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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Dessin animé, #Comédie, #Astérix, #Alexandre Astier, #Louis Clichy
Astérix : Le Domaine des dieux (Alexandre Astier & Louis Clichy, 2014)

Il est très difficile d’adapter une bande-dessinée au cinéma. Et encore plus quand il s’agit d’un classique par mi les classiques. Ici : Le Domaine des dieux. (Goscinny & Uderzo, 1971)

Il s’agit d’une bande-dessinée phare des aventures du petit Gaulois (et de son énorme complice) où les baffes aux Romains sont enveloppées dans des considérations anti-esclavagistes voire des négociations en rapport avec la copropriété : les Romains – dans le livre – gèrent le Domaine des dieux abandonné par les civils, comme des petits propriétaires sûrs de leur bon droit. Bref, des réjouissances en perspective !

Et à la différence des diverses adaptations de la décennie, précédente, le film d’Alexandre Astier (et Louis Clichy) fonctionne parce qu’il utilise avec brio les images de synthèse : au lieu de recréer un environnement réaliste à une histoire difficilement adaptable (1), Astier et son équipe vont recréer numériquement le décor du guerrier le plus connu (après Vercingétorix, cela va de soi).

 

Donc Astérix (voix de Roger Carel – encore lui, mais c’est aussi sa dernière contribution) va se battre contre l’urbanisation galopante, et ce malgré les artifices du druide Panoramix (voix de Bernard Alane) qui s’efforce de contrer les efforts de l’architecte Anglaigus (voix de Lorànt Deusch), qui a été mandaté par César (voix de Philippe Morier-Genoud) pour construire un domaine ,moderne censé anéantir le village gaulois ou au mieux (pire ?) le transformer en amphore-ville (2).

Bien entendu, nos Gaulois ne sont pas d’accord même si l’appât du gain va presque réussir à changer les mentalités.

 

Alexandre Astier, à qui nous devons la formidable série Kaamelot, ne s’est pas trompé en adaptant – graphiquement – les aventures de notre petit Gaulois préféré. En effet, outre Alain Chabat, personne n’a réussi à mettre en scène d’une manière réaliste les aventures du petit Gaulois avec succès (1). En utilisant exclusivement des images de synthèse, ce que les autres auraient dû faire, il n’a pas de problème de vraisemblance voire de réalisme : nous sommes dans le domaine du dessin animé, et donc, comme disait Tex Avery, « tout est possible ». Même des Romains qui sautent hors de leurs caligæ, pour notre plus grand plaisir.

 

Mais ce qui nous ravit, c’est cette adaptation à l’intrigue initiale qui est respectée sans toutefois la suivre à la lettre : la partie syndic de copropriété, un tantinet complexe est abandonnée pour une histoire plus abordable avec, bien entendu, force baffes et bourre-pifs pour les Romains : mais n’est-ce pas ce que nous attendions ?

 

Une très belle adaptation qui fait passer même celles des créateurs originaux pour de simples anecdotes…  En aurait-il été de même si Goscinny avait survécu à cet exercice cardiaque fatal (4) ? Très certainement : Goscinny et Uderzo auraient su évoluer avec leur époque.

 

  1. Sauf pour Alain Chabat.
  2. Les amphores servaient alors de bidon (Goscinny).
  3. D’ailleurs, le même a  lai Chabat a participé au film : il double le sénateur Prospectus, avatar du personnage Volfgangamadeus (tout un programme) qu’on trouve normalement dans Astérix chez les Belges.
  4. 5 novembre 1977.
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