Overblog Tous les blogs Top blogs Films, TV & Vidéos Tous les blogs Films, TV & Vidéos
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
93, rue Lauriston (Denys Granier-Deferre, 2004)

De 1941 à 1944, au 93, rue Lauriston, on trouvait un lieu singulier appelé la « Carlingue ». Rien à voir avec les avions : il s’agissait du siège d’une des gestapos françaises, certainement la plus caractéristique.

Dirigée par Henri « Lafont » Chamberlin (Daniel Russo) dirige cette organisation à but lucratif, épaulé par un ancien policier révoqué, Pierre Bonny (Christian Charmelant) aux méthodes brutales.

Autour de ces deux personnages peu recommandables, ce sont les grands noms de la pègre d’alors et d’après-guerre qui vont y graviter (Pierre Loutrel, Georges Boucheseiches, Abel Danos…).

 

Quand commence le film, nous sommes à Bazoches-sur-le-Betz (45), et l’inspecteur Blot (Michel Blanc) procède à l’arrestation des deux chefs sus-cités.

Blot reçoit alors la mission d’identifier tous ceux qui ont pu avoir affaire à ces deux criminels. Ce sont alors trois ans d’entretiens qui vont nous être proposés, à travers les récits de quelques anciens éléments de la Carlingue : Jabinet (Samuel Le Bihan), gestapiste occasionnel, Norbert « Nestor » Boileau (Gérald Laroche), véritable cadre du lieu, ou encore Pelleux (Eric Prat), flic « infiltré ».

Mais l’état d’esprit de la Libération est loin de celui qui suit la guerre…

 

Vingt ans avant le formidable livre de David Alliot (1), Canal + nous proposait déjà une très bonne reconstitution de cette institution funeste qui si elle n’est pas aussi exhaustive n’en demeure pas moins très bien renseignée.

Mais à travers ces trois personnes qui nous livrent leur témoignage, c’est bel et bien trois exemples de collaboration active très caractéristique de cette époque.

 

Jabinet est un repenti, et on n’en attendait pas moins de Samuel Le Bihan : il était plutôt inimaginable de le voir camper un salaud absolu comme aurait pu le devenir ce personnage violent et un tantinet impulsif. De plus, Jabinet est un très bon exemple des contradictions de l’époque : gestapiste français, il est amoureux d’une juive. Et cela n’empêche pas Lafont de la faire libérer pour lui.

Boileau est un autre gibier : c’est un convaincu de son activité, et surtout un admirateur de celui qu’il appelle « Le Patron ». Il n’en va pas de même pour Bonny qu’il méprise : normal, c’est avant tout un flic. Parce que même si Boileau doit sa libération à l’ex-inspecteur, il est avant tout un bandit et tout ce qui relève de la police ne peut pas recueillir ses faveurs. Sans oublier le pire dans son histoire : après un (court) séjour en prison après la Libération, il va réintégrer la société et en devenir à nouveau un des rouages. (2)

Pour Pelleux, c’est un peu plus complexe. Mais surtout, on comprend que ce « bon Français » ne l’était pas tant que ça. Flic révoqué, il argue du fait qu’il avait été infiltré rue Lauriston et rendait des comptes à son supérieur. Ce supérieur qui, malheureusement pour lui – pour eux ? –, a été arrêté et déporté avant de mourir. Donc aucune trace de sa prétendue infiltration… De plus ce personnage est le seul qui contredit les autres témoignages, se réservant la part belle et chargeant les absents.

Pelleux est l’exemple type du (petit) collaborateur qu’on s’est empressé de réintégrer afin de préserver la continuité de l’Etat, réintégration qui sera accentuée quelques années plus tard avec une amnistie (bienvenue).

Et c’est le supérieur (Christian Bouillette) de Blot qui résume bien l’état d’esprit changé : il encourage Blot à ne pas faire de vague, expliquant qu’il était temps de tourner la page (etc.).

Et Michel Blanc, à travers son personnage et surtout son visage perplexe, exprime magnifiquement le dégoût que lui inspire ce changement de mentalité.

