche au Pas-de-Calais, en passant par la Drôme, la Côte d’Or, ou encore la Normandie, les Valseuses est un film qui raconte l’errance de deux paumés dans la France de la fin des Trente Glorieuses…

Un road-movie très particulier oscillant entre comédie et noirceur, avec, bien entendu de nombreux coups : la gifle phénoménale que prend Marie-Ange ; les minables coups pour récupérer de l’argent ; les bons avec les femmes rencontrées, transformant un harcèlement en consentement…

Pas étonnant que le film ait fait parler de lui dès sa sortie !

 

Et surtout, c’est LE film qui a permis à Bertrand Blier de s’imposer au cinéma et être autre chose que le fils de son père. Et quel film ! C’est un véritable feu d’artifices où le réalisateur nous offre un savant mais équilibré mélange porté par une distribution qui n’est pas encore prestigieuse (1), mais à la hauteur de l’enjeu. De plus, on retrouve auprès d’eux quelques figures elles aussi prestigieuses (Jeanne Moreau, Brigitte Fossey) entourées de seconds couteaux souvent présents dans la décennie (Jacques Rispal, Michel Peyrelon…) ou encore des tout petits rôles qui vont éclater à la fin de cette même décennie (Gérard Jugnot, Thierry Lhermitte, Isabelle Huppert…). Bref, du premier choix !

 

Il est étonnant qu’on ne qualifie pas souvent ce film de road-movie dans les différentes critiques qu’on peut lire ailleurs : on insiste surtout sur la noirceur et l’érotisme, alors qu’il s’inscrit pleinement dans le genre. Tout d’abord, les deux acolytes passent leur temps sur la route, utilisant les voitures qui se trouvent sur leur chemin, dont une Traction Avant 15 qu’ils échangent contre une DS, voiture elle aussi mythique s’il en est.

C’est aussi un road-movie parce que le trio va évoluer au fil du temps, pour changer de statut social : de petits braqueurs occasionnels, les deux hommes deviennent assassins, et Marie-Ange devient une complice qui a enfin connu l’extase !

Cette errance est magnifiée par les bons mots  distillés par Blier tout au long de cette balade qui devient alors un nouveau « Voyage au bout de la Nuit », avec une fin malheureuse inévitable, bien que le scénario ne nous la révèle pas vraiment (2).

 

Bien entendu, ce film porte ce qu’on va appeler la « patte » du réalisateur : des répliques cinglantes et des situations provocantes, qui vont affoler les censeurs. Mais heureusement réjouir les spectateurs ! Bien entendu, un tel film est difficilement concevable cinquante ans (et même plus !) après, les mentalités ayant fortement changé – ce qui n’est pas plus mal sur certains points, même si l’humour (plus ou moins) noir y a perdu…

Malgré tout, cette façon de tourner va perdurer pendant quarante-cinq ans, avec à l’arrivée « seulement » seize autres films… Mais quels films !

Et avec des valeurs sûres, dont plusieurs seront récurrentes (Depardieu, Dewaere…).

 

Ce 20 mars, c’est confirmé : un grand réalisateur est né !

 

 

  1. Le trio vedette n’a pas encore la notoriété qu’on leur connaît, mais tout va changer après le 20 mars (1974), jour de sortie du film !
  2. Blier a préféré finir sur l’entrée de la voiture dans un tunnel (noir, évidemment), laissant les spectateurs se faire leur propre opinion sur la suite de cette cavale, faisant défiler le générique de fin dans ce tunnel qui, lui, n’en a pas.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Drame historique, #Jonathan English
Le Sang des Templiers (Ironclad - Jonathan English, 2011)

Les Templiers sont de retour !

Enfin, surtout l’un d’entre eux : Thomas Marshal (James Purefoy – ça ne s’invente pas), un tantinet las de ces années passées sous la bannière d’Ordre.

Cet Ordre qui a combattu Jean Sans Terre (Paul Giamatti) en Angleterre, jusqu’à la signature de la Magna Carta (1215).Mais Jean est revenu sur sa signature et le baron William d’Aubigny (Brian Cox) lève une armée pour tenir une place stratégique en attendant l’arrivée des troupes du roi Louis.

