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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Drame, #Gangsters, #Robert Siodmak
Les Tueurs (The Killers - Robert Siodmak, 1946)

Ils sont deux, Max (William Conrad) et Al (Charles McGraw). Ils sont venus tuer un homme : Pete Lung, plus connu (par les services de police) sous le nom de Ole Henderson (Burt Lancaster), dit « Le Suédois ».

Pourquoi deux tueurs à gage ont-ils descendu un pompiste d’une petite ville ? C’est ce que va chercher à expliquer Jim Reardon (Edmond O’Brien) qui travaille pour une compagnie d’assurance : Lung/Henderson a légué son assurance-vie à une obscure femme de ménage d’un non moins obscure hôtel d’Atlantic City.

Qui était donc cet homme « sans histoire », mort un soir dans sa chambre, exécuté par deux étrangers de la grande ville ?

 

Oui, nous le savons (presque) tous : il s’agit du premier film avec Burt Lancaster au premier plan. Ainsi que les débuts – remarqués (1) – d’Ava Gardner (Kitty Collins). Mais cela ne suffit pas à faire un chef-d’œuvre. Parce que Robert Siodmak signe là encore un film inoubliable doté d’une grande maîtrise technique (1).

A partir d’une petite anomalie, un homme qui désigne une femme qu’il n’a croisée qu’une fois pour bénéficier de son « héritage », Siodmak nous entraîne dans les bas-fonds vers une histoire sordide où finalement, peu en réchappent.

Bien sûr, l’utilisation du flash-back est primordiale, et d’une certaine façon, la quête de Reardon fait penser à celle du journaliste dans Citizen Kane.

C’est une sorte de négatif de cette recherche : Kane était un personnage important dont la dernière parole faisait référence à un détail (insignifiant ?) de sa vie, alors qu’ici c’est la vie d’un personnage somme toute insignifiant qui nous emmène vers un épisode conséquent : le braquage d’un bureau de paie, avec 250.000 dollars à la clé (une somme pour 1946 !).

 

Nous allons donc suivre cette quête qui va nous raconter le destin d’un petit bandit (Henderson), tombé dans la truande parce qu’il ne pouvait plus boxer, à travers ceux qui l’ont (le mieux ?) connu. Et Siodmak use sans abuser du flash-back, appuyé par un montage impeccable (merci Arthur Hilton), condition sine qua non à la maîtrise du procédé.

Et si la nouvelle d’Hemingway – à l’origine du scénario – n’a plus grand-chose à voir avec le film (à moins que ce ne soit le contraire…), tant pis (pour Ernest), parce que le film n’en est que plus exceptionnel.

Et la première intervention de Lancaster est elle aussi dans cette lignée.

C’est bien lui que ces hommes sont venus tuer, et il y a chez Henderson une fatalité chrétienne qui s’exprime : il a fait quelque chose de mal, il doit donc payer pour ça.

 

Et Siodmak souligne la fatalité (volontaire) qui caractérise son personnage : quand Nick Adams (Phil « Uncle Owen » Brown vient le prévenir que sa vie est en danger, il est déjà allongé sur ce qui va être son lit de mort (2) et, à l’instar des cadavres, son visage est déjà recouvert (par une ombre, autre symbole mortuaire). C’est donc un mort en sursis que les deux tueurs abattent, et son agonie est vue à travers sa main qui relâche son étreinte autour du montant du lit.

Peut-on y voir une autre main dans cette fin sordide, celle de la fatalité qui s’abat inexorablement sur Henderson ? Pourquoi pas…

 

Par contre, la première apparition d’Ava Gardner est totalement différente. Elle est mise en valeur par la lumière qui l’entoure et sa voix chaude qui chante. De plus, sa tenue vestimentaire a de quoi faire tourner toutes les têtes, et surtout celle de Henderson. Elle possède une aura qui fait oublier toutes les autres femmes.

C’est une femme fatale dans toute sa splendeur, et ce terme n’est pas usurpé, surtout quand on connaît la résolution de l’intrigue (3).