Dégoût facilement partagé par le spectateur…

 

  1. David Alliot – La Carlingue : La Gestapo française du 93, rue Lauriston, (Paris, Tallandier, 2024)

 

 

 

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Comédie, #Franck Dubosc
Un Ours dans le Jura (Franck Dubosc, 2024)

« Il n’y a pas d’ours dans le Jura. »

Ce précepte nous est exposé plusieurs fois : nous devons nous en convaincre.

Sauf que…

Sauf que des passeurs de drogue ont été poursuivis par un ours dans cette chaîne. Et surtout, ce même ours s’est retrouvé sur la route de Michel (Franck Dubosc), et que pour l’éviter, il est entré dans une voiture à l’arrêt dont la conductrice s’était arrêtée uriner.

Résultat : une morte. Enfin deux puisque un homme, paniqué par ce qu’il venait de voir, s’est empalé sur un arbre. Nous en sommes déjà à deux morts.

Avec en prime un sac qui contient deux millions d’euros…

Michel, et sa femme Cathy (Laure Calamy) ne sont pas au bout de leurs surprises… Tout comme Roland (Benoît Poolvorde), le major de gendarmerie locale, sur qui repose l'enquête…

 

Un film de Franck Dubosc.

Pour beaucoup, rien que le nom est rédhibitoire. Oui, j’en fais partie. Mais après la projection, mon jugement a évolué. Il faut dire que Dubosc nous entraîne dans une comédie grinçante et remplie d’humour noir, soutenue par une équipe d’acteurs à la hauteur de l’enjeu. Nous sommes bien lion de la comédie que d’aucuns qualifieront de « franchouillarde » Camping, et c’est avec beaucoup de plaisir que celle-ci s’apprécie. C’est une comédie d’accumulation – les morts s’empilent tout au long du film – et les principaux protagonistes, même s’ils reconnaissent leur culpabilité initiale, ont du mal à s’y retrouver et surtout à l’assumer.

Le tout pour le plus grand plaisir du spectateur qui s’amuse follement devant cette comédie où l’humour noir est omniprésent.

 

Bien entendu, Franck Dubosc est avant tout un acteur et son passage de l’autre côté de la caméra s’accompagne de l’indispensable : les interprètes ont la part belle. Dubosc est le premier bénéficiaire de cet état de fait, bien entendu, mais il adopte ici un rôle tout en retenue, laissant la place à Laure Calamy et bien sûr Benoît Poolvorde. Mais Dubosc maîtrise son sujet et ses interprètes. Pas de surjeu en vue et chacun reste dans son personnage. D’un autre côté, le scénario accumulant les éléments comiques n’offre que peu de place pour en rajouter.

Et c’est tant mieux !

On s’amuse du début à la fin, avec cette histoire plus qu’improbable – normal, nous sommes au cinéma – sans jamais se demander jusqu’où  tout cela va nous mener.

Une fin heureuse, évidemment.

 

Et nous y courons avec beaucoup de plaisir, oubliant l’accumulation mortifère qui s’étend à mesure que le film avance : nous approchons de la dizaine quand la commissaire (Anne Le Ny) siffle la fin de la partie (mais pas celle du film), en ce qui concerne l’enquête policière, cela va de soi.

Et au final, nous avons quelques morts (un détail) et de l’argent intelligemment distribué, si l’on oublie la part de Jean-Pierre (Christophe Canard), le curé qui n’oublie pas certaines pratiques ancestrales de l’Eglise…

 

Bref, s’il n’existe pas d’ours dans le Jura, celui-ci, malgré tout, nous permet de passer un très bon moment !

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Comédie, #Victor Fleming, #Douglas Fairbanks
Cauchemars & Superstition (When the Clouds roll by - Victor Fleming, 1919)

Le docteur Metz (Herbert Grimwood) est un scientifique bien singulier. En effet, il a décidé, au nom de la science, de faire mourir un homme en l'acculant au suicide. Cet homme, c'est Daniel Boone Brown (Douglas Fairbanks). Ce dernier n'est certes pas un homme irréprochable, mais il ne mérite tout de même pas de mourir. Surtout de désespoir. Mais rien n'y fait, les malheurs s'accumulent au-dessus de sa tête. Il faut dire qu'il est très superstitieux et que le docteur en use voire abuse !

Pourtant, au milieu des nuages noirs qui s'amoncellent, Daniel Brown est près de toucher au bonheur : il a même rencontré Lucette Bancroft (Kathleen Clifford), aussi superstitieuse que lui et surtout très attirée par ce jeune homme athlétique et séduisant.