Tout se joue dans le château de Rochester, possession du baron de Bornhill (Derek Jacobi) et sa charmante femme Isabelle (Kate Mara, la sœur de).

Marshal sur les injonctions de l’archevêque Langton (Charles Dance) a rejoint d’Aubigny.

Ce qui n’est pas sans laisser indifférente la belle Isabelle…

 

Donc, c’est au tour de Jonathan English de surfer sur la vague templière, qui déferle depuis le retour des Pauvres Chevaliers du Christ, grâce entre autres, au roman de Dan Brown, le Da Vinci Code.

Bien entendu, le titre français insiste beaucoup plus que l’original sur la participation de l’Ordre dans l’intrigue. « Ironclad » signifie – tout simplement – « cuirassé », en armure, quoi. Enfin surtout en cotte de maille. Et Thomas Marshal est un Templier exemplaire, dévoué totalement – fanatiquement ? – à l’Ordre.

Mais, heureusement, nous avons droit à une fin heureuse, un brin prévisible en ce qui le concerne. Il en va presque de même pour Jean qui ne survivra pas longtemps, terrassé par la dysenterie, comme on peut le lire dans les livres d’Histoire.

 

Pour le reste, nous sommes au cinéma, et l’Histoire pourra repasser : ce n’est pas ce qui nous intéresse le plus.

Par contre, le « sang des Templiers » dont il est question est une chose avérée dans l’intrigue (1) : les chevaliers dont il est question ici sont les compagnons de Marshal qui seront massacrés par les hommes de Jean (toujours lui !) pour lui permettre de s’enfuir.

Bien entendu, comme tous les Templiers, Thomas est partagé entre la religion et les armes, bien que ces dernières semblent – ou tout du moins nous sont présentées ainsi – avoir sa )préférence. Et, à l’instar de leur réputation, Marshal est un guerrier invincible, connaissant toutes les techniques permettant de se défaire de n’importe quel assaillant.

 

Et Jonathan English en plus de s’être adjugé les services de David Egby (le chef-op’ du Mad Max original !) pour le rendu esthétique de l’énergie viscérale qui anime tous ces guerriers, s’appuie sur les stéréotypes médiévaux, mis au goût de notre jour.

EN effet, le Moyen Age est considéré comme un âge sombre, alors il n’hésite pas à jouer sur l’absence de couleur, filmant dans un faux noir et blanc parfois émaillé de teintes colorées.

Bien sûr, la croix sur le tabard de Marshal est rouge –è condition sine qua non de l’appartenance à l’Ordre – mais c’est quasiment la seule véritable couleur qui perdure dans un tableau plutôt grisâtre.

Et cette absence de couleur est la marque de cette rébellion (qui a commencé avant le début de l’intrigue proprement dite), amenant malgré tout une distance par rapport à la violence des combats.

 

Et si le film se laisse regarder agréablement, c’est avant tout parce que English a respecté le précepte inamovible qui veut que le méchant – le roi Jean, donc – soit bien caractérisé ainsi. C’était plutôt facile, puisque depuis Allan Dwan et son Robin des Bois (1922), Jean a toujours le mauvais rôle. Difficile alors pour Paul Giamatti de passer après Sam DeGrasse (1922) ou Claude Rains (1938), Alan Rickman ou encore Jason Isaacs en 2010...

Rassurez-vous, il y arrive très bien, et nous propose un Jean tout aussi haïssable que les autres !

 

  1. Pour une fois (?), le titre n’est pas trop racoleur…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Epouvante, #Thriller, #James Wan
Conjuring 2 : Le Cas Enfied (Conjuring 2 - James Wan, 2026)

Délaissant Annabelle qui a fait parler d’elle après le premier opus, James Wan se penche sur un nouveau cas élucidé par les Warren (Vera Farmiga & Patrick Wilson) : la maison des Hodgson dans le comté d’Enfield, partie septentrionale du Grand Londres.

