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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Guerre, #Drame, #Norman Jewison, #Denzel Washington
A soldier's Story (Norman Jewison, 1984)

Nous sommes en Louisiane, en 1944, dans une base américaine où les soldats attendent impatiemment d’aller au front, et surtout le bataillon de soldats noirs, emmenés par le sergent Waters (Adolph Caesar), histoire d’aller botter les fesses d’Hitler.

Un soir, ce sergent rentre ivre à la base. Enfin essaie de rentrer, parce qu’il n’y arrivera pas : il est abattu sur le chemin. Comme nous sommes en Louisiane, pas besoin de chercher bien loin le(s) coupable(s) : le Klan, des gradés racistes (pléonasme dans cette intrigue) ?

Le capitaine Davenport (Howard E. Collins) est envoyé par Washington pour enquêter : et ce qui semblait évident ne l’est plus…

Certes, Waters n’était pas obligatoirement un formidable soldat, mais il ne méritait pas pour autant de mourir.

 

C’est encore une fois un film singulier que nous propose Norman Jewison, traitant du racisme dans l’armée américaine, mais pas seulement le racisme des Blancs contre les Noirs : Waters, sergent noir, détestait les hommes sous ses ordres, tous noirs. Alors évidemment, ça ouvre le champ des possibilités, question meurtrier.

Et Jewison, à coup de flash-back, va nous faire entrer dans le quotidien de ce bataillon particulier, héritage incontournable de la ségrégation sudiste.

Avec surtout un élément primordial dans cette enquête : le capitaine Davenport est un officier noir, une anomalie dans ce milieu, et en plus tout se passe dans le Sud !

Et encore une fois, Jewison s’en sort avec brio, mais pouvait-il en être autrement ?

 

Certes, l’intrigue est riche en péripéties, mais cela ne suffit pas. Jewison nous présente très progressivement ce personnage qui se fait tuer dès l’ouverture. Et plus nous avançons dans cette intrigue, plus ce « soldat » du titre est ambigu : il n’est pas vraiment ce qu’on peut appeler une « pauvre victime ». Il porte en lui des qualités qui vont devenir des défauts et nous révéler un autre personnage : une espèce de salaud désabusé.

En effet, les hommes de son bataillon ne sont pas tels qu’ils le voudraient, mais tels que la société le veut : inoffensifs et futiles. Et parmi eux, c’est C.J. Memphis (Larry Riley) qui est le souffre-douleur de cet homme mauvais : C.J. est musicien, joueur incroyable de base-ball et peu enclin aux armes. Tout pour irriter ce sergent.

 

Et si ce film fonctionne très bien, c’est avant tout grâce à la reconstitution de cette époque : les guerres mondiales ont toujours amené des changements dans la société, et celle-ci n’échappe pas à la règle. Et ce changement se présente tout d’abord sous la forme de ce gradé inimaginable : un Noir avec un grade supérieur à celui de sergent ! Personne n’a jamais vu ça, comme le souligne un soldat en plein exercice, quand il arrive.

Mais ces galons ne sont pas pour autant une protection : on sent la prudence de Davenport, face à l’attitude des autres officiers, tous blancs. De même le lieutenant Byrd (Wings Hauser) est réticent à obéir à cet homme qu’il méprise parce que noir. Et cette méfiance se ressent jusqu’en haut de la hiérarchie avec le colonel Nivens (Trey Wilson) qui souhaite que tout soit réglé rapidement, et si possible sans vague.

Seul le capitaine Taylor (Dennis Lipscomb) sort du lot : s’il est méfiant envers Davenport, ce n’est du fait de sa couleur, mais plutôt par rapport à ce que pourrait révéler son enquête. Il y a même une forme d’amitié qui se noue entre ces deux hommes, comme le montre la dernière séquence. Mais cela ne nous étonne pas beaucoup : lors du match de base-ball entre les Noirs et les Blancs, il est le seul à se réjouir de la victoire des premiers : debout en tribu ne, il se rassoit quand il constate que tous ses voisins le regardent avec mépris.

 

Et Taylor est celui qui va entériner le changement annoncé : il sait que d’autres officiers noirs vont arriver, et ça ne le gêne pas outre mesure. De toute façon, ce changement est en marche : les soldats noirs s’en vont vers le front…

Où ils pourront se faire tuer comme les Blancs !