Mais là encore, son rôle ne se résume pas à celui d’un objet de décoration : elle est la véritable main du Destin (de la fatalité, si vous préférez !). En effet, c’est elle qui va précipiter les événements et amener Jim Reardon sur la piste de Ole Henderson. Bien entendu, alors que nous avons (presque) tous éléments dès les témoignages de son collègue (Nick Adams) et de sa bénéficiaire, Mary Ellen « Queenie » Daugherty (Queenie Smith) : nous apercevons alors « Big Jim » Colfax (Albert Dekker), truand notoire d’un autre calibre qu’Henderson et entendons parler d’une femme qui vient de partir.

 

Et Siodmak use d’une grande habileté pour nous tenir en haleine malgré cela jusqu’à la révélation finale, un tantinet inattendue : un basculement indispensable pour faire entrer ce film parmi les très grands.

 

  1. Pouvait-il en être autrement ?
  2. Oui, il meurt dans son lit !
  3. Déjà que le Suédois est mort…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie dramatique, #Guerre, #Roberto Benigni
La Vie est belle (La Vita e bella - Roberto Benigni, 1997)

Guido (Roberto Benigni) est serveur dans un grand restaurant. A plusieurs reprises, il tombe sur la belle Nora (Nicoletta Braschi), et donc, ils finissent ensemble. Ils on même un petit garçon, Giosué (Giorgio Cantarini).

Mais ils sont rattrapés par leur époque : Guido est juif et donc arrêté, avec son fils, et envoyé en camp de concentration. Dora décide alors de les suivre.

Mais comment faire comprendre à un enfant de cinq ans qu’il vient d’intégrer l’antichambre de l’enfer ?

C’est ce que Guido va réussir, et avec maestria.

 

Peut-on faire rire avec la Shoah ? En tout cas, on peut au moins sourire en voyant tous les stratagèmes que met en place Guido pour assouplir le séjour de son fils. Ce séjour se résume à un grand prix dont la récompense suprême est un (véritable) char d’assaut. Par contre, les règles sont strictes dont la primordiale reste : ne pas être repéré. C’est un véritable festival de faux-semblants (aujourd’hui, on dirait « fake news ») auquel se livre Guido pour adoucir le séjour – malheureusement – forcé de son fils. Et dans ce cas-là, tous les prétextes sont bons : interprète auprès des nazis ou serveur polyglotte font partie des artifices de Guido pour sauvegarder son enfant.

Bref, nous avons un personnage prêt à tout pour celui qu’il aime.

 

Et ce film en deux parties – avant et pendant le camp – est une belle leçon de vie, même si certains grincheux n’y ont vu q’une forme de négationnisme. En effet, le véritable résultat de camps de concentration est, comme qui dirait, entraperçu : lors d’un retour de réception – Guido comme serveur, Giosué comme invité malgré lui – le père se perd et découvre un charnier. Qui plus est, une fumée (brume) enveloppe cette vision qui pourrait, pour ces gens-là déjà cités, passer pour un rêve, voire une fantasmagorie. Mais nous, spectateurs avertis, savons qu’il ‘en est rien. Ces corps enchevêtrés sont bien le résultat de la solution finale préconisée fin 1942. Mais le film ne fait pas parti de ceux qui dénoncent le nazisme, me^me si Guido et Giosué ne se retrouvent pas en camp pour leur plaisir.

 

Benigni a voulu avant tout réaliser un film qui réunit comédie et (noire) tragédie. Et Guido, malgré son destin tragique (1), est un  personnage on ne peut plus positif, sinon optimiste. Il faut dire que la présence de cet enfant dans le camp aide à cela. Mais dans la première partie, qui le voir (plus ou moins) courtiser la jeune Dora donne le ton de cette comédie. Déjà à ce moment, il n’est pas à sa place : comment un simple serveur – à l’esprit éveillé – peut-il prétendre à une jeune fonctionnaire de (Déjà à ce moment, il n’est pas à sa place : comment un simple serveur – à l’esprit éveillé certes – peut-il prétendre à une jeune fonctionnaire de (très) bonne famille ?

 

Et même si les circonstances les réunissent plus ou moins malgré elle, on a du mal à croire à cette idylle : comment cette jeune femme de la haute société  peut-elle épouser un serveur juif ? Parce que ce dernier qualificatif est le véritable point de rupture de l’intrigue : la judaïté de Guido entraîne le développement tragique inévitable.

