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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie dramatique, #Frank Lloyd, #Norma Talmadge
Cendres de Vengeance (Ashes of Vengeance - Frank Lloyd, 1923)

Frank Lloyd fait partie de ces réalisateurs aujourd’hui tombés dans l’oubli, à l’heure numérique où chaque geste d’acteur amène un déploiement d’effets spéciaux hors du commun (1).

Pourtant, ce fut – et ça reste – un réalisateur très capable et habile, comme on a pu le lire ici depuis quelques temps.

Avec Cendres de Vengeance, il nous emmène une fois de plus dans un film à costume, et surtout avec l’immense (et belle) Norma Talmadge.

 

23 août 1572 (2) : Henri de Bourbon (le futur monsieur IV) épouse Marguerite de Valois, la sœur de Charles IX (George Beranger) alors roi de France. Sa mère, la terrible Catherine de Médicis (Josephine Crowell) ourdit dans le même temps la fin des protestants qui aura lieu peu de temps après.

A côté de la grande Histoire, se développe une intrigue – qui va nous intéresser – mettant en scène Rupert de Vrieac (Conway Tearle), jeune noble protestant. Depuis toujours, les Vrieac sont ennemis mortels des La Roche : provoqué par le comte de cette maison (Courtenay Foote), il le bat en duel et lui laisse la vie sauve. Vexé, La Roche va lui rendre la pareille en le protégeant de la nuit de la Saint-Barthélemy, en échange de sa soumission comme serviteur pendant 5 ans. Vrieac y consent pour sauver sa fiancée, la belle Margot de Vanceoire (Betty Francisco), protestante elle aussi.

Rupert se retrouve donc à servir dans le château de La Roche, aux ordres de ce dernier et de sa sœur Yoeland (Norma Talmadge).

 

Comme je le disais dans le premier paragraphe, on a malheureusement oublié Frank Lloyd alors qu’il a réalisé de très beaux films. Certains sont tout de même passés à la postérité (Mutiny on the Bounty par exemple) mais peu se rappellent qui il était. Et c’est bien dommage parce que ces Cendres de Vengeance méritent le coup d’œil (et même plus). Et outre Norma Talmadge, on y trouve un autre grand nom du cinéma, encore une fois dans un rôle de méchant : Wallace Beery (Duc de Tours).

L’intrigue de Lloyd (inspirée de H.B. Sommerville) n’est pas aussi simple qu’elle paraît. On y trouve, chose étonnante, deux méchants, à des niveaux forts distincts.

Un méchant conventionnel, voire rationnel, La Roche, dont l’inimitié se perd dans la nuit des temps (3), et qui va provoquer l’intrigue en « sauvant » Vrieac du massacre du 25 août.

Un méchant naturel, voire instinctif, le duc de Tours, donc la méchanceté n’a d’égale que sa couardise. Bref, le véritable méchant de cette histoire.

 

Et au milieu de ce milieu masculin, nous trouvons donc Yoeland, autour de qui tout va s’articuler. Si La Roche est l’instrument du destin de Vrieac, Yoeland est celui de l’intrigue : tout ce qui arrive est dû à sa beauté et sa personnalité.

Mais alors que ces hommes sont tous des fines lames, elle, n’a que sa personnalité pour arriver à ses fins – tout à fait honorables.

Bien sûr, personne ne résiste à ses charmes, et même Vrieac y succombe, malgré la distance imposée par son serment qui le lie au La Roche.

De son côté, le duc de Tours remarque d’entrée cette belle femme, oubliant qu’il est venu pour épouser sa cousine Denise (Mary McAllister).

 

Et encore une fois, Wallace Beery nous montre qu’il est un méchant formidable, sadique et pleutre à la fois (4), un de ces personnages qui assure le succès du film (cf. Hitchcock). A ses côtés (en face plutôt), Norma Talmadge est toujours grandiose, faisant passer la quasi-totalité de ses sentiments par son regard sombre mais aussi triste. Quant à Conway Tearle, il est un Rupert acceptable, chevaleresque à souhait même si on aurait pu préférer un acteur avec plus de charisme.

Bref, c’est un film solide où l’action et les combats à l’épée ne manquent pas, mais dont il ne faut pas trop questionner la vérité historique : les soldats de Tours ressemblent plus à des Suisses qu’à autre chose, et la seule voix qui s’élève contre le massacre annoncé des protestants vient du cardinal de Lisieux (Winter Hall) : je ne suis pas convaincu qu’un homme d’église si haut placé eût pu élever quelque protestation à l’annonce de l’éradication de l’hérésie protestante.

Mais nous sommes au cinéma : ne boudons pas notre plaisir !

 

  1. Je sais, j’exagère.
  2. C’est ce qu’annonce le film.
  3. En fait, on ne sait pas d’où vient cet antagonisme.
  4. Son sadisme est proportionnel à sa lâcheté, et il n’est pas bien courageux.
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