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Mel Stuart
Willy Wonka au Pays enchanté (Willy Wonka and the chocolate Factory - Mel Stuart, 1971)

Voilà vingt ans que la chocolaterie de Willy Wonka (Gene Wilder) est fermée. Fermée par peur des espions qui veulent s’emparer des secrets du génial chocolatier.

Mais ce dernier vient d’offrir la possibilité à cinq enfants de venir dans son usine. Pour cela, rien de plus simple : trouver le ticket d’or qui se cache dans une tablette.

Plus que tout, Charlie Bucket (Peter Ostrum) aimerait en trouver un. Mais les quatre premiers sont vite trouvés et Charlie désespère, jusqu’au moment où il le trouve !

Le voilà, avec Papi Joe (Jack Albertson), en ce premier octobre, devant la grille de la chocolaterie.

La visite – et donc le voyage – peut commencer !

 

Première des adaptations du livre de Roald Dahl (paru en 1964), c’est peut-être la plus réussie, même si celle de Tim Burton est attachante. Il faut dire que la présence de Gene Wilder est la clé  de la réussite de ce film. Même s’il n’a pas l’âge requis pour interpréter de rôle principal, ce n’est pas grave : nous sommes au cinéma et tout reste possible.

Et encore plus les inventions phénoménales de Wonka !

D’autant plus que les moyens techniques à disposition sont beaucoup moins élaborés que pour Burton : ce sont des effets spéciaux à l’ancienne, et ils n’en demeurent pas moins très bien léchés. A aucun moment, on ne se demande « mais, comment ont-ils fait ? » : on savoure les instants et c’est tout.

 

Bien entendu, tous les ingrédients du livre sont là et on se délecte des disparitions successives des différents enfants, tous plus invivables les uns que les autres. Avec bien entendu, la palme pour Verruca Salt (Julie Dawn Cole), ce monstre d’égoïsme et d’insolence, dont le père (Roy « Planchet » Kinnear) n’est pas peu responsable… Et que dire de la gourmandise d’Augustus Gloop (Michael Bollner), de l’orgueil de Violet Bearegarde (Denise Nickerson) ou de l’intoxication télévisuelle de Mike Teevee (Paris Themmen) ? Rien, ils subissent le même sort que leur congénère. Par contre, rien que leur nom nous indique déjà ce qui va les perdre…

Alors bien sûr, Charlie et sa vie quotidienne on ne peut misérable ne peut qu’attirer la sympathie des spectateurs : le taudis qui lui sert de maison avec le grand lit où dorment les quatre grands-parents suffit. Et le fait qu’on le suive lui et pas un autre enfant nous fait deviner très rapidement l’heureux issue. Parce que c’est avant tout la chocolaterie qui nous intéresse : qu’y fait-on ? Et comment ?

 

Et Mel Stuart mène son film magistralement, s’adressant avant tout aux enfants, mais aussi, d’une façon plus déguisée, aux parents : ces quatre enfants terribles qui nous sont présentés ont des parents qui ne semblent vraiment pas à la hauteur. De plus, il entrecoupe les différentes séquences de chansons pertinentes (1) avec en point d’orgue, à chaque élimination d’enfants, la chanson des Oompa Loompa (des acteurs nains), comme dans le roman originel.

 

Bref, c’est une belle réussite qui ne s’éloigne pas beaucoup du roman original, ce qui est tout de même un plus.

Je sais, nous sommes au cinéma, et tout est permis.

Même de rester fidèle au produit d’origine !

 

  1. Ecrites par Leslie Bricusse & Anthony Newley

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Thriller, #Edward Berger
Conclave (Edward Berger, 2024)

Le Pape est mort : Vive le Pape !

Enfin, non. Ce n’est pas aussi simple que ça. D’abord, comme disait Coluche, il faut rassembler les cardinaux, et ils sont aux quatre coins. Ensuite, nous assistons à un vote à plusieurs scrutins jusqu’à désignation du successeur du défunt sur le trône de Saint Pierre (celui avec les clés).

Cette fois-ci, le choix est ouvert, avec en vedette le cardinal Tedesco (Sergipe Castellito) chantre d’un conservatisme ultra réactionnaire.

Et si le salut venait du camerlingue, le cardinal Lawrence (Ralph Fiennes) ?