Mais le docteur Metz veille au grain et organise tout pour nuire à son « patient ».

 

Avec ce film, Victor Fleming gravit l'ultime échelon de sa carrière: il devient cinéaste. En effet, il s'agit de son premier film en tant que réalisateur, et pour une première, c'(est une belle réussite. Il faut dire que la présence de Douglas Fairbanks y est pour quelque chose. En effet, l'acteur est ici aussi à l'origine du scénario de TJG (Thomas J. Geraghty), fournissant l'idée de l'intrigue. Intrigue sur mesure, cela va de soi.

Et Fairbanks fait ce pour quoi il excelle : il douglasfairbankse joyeusement (nous sommes dans une comédie). Il bondit et se livre à moult exploits acrobatiques et athlétiques pour notre plus grand plaisir, dont un exploit qui ne sera réédité que 32 ans plus tard par Fred Astaire (Royal Wedding, 1951) : il marche sur les quatre plans d’une pièce !

Certes, c’est un rêve, mais il passe tout de même du sol au mur, puis du mur au plafond, avant de rejoindre l’autre mur et de retourner sur le sol. C’est absolument époustouflant, et cela ajoute à la couleur farfelue du film. Les rêves sont aussi une occasion d’utiliser de nombreuses techniques d’effets spéciaux avec en prime la présence de Bull Montana et son physique lui aussi particulier.

 

Mais si le film fonctionne aussi bien, c’est avant tout parce que les différents personnages sont aussi bien interprétés que définis. Si Fairbanks se taille la part du lion (normal !) les autres interprètes campent des personnes très stéréotypés (la jeune femme vertueuse, l’oncle irascible…) mais indispensable au fonctionnement de l’intrigue.

Et surtout, Fleming – grâce au travail de TJG – utilise trois types de méchant patentés :

-          Curtis Brown (Ralph Lewis), l’oncle irascible qui traite son neveu comme un moins que rien (il faut dire aussi que l’attitude de ce même neveu – toujours en retard – n’est pas spécialement susceptible de le rassurer) ;

-          Ulrich Metz : ce docteur particulier est on ne peut plus dangereux pour Daniel, mais heureusement pour ce dernier, une pirouette du scénario va l’éloigner de sa victime ;

-          Mark Drake (Frank Campeau) est celui qu’on peut considérer comme le véritable méchant de l’intrigue : fourbe et retors, dénué de scrupule et opportuniste, il possède toutes les qualités requises pour endosser le rôle de l’ignoble, chose qu’il réussit à merveille.

Bref, tous les ingrédients sont là pour nous faire apprécier le film, avec en prime une catastrophe (presque) naturelle : un barrage qui rompt, entraînant des scènes tragiques attendues, bien que tout de suite traitées sur le ton de la comédie, dédramatisant complètement la situation.

Sans oublier la fin heureuse, indispensable.

 

A trente ans, Victor Fleming fait une entrée remarquée dans le monde de la réalisation. Malheureusement, cela ne durera que trente ans...

 

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Science-Fiction, #Alien, #Ridley Scott
Alien: Romulus (Fede Álvarez, 2024)

Retour aux fondamentaux :

  • Un vaisseau spatial ;
  • Un équipage de cinq personnes plus un androïde ;
  • Un autre vaisseau abandonné ;
  • Des créatures polypodes agressives ;
  • Et bien entendu des xénomorphes !

Voici Alien tel que nous le connaissons – et que nous aimons (enfin, moi, oui) – est de retour, et toujours pas besoin de crier : dans l’espace, on ne vous entend pas.

 

Ridley Scott a passé le relais à Fede Álvarez, et on peut dire qu’on ne perd pas au change. Nous nous retrouvons dans un univers connu où, à nouveau l’infâme « Compagnie » veut à tout prix élever des Aliens, afin d’améliorer la race humaine. Et à nouveau, c’est une femme qui va réussir à se sauver et faire disparaître cette sale engeance.

