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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Mel Brooks, #Comédie, #Western
Le Shérif est en prison (Blazing Saddles - Mel Brooks, 1974)

1974 fut une année faste pour Mel Brooks : outre Young Frankenstein qui fut un sommet de la parodie d’horreur, il avait commencé l’année avec ce western absolument foutraque, autre magnifique parodie d’un genre né avec le cinéma.

Ce sont 88 minutes de bonheur qui nous sont proposées là : faisant feu de tout bois, Mel Brooks exploite les différents éléments qui constituent le genre et les détourne avec bonheur.

 

Nous sommes après la Guerre de Sécession,  et pour éviter une zone de sables mouvants, le parcours va traverser la petite ville de Rock Ridge, habitée par les descendants des colons qui portent tous le patronyme de Johnson.

Après avoir essayé d’intimider par la force cette population, le procureur Hedley Lamarr (Harvey Korman) leur envoie un shérif pour maintenir l’ordre : Bart (Cleavon Little).

Le seul petit problème pour les habitants de Rock Ridge, c’est que ce shérif est noir.

 

Encore une fois, je rappelle que pour faire une brelle parodie, il faut absolument exagérer les différents éléments qui la composent. Et encore une fois, Mel Brooks le fait. Et en plus avec talent.1

Nous avons, outre les grands espaces, toute une galerie de personnages représentatifs du far-west. Autour du shérif, on y trouve : un tireur ultra-rapide – Jim « the Waco Kid » (Gene Wilder) ; une chanteuse de cabaret en bas et porte-jarretelles – Lily von Schtüpp (Madeline Kahn) ; un trappeur plus vrai que nature, parlant un langage parfois difficile à saisir – Gabby Johnson (Jack Starrett) ou encore le révérend Johnson et ses citations bibliques ; et bien sûr l’institutrice Harriet Johnson… Et bien sûr les Indiens dont le chef s’exprime en yiddish : normal, c’est Mel Brooks qui l’interprète. J’allais oublier la scène des cowboys autour du feu mangeant des haricots. Et comme c’est Mel Brooks, nous avons droit à une série de pets monumentaux (1).

Ce shérif noir est l’élément-clé du film : en choisissant un acteur de couleur, il va à l’encontre des rôles qui furent très (trop ?) longtemps proposés aux Noirs. En effet, mis à par Woody Strode, peu d’acteurs noirs ont tiré leur épingle du jeu dans un western. Ils devaient en règle générale occuper des rôles de figuration,  ou alors avec quelques répliques, sans avoir beaucoup d’influence sur l’intrigue.

Avec Mel Brooks, ce cliché explose et Cleavon Little nous fait un numéro épatant de shérif/redresseur de tort, dans un décor grandiose, le tout filmé en 35mm.

On a même droit à un départ dans le soleil couchant, une fois la ville nettoyée et débarrassée de ces desperados à la solde de l’infâme Lamarr.

 

Mais Little n’est pas seul et les acteurs qui l’entourent sont eux aussi impeccables : de Harvey Korman à Madeline Kahn, sans oublier Gene Wilder c’est un festival d’humour et d’absurde.

Mais en restant exclusivement dans le genre, jusqu’à la bagarre finale qui rejoint sans problème celles de L’Homme tranquille ou de 1941.

Il faut dire aussi que Mel Brooks, s’il garde les codes spécifiques du genre, n’oublie jamais qu’il est au cinéma. En effet, non seulement tout est possible, mais surtout, il le fait : entre Lamarr qui s’adresse aux spectateurs et l’intervention de danseurs qui répètent dans un studio voisin, on ne sait plus où donner de la tête.

On retrouve aussi quelques allusions au premier film de Mel Brooks, Les Producteurs. En effet, parmi les figurants de la bagarre finale, on retrouve un acteur qui interprète Hitler et s’agite furieusement pendant que les tartes à la crème volent ; un (tout petit) peu plus tôt, c’était Madeline Kahn qui chantait avec des soldats allemands (3) une chanson de ce film.

Sans oublier les jeux de mots qui fleurent à chaque coin de scène : Lamarr que tout le monde appelle Hedy ; les lauriers que Johnson (John Hillerman) offre de bon cœur (2)…

 

Bref tout est là pour faire rire, et à ce jour, seuls les cadres de la Warner n’ont pas trouvé le film drôle.

 

PS : Hedy Lamarr (la vraie) a tout de même intenté un procès à Mel Brooks…

PPS : Seules deux répliques ont été coupées au montage, elles concernent un échange entre Bart et Lily, dans le noir (hum). Je vous laisse aller voir ce qu’elles disaient

 

  1. Il est dit que c’est la première fois qu’on a une telle débauche de tels bruitages…  De plus, Mel Brooks interprète un gouverneur qui répond au doux nom de « Le Pétomane » (en français dans le texte).
  2. Jeu de mots homophonique intraduisible. Un indice tout de même : « laurier » se dit « laurel ».
  3. Ils font partie d’une série de méchants recrutés par Lamarr pour éliminer Rock Ridge. On y trouve aussi des Mexicains et quelques Hell’s Angels…

 

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