 

Quelques jours dans la chapelle Sixtine, avec une ribambelle de cardinaux à la calotte rouge, sans pour autant connaître les différentes positions des uns et des autre : c’est ce que nous propose Edward Berger. Notre attention est portée sure le résultat de cette élection (on ne peut plus) irrégulière, avec les différents enjeux politiques et bien sûr spirituels que cela implique.

Et Ralph Fiennes porte avec beaucoup de talent la responsabilité du scrutin, ainsi que celle du film : il est un personnage primordial même si inadapté à la situation : il n’a pas, à aucun moment, la prétention de remplacer le pape sortant.

Pourtant, en tant que spectateur, nous savons – rapidement – que « s’il n’en restait qu’un, [ce] serait celui-là ! »

 

Et Edward Berger nous entraîne dans les arcanes d’une élection papale, avec ses intrigues séculières qui n’ont pas spécialement de lien spirituel : comme chez les autres politiciens, la fin justifie les moyens ! Parce que, comme le rappelle Lawrence à l’heureux élu, la fonction est l’une des plus prestigieuse au monde.

Et ce qui peut nos réjouir (1), c’est le résultat du vote : non seulement le réactionnaire en chef est écarté, mais en plus le malhonnête, (John Lithgow, encore une fois du côté obscur) aussi.

 

C’est donc un jeu de trône auquel nous assistons, même si le résultat n’est pas obligatoirement intéressant : nous savons que la place sera occupée. Mais ce sont toutes les transactions auxquelles nous n’avons pas accès d’habitude qui font tout l’intérêt du film.

Et surtout c’est la performance de Ralph « Voldemort » Fiennes qui retient notre attention. Son jeu est tout en subtilité, et sans minimiser la position de son personnage.

On va le suivre avec beaucoup d’intérêt dans cette quête papale qui l’implique malgré lui.

 

Bref, ce conclave nous tient en haleine et si son résultat n’est pas obligatoirement révolutionnaire, il bénéficie tout de même d’un basculement final étonnant mais réjouissant.

Mais rassurons-nous (?), pas de quoi déstabiliser l’institution…

Malgré l’incertitude du scrutin, la morale reste sauve.

 

Tant mieux ?

 

  1. Ce n’est qu’une fiction…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Télévision, #Série, #Gerry Marshall, #Ron Howard
Happy Days (Gerry Marshall, 1974-1984)

1974 commence (nous sommes le 15 janvier), et une nouvelle série télévisée démarre (encore ?). Et non seulement elle est de qualité, mais en plus elle va perdurer dix ans !

Richie Cunningham (Ron Howard), Potsie (Anson Williams), Ralph (Don Most) et Fonzie (Henry “The Fonz” Winkler) nous sont proposés. Nous sommes dans les années 1950 (puis 1960), dans un décor qui n’est pas sans rappeler celui d’American Graffiti, sorti un peu moins de six mois plus tôt, avec – déjà – Ron Howard !

Le milk-bar n’est pas encore le lieu central de la série, mais il s’y passe déjà beaucoup de choses. C’est là que les protagonistes principaux se retrouvent et lancent les principaux éléments de l’intrigue.

 

Pour le premier épisode, Richie a rendez-vous avec la belle Mary Lou (Kathy O’Dare). Bien entendu, il n’est pas un tombeur et manque cruellement de pratique. Heureusement, son ami Potsie est là pour le conseiller, bien qu’il n’ait pas tellement plus d’expérience dans ce domaine…

 

La musique d’époque est là, tout comme les codes vestimentaires, et l’incontournable voix d’Elvis qui, si elle ne chante pas Good rockin’ tonight, nous propose tout de même Hound Dog, ce qui nous donne une indication temporelle : la chanson est sortie le 13 juillet 1956 !

Donc, Gerry Marshall, créateur de la série, recrée avec bonheur cette période d’après-guerre à travers les yeux des adolescents, ceux qui étaient nés pendant la Deuxième Guerre mondiale.

Bien évidemment, c’est avant tout la comédie qui est mise en avant, même si ce que vit Richie ne l’est pas spécialement, au moins pour lui.

 

Et dans ce premier épisode, Marshall commence à positionner ses personnages. Les Cunningham sont le fil rouge et si nous ne faisons qu’apercevoir Marion (Marion Ross), la mère où les autres enfants – Joanie (Erin Moran) et Chuck  (Gavan O’Herlihy) – le père, Howard (Tom Bosley) nous apparaît déjà comme un pilier de la série.