Elle est jeune et se nomme Rain (Cailee Spaeny) et elle est accompagnée par l’androïde de l’épisode : Any (David Johnson). Enfin, l’un des androïdes puisque nous avons la surprise (?) de retrouver le capitaine Rook (Ian Holm & Daniel Betts) qui, lui, connaît bien l’affaire et va à nouveau jouer le rôle du méchant (1), comme avec Ripley (Sigourney Weaver) la première fois.

 

Mais, heureusement, Álvarez ne propose pas un remake du premier opus. Tout d’abord, parce que nous sommes quelques temps après ce premier épisode, et aussi parce que la moyenne d’âge des différents protagonistes a prodigieusement baissé. Tellement qu’on se retrouve avec une situation qui correspond plus à un autre genre : l’horreur. Il faut dire que les agissements de l’Alien ont tendance à se rapporter un peu plus sur ce domaine. Alors une bande de jeune qui se retrouve isolée et à la merci d’une créature hostile, si ça ne vous rappelle pas The evil Dead, je ne peux pas faire plus…

Et Álvarez fait d’une pierre deux coups : il relance Alien et renouvelle le film d’horreur.

 

Mais ce n’est pas ce dernier domaine qui retient notre attention. C’est, encore une fois, le rapport entre les humains et la Bête, , et surtout entre les humains et les machines. Et cette dernière opposition est plus développée, surtout avec le rapport entre Rain et Andy qui, même s’il est une machine, obéit à la première loi d’Asimov : « Un robot ne peut porter atteinte à un être humain ni, restant passif, laisser cet être humain exposé au danger. »

Bien entendu, nous qui connaissons la série de films – enfin au moins moi, vous, je ne sais pas où vous en êtes – connaissons l’esprit retors de Rook et anticipons sur son effet néfaste à l’encontre d’un gentil robot comme Andy. Et le scénario joue habilement sur l’ambiguïté de cette machine quant à sa loyauté : La Compagnie ou Rain ?

 

Bref, c’est une très bonne suite à ce que nous avons déjà connu, même si on peut espérer qu’il n’y aura pas de suite. Parce que, d’abord, Rook n’est plus là et aussi parce qu’on va vraiment arriver à des redites, voire des remakes.

Par contre, on peut s’amuser à retrouver certaines analogies dans la structures du film, ainsi que certains éléments antérieurs qui, malgré une volonté de coller au décor – surtout informatique – du premier film, donnent quelques précisions un tantinet plus réalistes : quand Tyler (Archie Renaux) fume une cigarette (2), c’est autre chose que ses aînés de 1979…

De même on peut retrouver quelques petits détails qui n’échappent pas toujours au regard : l’espèce d’oiseau balancier qui plonge dans un verre, quand Rain prend son petit déjeuner par exemple…

 

Mais, parce qu’il y a toujours un (autre) mais, on remarque que la saga prend le tournant actuel qui veut que les personnages principaux soient jeunes et se débrouillent tout seuls. On avait une Rey jeune et néophyte (Starwars VII), ou encore Vesper dans le film éponyme, et bien d’autres…

Et là non plus, on n’y coupe pas : les adulescents ont pris le pouvoir chez les (super) héros !

 

Mais qu’est-ce que ça peut faire, puisque nous avons droit à presque deux heures de plaisir visuel (du cinéma, quoi), avec en prime la magnifique musique de John Williams dons certains passages ne sont pas sans rappeler quelques éléments un tantinet ligetiens

Alors oui : j’aime !

 

  1. NB : Les xénomorphes sont des super méchants !
  2. Eh oui, on fume dans les vaisseaux spatiaux (je sais, c’est très mal !).

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Biopic, #Mehdi Idir, #Grand Corps Malade
Monsieur Aznavour (Grand Corps Malade & Mehdi Idir, 2024)

C’est vrai qu’il y a peu de rimes intéressantes avec « Aznavourian ». Tandis qu’avec « Aznavour »…

Comme quoi, il suffit parfois de pas grand-chose.

Et pas grand-chose, à ses débuts, c’est ce qu’on pense de Charles A. (Tahar Rahim) : un mètre soixante-quatre, voix voilée, voire éraillée…

Mais « quand on voit d’où on vient et où on est arrivé »…

De ses tous débuts sur une scène, enfant, où il prend l’accent africain (1) à la gloire américaine – le même cachet que Sinatra (Rupert Wynne-James) – ce sont environ cinquante années de sa vie qui nous sont présentées, sans fard ni strass ni paillettes. Une vie (pas toujours) simple d’un homme hors du commun : il avait tout pour ne pas réussir.

