Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Raoul Walsh, #Pirates
Barbe Noire le Pirate (Blackbeard, the Pirate - Raoul Walsh, 1952)

C’est finalement Robert Newton qui tient le rôle du pirate, dirigé par Raoul Walsh, dans une adaptation très libre de la vie – et surtout la fin – de ce terrible personnage à la barbe noire et tressée.

 

Barbe-Noire est le type de personnage très walshien, de par sa démesure et sa truculence. Encore qu’on aurait pu faire un peu plus dans cette démesure. Mais pour une fois que le chef des pirates ne s’en sort pas à la fin, on ne va pas bouder notre plaisir.

Encore que les deux premiers tiers du film sont tout de même un peu lents et que heureusement pour nous, on assiste à une fin spectaculaire autant que cruelle.

 

Ce Barbe-Noire n’a rien d’un enfant de chœur, et surtout n’est absolument pas romantique comme pouvait l’être Errol Flynn dans les années 1930s ou encore Douglas Fairbanks dans la décennie précédente.

Robert Newton campe un Barbe-Noire des plus retors et cruel, pas très regardant quand il s’agit de sauver sa peau, sacrifiant ainsi un de ses hommes pour éviter lui-même la mort, en tuant un autre pour se faire passer pour mort.

Bref, un abominable personnage, reflétant tout de même la réalité quant à la flibuste.

 

En face de ce loup de mer, on trouve un autre pirate des plus célèbres : Henry Morgan (Torin Thatcher). Le seul petit problème, c’est que le véritable Morgan est mort quelques années seulement après la naissance du premier, en 1688. Mais qu’importe, nous sommes au cinéma.

Par contre, s’il est bien quelqu’un qui a combattu l’infâme c’est Robert Maynard (Keith Andes).

C’est d’ailleurs lui qui raconte l’histoire et nous suivons donc son point de vue, jusqu’à la mort du pirate sur l’île d’Ocracoke, tué par ceux qui furent ses compagnons de mer.

 

Si Robert Newton s’en tire plutôt bien – Boris Karloff avait été envisagé – Keith Andes interprète un Maynard un tantinet falot : c’est un jeune homme blond, plein de courage, mais il lui manque le charme et surtout le charisme de ses prédécesseurs (voir plus haut).

Pourtant, il est secondé par Edwina Mansfield (Linda Darnell, toujours aussi belle) qui au final fait montre d’un caractère beaucoup plus trempé que son prétendant.

Cette différence explique aussi pourquoi Keith Andes n’apparaît qu’en quatrième position sur l’affiche du film.

Autre personnage de type walshien cette fois : Alvina (Irene Ryan). C’est une vieille demoiselle de compagnie qui suit la belle Edwina, mais n’a toujours pas trouvé l’âme sœur (on comprend alors aisément pourquoi elle est une « Lady en devenir »). C’est surtout une femme qui sait boire, comme elle le montre à B.N. : ce dernier en profite pour lui tirer le secret de sa maîtresse.

 

Si le seul dernier tiers retient l’attention, c’est aussi parce qu’on y assiste – enfin – à des abordages et les combats qui les accompagnent. Ca tire, ça tue, ça brette… Mais ça ne saute pas : pas de filins qui transbordent les pirates comme chez Curtiz ou Parker.

Par contre le combat naval entre les navires (celui de Morgan contre celui de B.N.) est destructeur au possible, les différentes phases s’enchaînant comme il faut pour le plaisir des spectateurs.

 

Quant à la fin du pirate – et du film par la même occasion – on assiste à un supplice des plus raffinés mais surtout très cruel : Barbe-Noire est enterré (vivant) sur la plage, seule sa tête dépassant pendant que la marée monte et le noie.

 

Cette image terrible m’a longtemps poursuivie : enfant, des copains m’avaient raconté ce final, insistant sur les détails horrifiques. J’ai enfin pu voir ce qu’il en était !

Et j’avoue que c’est un final des plus terribles, surtout quand il est comparé aux autres films de pirates que j’ai pu voir entretemps…

 

Commenter cet article

Articles récents

Hébergé par Overblog