Et Benigni enfonce le clou pour dénoncer cet état de fait abject : son oncle (Giustino Durano), alors qu’il se prépare à la douche fatale, a un dernier élan d’humanité envers une jeune femme aryenne qui trébuche. Oui, ces gens qu’on élimine pour des prétextes raciaux sont avant tout des humains, soucieux du bien-être des autres.

 

Alors oui, ce film ne montre pas la terrible réalité des camps, mais dès le début, nous sommes prévenus : le narrateur, c’est Giosué, du haut de cinq ans. Comment peut-il concevoir l’effroyable machine à tuer qu’était le nazisme ?

Il ne peut pas.

Donc, le temps d’un film, plaçons-nous de son point de vue et savourons ce formidable film pour ce qu’il est : du cinéma. Du grand cinéma, certes, mais avant tout du cinéma.

 

  1. Oui, il meurt à la fin !

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Emile Ardolino
Sister Act (Emile Ardolino, 1992)

D’un côté, Whoopi Goldberg (Deloris van Cartier, alias sœur Mary Clarence) : délurée, moderne, vivante.

De l’autre, Maggie Smith (Mère supérieure du couvent de Sainte Katherine) : strict, conservatrice, rigide.

Au milieu, Bill Nunn (Eddie Souther) un policier qui n’a pas trouvé mieux, pour la protéger de Vince (Harvey Keitel) que de placer Deloris chez les nonnes : le dernier endroit où  Vince irait la chercher.

Pourquoi ? Elle a été témoin d’un meurtre, et sa relation – très intime – avec Vince ne la protège plus.

Seulement, un couvent, pour une meneuse de revue comme Deloris, ce n’est pas obligatoirement très approprié…

 

Oui, Whoopi Goldberg tient le film à bout de bras : c’est du sur mesure, et on sent qu’elle s’amuse. Mais elle n’est pas la seule. Les autres membres de la « congrégation » aussi, sans oublier, bien entendu, le spectateur.

Il faut dire que cette histoire – improbable, cela va de soi – a tout pour réjouir. On y oppose deux mondes très différents, menées par les deux femmes précédemment citées, et qui, évidemment, arrivent à un compromis : la congrégation va profiter de l’apport un tantinet moderne que Deloris va lui apporter, et en même temps – comme on dit ailleurs – cette dernière va changer son regard sur le monde. Bien sûr, il  n’est pas question de conversion, Deloris ne va pas entrer dans les ordres. Mais elle va tout de même profiter de ce passage ô combien spirituel.

De là à parler de rédemption… On n’en est tout de même pas loin.

 

En effet, Deloris est une chanteuse – moyenne – qui se produit dans des casinos de Reno (là où les mariages se font et se défont en un tournemain) et traîne avec un truand notoire (Vince, donc) marié qui plus est, et surtout très porté sur la religion : il ne quittera jamais sa femme !

Heureusement (1), l’exécution d’Ernie (Max Grodénchik) va la libérer de l’emprise du gangster. La libérer pour une forme douce de prison : non seulement les règles sont strictes et vont à l’encontre de la vie régulière de Deloris, mais en outre sa chambre s’appelle une « cellule ». Bref, elle a choisi une drôle de liberté !

Mais comme nous sommes dans une comédie, pas de quoi s’affoler.

 

Et encore une fois, c’est de la musique que viendra le salut : celui de Deloris, ainsi que celui du couvent promis à la disparition. Certes, Deloris est chanteuse, mais entre chanter des variétoches et diriger un chœur de nonnes, il y a un (sacré, évidemment) pas à franchir. Pas qu’elle franchit avec les limites qui vont avec, pour notre plus grand plaisir.

Il faut dire que l’énergie et l’entrain de la (encore) jeune femme est de l’ordre de la foi qui ferait déplacer des montagnes.

Et avoir mis en face d’elle Maggie Smith est une très bonne idée : la rectitude de la mère supérieure annonce celle de Minerva McGonagall moins de dix ans plus tard.

C’est un véritable choc de titans où aucune des deux ne sortira victorieuse ou, d’une certaine façon toutes les deux seront gagnantes et accèderont à l’inévitable rédemption sus mentionnée…

 

Bref, une comédie enlevée qui fait du bien : du cinéma, quoi !

