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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Arthur Penn, #Gangsters
Bonnie and Clyde (Arthur Penn, 1967)

Elle s'ennuie, seule, nue, sur son lit, contre les barreaux. Elle s'ennuie. Elle regarde par la fenêtre, histoire de.

Il est là. Il regarde la voiture, imagine où il pourrait aller avec.

Elle le voit. Elle lui parle.

Il répond.

Elle s'habille. Elle descend.

Ils s'en vont avec la voiture.

C'est le début de leur aventure. De leurs aventures. Le début de leur fin.

Elle, c'est Bonnie Parker (Faye Dunaway).

Lui, c'est Clyde Barrow (Warren Beatty).

En 1931, l'Amérique vit la grande Dépression depuis la fin 1929. Peu d'espoir pour les gens, dans l'Amérique profonde. On pense aux Raisins de la colère, à Notre Pain quotidien, ces films sur les gens chassés de chez eux par la crise. Peu d'espoir, sinon un seul, entrevu deux fois, en miroir, au début et à la fin : Franklin D. Roosevelt.

Mais Bonnie & Clyde ont choisi de partir. La crise ne les a pas vraiment touchés. Juste l'ennui pour Bonnie, et un passé peu recommandable pour Clyde.

Alors ils partent, et ils pillent. Parce que Clyde est armé. Il a un gros pistolet. Bonnie caresse ce pistolet en métal froid. Et c'est tout. Parce que Clyde n'est pas du genre « amoureux ».

Tant pis, Bonnie se résigne. Pas de relation physique.

Ou plutôt si. Mais pas dans un lit. Clyde, ce qui le fait jouir, c'est de braquer une banque. Mais la première fois, avec Bonnie, ça ne se passe pas comme il faut. C'est parfois ainsi la première fois. Alors ils persévère : il sort son pistolet et il le brandit fièrement, activant la remise des espèces. Jusqu'au jour où ça fonctionne. Jusqu'au jour où il pourra - enfin - transposer cette relation horizontalement. Malheureusement, il sera déjà trop tard.

 

Arthur Penn s'attaque au road movie de gangsters. Un mélange de genre plutôt réussi. Bien entendu, c'est une vision romancée, voire idéalisée de Bonnie & Clyde. Mais qu'importe. Nous suivons les tribulations du gang Barrow sur les routes américaines, accompagné d'une musique enjouée de banjo (Foggy Mountain Breakdown) : un véritable décalage entre ce qui s'est produit, le caractère criminel de leurs activités et le ton léger ainsi donné.

Parce que ce film a une tendance à admirer ce couple sulfureux. La critique - (très) conservatrice, on est avant 1968 - tombera sur le film et reprochera cette vision idyllique. Mais le public ne s'y trompera pas et l'encensera, en faisant, avec le temps un film culte.

Parce qu'au-delà de l'errance criminelle de deux jeunes gens (23 et 25 ans le jours de leur mort), c'est aussi l'errance d'une jeunesse - celle de 1966-67 - qui ne croit plus en rien et va s'épanouir l'année suivante.

Mais heureusement, force reste à la loi. Bonnie & Clyde sont exécutés, de façon expéditive, à la manière de ce bon juge Lynch : sans procès, dans une embuscade, le temps de vider les chargeurs.

Et là, s'installe le silence. Pas de commentaire.

The end.

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A
Au film d'Arthur Penn je préfère celui de William Witney, moins chichiteux je trouve.<br /> <br /> http://alexandreclement.eklablog.com/the-bonnie-parker-story-william-witney-1958-a114844780
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D
Bel article. Merci.

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