Et bien entendu, nous trouvons déjà celui qui donnera toute son envergure : Arthur « Fonzie » Fonzarelli (Henry Winkler).

Il est déjà considéré comme le supérieur de cette bande de jeunes gens. Au contraire de Richie, il n’est plus à l’école et a un regard détaché sur la vie. Mais certainement pas sur son apparence : il nous fait déjà le coup du peigne devant la glace qui sera repris plus tard dans le générique.

 

A propos de générique, c’est Rock around the Clock qui ouvre ce premier épisode, et la chanson Happy Days que nous connaissons (presque) tous, n’est présente que pour la fin, alors que la caméra s’éloigne de Richie et Potsie, révélant l’insouciance d’alors : tous ces jeunes gens qui s’amusent.

 

Bref, de vrais jours heureux…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Chuck Russell
The Mask (Chuck Russell, 1994)

1994 : grande année pour Jim Carrey.

En effet, trois films (1) où il est en haut de l’affiche sortent et il passe dès lors au premier plan, enchaînant les succès.

Et ce Mask, c’est du sur mesure, ou presque !

A l’instar de son interprète, le Mask possède une dentition remarquable et une souplesse incroyable. Bref, Jim Carrey est son personnage, et nous en profitons !

 

Stanley Ipkiss (Carrey, donc) est employé de banque, un tantinet trop gentil, naïf et idéaliste. Et ce ne sont pas des qualités très prisées à Edge City. Mais un soir, alors qu’il croyait sauver une forme qui se noyait, il trouve un masque viking en bois. Une fois essayé, Stanley se métamorphose : il est un homme au visage vert et imberbe, aux manière très éloignées de ce qu’il est : « the Mask ».

Seulement voilà, à l’instar de Mr. Hyde pour Jekyll, cet avatar échappe à tous contrôles et rapidement, Stanley est recherché par la police : même s’il portait un masque, c’est bel et bien lui qui a dévalisé la banque où il travaille…

Mais s’il n’y avait que ça…

 

Bien entendu, Jim Carrey est absolument époustouflant. Certes, les effets spéciaux sont omniprésents et accentuent les différentes mimiques de l’acteur. Mais force est de constater qu’il s’en tire à merveille, interprétant ce véritable hommage à Tex Avery. Doublement parce que Stanley est avant tout un grand fan du maître du cartoon, mais aussi parce que son personnage se comporte comme l’une de ses créatures, et en particulier le loup. Nous avons d’ailleurs droit à la séquence où le Mask regarde la belle Tina (Cameron Diaz) chanter, telle le petit Chaperon rouge (Red hot riding Hood, 1943) ou encore Cendrillon (Swing shift Cinderella, 1945). Le tout avec les effets sonores adéquats.

C’est du grand n’importe quoi dès que le visage vert apparaît, et c’est tant mieux ! Avec en point d’orgue les policiers venus l’arrêter, entraînés dans une chorégraphie impromptue. Impromptue mais savoureuse !

 

C’est une centaine de minutes de plaisir où l’on découvre une jeune actrice (elle a encore 21 ans quand le film est présenté) qui fera parler d’elle : Cameron Diaz.

Bien entendu, le méchant (condition sine qua non de réussite du film), Dorian (Peter Greene), est à la hauteur de l’événement, et encore plus quand il récupère le masque et l’enfile. Il est aussi répugnant que sa voix est désagréable : tout ce qu’il faut pour s’attirer les inimitiés.

Bien entendu, comme nous sommes dans une comédie, tout se terminera bien, ce dont nous ne doutons à aucun moment, l’intérêt étant de voir comment on y parvient !

Et la palme du meilleur second rôle échoit bien sûr à Max, qui interprète Milo, le chien de Stanley, qui va lui aussi enfiler le masque…

 

Bref, si ce n’est déjà fait, précipitez-vous sur ce film fichtrement bien ficelé, où les effets spéciaux numériques sont encore balbutiants mais tout de même très efficaces, et surtout bien réalisés et n’empiètent pas sur l’intérêt de l’intrigue, ce qui n’est pas toujours le cas… Surtout dans les années qui ont suivi !

 

 

  1. Les deux autres : Ace Ventura : Pet Detective et Dumb & Dumber.

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