Nous sommes en 1977, et Janet et ses quatre enfants – encore de nombreux enfants ! – ont remarqué des phénomènes étranges dans la maison qu’ils occupent.

A un moment, une seule solution s’impose : l’intervention des deux démonologues.

Et ça tombe bien, parce que Ed et Lorraine sont le jouet d’une apparition récurrente : une nonne (Bonnie Aarons) inquiétante (euphémisme).

Ca tombe bien, parce que c’est cette même nonne qui tourmente les Hodgson. Lorraine et Ed se rendent donc en Angleterre…

 

On prend les mêmes, et on recommence. Enfin le même duo vedette et une grande partie de l’équipe technique. Pour le reste, beaucoup de nouveaux, surtout dans la distribution des rôles, ce qui est logique. Nous sommes à nouveau aux prises du Mal, personnifié par deux protagonistes très réussi : la nonne donc, mais aussi l’Homme Tordu (1) – « The crooked Man » (Javier Botet) – qui personnalisent ce Mal envahissant.

Mais, hélas, nous sommes dans une suite, et n’est pas Irving Kershner ou Francis Ford Coppola qui veut : le film de James Wan est à nouveau très bien léché, mais on y ressent une baisse d’intensité. Ce qui faisait la force de l’opus s’est émoussé et on frissonne beaucoup moins. Nous avons droit aux mêmes ressorts dramatiques – laideur des monstres, lévitation, phénomènes paranormaux (etc.) – mais on y croit moins.

 

Il faut dire que Wan avait fait très fort trois ans plus tôt et il était difficile de reprendre tout ce qui faisait le sel de la première intrigue sans tomber dans une espèce de répétition, évidemment lourdingue. Un point tout de même a été changé : l’exorcisme (un tantinet empesé la fois précédente) – inévitable – est expédié rapidement, avec toutefois le même effet : le monstre retourne d’où il vient, libérant à la fois la maison anglaise et les esprits des deux personnages principaux.

Mais si l’introduction précise que l’intrigue s’inspire d’une histoire vraie, on a du mal à pleinement entrer dedans. Même la musique de Joseph Bishara, qui avait beaucoup d’importance dans le premier film a tendance à seulement accompagner ce qu’il se passe, comme reléguée au second plan. Pire : on ne sent aucune tension dramatique dans sa présence – ou son absence.

Et c’est peut-être là qu’il faut chercher cette baisse générale de l’intensité du film.

 

Quoi qu’il en soit, on suit tout de même avec intérêt –moindre, donc – cette histoire de possession, encadrée tout de même par quelques fugaces clins d’œil à des éléments antérieurs :

La séquence d’ouverture se situe dans une maison aux fenêtres en forme de quarts de disque (eh oui, Amityville…) ; quand Ed dépose son trophée parmi ceux de ses chasses précédentes, on retrouve la boîte à musique de l’épisode 1, et bien sûr, fidèle au poste dans sa cage de verre, la terrible Annabelle, et sourire figé plus qu’énigmatique !

 

PS : Aïe, aïe, aïe, ils ont tourné un troisième opus…

 

  1. « Tordu » physiquement et moralement.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Epouvante, #Thriller, #James Wan
Conjuring : Les Dossiers Warren (The Conjuring - James Wan, 2013)

Avant Annabelle, donc, il y avait déjà Annabelle. C’est elle qui ouvre le film, dans une histoire à vous dresser les cheveux sur la tête : deux jeunes femmes ont autorisé sa possession spirituelle. Depuis, c’est un enfer qu’elles vivent.

Heureusement, Ed (Patrick Wilson) et Lorraine Warren (Vera Farmiga) sont intervenus pour les débarrasser de cette poupée maléfique.

Mais une autre tâche attend ce couple hors du commun : la maison des Perron.

