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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Spike Jonze
Dans la Peau de John Malkovitch (Being John Malkjovitch - Spike Jonze, 1999)

Craig Schwarz (John Cusack) est marionnettiste.

Mais dans le monde actuel (celui de 1999), il n’y a pas de place pour ce métier et Craig est obligé de travailler comme archiviste. En faisant du classement, il découvre une (toute) petite porte qu’il franchit, et longe un tunnel qui l’emmène : dans la tête de John Malkovitch !

Il en parle à une « collègue », Maxine (Catherine Keener) pour qui il a un faible, et à son épouse Lotte (Cameron Diaz).

Lotte va alors tenter l’expérience et se retrouver dans Malkovitch, alors qu’il sera entrepris par Maxine.

 

Jubilatoire (1).

Le film de Spike Jonze est magnifique, alliant une maîtrise cinématographique à un scénario des plus subtiles, mêlant vaudeville et fantastique avec beaucoup de bonheur.

En effet, la présence d’un trio amoureux – en plus de John Malkovitch – fait définitivement basculer cette comédie douce-amère dans le vaudeville, renouvelant le genre avec habileté.

En effet, si nous avons un homme avec deux femmes, il s’agit avant tout d’une infidélité féminine, mais surtout cette infidélité se fait à travers un quatrième personnage (2), rendant la situation des plus singulières.

Le tout nous emmène dans une situation amoureuse et surtout familiale finale qui aurait pu déchaîner les partisans de la famille traditionnelle… Mais heureusement, il n’en fut rien !

 

S’ajoute à cela une distribution à la hauteur : John Cusack bien sûr, mais surtout Cameron Diaz qui interprète pour une fois une femme absolument pas glamour ! En effet, Lotte qui gère une animalerie, peut être qualifiée de « domestique » tant son apparence reste celle d’une femme d’intérieur. Et pire que cela, d’une femme d’intérieur qui ne sort pas.

A tel point qu’elle débarqua dans sa tenue sur le plateau et qu’on la prit pour une étrangère !

 

Bien sûr, c’est le scénario de Charlie Kaufman qui retient l’attention, avec John Malkovitch qui n’a pourtant pas le premier rôle.

Il faut dire que l’imaginer en marionnette est tout de même très drôle, surtout avec la coupe de cheveux qui va avec. Chacune de ses interventions amène le sourire, surtout quand on sait qu’il est habité !

Mais surtout, c’est toute la ramification un tantinet existentialiste qui entoure le scénario qui force l’admiration. Est-on John Malkovitch (3) quand on pénètre son esprit ? Et à part Craig, personne ne peut répondre affirmativement.

 

Bref, c’est un film brillant où la comédie ne l’est pas tant que ça, même si avons droit à quelques moments franchement comiques. En particulier le moment inévitable et en même temps la mise en abyme absolue : John  Malkovitch dans la tête de John Malkovitch.

En plus d’être un moment formidable, c’est aussi une grande prouesse technique rendue possible à ce niveau grâce aux effets numériques (4).

Cette séquence est le point d’orgue du film, véritable scène surréaliste, déclinant John Malkovitch à l’infini et où le langage lui-même lui est dédié.

Sublime.

 

Il ne me reste plus qu’une chose à ajouter : « Malkovitch ! »

 

  1. « Jubilatoire » est un mot que je déteste, mais il n’en existe pas d’autre pour décrire ce que je pense de ce film.
  2. Oui : John Malkovitch.
  3. Le titre original.
  4. Ce n’est pas la première fois qu’un acteur est démultiplié, certes, mais pas à ce point, ni dans de telles conditions. Inoubliable.
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