 

  1. Pour elle, évidemment, parce que pour l’autre…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Comédie, #Jean Girault, #Louis de Funès
Jo (Jean Girault, 1971)

Jo (voix de Roger Lumont) est un maître-chanteur de la pire espèce. Parmi ses clients se trouve Antoine Brisebard (Louis de Funès). Ce dernier a déjà payé et ne peut plus. Il ne lui reste alors qu’une solution : éliminer cet infâme.

Le soir, Jo se pointe chez Brisebard, à son invitation, et se fait tuer par ce dernier.

Sauf que l’inspecteur Ducros (Bernard Blier) apprend à ce même Brisebard que Jo a été éliminé par ses complices.

Qui a donc été tué par Brisebard, et se trouve enterré sous la gloriette (1) ?

 

1971 est une année cinématographique faste pour Louis de Funès : entre Sur un Arbre perché (Serge Korber) et La Folie des grandeurs (Gérard Oury), on trouve cette adaptation d’une pièce de théâtre (1) à l’intrigue policière déjà adaptée au cinéma en 1960 (2). Et bien que ce film soit réalisé par Jean Girault, on peut le considérer comme l’un des meilleurs de l’acteur. De Funès est encore une fois impérial, enchaînant mimiques et paroles inaudibles, situations improbables et visuelles comiques… Bref, du grand art.

Mais il faut dire qu’il a à ses côtés deux pointures : entre Claude Gensac (Sylvie) qui interprète à nouveau son épouse et Bernard Blier, nous sommes en très bonne compagnie. Sans oublier quelques têtes habituelles des films de la décennie et les familiers de Girault (Michel Galabru, Jacques Marin, Dominique Zardi…).

 

Bien entendu, tout le film repose sur de Funès et la proximité entre l’acteur et le réalisateur permet au premier de s’exprimer totalement. C’est un véritable raz-de-marée scénique, de Funès étant partout, courant de pièce en pièce, accumulant les situations périlleuses pour le plus grand plaisir du spectateur qui ne fut malheureusement pas toujours là à la sortie du film.

Et pourtant, il s’agit d’une de ses plus belles prestations, loin devant celles des sempiternels Gendarmes qui ont pourtant du succès.

Malheureusement, cette agitation permanente aura raison de lui : on comprend en voyant son jeu nerveux poussé à son paroxysme ; pourquoi il fit trois infarctus, le dernier se révélant fatal.

Bien entendu, Claude Gensac est toujours l’élément calme sur lequel ce personnage excité peut se reposer, même si l’intrigue ici a raison de la nonchalance habituelle de l’actrice.

Quant à Blier, encore une fois, il nous gratifie d’une performance impeccable, tenant tête à de Funès avec beaucoup de maîtrise.

 

Et le talent comique de de Funès s’exprime ici de nombreuses fois par son regard : s’il est la première personne que nous voyons au début du film, ce n’est pas lui qui prononce la première phrase. En effet, paralysé par le revolver qu’il tient, il est incapable de parler, et surtout de tirer ! Et l’aspect visuel de cette première séquence donne le ton pour le reste du film : tous les protagonistes vont jouer avec leur visage, passant du sourire au sérieux en un tournemain, et avec leurs regards exprimant magnifiquement l’indicible qui devient pourtant très compréhensible.

 

Et si Jo n’a pas eu le succès escompté, il participe tout de même au véritable retour en puissance – après quelques films de moindre facture – de l’acteur qui va enchaîner ensuite deux autres films de haut niveau : La Folie des grandeurs d’abord, et le phénoménal Rabbi Jacob ensuite.

Bien que Jean Girault ne soit pas considéré comme un grand cinéaste – ce qui se comprend tout de même un peu – on peut lui accorder un peu plus qu’un satisfecit pour cette comédie bien enlevée : à l’instar des grands qui se sont fourvoyés dans de sombres navets (3), on peut aussi trouver des petits cinéastes capables de grandes choses !

 

PS : Jacques Marin (Andrieux, un des policiers) était l’inspecteur Ducros lors de la création de la pièce de théâtre en 1964.

 

  1. Gloriette qui donne son titre à la pièce originale : The Gazebo (Alec & Myra Coppel, 1958).
  2. Un Mort récalcitrant (The Gazebo – George Marshall, 1959) avec Glenn Ford dans le rôle principal.
  3. Tobacco Road (John Ford, 1941), pour ne citer que celui-là…

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