Roger (Ron Livingston), Carolyn (Lili Taylor) et leurs cinq filles viennent d’emménager dans une maison isolée du Rhode Island. Ce sont des gens tout ce qu’il y a d’ordinaire, comme toujours. Par contre, la maison l’est beaucoup moins : une entité y séjourne, faisant de ce foyer (doux foyer…) un véritable enfer. Normal, elle en vient. Elle s’appelle Bathsheba (Bethsabée), et n’a absolument rien à voir avec celle du roi David…

 

Il y a eu l’Exorciste, puis Amityville : La Maison du diable, Evil Dead, et toute cette sorte de choses. Alors oubliez tout ce que vous avez vu et plongez-vous dans les dossiers du couple Warren. Enfin surtout celui qui concerne cette famille américaine. C’est absolument magnifique. Certes, ce n’est pas pour tous publics, mais si, comme moi, vous aimez frissonner de temps en temps, vous allez être servi(e) !

Nous avons la maison isolée d’Evil Dead, elle est habitée par une créature démoniaque comme dans Amityville, et nous avons droit à un exorcisme de toute beauté, pratiqué – pour la première fois – par Ed, faute de temps avant l’arrivée du père Gordon (Steve Coutler), le seul habilité dans ce domaine.

Et comme nous sommes dans l’ère numérique, les effets spéciaux sont encore plus époustouflants, donnant à ce film une qualité supérieure pas très loin derrière celle du film de Friedkin…

 

Il faut dire que James Wan est dans son élément (pas aquatique…), lui qui a lancé la phénoménale série des films Saw… Mais alors que le sang y était omniprésent, nous en avons beaucoup moins ici. De toute façon, pas besoin d’hémoglobine pour faire frissonner son public, ce qu’il réussit fort bien. Bien sûr, le choix d’une telle maison nous nous indique tout de suite que des choses peu naturelles vont s’y passer. Mais, et c’est là qu’est le talent de ce réalisateur, il réussit malgré tout à nous surprendre, et même nous faire sourire (1) !

Et surtout, il n’a pas une bande d’adolescents désœuvrés qui passent leur temps à se séparer au lieu de rester groupés pour affronter ensemble le Mal(éfice). (2)

Par contre, l’utilisation des différentes portes est toujours très pertinente, et avec la musique (angoissante, évidemment !) de Joseph Bishara, cela devient grandiose. Surtout que l’absence de musique joue son rôle à fond, avant les cris perçants attendus. Attendus mais là encore très bine placés !

 

Seul l’exorcisme n’atteint pas le haut niveau du reste : difficile de faire mieux que Friedkin. D’ailleurs, il ne dure pas trop longtemps et ne nous fait pas oublier pour autant le reste. Il est là parce qu’inévitable dans l’intrigue.

Pour le reste, les interprètes sont réellement à la hauteur de l’enjeu, les Warren, bien sûr, mais surtout Lily Taylor, elle aussi une habituée du genre. Même les cinq (jeunes) filles de la maison sont impeccables, dans cette histoire qui ne semble pourtant pas de leur âge ! Surtout April (Kyla Deaver), la plus jeune, qui a un rôle assez intéressant, et permet )à Wan de jouer avec les nerfs du spectateur. De toute façon, comme il le fait à longueur de film…

Pas sûre que la petite Kyla l’ait vu à sa sortie…

 

Au fait, vous avez repéré la véritable Lorraine Warren (86 ans quand le film sort) ?

 

PS : quand la famille Perron s’installe dans sa nouvelle maison, nous avons droit à la chanson Time of the Season, écrite et interprétée par… The Zombies ! Ca ne s’invente pas... Ca se provoque !

 

  1. Un petit peu de détente ne nuit pas… Surtout dans une telle intrigue !

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Epouvante, #Thriller, #John R. Leonetti
Annabelle (John R. Leonetti, 2014)

Quand une intrigue fonctionne à Hollywood (et aussi ailleurs…), on la décline sous toutes ses formes, usant la trame jusqu’à la corde, cela va de soi. C’est donc le cas pour cette Annabelle, poupée maléfique, qui entre dans la vie de Mia (Annabelle Wallis) et John (Ward Horton), un beau jour de 1967.

