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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Drame, #John Griffith Wray
Beau Revel (John Griffith Wray, 1921)

Laurence « Beau » Revel (Lewis Stone, toujours aussi impeccable) est un séducteur. Il aime les femmes et ne vit que pour les séduire, puis bien sûr, les abandonner. Un vrai salaud, quoi !

Il a un fils, Richard (Lloyd Hughes), qui semble suivre son exemple. Semble seulement parce qu’il est amoureux de Betty Lee (Florence Vidor, l’ex-femme de King), une danseuse très en vue, qu’il voudrait épouser.

Mais Beau veille et veut chasser toute idée de mariage de la tête de son fils : il va tenter de la séduire pour lui montrer qu’on n’épouse pas ce genre de femme.

 

Voici un mélo tout à fait dans l’ère du temps – il y a 100 ans – où nous nous retrouvons dans une histoire morale, comme nous en sommes prévenus dès l’ouverture. Nous savons que tout va mal tourner pour ce séducteur, et cette idée est renforcée par un plan qui voit un papillon de nuit tournoyer autour de bougies allumées. Pas besoin d’être grand druide pour voir dans ce papillon notre séducteur, ni pour comprendre qu’il va irrémédiablement se brûler les ailes.

 

Et John Griffith Wray filme sans surprise cette déchéance programmée, sous l’œil attentif de l’incontournable Thomas H. Ince, producteur omniprésent.

On notera toutefois une utilisation pertinente de la surimpression à deux moments : quand Beau sent un changement en lui et fait une sorte de tempête sous un crâne, un deuxième lui-même représentant son côté obscur ; quand la fin est proche et qu’il devient fou, imaginant apercevoir certaines des femmes qu’il a pu avilir.

 

Si le film ne se distingue pas des autres de la même période, on peut tout de même souligner la présence de Lewis Stone en haut de l’affiche : il interprète avec beaucoup de métier ce séducteur un tantinet abject avec la retenue et la subtilité qu’on lui connaît. Mais ses cheveux blancs ne trompent pas (il a 41 ans quand sort le film), il ne peut plus jouer les jeunes premiers, seulement les vieux beaux (1) sur le retour, ce qu’il fait très bien ici. On appréciera son élégance naturelle qu’il portera tout au long de sa carrière.

 

A ses côtés, Florence Vidor s’en tire honorablement, ce qui n’est pas le cas de Lloyd Hughes, un brin mièvre. Mais il faut dire que le rôle de Dick Revel est beaucoup moins étoffé que celui de son père, et surtout il part d’un point de l’intrigue fort déconcertant : comment un type comme Beau Revel a-t-il pu avoir un fils ? Ou plutôt comment Beau Revel a-t-il pu reconnaître un enfant, au vu de son attitude ignoble envers les femmes ?

 

  1. C’est le cas de le dire.
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