 

Après deux films réalistes, Mehdi Idir et Grand Corps Malade s’attaquent à un autre genre, le biopic. Sortant du quotidien de la jeunesse plus ou moins actuelle, c’est celle d’un immense artiste qu’ils exposent, ou plutôt son ascension irrésistible et phénoménale jusqu’au « haut de l’affiche » !

Parce que cette vie singulière est véritablement phénoménale : né dans l’entre-deux guerre, il fréquente les grands noms de la chanson française et en particulier Edith Piaf (Marie-Julie Baup) et bien sûr, l’incontournable Charles Trenet (Dimitri Michelsen), ainsi que d’autres personnages plus sérieux, dont Missak Manouchian, autre Arménien notoire, ami de la famille Aznavourian.

 

Bien entendu, il y a de l’admiration pour le chanteur de la part de GCM et Idir, et le premier sait ce qu’il lui doit, mais l’admiration ne suffit pas : comme je le dis et répète, de bonnes intentions ne font pas obligatoirement un bon film.

Mais, heureusement pour nous, les deux complices ont réussi à éviter cet écueil. En effet, forts de leurs deux premiers films, ils réalisent à nouveau l’exploit de nous raconter l’histoire de quelqu’un pour qui la vie n’est pas facile et qui doit se surpasser pour vivre, voire survivre : c’était le cas de Benjamin (Patients) qui devait se battre contre le handicap pour essayer de retrouver une vie (presque) normale ; tout comme Samia (La Vie scolaire) qui devait survivre dans un milieu hostile, un collège de REP et les personnes qui gravitent autour.

 

Avec Aznavour (la personne comme le film), c’est (encore ?) la même chose : la lutte d’un fils d’immigré arménien avec une voix « particulière » comme on dit de nos jours. Bien entendu, à cette particularité vocale se sont ajoutées les méchancetés habituelles aux forts relents nauséabonds : « métèque », « nabot », et même « sale Juif ». Bref, de ce côté-là, les mentalités n’ont pas évolué. Par contre, Aznavour, si ! Et on le voit bien quand La Bohème nous est présentée, montée comme le Tralala de Suzy Delair (Quai des Orfèvres) : des accords de la chanson naissante, un matin, à ses différentes interprétations en langues étrangères pour se conclure au Carnegie Hall !

Aznavour avait compris que l’adaptation étrangère était indispensable à l’évolution de sa carrière, voire à la notoriété internationale de ses œuvres. Et à part La Vie en rose (eh oui, encore Edith…) et Comme d’habitude, il y a peu de chansons qui ont été adaptées dans ce sens (2)… De même, sa rencontre avec Johnny (Victor Meutelet) n’a rien d’imaginaire puisqu’il a écrit pour lui Retiens la Nuit, présentée ici en duo.

 

Bref, c’est un très bel hommage rendu au « petit Arménien », dont les chansons ont aussi marqué les Français : Comme ils disent, remise dans son contexte, est un beau moment d’émotion.

Mais ce qui frappe le plus et donne un aspect authentique au film, c’est le travail effectué par Tahar Rahim qui ne se contente pas seulement d’interpréter le petit (!) Charles (3) : il est Aznavour, du début à la fin, avec ses gestes et attitudes, sans jamais tomber dans la caricature, avec ses doutes et ses erreurs, ses joies et ses peines : un homme, avant tout.

A ses côtés, difficile de rivaliser, et pourtant les différents interprètes tiennent leur rang, palliant l’inévitable manque de ressemblance totale (4) par un jeu et un travail vocal époustouflant.

 

Alors, pour Monsieur Aznavour, Merci Monsieur Idir et Monsieur Marsaud !

 

  1. O tempora, o mores !
  2. Avant de recevoir une flopée de remarques plus ou moins désobligeantes, je précise qu’il y a en a d’autres (Jacques Brel : Le Port d’Amsterdam, Le Moribond… pour ne citer que lui)
  3. Le grand portait un képi avec des étoiles !
  4. Seul Aznavour était Aznavour !

 

 

Voir les commentaires

Articles récents

Hébergé par Overblog