Mia est enceinte et John lui offre une poupée de porcelaine pour compléter sa collection, cadeau de premier enfant. Bien évidemment, Mia est comblée et cette poupée prend immédiatement une place privilégiée dans la collection.

A partir de ce jour, des choses étranges vont se produire, toujours plus terribles les unes des autres…

 

D’abord, il y avait Conjuring : Les Dossiers Warren  (2013), qui relatait l’histoire des époux Warren, chasseurs de démons. Mais ne l’ayant vu, je passe. Annabelle est donc une poupée que ces deux personnes ont enfermée dans une prison de verre, prison n’étant pas un terme usurpé tant elle présente une dose maléfique. C’est une histoire de cette poupée que John R. Leonetti avec l’aide de Gary Dauberman au scénario, a choisi de nous présenter.

Et progressivement, ils vont créer l’atmosphère nécessaire de ce thriller, soutenu par une musique originale de Joseph Bishara, qui tranche avec son absence : Leonetti fait alterner comme il se doit les moments sans musique afin d’augmenter le suspense indispensable à ce genre de film.

 

Nous sommes ici essentiellement dans l’épouvante, une sorte de super thriller, où la présence d’un être inanimé va concentrer toute l’attention du spectateur, l’absence normale d’émotion sur le visage figé de la poupée la rendant d’autant plus effrayante qu’elle est souvent cadrée en gros plan, avec parfois une goutte de sang (comme sur l’affiche originale).

Et cette menace représentée par cette poupée va grandissante, à mesure que le film avance, amenant inévitablement le frisson (en anglais, « thrill ») attendu.

Mais, et c’est très certainement le véritable intérêt du film, cette poupée est immobile. Ce n’est pas Chucky qui, en plus d’un visage disgracieux, se meut dans son univers : Annabelle est toujours figée. Par contre, on a beau essayer de s’en débarrasser ou la changer d’endroit, elle revient toujours et se déplace à sa guise quand on a le dos tourné.

 

Bien entendu, on est obligé de songer au Rosemary’s Baby de Polanski, surtout que les actualités télévisées parlent de la Famille Manson qui va assassiner la femme de ce dernier, Sharon Tate, alors qu’elle était enceinte, comme Mia. Bref, la référence est posée dès le début. Mais si le bébé de Rosemary est l’enfant du Diable, la petite Leah qui va naître n’en a aucun attribut. Par contre, elle va devenir, malgré elle, évidemment, l’enjeu de ce démon bien singulier. Parce que le doute n’est pas possible : la poupée est démoniaque.

Bien entendu la comparaison avec le film de Polanski s’arrête là, Leonetti se contentant de faire le job : l’atmosphère est là, les frissons aussi.

 

C’est tout ce que demandent les habitués du genre, et ils ne sont pas déçus.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Peplum, #Sidney Olcott
Ben Hur (Sidney Olcott, 1907)

Ben Hur (Herman Rottger) revient à Jérusalem le jour où le procurateur arrive. Malencontreusement, une tuile se détache et blesse ce dernier. Ben Hur et sa famille sont arrêtés et il est envoyé aux galères. Quand il revient, c’est pour affronter Messala dans la course de chars. Il gagne.

 

Quand sort le film, voilà déjà vingt-sept ans que le roman est paru et c’est un événement que ce film de Sidney Olcott, qui adapte un monument de la littérature ! Et cette toute première adaptation vérifie pleinement l’adage qui veut qu’au cinéma, tout est permis.

Les événements marquants de l’intrigue sont là, au nombre de huit (un plan chacun) :

  1. Le peuple se rebelle (et Ben Hur arrive) ;
  2. Un accident malheureux qui annonce la tuile qui va tomber avec son emplacement bien en évidence ;
  3. La blessure du procurateur qui voit l’accident se produire ;
  4. Ben Hur aux galères où on le voit y être emmené ;
  5. Ben Hur sauveteur d’Arrius, adopté et affranchi, où Ben Hur retourne à Jérusalem ;
  6. Ben Hur et Messala (William S. Hart) : le défi ;
  7. La course de chars ;
  8. Ben Hur vainqueur.

Et tout ça en treize minutes environ.

Inutile de dire, donc, que certains épisodes sont fortement tronqués voire omis. C’est le cas de celui des galères qu’on ne voit absolument pas : l’intertitre sert de repère narratif. Et d’une certaine manière, les différents épisodes annoncés sont essentiellement montrés de façon symbolique : pas de véritable jeu d’acteurs ni de caractérisation des personnages.

Le tout devant un décor de fond, en général un tissus peint (qui plisse un tantinet).

 

Mais n’oublions pas que nous ne sommes qu’en 1907 et que comparé à la production de l’époque, le film n’est pas si ridicule. Si les foules sont composées d’une vingtaine (voire une trentaine) de personnes, c’est beaucoup plus que dans la plupart des autres productions. Certes, le public de la course de chars l’est (ridicule en terme de nombre), inévitablement. Et je ne parle pas de la tribune.

Enfin si, pour dire qu’il n’y en a pas vraiment, seulement un siège qui trône sur lequel semble être assis le procurateur. Quand au public venu nombreux, s’il y cinq spectateurs, c’est un grand maximum.

Par contre, question décors, c’est assez pitoyable. Certes, les tentures sont éloquentes et fort bien exécutées, mais elles ne donnent pas l’épaisseur et surtout la profondeur indispensable à une telle épopée. De plus, la brique pose problème.

En effet, si elle est identifiée immédiatement, elle devient rapidement un parasite de l’intrigue : on ne voit plus qu’elle. Pire : quand elle tombe, son absence est tellement flagrante qu’elle nous propose un mur partiellement édenté, centre de toute l’attention.

Et en plus, quand les Romains emmènent Ben Hur et sa famille, nous retrouvons le plan 3… Avec la brique à nouveau en place !

 

Bien sûr, il y a le moment de bravoure : la course de chars. Trois attelages vont défiler devant nos yeux sans pour autant nous permettre de savoir qui est qui : les chevaux appartenaient la brigade d’incendie et avaient tous la même apparence. Et quand Ben Hur est victorieux, on ne comprend pas vraiment pourquoi. Quant à Messala, on se doute qu’il a été blessé, puisqu’il est amené sur une civière. Mais nous ne saurons pas ce qu’il s’est passé pendant la course.

 

Heureusement, dix-huit ans plus tard, Fred Niblo va nous proposer l’une des meilleures adaptations qui soit (1), que je préfère à celle de Wyler, même si cette dernière reste la version de référence !

 

Alors faut-il voir le premier Ben Hur ? Si vous voulez, mais si vous ne le faites pas, je ne vous en voudrai pas.

 

  1. Vu qu’il n’y en a eu que cinq dont une en dessins animés (2003)…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Fantastique, #George Miller
Trois mille Ans à t'attendre (Three thousand Years of longing - George Miller, 2022)

Alithea (Tilda Swinton) est narratologue depuis de nombreuses : elle étudie spécialement les contes, qu’ils soient de fées, des Mille et une Nuits ou d’ailleurs. En déplacement à Istanbul pour une conférence, elle achète un flacon rayé qui semble l’interpeller.

Et ce flacon renferme un occupant fort singulier : un djinn (Idris Elba).

Et comme toujours dans ces cas-là, il lui propose trois vœux, faute de quoi, il retournera inévitablement dans sa prison, jusqu’à une prochaine tentative…

Bien entendu, trois vœux à exaucer, c’(est très tentant. Mais quand on est une spécialiste des contes, la circonspection est de mise.

S’ensuit alors un drôle de huis clos, entrecoupé de l’histoire de ce djinn, commencée voilà près de trois mille ans…

 

George Miller est un cinéaste à part, dans la su(pe)r production cinématographique. En effet, en quarante-cinq ans d’activités, il n’a réalisé que 11 longs métrages (1), dominés par sa saga fétiche (?), Mad Max (cinq films !).

Déjà à la fin des années 1990 et dans la décennie suivante (et même 2011), on le découvrait dans des films animaliers fort éloignés de la violence déchaînée du monde de Max Rockatansky). Et entre les deux derniers opus de cette saga, il nous propose encore une perle à contre-courant de ses habitudes. On imagine très bien John Cleese dans le Monty Python ‘s Flying Circus présenter le film lors de la première comme il l’a fait de nombreuses fois dans l’émission (culte) : « Et maintenant quelque chose de complètement différent. » (2)

 

Nous voici donc plongé dans un univers duel, celui de la réalité et celui du merveilleux mais avec un lien tangible quoique fort discutable en tant que tel : le djinn. En effet, c’est le personnage qu’on qualifie d’office d’imaginaire qui va relier son monde à celui d’Alithea (le nôtre, quoi) pour arriver à ses fins : sa libération.

Et quel monde. Miller nous plonge totalement dans l’univers de ce qui ressemble aux Mille et une Nuits avec ravissement, tout en maintenant une dose de vraisemblance, utilisant des personnages (plus ou moins) réels, de la Reine de Saba (Aamito Lagum, magnifique…) et son roi Salomon (Nicolas Mouawad) à Soliman le Magnifique (Lachy Hulme) et son fils Mustafa (Matteo Bocelli). Parce que ce djinn improbable a eu – et a donc toujours – une réalité dans notre monde : Mustafa a bel et bien été étranglé par une corde à arc !

 

Et au-delà des liens – ténus – entre la réalité et la fiction (3), c’est la présentation de ces deux mondes qui nous importe (nous emporte ?) le plus et nous enchante. Le monde d’Alithea nous est on ne peut plus familier, alors quand des djinns (il y en a deux autres) surviennent, ils se démarquent totalement, nimbés ou non d’un halo d’étrangeté (dans la salle de conférence surtout).

Par contre, le monde du djinn est par essence merveilleux et dès la première évocation, on voit (et ressent) tout de suite la différence d’avec notre réalité. Outre l’aura qui entoure ce même djinn, c’est la qualité de l’image qui nous transporte. A l’instar de The Fall de Tersam Singh (2006), les images qui nous sont proposées ont une qualité supérieure, accentuant l’aspect merveilleux de cet univers qu’on qualifierait aujourd’hui de « réalité augmentée ».

 

Et puis il y a le duo vedette, impressionnant de professionnalisme et donc de justesse. Tilda Swinton est, comme toujours, formidable, et Idris Elba joue à son (haut) niveau, donnant une dimension surréaliste à ce huis clos particulier. Parce que seule leur dernière séquence se déroule en extérieur, une fois que l’intrigue est réalisée, une sorte d’épilogue comme on en trouve à la fin des contes : « ils vécurent heureux jusqu’à la fin de leurs jours », a-t-on l’habitude de lire, et si le film ne va pas jusque là, il ne l’interdit pas…

Et ce qui est le plus fantastique (dans tous les sens du terme, bien évidemment), c’est cette espèce de contradiction entre l’aspect merveilleux du djinn et le pragmatisme de la narratologue. Alithea, au contraire des victimes (4) précédentes, est toujours consciente de la gravité de ce triple choix, reculant jusqu’à l’extrême limite le moment où elle dira « je souhaite… » (“I wish”…).

Et malgré tout, c’est cette personne rationnelle qui va résoudre l’intrigue, amenant la transfiguration (merci Vladimir Propp) du génie et le libérer définitivement…

 

PS : J’ai utilisé le terme surréaliste à dessein à propos de ce huis clos. En effet, tout comme le mouvement issu du dadaïsme, c’est essentiellement d’amour (fou ?) et de rêves qu’il est constitué.

 

  1. Complets : il a participé à La quatrième Dimension en 1983) pour un segment.
  2. “And now for something completely different.”
  3. D’autant plus ténus que nous sommes au cinéma où, nous le savons bien, la réalité est celle du film et rien d’autre : tout est possible !
  4. Qu’elles l’aient voulu ou non, les personnes à qui on a donné le pouvoir des trois vœux en ont été leur propre victime !

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